Karl Marx et Friedrich Engels

 

[1843-1850]

 

 

 

 

Le parti de classe

 

Tome III. Questions dユorganisation

 

Introduction et notes de Roger Dangeville

 

 

 

 

 

 

Un document produit en version num屍ique par Mme Marcelle Bergeron, b始思ole

Professeure la retraite de lユツole Dominique-Racine de Chicoutimi, Qu暫ec

Courriel : mabergeron@videotron.ca

 

Dans le cadre de : "Les classiques des sciences sociales"

Une biblioth述ue num屍ique fond仔 et dirig仔 par Jean-Marie Tremblay,

professeur de sociologie au C使ep de Chicoutimi
Site web : http ://classiques.uqac.ca/

 

Une collection d思elopp仔 en collaboration avec la Biblioth述ue

Paul-ノile-Boulet de l'Universit du Qu暫ec Chicoutimi

Site web : http ://bibliotheque.uqac.ca/

 

 

 


Un document produit en version num屍ique par Mme Marcelle Bergeron, b始思ole,

professeure la retraite de lユツole Dominique-Racine de Chicoutimi, Qu暫ec.

Courriel : mailto :mabergeron@videotron.ca

 

 

Karl Marx et Friedrich Engels [1843-1850]

 

Le parti de classe

Tome III : Question dユorganisation.

 

Introduction, traduction et notes de Roger Dangeville.

Paris : Fran腔is Maspero, 1973, 180 pp. Petite collection Maspero, no 122.

 

 

 

Polices de caract俊es utilis市 :

 

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LETTRE (US letter), 8.5ユユ x 11ユユ)

 

ヅition compl師仔 le 7 mai, 2007 Chicoutimi, Ville de Saguenay, Qu暫ec.

 

 


 

 

CHEZ LE M覡E ゥITEUR

 

 

 

 

Karl marx, Friedrich engels, Le syndicalisme, 1. Th姉rie, organisation, activit. — II. Contenu et port仔 des revendications syndicales. Traduction et notes de Roger Dangeville.

 

 

 

Karl Marx, Friedrich engels, Le parti de classe. Traduction et notes de Roger Dangeville.

 

Tome l. Th姉rie, activit.

Tome II. Activit et organisation.

Tome III. Questions dユorganisation.

Tome IV. Activit市 de classe. Index des noms cit市 dans les quatre volumes. Index analytique.

 


 

Table des mati俊es

 

 

INTRODUCTION

 

Organisation, action et principes

R夙les d'organisation et synth峻e des principes

Transfuges d'autres classes et int使ration

Moyens de surmonter les crises internes

 

 

1.      LUTTES DE TENDANCES ET DISSOLUTION DE L'INTERNATIONALE

 

La Conf屍ence de Londres de l'A.I.T. (17 au 23-9-1871)

Sur l'action politique de la classe ouvri俊e

De l'indiff屍ence en mati俊e politique

De l'autorit

Le Congr峻 de Sonvilier et l'Internationale

R市olutions du Conseil g始屍al sur la scission dans la f仕屍ation des フats-Unis adopt仔s les 5 et 12 mars 1872

Rapport fait au Congr峻 de La Haye au nom du Conseil g始屍al sur lユAlliance de la d士ocratie socialiste

Congr峻 de l'A.I.T. tenu La Haye (2 au 7-9-1872)

Derni俊e p屍iode de la Ire Internationale

Le dernier congr峻 de lユA.I.T.

 

2.      FUSION DU PARTI SOCIAL-DギOCRATE ALLEMAND

 

Unification du parti social-d士ocrate allemand

 

3.      LUTTE DE MARX-ENGELS POUR LE PARTI SOCIAL DギOCRATE INTERDIT

 

Lettre Bebel, Liebknecht, Bracke

Lettres divers dirigeants de 1879 .1881

Formation du parti de type moderne

Parti et r思olution violente

Parti de masse


 

 

 

Le parti de classe. Tome III. Questions dユorganisation

 

Introduction

 

 

 

 

Organisation, action et principes

 

 

 

 

 

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Dans ce troisi塾e volume, nous voyons Marx et Engels conduits par le d思eloppement des choses affronter plus directement le probl塾e de l'organisation, avec les conflits d'interpr師ation des statuts et r夙lements, l'admissibilit des intellectuels, la centralisation, la discipline, la hi屍archie, la lutte de tendances, les suspensions, les scissions, etc. ヒ premi俊e vue, il peut sembler que c'est alors qu'ils sont au cマur du probl塾e, mais c'est oublier que les ques­tions d'organisation ne sont que l'autre face du syst塾e des principes, ou mieux : leur prolongement, leur point de jonction avec l'activit pratique du parti. Aux yeux de Marx-Engels, elles ne sont donc jamais neutres, ni techniques.

 

Le mode d'organisation doit rendre le parti capable de remplir son r冤e : s'四ever au-dessus des cat使ories particuli俊es, rassembler les 四士ents qui proviennent des diverses couches prol師ariennes et de la paysannerie, ou qui d市ertent la classe bourgeoise, etc., unifier toutes les pouss仔s individuelles et collectives, suscit仔s par la base 残onomique, et les encadrer en vue d'atteindre les objectifs qui, pour 腎re communs toute la classe ouvri俊e et situ市 au terme de toutes les luttes successives, d姿assent, en les int使rant, les revendications imm仕iates et les int屍腎s des groupes particuliers.

 

L'une des caract屍istiques premi俊es du parti est donc la centralisation. Son type d'organisation doit lui permettre de d姿asser les cat使ories particuli俊es et d'organiser, en une synth峻e f残onde, les 四士ents qui proviennent des diverses cat使ories de prol師aires. Ce qui caract屍ise, en revanche, les organisations opportunistes ou contre-r思olu­tionnaires, c'est qu'elles entretiennent le fractionnement de la classe ouvri俊e en groupes professionnels distincts, et embrouillent ainsi la vision du but et des int屍腎s communs de la classe. Ce fractionnement subsiste plein dans les organisations de type f仕屍aliste, dans lesquelles l'adh屍ent singulier n'est pas directement reli au ヌ centre ネ ou l'est d'une mani俊e diff屍ente des autres adh屍ents, puisqu'il d姿end en premier d'un organisme ayant sa nature et son unit particuli俊es. L'appartenance tel organisme particulier classifie et distingue les adh屍ents de l'organisme g始屍al. Les syndicats qui regroupent les diff屍ents corps de m師iers sont f仕屍alistes, parce qu'ils sont une association d'associations dont chacune a son caract俊e distinct : la profession des associ市 ou autre chose dans certains cas. Le Parti travailliste anglais est une organisation de type f仕屍aliste. Ce r市eau apparemment l営he de libres organismes f仕屍市, dont chacun est autonome et isol, se r思粛e dans la pratique comme une p姿ini俊e de bureaucrates irresponsables. C'est une serre chaude pour la dictature des bureaucrates, le centre ne faisant jamais face directement la base.

 

Un autre type de f仕屍alisme est celui des Jurassiens de la Ire Internationale ou encore de Gramsci, avec son syst塾e de conseils d'usine, dont le seul nom Ordino Nuovo (ordre nouveau) montre le caract俊e formel, quasi juridique et en tout cas artificiel. Celui-ci, l'instar des utopistes, avait cru trouver une formule pratique et efficace d'organisation : les travailleurs dans leur ensemble s'organisant sans peine en conseils d'usine qui devenaient la panac仔 englobant la fois le parti prol師arien et l'フat ouvrier, l'action politique et la r思olution 残onomique. Tout 師ait dans une seule forme. Cependant, tous ces 四士ents ou moments n残essaires de la r思olution socialiste ne peuvent 腎re dissoci市 et surmont市 par un moyen artificiel : l'action 残onomique ne peut 腎re confondue avec l'action politique, celle-ci ne peut se substituer celle-l. Mais il y a plus grave : le parti de classe n'est pas identifiable ou r仕uctible l'フat de la dictature du prol師ariat. Dans toutes les 四ucubrations de Gramsci, on retrouve l'utopisme antimarxiste qui consiste affronter les probl塾es en 師ablissant une splendide constitution ou un plan d'organisation et de r使ulation. La r斬lit n'a que faire des projets codifi市 sur papier.

 

C'est d'abord dans la perspective de tout le mouvement historique, donc du programme et du but supr仁e, que Marx-Engels ont toujours ins屍 chacune des r夙les d'organisation, et tout parti de classe doit faire de m仁e. La fameuse formule de Marx selon laquelle ヌ la r思olution (ou le parti) n'est pas une question d'organisation ネ signifie qu'il n'existe aucun ヌ principe ネ ou r夙le pr史udicielle, dont il faudrait partir obligatoirement pour r市oudre le probl塾e. Une telle vision serait m師aphysique, car elle utilise des id仔s a priori, sortes de moules sur lesquels se mod粛erait la dynamique r仔lle.

 

Dans la pratique, l'organisation fait charni俊e entre l'action et le but historique de la classe enti俊e, celle-ci n'師ant pas entendue comme la somme des volont市, int屍腎s ou besoins imm仕iats des individus qui la composent, mais comme une collectivit agissante, ayant une sp残ificit propre, des moyens d'action collectifs et un but historique d師ermin par tout le cours de l'残onomie et de la soci師. Cette collectivit ou classe se d伺init le mieux comme un seul et m仁e corps aux membres diff屍enci市. L'organe indispensable de la classe r思olutionnaire en est le parti politique, qui regroupe dans son sein la partie la plus avanc仔 et la plus consciente du prol師ariat, unifie les efforts des masses travailleuses qu'il am熟e de la lutte pour les int屍腎s de groupes ou les r市ultats partiels la lutte pour l'士ancipation compl春e du prol師ariat, et du m仁e coup de l'humanit.

 

Le fait que le parti soit l'organe de conscience par excellence du prol師ariat, et m仁e qu'il en soit le centre de coordination et de direction, ne permet pas de l'assimiler au seul cerveau de la classe. Ce serait, en effet, limiter ses fonctions et son r冤e un plan trop th姉rique et subjectif, et oublier son action concr春e, physique, par exemple dans l'insurrection et la lutte r思olutionnaire.

 

C'est seulement en pure logique abstraite qu'il y a opposition entre le fait que le parti ne soit qu'une mince fraction de la classe, une petite avant-garde, et qu'il assure l'unit, la conscience et l'action collective des masses innombrables qui forment cette classe. Dans la nature, de tels organes int使rateurs et moteurs sont l使ion.

 

 

R夙les d'organisation
et synth峻e des principes

 

 

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Une organisation de parti solide et centralis仔, ainsi que Marx-Engels la d伺inissent, ne se r斬lise pas par des proc仕市 artificiels, mais par la meilleure co貧cidence entre principes et action, et par une politique originale de classe. Les organismes prol師ariens agissent r思olutionnairement sur les situations par des voies et des moyens que l'on ne peut assimiler des r夙les d'encadrement organisatif, des recettes : syndicats, coop屍atives, conseils d'usine, cellules, comit市 d'ouvriers et de paysans, etc. Ce ne sont l que des formes. Or, ce qui importe, c'est le contenu des int屍腎s sociaux en jeu, les forces en lutte, la direction prise par le mouvement. Le parti prol師arien se distingue de tout autre parti par la classe dont il r市ulte, donc par le programme de sa lutte et par les m師hodes de son action. Le caract俊e r思olutionnaire du parti est d師ermin par les rapports de forces sociales et par les processus politiques qui en d残oulent.

 

Cette conception permet de comprendre la position pratique de Marx-Engels vis--vis du parti de classe travers tout son devenir, et m仁e dans les p屍iodes o ils ont purement et simplement dissous l'organisation formelle du parti.

 

Le parti doit 師ablir ses r夙les d'organisation en sorte qu'elles permettent une liaison continue et efficace entre l'action au sein de la classe ou de la soci師 en g始屍al, et la conception th姉rique ou communisme du prol師ariat. La condition premi俊e est donc que toutes les r夙les organisationnelles expriment actuellement le but du mouvement tout entier, en vue d'assurer ‑ selon l'expression du Manifeste ‑ ヌ le v屍itable r市ultat de la lutte, qui n'est pas le succ峻 imm仕iat, mais l'union grandissante des ouvriers ネ, gage de succ峻 plus grands et d残isifs.

 

En cons子uence, toute la conception de l'histoire et de l'残onomie, avec leurs phases d'avance et de recul, leurs hauts et leurs bas, nie, par exemple, l'id仔 qu'il faudrait organiser le parti, en sorte que, dans n'importe quelle situation, il doive 腎re une organisation de masse, c'est--dire poss仕er toujours des effectifs tr峻 nombreux et une tr峻 large influence sur le prol師ariat ‑ au moins 使ale, sinon sup屍ieure, celle des autres partis soi-disant ouvriers. Ce qui ne contredit en rien le fait n残essaire que, pour conqu屍ir effectivement le pouvoir, il ne suffit pas d'avoir un v屍itable parti de classe ; il faut encore qu'il soit num屍iquement puissant et ait acquis une influence pr仕ominante sur le prol師ariat. Il est des situations objectivement d伺avorables la r思olution, o le rapport des forces est loin de lui 腎re propice (bien qu'elles ne soient pas forc士ent 四oign仔s de situations favorables, puisque l'histoire 思olue des vitesses tr峻 diff屍entes, comme l'enseigne le marxisme). Vouloir alors tout prix un parti de masse, un parti majoritaire, vouloir exercer une influence politique pr仕ominante, ce serait, comme Marx-Engels l'ont r姿師 cent fois, notamment aux dirigeants de la social-d士ocratie, renoncer aux principes et aux buts du mouvement au profit d'une politique petite-bourgeoise. Il faut dire hautement que, dans certaines situations du pass, du pr市ent et sans doute de l'avenir, le prol師ariat ou une fraction de celui-ci a 師, est et sera sur une position non r思olutionnaire, d'inaction ou de collaboration avec l'ennemi, selon les cas, et qu'il n'en reste pas moins, partout et toujours, la classe potentiellement r思olutionnaire, dans la mesure o, dans son sein, le parti ‑ sans jamais renoncer la moindre possibilit de se manifester et de s'affirmer avec coh屍ence ‑ sait ne pas s'engager dans la voie apparemment facile de la popularit imm仕iate qui le d師ournerait de sa t営he et priverait le prol師ariat d'un point d'appui indispensable, non seulement son action, mais encore son existence comme classe autonome. Certes, on a dit que pr残is士ent quand le parti est solide sur les principes et poss重e une organisation saine, il peut se permettre toutes les acrobaties dans les manマuvres politiques. Mais c'est oublier, d'une part, que le parti est la fois un facteur et un produit du d思eloppement historique et, d'autre part, que le prol師ariat est encore plus 師roitement model par l'histoire.

 

L'exp屍ience historique a montr qu'il ne suffit pas au parti de revendiquer les buts finaux du communisme, il faut encore qu'il applique une politique concr春e qui soit en coh屍ence avec eux, voire les pr姿are. C'est une condition de son existence : m仁e si la majorit du prol師ariat ‑ et, comme nous l'avons vu, Marx dit m仁e tout le prol師ariat ‑ refuse de le suivre, il ne saurait y renoncer sans d使始屍er, se dissoudre et trahir ce qu'il doit 腎re. Le parti ne s'identifie donc, en gros ou en moyenne, que sur le terrain r思olutionnaire ce que fait ou pense le prol師ariat.

 

Du point de vue organisateur, ce n'est pas au sens imm仕iat le parti des seuls salari市, des seuls producteurs ou des seuls ouvriers. Ce n'est pas un parti labouriste. Le crit俊e de recrutement n'est pas 残onomique, mais politique, contrairement ce qui se passe pour les syndicats auxquels on n'adh俊e que si l'on est salari dans telle branche et qui n'exigent pas de doctrine politique (religieuse ou philosophique) particuli俊e. La liaison entre syndicat ouvrier et parti r思olutionnaire assure ce dernier la base prol師arienne imm仕iate, au sens 残onomique. D'o la n残essit du travail des militants politiques dans les syndicats, et l'importance des revendications imm仕iates des masses ouvri俊es. Pour pr市erver cette base de classe, le parti du prol師ariat peut et doit refuser de se lier certains syndicats qui, d'une part, sont ceux de classes diff屍entes, d'autre part, d伺endent ouvertement des int屍腎s 残onomiques et politiques diam師ralement oppos市 et, il faut bien l'admettre, inconciliables avec ceux du prol師ariat dans son ensemble.

 

Tout le sens de la pol士ique de L始ine contre les partis ouvriers communistes ou contre ceux qui pr師endaient substituer l'残onomie la politique est inscrit dans la lutte contre les proudhoniens fran溝is et les social-d士ocrates allemands. Marx-Engels ont d士ontr que la dictature des chefs petits-bourgeois sur les masses se fonde aussi bien sur l'ouvri屍isme et la bureaucratie syndicale qui encadre les ouvriers que sur le m残anisme d士ocratique, l'appareil 四u, qui pr師end dicter ses id仔s et ses int屍腎s, au m姿ris des conceptions g始屍ales et historiques du prol師ariat. Dans le premier cas, l'erreur ‑ typique en France ‑c'est de cr仔r, en r斬ction aux syndicats domin市 par les jaunes, des syndicats purs, sortes de partis auxquels adh俊ent les seuls ouvriers r思olutionnaires. Cet exp仕ient est 使alement faux du point de vue th姉rique. C'est confondre parti et syndicat, et sacrifier l'un et l'autre, que d'accueillir ceux qui r志nissent certaines conditions 残onomiques, de par leur participation la production, sans exiger d'eux des convictions politiques et parfois des obligations d'activit qui ne peuvent 腎re que celles d'un parti politique. En s'attachant au ヌ producteur ネ, on ne r志ssit pas d姿asser les limites du corps de m師ier et les int屍腎s mat屍iels (ou on les g営he en les confondant de mani俊e imm仕iate avec les t営hes politiques).

 

La m仁e erreur se retrouve chez certains courants trotskystes de nos jours, savoir l'illusion de trouver la masse ou les ouvriers directement pr腎s la r思olution. Il suffirait alors de lier la satisfaction imm仕iate des pouss仔s 残onomiques avec le r市ultat final du renversement du syst塾e capitaliste, comme si la voie r思olutionnaire 師ait rectiligne, et il n'y avait pas de saut qualitatif en passant de l'残onomique au politique, du syndicat au parti, des revendications 残onomiques imm仕iates celles de la r思olution et du socialisme. Il suffirait de trouver une formule de propagande ou d'agitation, voire d'organisation, qui relie directement les conqu腎es limit仔s et partielles la r斬lisation maximum du programme r思olutionnaire.

 

En fait, le parti du prol師ariat est politique et communiste, et les int屍腎s imm仕iats, s'ils sont directs, tendent se r斬liser dans l'残onomie et la soci師 capitalistes. Le renversement des int屍腎s imm仕iats en int屍腎s plus lointains, socialistes, tend se r斬liser au sein des masses lorsque la soci師 capitaliste ne peut manifestement pas satisfaire les besoins 四士entaires des masses, savoir dans les couches surexploit仔s ou sacrifi仔s et dans les p屍iodes de crise et de guerre. Il est vain de chercher une recette organisatrice permettant de lier l'inconciliable : il faut bien plut冲 relier au socialisme les pouss仔s qui s'opposent au capitalisme et tendent au-del de l'actuelle forme de production et de soci師. Au reste, la propagande r思olutionnaire, voire anticapitaliste, 残houe partout ailleurs, sinon le jour m仁e, du moins dans ses r市ultats du lendemain.

 

Les r夙les d'adh市ion au parti de classe ne sont pas 残onomiques, mais au contraire sp残ifiquement politiques, parce que les crit俊es politiques d伺inissent actuellement l'appartenance la classe. Dans les conditions 残onomiques du capital et du salariat, seul le mode politique peut affirmer la r斬lit sociale, anticapitaliste, du prol師ariat, ainsi que son action et son but historiques, autrement dit ses int屍腎s g始屍aux et collectifs.

 

 

Transfuges d'autres classes
et int使ration

 

 

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Toute r夙le d'organisation est une synth峻e de toute la th姉rie du mouvement. Les conditions d'adh市ion au parti de classe ne peuvent donc 腎re que politiques. Marx-Engels consid俊ent que tout individu, de quelque classe qu'il provienne, peut adh屍er au communisme, et ce non seulement au d暫ut du capitalisme, lorsque le prol師ariat tire ses ヌ 四士ents de culture ネ de l'apport d'autres classes, mais encore ヌ au moment o la lutte des classes approche de l'heure d残isive, o le proc峻 de d残omposition de la classe dominante, de la vieille soci師 tout enti俊e, prend un caract俊e si violent et si 英re qu'une petite fraction de la classe dominante se d師ache de celle-ci et se rallie la classe r思olutionnaire, qui porte en elle l'avenir. De m仁e que jadis une partie de la noblesse passa la bourgeoisie, de nos jours une partie de la bourgeoisie passe au prol師ariat, et notamment cette partie des id姉logues bourgeois qui se sont hauss市 l'intelligence du mouvement g始屍al de l'histoire [1]. En soi, la question des intellectuels et du r冤e qu'ils peuvent jouer est secondaire, comme l'est, au niveau politique, la question de la provenance 残onomique des individus. L'essentiel, c'est l'adh市ion ferme au programme politique et social du prol師ariat, ainsi que l'師ablissement des conditions du rapprochement et de la fusion compl春e entre les 四士ents ヌ ouvriers ネ des divers m師iers et cat使ories [2]. Cユest une toute petite minorit d'intellectuels qui participe cette association pour des raisons exceptionnelles, et le prol師ariat l'utilise dans le sens indiqu par Marx. Toute l'exp屍ience est l pour avertir que le prol師ariat doit se m伺ier, par des garanties organisationnelles d'ordre tactique, du danger toujours pr市ent que ces 四士ents intellectuels, et avec eux d'ailleurs les ouvriers 四ev市 au rang de chefs du mouvement, se transforment en agents de la bourgeoisie dans les rangs ouvriers.

 

La r夙le de l'adh市ion individuelle au parti, chaque individu acceptant le programme politique sur la base de ses opinions, pr市ente, entre autres avantages, celui de favoriser la lutte contre l'esprit particulariste, qui est le plus vivace et le plus dangereux chez les groupes et cat使ories, et est suscit par les conditions 残onomiques du capitalisme et ヌ la concurrence qui rena杯 sans cesse entre les travailleurs ネ (Manifeste). Elle place les individus isol市 en face du parti et de son programme, et les met tous sur un m仁e pied, sans distinction ni particularit. En outre, cette r夙le fait ressortir clairement que chaque ouvrier est communiste, parce qu'il lutte pour le r市ultat final, la victoire de sa classe et la fondation d'une soci師 sans classe, et non simplement pour l'am四ioration de sa propre condition ou celle de sa cat使orie, voire celle du prol師ariat, dans le cadre de la pr市ente soci師. Par ailleurs, l'utilit d'intellectuels se manifeste dans le simple fait qu'il est impossible de se passer de l'aide de th姉riciens, d'残rivains et de propagandistes, 師ant donn les conditions actuelles qui donnent la classe bourgeoise le monopole de la culture.

 

L'exp屍ience a montr que les chefs d'origine ouvri俊e se sont r思四市 au moins aussi capables que les intellectuels d'opportunisme et de trahison, et en g始屍al plus susceptibles d'腎re absorb市 par les influences bourgeoises.

 

Nous en venons ainsi au probl塾e des ヌ chefs ネ, dont le point le plus d四icat ne r市ide pas tant dans leur origine, prol師arienne ou non, mais dans leur r冤e dans l'organisation, par exemple leur qualit de fonctionnaire du parti. C'est cette derni俊e qui les pr仕ispose d'abord s'endormir dans la ヌ routine ネ bureaucratique, puis se d市olidariser progressivement des int屍腎s r思olutionnaires des ouvriers, dont la vie est autrement pr残aire et menac仔. Ce qui favorise au maximum le d思eloppement n伺aste de la bureaucratie de parti et de syndicat, c'est l'ambiance pacifique et d士ocratique, qui multiplie et encourage les contacts et les compromis avec l'フat existant. En Russie, sous le tsarisme, par exemple, les ヌ r思olutionnaires professionnels ネ 師aient pourchass市 par le r使ime et sa police. Le probl塾e se posait autrement que dans les pays bourgeois d思elopp市 et dans la social-d士ocratie allemande de la derni俊e p屍iode de la vie de Marx-Engels par exemple. L'erreur fatale dans ce domaine, c'est de donner un statut particulier, voire une autonomie, formelle ou r仔lle, un corps de fonctionnaires ou au cercle des parlementaires dans ce qu'il faut alors appeler l'appareil du parti.

 

Nous arrivons ainsi la question de l'autorit et de la discipline dans le parti, donc aussi des fractions et des scissions.

 

 

Moyens de surmonter
les crises internes

 

 

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Au d姿art, il faut encore rappeler que le parti est une organisation adh市ion volontaire. C'est un fait inh屍ent la nature historique des partis, et nullement la reconnaissance d'un quelconque ヌ principe ネ ou ヌ mod粛e ネ, comme le montre d'ailleurs l'exemple de la 1re Internationale qui admettait des soci師市 ouvri俊es, ses d暫uts notamment. De fait, on ne peut obliger personne prendre la carte du parti, pas plus qu'on ne peut instaurer un syst塾e de conscription pour une, lev仔 de communistes, ni m仁e exercer une sanction contre celui qui ne se conforme pas la discipline interne.

 

Il n'est pas question de dire par l qu'il est d市irable ou non qu'il en soit ainsi : c'est un fait, et il n'y a pas de moyens susceptibles de le changer. En cons子uence, il n'est pas possible d'adopter la formule, certes riche en avantages, de l'ob司ssance absolue dans l'ex残ution des ordres venus d'en haut.

 

Le stalinisme, hybride de parti et d'フat ‑ ce qui explique ces ph始om熟es ‑, a tent d'introduire une discipline m残anique, et a fauss dans l'actuelle g始屍ation l'id仔 de discipline et m仁e de parti en introduisant dans son sein des m残anismes terroristes. Marx-Engels, quoique partisans de la discipline, de l'autorit et de la hi屍archie (pour des raisons de centralisation de l'action et de la doctrine de la collectivit du parti), sont 師rangers l'id仔 d'utiliser des m師hodes de terreur id姉logique ou physique dans le parti. Engels, par exemple, trouve la chose absurde : ヌ Une dictature pr市uppose toujours que le dictateur ait entre ses mains une puissance mat屍ielle pour faire ex残uter ses ordres dictatoriaux. Maintenant, tous ces journalistes nous obligeraient s'ils voulaient bien nous dire o le Conseil g始屍al a son arsenal de ba賓nnettes et de mitrailleuses [3]. ネ Marx-Engels ont 師abli la r夙le selon laquelle l'Internationale repr市ente les int屍腎s g始屍aux et historiques du prol師ariat de tous les pays et, de ce fait, commande l'フat de la dictature du prol師ariat de tel ou tel pays. L'inverse est une perversion de la nature, du r冤e et des t営hes du parti de classe.

 

L'inscription au parti 師ant volontaire, m仁e apr峻 la prise du pouvoir, on ne peut consid屍er comme une juste application du centralisme organique le maintien de la discipline l'aide de mesures violentes. Celles-ci ne peuvent qu'腎re copi仔s, jusque dans le langage, sur des pratiques constitutionnelles bourgeoises, comme par exemple la d士ocratie (dictature de la majorit) ou le droit du pouvoir ex残utif de dissoudre et de reconstituer les assembl仔s 四ues. Il en va de m仁e de lユodieuse autocritique ; non seulement elle est humiliante et d使radante pour les militants et lユhonneur du parti, mais encore elle est inefficace : le fait de se repentir et d'avouer ses p残h市 nユa jamais eu pour effet ou but, m仁e dans les religions, d'emp芯her la r姿師ition des errements du p残heur. Apprendre de ses erreurs, comme l'enseignaient Luxemburg et L始ine, apr峻 Marx-Engels, nユa rien de commun avec l'autocritique.

 

Il faut le dire et le r姿師er ‑ d'autant que le marxisme est profond士ent 師ranger aux f師iches de la libert et du libre arbitre, issus historiquement de la r思olution bourgeoise ‑, le parti nユest pas une arm仔, pas plus quユun m残anisme dユフat, car dans ces organismes la part d'autorit d屍ivant de la structure hi屍archique est tout, celle qui provient de l'adh市ion volontaire n'est rien. Cela 師ant, il reste toujours au militant un moyen de ne pas ex残uter les ordres, un moyen auquel on ne peut opposer aucune sanction mat屍ielle : il lui suffit d'abandonner le parti.

 

Cela nous am熟e au r夙lement des conflits surgis dans le parti. Il nユest pas de discipline m残anique, susceptible dユappliquer n'importe quel ordre ou directive. Cユest un ensemble coh屍ent d'ordres et de directives, r姿ondant au but r仔l du mouvement, qui est susceptible de garantir le maximum de discipline, c'est--dire une action unitaire de tout l'organisme. En fait, certaines directives 士anant du centre peuvent compromettre la discipline et la solidit organisationnelle : pour cela, il suffit quelles ne soient pas coh屍entes. Lユexp屍ience montre que les conflits surgissent essentiellement aux ヌ tournants ネ que prend le parti.

 

Lユexp屍ience montre que le crit俊e de la discipline pour la discipline est adopt, dans des situations donn仔s, par les contre-r思olutionnaires et sert d'obstacle la formation d'un v屍itable parti r思olutionnaire de classe, comme Marx-Engels nユont cess de le r姿師er, notamment aux dirigeants social-d士ocrates. Il nユont cess de leur donner des le腔ns sur la fa腔n dont ils m姿risaient toutes les mesures formelles de contrainte dict仔s par lユappareil du parti qui, au reste, violait chaque fois un principe. L始ine a 師 cent fois attaqu comme d市agr使ateur, violateur des devoirs envers le parti, mais nユen poursuivit pas moins sa route imperturbablement. ヒ l'inverse, l'exemple le plus malheureux de l'application formaliste et bureaucratique de la discipline est celui de Karl Liebknecht qui sユestima contraint, le 14 ao柎 1914, de voter en faveur des cr仕its de guerre pour ob司r la fraction parlementaire.

 

Il ne fait pas de doute quユ certains moments et dans certaines situations, dont il faut examiner au mieux la possibilit de se reproduire l'avenir, l'orientation r思olutionnaire s'affirme en rompant la discipline et le centralisme hi屍archique de l'organisation ant屍ieure. Le fil conducteur qui relie au but r思olutionnaire ne peut donc jamais 腎re trouv ‑ sur ce point comme sur les autres ‑dans le respect formel et constant des chefs officiellement investis. Ici comme ailleurs, le seul crit俊e c'est la coh屍ence avec le programme d'ensemble.

 

L'action et la t営he des organes dirigeants doivent donc 腎re bien d四imit仔s. Ici encore, ce n'est que toute l'organisation et le programme qui doivent le faire, non dans le sens banal et parlementaire d'un droit de consultation sur le ヌ mandat ネ conf屍er aux chefs 四us dans les limites de celui-ci, mais au sens dialectique qui consid俊e la tradition, la pr姿aration, la continuit r仔lle de pens仔 et d'action du mouvement. Les ordres que donnent les hi屍archies centrales ne sont pas le point de d姿art, mais le r市ultat du programme et du mouvement tout entier fonctionnant comme une collectivit. Cela n'est pas dit dans le sens platement juridique ou d士ocratique, mais dans le sens r仔l et historique. C'est en sachant agir dans le domaine tactique, sur l'ext屍ieur, et en s'interdisant, au moyen de normes d'action pr残ises et respect仔s, d'emprunter des voies de traverse, et jamais par de simples credo th姉riques ou des sanctions disciplinaires, que l'on assure le maximum de discipline et d'efficacit.

 

L'師ude et la compr刺ension des situations doivent donc 腎re les 四士ents n残essaires des d残isions tactiques, non pour donner lieu, selon le caprice des chefs, de surprenantes ヌ improvisations ネ, mais pour que le mouvement sache que l'heure est venue de passer telle action pr思ue. Nier la possibilit et la n残essit de pr思oir les grandes lignes de la tactique, c'est--dire nier que l'on puisse pr思oir l'action exercer dans les diff屍entes hypoth峻es possibles sur le d思eloppement des situations objectives, c'est renoncer aux t営hes du parti, c'est 四iminer la seule garantie que l'on puisse donner d'une ex残ution des ordres du centre dirigeant par les militants du parti et les masses.

 

La tactique juste est donc celle dont l'application ‑ au tournant des situations, lorsque le centre dirigeant n'a pas le temps de consulter le parti et moins encore les masses ‑n'entra馬e ni dans celles-ci ni dans celui-l de r姿ercussions inattendues pouvant entraver la strat使ie r思olutionnaire. L'art de pr思oir comment le parti r斬gira aux ordres qu'il re腔it et quels ordres entra馬eront une juste r斬ction, voil l'art de la tactique r思olutionnaire. Elle ne peut se former que par l'utilisation collective des exp屍iences de l'action pass仔, condens仔s en r夙les d'action claires. En s'en remettant aux dirigeants pour les ex残uter, les militants s'assurent que ceux-ci ne trahiront pas leur charge, tout en s'engageant eux-m仁es ex残uter totalement, d'une mani俊e f残onde et d残id仔, les ordres qu'ils recevront du mouvement. Le parti 師ant perfectible et non parfait, il faut sacrifier beaucoup la clart, au pouvoir de persuasion des r夙les tactiques, m仁e si cela entra馬e une certaine sch士atisation. L'exp屍ience a montr que si le mouvement subit un 残hec dans l'affrontement, l'残lectisme, l'improvisation et l'opportunisme ne sont pas capables, au contraire, de le faire sortir de ce mauvais pas. Seul le peut un nouvel effort d'adaptation tactique ‑ plus rigoureux ‑ aux t営hes du parti.

 

Un bon parti ne suffit pas produire une bonne tactique, c'est au contraire la bonne tactique qui engendre le bon parti, et la bonne tactique est celle que tous ont comprise et choisie partir des lignes fondamentales du programme.

 

Au lieu de s'en prendre aux hommes ou aux r夙les formelles, lorsque les choses ne vont pas, la dialectique marxiste montre que si les crises disciplinaires se multiplient au point de devenir la r夙le, c'est que quelque chose ne va pas dans le fonctionnement r仔l du parti, et tr峻 certainement dans l'application de son programme de principes.

 

Comme nous l'avons vu, les causes de conflit 師aient inscrites dans l'organisation m仁e de la Ire Internationale et avaient alors leur justification historique. Marx lui-m仁e avait admis les soci師市 ouvri俊es les plus diverses et donc reconnu la formation de tendances et de fractions qui 師aient des partis dans le parti, et ce pour mieux les dissoudre. La discipline et les scissions, avec les m師hodes de consultation d士ocratique pour se compter, 師aient tout normalement la cons子uence de cette situation. Avec le renforcement m仁e de l'Internationale, du point de vue th姉rique aussi bien que pratique, la lutte devait donc s'accro杯re en son sein, et c'est ce qui arriva avec la, lutte contre l'anarchisme et l'exclusion de cette tendance.

 

Mais la constitution de fractions ne saurait 腎re une recette, n使ative ou positive, l'思olution du parti. Dans ce point d'organisation, comme dans tous les autres, on ne peut juger qu'en fonction de la synth峻e, du programme g始屍al. Si la fraction est un moyen effectif de sauvegarder l'int使rit de tout le programme, c'est un moyen devant lequel il ne faut pas reculer, et de fait elle conduit la constitution du parti de classe seul et unique. Ce cas s'est pr市ent aux ヌ gauches ネ de la IIe Internationale, qui se sont group仔s ensuite pour former la IIIe Internationale. Lors de la d使始屍escence, le m仁e probl塾e s'est pos de, nouveau [4].

 

Lorsque, plus tard, le parti se forme au d姿art sur les positions du communisme marxiste, l'apparition et le d思eloppement de fractions ne peut plus 腎re que l'indice d'une aberrante maladie g始屍ale du parti, et le sympt冦e d'un manque de liaison et d'accord des fonctions vitales du parti avec ses buts finaux. On combat le mieux cette situation en s'effor溝nt de d師erminer la cause de la maladie afin de pouvoir l'四iminer. Autrement dit, il faut 思iter l'abus des mesures disciplinaires qui ne peuvent r市oudre la situation que d'une mani俊e formelle et provisoire. L'unique moyen pour 四iminer les conditions qui donnent vie aux fractions et pour garantir une discipline ferme mais consciente, c'est d'adopter un maximum de clart et de franchise dans le programme et les conditions d'adh市ion au mouvement. Il faut donc 思iter les manマuvres organisationnelles qui ont trait aux doubles appartenances de parti, fusions, constitution de fractions au sein d'autres partis, etc. Qu'on le veuille ou non, elles brisent la continuit rationnelle de d思eloppement du parti et minent les r夙les m仁es de sa vie et de son fonctionnement, autrement dit, ce quoi se relie pour l'essentiel la discipline.

 

Certes, Marx-Engels ont donn leur b始仕iction la fusion de leurs partisans d'Eisenach avec les 四士ents lassall仔ns. Mais la question n'en reste pas moins : 師ait-ce parce que cela correspondait leurs principes et volont市 propres, ou parce qu'ils ratifiaient simplement le fait accompli ? En tout cas, avant l'op屍ation, Engels 残rivait Bebel : ヌ D'apr峻 notre conception confirm仔 par une longue pratique, la juste tactique dans la propagande n'est pas d'arracher ou de d師ourner 壕 et l l'adversaire quelques individus, voire quelques-uns des membres de l'organisation adverse, mais d'agir sur la grande masse de ceux qui n'ont pas encore pris parti. Une seule force nouvelle que l'on tire soi de son 師at brut vaut dix fois plus que dix transfuges lassall仔ns qui apportent toujours avec eux le germe de leur fausse orientation dans le parti. ネ Et de conclure : ヌ Tout au long de notre vie, c'est toujours avec ceux qui criaient le plus l'unit que nous avons eu les plus grands ennuis et re講 les plus mauvais coups. ネ (Engels Bebel, 20 juin 1873).

 

L'une des conclusions, non formellement 残rite par Marx et Engels, mais qui ressort de toute leur fa腔n d'agir profonde et s'applique pour l'organisation de parti moderne, fond仔 sur des principes pleinement communistes, c'est que l'absence d'四ections ou de vote de th峻es nouvelles qui bouleversent ou changent les th峻es primitives et fondamentales doit conduire tout naturellement la suppression des radiations, des expulsions ou des dissolutions de groupes locaux, et donc de tout l'arsenal du d士ocratisme. Si l'思olution du parti est bonne, ces proc仕市 doivent devenir toujours plus rares au sein du parti pour finalement dispara杯re. Si c'est le contraire qui se produit, cela signifie que le centre n'a pas correctement rempli ses fonctions, qu'il a perdu toute influence r仔lle et qu'il peut d'autant moins obtenir la discipline de la base qu'il l'exige plus s思俊ement. ヒ plus forte raison est-ce le cas quand, au lieu de servir sauver les principes sains et r思olutionnaires, ces questions disciplinaires servent imposer les positions conscientes ou inconscientes de l'opportunisme.

 

Une derni俊e remarque : tous les textes suivants d残rivent l'activit de parti l'姿oque o la bourgeoisie ‑ en Europe occidentale du moins ‑ est parvenue au pouvoir. D峻 lors, le prol師ariat se multiplie dans la production et devient la classe la plus nombreuse et d残isive de la soci師. La lutte du parti se d姿lace alors : comme l'ont fait d'abord Marx-Engels, puis L始ine, il faut alors lutter d'abord au sein de la classe ouvri俊e contre les d思iations, l'opportunisme et les influences bourgeois, avant de pouvoir passer l'assaut du pouvoir bourgeois.


 

 

 

Le parti de classe. Tome III. Questions dユorganisation

 

Chapitre 1

 

Luttes de tendances et dissolution
de lユInternationale

 

 

Art. 7 a : Dans sa lutte contre le pouvoir collectif des classes poss仕antes, le prol師ariat ne peut agir comme classe qu'en se constituant lui-m仁e en parti politique distinct et oppos tous les anciens partis form市 par les classes poss仕antes.

 

Cette constitution du prol師ariat en parti politique est indispensable pour assurer le triomphe de la r思olution sociale et de son but supr仁e : l'abolition des classes.

 

La coalition des forces ouvri俊es, d史 obtenue par la lutte 残onomique, doit aussi servir de levier aux mains de cette classe, dans sa lutte contre le pouvoir politique de ses exploiteurs.

 

Les seigneurs de la terre et du capital se servant toujours de leurs privil夙es politiques pour d伺endre et perp師uer leurs monopoles 残onomiques et asservir le travail, la conqu腎e du pouvoir politique devient le grand devoir du prol師ariat [5].

 

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La Conf屍ence de Londres de l'A. I. T.
(17 au 23-9-1871)

 

 

Propositions soumettre la conf屍ence
par le Conseil g始屍al

 

 

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1. Apr峻 la cl冲ure de la conf屍ence [6], aucune section ne sera reconnue comme appartenant l'Association par le Conseil g始屍al et les conseils centraux des diff屍ents pays, tant qu'elles n'auront pas vers au Conseil g始屍a) leur contribution annuelle de 1 penny par t腎e pour l'ann仔 en cours.

 

II. a) Les d四使u市 des pays o l'organisation r使uli俊e de l'Association est pour le moment impossible, en raison des empi春ements du gouvernement, sont invit市 proposer des plans d'organisation correspondant aux conditions particuli俊es du pays en question ; b) L'Association peut se reconstituer sous d'autres noms ; c) Mais toutes les soci師市 secr春es seront cat使oriquement exclues.

 

III. Le Conseil g始屍al soumettra la conf屍ence un rapport sur sa gestion des affaires de l'Internationale depuis le dernier congr峻.

 

IV. Le Conseil g始屍al proposera la conf屍ence de discuter de l'opportunit d'adresser une r姿onse aux diff屍ents gouvernements qui ont pers残ut l'Internationale, et continuent de le faire ; la conf屍ence doit nommer une commission qui sera charg仔 de pr姿arer cette r姿onse apr峻 la conf屍ence.

 

Tenir compte des r市olutions du Congr峻 de B瑛e [7].

 

V. Pour 思iter des confusions, les conseils centraux des diff屍ents pays sont pri市 de s'appeler d市ormais conseils f仕屍aux en ajoutant le nom du pays qu'ils repr市entent ; les sections locales et leurs comit市 doivent s'appeler sections ou comit市 de leurs localit市 respectives.

 

VI. Tous les d四使u市 du Conseil g始屍al charg市 de fonctions pr残ises doivent avoir le droit d'assister toutes les r志nions des conseils f仕屍aux et des comit市 locaux ou sections, et d'y 腎re entendus, sans cependant avoir droit de vote.

 

Le Conseil g始屍al doit 腎re charg de sortir une nouvelle 仕ition des statuts incluant les r市olutions des congr峻 qui y ont trait ; comme en France on ne conna杯 jusqu'ici qu'une traduction fran溝ise mutil仔, qui a 師 retraduite en espagnol et en italien, le Conseil g始屍al devra pourvoir une traduction fran溝ise authentique et l'envoyer 使alement en Espagne, en Italie. Allemand pour la Hollande.

 

Imprimer simultan士ent en trois langues [8].

 

 

Intervention de Marx au d暫ut de la conf屍ence

 

MARX : Le Conseil g始屍al a convoqu une conf屍ence :

 

d'abord, pour se concerter avec les d四使u市 des divers pays sur les mesures prendre pour parer aux dangers que court l'Association dans un grand nombre de pays, et pour mettre sur pied une organisation nouvelle, r姿ondant aux besoins de la situation. De leur c冲, les d四使u市 devront faire des propositions [9] ;

 

en second lieu, pour 四aborer une r姿onse aux divers gouvernements qui ne cessent de travailler la destruction de l'Association par tous les moyens dont ils disposent ;

 

et, enfin, pour r使ler d伺initivement le conflit suisse, selon la demande de Guillaume.

 

D'autres questions secondaires seront certainement soulev仔s dans le cours de la conf屍ence, et devront trouver leur solution.

 

Le citoyen Marx ajoute qu'il sera n残essaire de faire une d残laration publique vis--vis du gouvernement russe qui essaie d'impliquer l'Association dans une certaine affaire de soci師 secr春e, dont les principaux meneurs sont compl春ement 師rangers ou hostiles l'Association [10].

 

Cette conf屍ence est priv仔, mais lorsque tous les d四使u市 seront retourn市 dans leur pays, le Conseil g始屍al publiera telle r市olution que la conf屍ence aura jug n残essaire de publier.

 

 

R市olutions de la Conf屍ence des d四使u市,
r志nie Londres, du 17 au 23 septembre 1871

 

I. Composition du Conseil g始屍al

 

La conf屍ence recommande au Conseil g始屍al de limiter le nombre des membres qu'il s'adjoint, et d'思iter que ces adjonctions ne se fassent trop exclusivement parmi des citoyens appartenant une seule nationalit [11].

 

II. D始ominations des conseils nationaux ou r使ionaux, des branches, sections, groupes locaux et de leurs comit市 respectifs [12]

 

1. Conform士ent la r市olution prise par le Congr峻 de B瑛e (1869), les conseils centraux des divers pays o l'Association internationale des travailleurs est r使uli俊ement organis仔 se d市igneront l'avenir sous le nom de conseils f仕屍aux, ou comit市 f仕屍aux, en y ajoutant les noms de leurs pays respectifs, la d市ignation de Conseil g始屍al 師ant r市erv仔 au Conseil central de l'Internationale.

 

2. Les branches, sections ou groupes locaux et leurs comit市 se d市igneront et se constitueront l'avenir simplement et exclusivement comme branches, sections, groupes et comit市 de l'Association internationale des travailleurs en ajoutant les noms de leurs localit市 respectives.

 

3. Il sera donc d市ormais d伺endu aux branches, sections et groupes de se d市igner par des noms de secte, comme par exemple les noms de branches positivistes, mutualistes, collectivistes, communistes, etc., ou de former des groupes s姿aratistes, sous le nom de ヌ section de propagande ネ, etc., en se donnant des missions sp残iales, en dehors du but commun poursuivi par tous les groupes de l'Internationale.

 

4. Toutefois, il est bien entendu que la r市olution n。 2 ne s'applique pas aux syndicats affili市 l'Internationale.

 

III. D四使u市 au Conseil g始屍al

 

Tous les d四使u市 du Conseil g始屍al charg市 de missions sp残iales auront le droit d'assister et de se faire entendre toutes les r志nions des conseils ou comit市 f仕屍aux, des comit市 de districts ou locaux, et des branches locales, sans cependant avoir le droit de vote.

 

IV. Cotisation de 10 centimes par membre payer au Conseil g始屍al [13]

 

1. Le Conseil g始屍al fera imprimer des timbres uniformes, repr市entant la valeur de 10 centimes chacun, dont il enverra annuellement le nombre demand aux conseils ou comit市 f仕屍aux.

 

2. Les conseils ou comit市 f仕屍aux feront parvenir aux comit市 locaux ou, d伺aut, aux sections de leur ressort le nombre de timbres correspondant au nombre des membres qui les composent.

 

3. Ces timbres seront alors appliqu市 sur une feuille du livret dispos仔 cet effet ou sur l'exemplaire des statuts dont tout membre de l'Association doit 腎re muni.

 

4. ヒ la date du 1er mars, les conseils f仕屍aux des divers pays ou r使ions seront tenus d'envoyer au Conseil g始屍al le montant des timbres employ市 et le solde des timbres leur restant en caisse.

 

5. Ces timbres repr市entant la valeur des cotisations individuelles porteront le chiffre de l'ann仔 courante.

 

V. Formation de sections de femmes

 

La conf屍ence recommande la formation de sections de femmes au sein de la classe ouvri俊e. Il est bien entendu que cette r市olution ne porte nullement atteinte l'existence ou la formation de sections compos仔s de travailleurs des deux sexes [14].

 

VI. Statistique g始屍ale de la classe ouvri俊e

 

1. La Conf屍ence invite le Conseil g始屍al mettre ex残ution l'article 5 des statuts originaux relatifs la statistique g始屍ale de la classe ouvri俊e et appliquer les r市olutions prises par le Congr峻 de Gen竣e (1866) ce m仁e effet.

 

2. Chaque section locale est tenue d'avoir dans son sein un comit sp残ial de statistique qui sera toujours pr腎 dans la mesure de ses moyens r姿ondre aux questions susceptibles de lui 腎re adress仔s par le conseil ou le comit f仕屍al du pays, ou par le Conseil g始屍al de l'Internationale. Il est recommand toutes les sections de r師ribuer les secr師aires des comit市 de statistique, vu l'importance et l'utilit g始屍ale de leur travail pour la classe ouvri俊e.

 

3. Au 1er ao柎 de chaque ann仔, les conseils ou comit市 f仕屍aux enverront les documents recueillis au Conseil g始屍al qui en fera un r市um soumettre aux congr峻 ou conf屍ences tenus au mois de septembre.

 

4. Le refus par une soci師 de r市istance ou une branche internationale de donner les renseignements demand市 sera port la connaissance du Conseil g始屍al qui aura statuer ce sujet [15].

 

VII. Liaisons internationales des soci師市 de r市istance

 

Le Conseil g始屍al est invit appuyer, comme par le pass, la tendance croissante des soci師市 de r市istance (syndicats) d'un pays se mettre en rapport avec les soci師市 de r市istance du m仁e m師ier dans tous les autres pays [16]. L'efficacit de sa fonction comme interm仕iaire international entre les soci師市 de r市istance nationales d姿endra essentiellement du concours que ces soci師市 elles-m仁es pr腎eront la statistique g始屍ale du travail poursuivie par l'Internationale.

 

VIII. Les producteurs agricoles

 

Les bureaux des syndicats de tous les pays sont invit市 envoyer au Conseil g始屍al leur adresse.

 

1. La conf屍ence invite le Conseil g始屍al et les conseils ou comit市 f仕屍aux pr姿arer, pour le prochain congr峻, des rapports sur les moyens d'assurer l'adh市ion des producteurs agricoles au mouvement du prol師ariat industriel.

 

2. En attendant, les conseils ou comit市 f仕屍aux sont invit市 envoyer des d四使u市 dans les campagnes pour y organiser des r志nions publiques, faire de la propagande pour l'Internationale et fonder des sections agricoles [17].

 

IX. L'action politique de la classe ouvri俊e

 

Vu les consid屍ants des statuts originaux o il est dit : ヌ L'士ancipation 残onomique de la classe ouvri俊e est le grand but auquel tout mouvement politique doit 腎re subordonn comme moyen [18] ;

 

Vu l'Adresse inaugurale de l'Association internationale des travailleurs (1864), qui dit : ヌ Les seigneurs de la terre et les seigneurs du capital se serviront toujours de leurs privil夙es politiques pour d伺endre et perp師uer leurs monopoles 残onomiques. Bien loin de pousser l'士ancipation des travailleurs, ils continueront y opposer le plus d'obstacles possibles... La conqu腎e du pouvoir politique est donc devenue le premier devoir de la classe ouvri俊e ネ ;

 

Vu la r市olution du Congr峻 de Lausanne (1867) cet effet : ヌ L'士ancipation sociale des travailleurs est ins姿arable de leur 士ancipation politique ネ ;

 

Vu la d残laration du Conseil g始屍al sur le pr師endu complot des Internationaux fran溝is la veille du pl暫iscite (1870), o il est dit : ヌ D'apr峻 la teneur de nos statuts, toutes nos sections en Angleterre, sur le continent et en Am屍ique ont la mission sp残iale non seulement de servir de centres d'organisation militante de la classe ouvri俊e, mais aussi de soutenir dans leurs pays respectifs tout mouvement politique tendant l'accomplissement de notre but final : l'士ancipation de la classe ouvri俊e ;

 

Attendu que des traductions infid粛es des statuts originaux ont donn lieu des interpr師ations fausses qui ont 師 nuisibles au d思eloppement et l'action de l'Association internationale des travailleurs ;

 

En pr市ence d'une r斬ction sans frein qui 師ouffe par la violence tout effort d'士ancipation de la part des travailleurs, et pr師end maintenir par la force brutale les diff屍ences de classe et la domination politique des classes poss仕antes qui en r市ulte ;

 

Consid屍ant en outre

 

Que, contre ce pouvoir collectif des classes poss仕antes, le prol師ariat ne peut agir comme classe qu'en se constituant lui-m仁e en parti politique distinct, oppos tous les anciens partis form市 par les classes poss仕antes ;

 

Que cette constitution de la classe ouvri俊e en parti politique est indispensable pour assurer le triomphe de la r思olution sociale et de son but supr仁e : l'abolition des classes ;

 

Que la coalition des forces ouvri俊es d史 obtenue par les luttes 残onomiques doit aussi servir de levier aux mains de cette classe dans sa lutte contre le pouvoir politique de ses exploiteurs,

 

la conf屍ence rappelle aux membres de l'Internationale que, dans l'師at militant de la classe ouvri俊e, son mouvement 残onomique et son action politique sont indissolublement unis.

 

X. R市olution g始屍ale relative aux pays o l'organisation r使uli俊e de l'Internationale est entrav仔 par les gouvernements

 

Dans les pays o l'organisation r使uli俊e de l'Association internationale des travailleurs est momentan士ent devenue impraticable par suite de l'intervention gouvernementale, l'Association et ses groupes locaux pourront se constituer sous diverses d始ominations, mais toute constitution de section internationale sous forme de soci師 secr春e est et reste formellement interdite [19].

 

XI. R市olutions relatives la France

 

1. La conf屍ence exprime sa ferme conviction que toutes les poursuites ne feront que doubler l'始ergie des adh屍ents de l'Internationale, et que les branches continueront s'organiser, sinon par grands centres, du moins par ateliers et f仕屍ations d'ateliers correspondant par le truchement de leurs d四使u市.

 

2. En cons子uence, la conf屍ence invite toutes les branches continuer sans rel営he la propagande des principes de notre association en France et y importer le plus grand nombre possible d'exemplaires de toutes les publications et des statuts de l'Internationale [20].

 

XII. R市olution relative l'Angleterre

 

La conf屍ence invite le Conseil f仕屍al aviser les branches anglaises de Londres de former un comit f仕屍al pour Londres, lequel, apr峻 s'腎re mis en rapport avec les branches provinciales et les soci師市 de r市istance (syndicats) affili仔s, et apr峻 avoir re講 leur adh市ion, sera reconnu par le Conseil g始屍al comme conseil f仕屍al anglais [21].

 

XIII. R市olutions particuli俊es de la conf屍ence

 

1. La conf屍ence approuve l'adjonction des r伺ugi市 de la Commune de Paris que le Conseil g始屍al a admis dans son sein.

 

2. La conf屍ence d残lare que les ouvriers allemands ont rempli leur devoir pendant la guerre franco-allemande.

 

3. La conf屍ence remercie fraternellement les membres de la f仕屍ation espagnole pour leur travail sur l'organisation de l'Internationale qui prouve une fois de plus leur d思ouement l'マuvre commune.

4. Le Conseil g始屍al fera imm仕iatement la d残laration formelle que l'Association internationale des travailleurs est absolument 師rang俊e la pr師endue conspiration Netcha鋲v, lequel a frauduleusement usurp et exploit le nom de l'Internationale.

 

XIV. Instructions pour le d四使u Outine

 

Le citoyen Outille est invit publier dans le journal Lユトalit (Gen竣e) un r市um du proc峻 Netcha鋲v d'apr峻 les journaux russes et d'en communiquer le manuscrit avant la publication au Conseil g始屍al.

 

XV. Convocation du prochain congr峻

 

La conf屍ence laisse l'appr残iation du Conseil g始屍al le soin de fixer, selon les 思始ements, la date et le si夙e du prochain congr峻 ou de la conf屍ence qui le remplacerait.

 

XVI. Alliance de la d士ocratie socialiste

 

Consid屍ant

 

Que l'Alliance de la d士ocratie socialiste s'est d残lar仔 dissoute (voir la lettre au Conseil g始屍al, Gen竣e, 10 ao柎 1871, sign仔 Joukovsky, secr師aire de l'Alliance) ;

 

Que dans sa s斬nce du 18 septembre (voir n。 II de cette circulaire) la conf屍ence a d残id que toutes les organisations de l'Association internationale des travailleurs seront, conform士ent la lettre et l'esprit des statuts g始屍aux, d市ormais oblig仔s s'appeler et se constituer simplement et exclusivement comme branches, sections, etc., de l'Association internationale des travailleurs avec les noms de leurs localit市 respectives attach市 ; qu'il sera donc d伺endu aux branches et soci師市 existantes de continuer se d市igner par des noms de secte, c'est--dire comme groupes mutualistes, positivistes, collectivistes, communistes, etc. ;

 

Qu'il ne sera plus non plus permis aucune branche ou soci師 d史 admise de continuer former un groupe s姿aratiste sous la d市ignation de ヌ section de propagande ネ, ヌ Alliance de la d士ocratie socialiste ネ, etc., se donnant des missions sp残iales en dehors du but commun poursuivi par la masse du prol師ariat militant, r志nie dans l'Association internationale des travailleurs ;

 

Qu' l'avenir le Conseil g始屍al de l'Association internationale des travailleurs devra interpr師er et appliquer dans ce sens l'article 5 de la r市olution administrative du Congr峻 de B瑛e : ヌ Le Conseil g始屍al a le droit d'admettre ou de refuser l'affiliation de toute nouvelle soci師 ou groupe sauf appel du congr峻 suivant ネ,

 

la conf屍ence d残lare vid l'incident de l'Alliance de la d士ocratie socialiste.

 

XVII. Diff屍end entre les deux f仕屍ations de la Suisse romande

 

1. Cet article rejette les fins de non-recevoir que le comit f仕屍al des sections jurassiennes a fait valoir contre la comp師ence de la conf屍ence. (La r市olution sera publi仔 in extenso dans L'トalit de Gen竣e [22].)

 

2. La conf屍ence approuve la d残ision du Conseil g始屍al du 29 juin 1870 [23].

 

N斬nmoins, consid屍ant les poursuites auxquelles se trouve en butte l'Internationale, la conf屍ence fait appel l'esprit de solidarit et d'union qui plus que jamais doit animer les travailleurs. Elle conseille aux ouvriers des sections jurassiennes de se rallier aux sections de la f仕屍ation romande. Dans le cas o cette union ne pourrait se faire, elle d残ide que la f仕屍ation des sections dissidentes se nommera l'avenir F仕屍ation jurassienne. Elle donne avis que d市ormais le Conseil g始屍al sera tenu d始oncer et d市avouer publiquement tous les journaux se disant organes de l'Internationale, lesquels, suivant l'exemple donn par Le Progr峻 et La Solidarit, discuteraient dans leurs colonnes, devant le public bourgeois, des questions qu'on ne doit discuter que dans le sein des comit市 locaux, des comit市 f仕屍aux et du Conseil g始屍al, ou dans les s斬nces priv仔s et administratives des congr峻, soit f仕屍aux, soit g始屍aux.

 

Note : les r市olutions de la conf屍ence qui ne sont pas destin仔s la publicit seront communiqu仔s aux conseils f仕屍aux des divers pays par les secr師aires correspondants du Conseil g始屍al.

 

Par ordre et au nom de la conf屍ence.

 

Signatures

Londres, 17 octobre 1871

 

 

R市olution de la Conf屍ence de Londres sur le diff屍end
entre les deux f仕屍ations de la Suisse romande

 

 

En ce qui concerne ce diff屍end :

 

1. La conf屍ence doit, de prime abord, consid屍er les fins de non-recevoir mises en avant par le comit f仕屍al des sections jurassiennes qui n'appartiennent pas la f仕屍ation romande (voir la lettre du 4 septembre adress仔 la conf屍ence par le comit f仕屍al de ces sections [24] ).

 

Premi俊e objection :

 

ヌ  Le Congr峻 g始屍al ‑ est-il dit dans cette lettre ‑ convoqu r使uli俊ement peut seul 腎re comp師ent pour juger une affaire aussi grave que celle de la scission dans la f仕屍ation romande. ネ

 

Consid屍ant

 

Que lorsque des d士人市 s'四竣eront entre les soci師市 ou branches d'un groupe national, ou entre des groupes de diff屍entes nationalit市, le Conseil g始屍al aura le droit de d残ider sur le diff屍end, sauf appel au congr峻 prochain, qui d残idera d伺initivement (cf. point 7 des r市olutions du Congr峻 de B瑛e) ;

 

Que, d'apr峻 le point 6 des r市olutions du Congr峻 de B瑛e, le Conseil g始屍al a 使alement le droit de suspendre jusqu'au prochain congr峻 une section de l'Internationale [25] ;

 

Que ces droits du Conseil g始屍al ont 師 reconnus, quoique seulement en th姉rie, par le comit f仕屍al des branches dissidentes du Jura : parce que le citoyen Robin a sollicit plusieurs reprises le Conseil g始屍al, au nom de ce comit, de prendre une r市olution d伺initive sur cette question (voir les proc峻-verbaux du Conseil g始屍al) ;

 

Que les droits de la conf屍ence, s'ils ne sont pas 使aux ceux d'un congr峻 g始屍al, sont en tout cas sup屍ieurs ceux du Conseil g始屍al ;

 

Qu'en effet ce n'est pas le comit f仕屍al de la f仕屍ation romande, mais bien le comit f仕屍al des branches dissidentes du Jura qui, par l'interm仕iaire du citoyen Robin, a demand la convocation d'une conf屍ence pour juger d伺initivement ce diff屍end (cf. le proc峻-verbal du Conseil g始屍al du 25-7-1871) ;

 

Par ces raisons :

 

La Conf屍ence consid俊e la premi俊e objection soulev仔 par la section du Jura comme nulle et non avenue.

 

Deuxi塾e objection :

 

ヌ Il serait, dit encore cette section, contraire l'子uit la plus 四士entaire de se prononcer contre une f仕屍ation laquelle on n'a pas procur les moyens de d伺ense... Nous apprenons aujourd'hui, indirectement, qu'une conf屍ence extraordinaire est convoqu仔 Londres pour le 17 septembre... Il 師ait du devoir du Conseil g始屍al d'en aviser tous les groupes r使ionaux ; nous ignorons pourquoi il a gard le silence notre 使ard. ネ

 

Consid屍ant

 

Que le Conseil g始屍al avait instruit tous ses secr師aires de donner avis de la convocation d'une conf屍ence aux sections des pays respectifs qu'ils repr市entent ;

 

Que le citoyen Jung, secr師aire correspondant pour la Suisse, n'a pas avis le comit des branches jurassiennes pour les raisons suivantes :

 

En violation flagrante de la d残ision du Conseil g始屍al du 28 juin 1870, ce comit, comme il le fait encore dans sa derni俊e lettre adress仔 la conf屍ence, continue se d市igner comme comit de la F仕屍ation romande.

 

Ce comit avait le droit de faire appel de la d残ision du Conseil g始屍al un congr峻 futur, mais il n'avait pas le droit de traiter la d残ision du Conseil g始屍al comme non avenue.

 

Par cons子uent, il n'existait pas l使alement vis--vis du Conseil g始屍al, et le citoyen Jung n'avait pas le droit de le reconna杯re en l'invitant directement envoyer des d四使u市 la conf屍ence.

 

Le citoyen Jung n'a pas re講 de la part de ce comit les r姿onses aux questions faites au nom du Conseil g始屍al ; depuis l'admission du citoyen Robin au Conseil g始屍al, les demandes du comit susdit ont toujours 師 communiqu仔s au Conseil g始屍al par l'interm仕iaire du citoyen Robin, et jamais par le secr師aire correspondant pour la Suisse.

 

Consid屍ant encore :

 

Qu'au nom du comit susdit, le citoyen Robin avait demand de r伺屍er le diff屍end d'abord au Conseil g始屍al, et puis, sur le refus du Conseil g始屍al, une conf屍ence ; que le Conseil g始屍al et son secr師aire correspondant pour la Suisse 師aient donc bien fond市 supposer que le citoyen Robin informerait ses correspondants de la r志nion d'une conf屍ence, demand仔 par eux-m仁es ;

 

Que la commission d'enqu腎e nomm仔 par la conf屍ence pour 師udier le diff屍end suisse a entendu le citoyen Robin comme t士oin ; que tous les documents communiqu市 au Conseil g始屍al par les deux parties ont 師 soumis cette commission d'enqu腎e ; qu'il est impossible d'admettre que le comit susdit ait seulement 師 inform le 4 septembre de la convocation de la conf屍ence, attendu que d史 au mois d'ao柎 il avait offert au citoyen Malon de l'envoyer comme d四使u la conf屍ence,

 

par ces raisons, la conf屍ence consid俊e que la seconde objection soulev仔 par la branche du Jura n'a aucun fondement.

 

Troisi塾e objection

 

ヌ Une d残ision, dit-elle enfin, annulant les droits de notre f仕屍ation aurait 師 des plus funestes quant l'existence de l'Internationale dans notre contr仔. ネ

 

Consid屍ant que personne n'a demand d'annuler les droits de la f仕屍ation susdite, la conf屍ence passe outre.

 

2. La conf屍ence approuve la d残ision du Conseil g始屍al du 28 juin 1870.

 

Consid屍ant en m仁e temps les poursuites auxquelles se trouve en butte l'Internationale, la conf屍ence fait appel l'esprit de solidarit et d'union, qui plus que jamais doit animer les travailleurs.

 

Elle conseille aux ouvriers des sections jurassiennes de se rallier aux sections de la f仕屍ation romande. Dans le cas o cette union ne pourrait se faire, elle d残r春e que la f仕屍ation des sections du Jura se nommera : f仕屍ation jurassienne.

 

Elle donne avis que d市ormais le Conseil g始屍al sera tenu d始oncer et d市avouer tous les journaux, se disant organes de l'Internationale, qui, en suivant l'exemple donn par Le Progr峻 et La Solidarit, discuteraient dans leurs colonnes, devant le public bourgeois, des questions traiter exclusivement dans le sein des comit市 locaux, des comit市 f仕屍aux et du Conseil g始屍al, ou dans les s斬nces priv仔s et administratives des congr峻, soit f仕屍aux, soit g始屍aux.

 

 

Sur l'action politique
de la classe ouvri俊e

 

 

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Il est absolument impossible de s'abstenir des affaires politiques [26]. M仁e les journaux qui ne font pas de politique ne manquent pas, l'occasion, d'attaquer le gouvernement, et se m人ent donc de politique. La seule chose dont il s'agit, c'est de savoir quelle politique on pratique et avec quels moyens ? Au demeurant, pour nous, l'abstention est impossible. Le parti ouvrier existe d史 comme parti politique dans la plupart des pays. Ce n'est certes pas nous de le ruiner en pr芯hant l'abstention. La pratique de la vie r仔lle et l'oppression politique que les gouvernements en glace font subir aux ouvriers ‑ des fins politiques, aussi bien que sociales ‑ contraignent les ouvriers faire de la politique, qu'ils le veuillent ou non. Leur pr芯her l'abstention en mati俊e politique reviendrait les pousser dans les bras de la politique bourgeoise. Plus que jamais apr峻 la Commune de Paris, qui a mis l'ordre du jour l'action politique du prol師ariat, l'abstention politique est tout fait impossible.

 

Nous voulons abolir les classes. Par quel moyen y parviendrons-nous ? Par la domination politique du prol師ariat. Or, maintenant que tout le monde est d'accord sur ce point, on nous demande de ne pas nous m人er de politique ! Tous les abstentionnistes se nomment des r思olutionnaires, et m仁e des r思olutionnaires par excellence. Mais la r思olution n'est-elle pas l'acte supr仁e en mati俊e politique ? Or, qui veut la fin doit vouloir aussi les moyens ‑ l'action politique qui pr姿are la r思olution, 仕uque l'ouvrier et, sans elle, le prol師ariat sera toujours frustr et dup le lendemain de la bataille par les Favre et Pyat.

 

Cependant, la politique qu'il faut faire doit 腎re celle du prol師ariat : le parti ouvrier ne doit pas 腎re la queue de quelque parti bourgeois que ce soit, mais doit toujours se constituer en parti autonome, ayant sa propre politique et poursuivant son propre but.

 

Les libert市 politiques, le droit de r志nion et d'association, la libert de la presse ‑ telles sont nos armes. Et nous devrions accepter de limiter cet armement en faisant de l'abstention, au moment m仁e o on essaie de nous en priver ?

 

On pr師end que toute action politique signifie reconna杯re l'ordre existant. Or, si ce qui existe nous donne les moyens pour protester contre l'師at existant, d峻 lors l'utilisation de ces moyens n'est pas une reconnaissance de l'ordre 師abli.

 

 

 

Dans la plupart des pays, certains membres de l'Internationale, en invoquant la d残laration tronqu仔 des statuts vot市 au Congr峻 de Gen竣e, ont fait de la propagande en faveur de l'abstention dans les affaires politiques, propagande que les gouvernements se sont bien gard市 d'enrayer [27].

 

En Allemagne, von Schweitzer et consorts, la solde de Bismarck, ont essay de raccrocher l'activit de nos sections au char de la politique gouvernementale.

 

En France, cette abstention coupable a permis aux Favre, Trochu, Picard et autres de s'emparer du pouvoir le 4 septembre. Le 18 mars, cette m仁e abstention permit un comit dictatorial ‑ le Comit central ‑, compos en majeure partie de bonapartistes et d'intrigants, de s'師ablir Paris et de perdre sciemment, dans l'inaction, les premiers jours de la r思olution, alors qu'il aurait d les consacrer son affermissement. En France le mouvement [de la Commune] a 残hou, parce qu'il n'avait pas 師 assez pr姿ar.

 

En Am屍ique, un congr峻, tenu r残emment et compos d'ouvriers, a d残id de s'engager dans les affaires politiques et de substituer aux politiciens de m師ier des ouvriers comme eux, charg市 de d伺endre les int屍腎s de leur classe.

 

Certes, il faut faire de la politique en tenant compte des conditions de chaque pays. En Angleterre, par exemple il n'est pas facile un ouvrier d'entrer au Parlement. Les parlementaires ne recevant aucun subside et l'ouvrier n'ayant que les ressources de son travail pour vivre, le Parlement lui est inaccessible. Or, la bourgeoisie qui refuse obstin士ent une indemnit aux membres du Parlement sait parfaitement que c'est le moyen d'emp芯her la classe ouvri俊e d'y 腎re repr市ent仔.

 

Il ne faut pas croire que ce soit d'une mince importance d'avoir des ouvriers dans les parlements. Si l'on 師ouffe leur voix, comme c'est le cas pour De Potter et Castiau, ou si on les expulse comme Manuel, l'effet de ces rigueurs et de cette intol屍ance est profond sur les masses. Si, au contraire, comme Bebel et Liebknecht, ils peuvent parler de cette tribune, c'est le monde entier qui les entend. D'une mani俊e comme d'une autre, c'est une grande publicit pour nos principes.

 

Lorsque Bebel et Liebknecht ont entrepris de s'opposer la guerre qui se livrait contre la France, leur lutte pour d使ager toute responsabilit de la classe ouvri俊e dans tout ce qui se passait a secou toute l'Allemagne ; Munich m仁e, cette ville o l'on n'a jamais fait de r思olution que pour des questions de prix de la bi俊e, se livra de grandes manifestations pour r残lamer la fin de la guerre.

 

Les gouvernements nous sont hostiles. Il faut leur r姿ondre avec tous les moyens que nous avons notre disposition. Envoyer des ouvriers dans les parlements 子uivaut une victoire sur les gouvernements, mais il faut choisir les hommes, et ne pas prendre un Tolain.

 

 

Les gens qui propageaient dans le temps la doctrine de l'abstention 師aient de bonne foi, mais ceux qui reprennent le m仁e chemin aujourd'hui ne le sont pas [28]. Ils rejettent la politique apr峻 qu'a eu lieu une lutte violente (Commune de Paris), et poussent le peuple une opposition bourgeoise toute formelle, ce contre quoi nous devons lutter en m仁e temps que contre les gouvernements. Nous devons d士asquer Gambetta, afin que le peuple ne soit pas, une fois de plus, abus. Nous devons mener une action non seulement contre les gouvernements, mais encore contre l'opposition bourgeoise qui n'est pas encore arriv仔 au gouvernement.

 

Comme le propose Vaillant, il faut que nous jetions un d伺i tous les gouvernements, partout, m仁e en Suisse, en r姿onse aux pers残utions contre l'Internationale. La r斬ction existe sur tout le continent ; elle est g始屍ale et permanente, m仁e aux フats-Unis, voire en Angleterre, sous une autre forme.

 

Nous devons d残larer aux gouvernements : nous savons que vous 腎es la force arm仔 contre les prol師aires. Nous agirons pacifiquement contre vous l o cela nous sera possible, et par les armes quand cela sera n残essaire.


 

 

De l'indiff屍ence
en mati俊e politique

 

 

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La classe ouvri俊e ne doit pas se constituer en parti politique ; elle ne doit, sous aucun pr師exte, avoir une action politique, car combattre l'フat c'est reconna杯re l'フat ‑ ce qui est contraire aux principes 師ernels [29].

 

Les travailleurs ne doivent pas faire gr竣e, car d姿enser ses forces pour obtenir une augmentation de salaire ou en emp芯her l'abaissement, c'est reconna杯re le salariat ‑ ce qui est en contradiction avec les principes 師ernels de l'士ancipation de la classe ouvri俊e.

 

Lorsque, dans la lutte politique contre l'フat bourgeois, les ouvriers ne parviennent qu' arracher des concessions, ils signent des compromis ‑ ce qui est contraire aux principes 師ernels. Il faut donc condamner tout mouvement pacifique tel que les ouvriers anglais et am屍icains ont la m残hante habitude de le faire.

 

Les ouvriers ne doivent pas d姿enser leur 始ergie pour obtenir une limitation l使ale de la journ仔 de travail, car ce serait signer un compromis avec les patrons qui, partir de ce moment, ne les exploiteraient plus que dix ou douze heures, au lieu de quatorze ou seize ! Ils ne doivent pas non plus se donner le mal d'interdire l使alement l'emploi de fillettes de moins de dix ans dans les fabriques, car cela n'abolit pas encore l'exploitation des gar腔nnets de moins de dix ans ‑ et ce serait donc un nouveau compromis qui porterait atteinte la puret des principes 師ernels.

 

Les ouvriers doivent encore moins demander ‑ comme cela arrive aux フats-Unis ‑ que l'フat, dont le budget s'師ablit aux frais de la classe ouvri俊e, assure l'instruction 四士entaire des enfants des travailleurs, car l'enseignement 四士entaire n'est pas l'enseignement universel. Il est pr伺屍able que les ouvriers et les ouvri俊es ne sachent ni lire, ni 残rire, ni compter, plut冲 que de recevoir l'enseignement d'un ma杯re d'残ole de l'フat. II vaut mieux que l'ignorance et un travail quotidien de seize heures abrutissent la classe ouvri俊e, plut冲 que les principes 師ernels soient viol市 !

 

Si la lutte politique assume des formes violentes, et si les ouvriers substituent leur dictature r思olutionnaire la dictature de la bourgeoisie, ils commettent le terrible d四it de l峻e-principe, car, pour satisfaire leurs mis屍ables besoins profanes de tous les jours, pour briser la r市istance des classes bourgeoises, ne donnent-ils pas l'フat une forme r思olutionnaire et transitoire, au lieu de rendre les armes et d'abolir l'フat.

 

Les ouvriers ne doivent pas former des syndicats de tous les m師iers, car ce serait perp師uer la division du travail telle qu'elle existe dans la soci師 bourgeoise, cette division du travail qui morcelle la classe ouvri俊e ne constitue-t-elle pas le v屍itable fondement de leur esclavage ?

 

En un mot, les ouvriers doivent croiser les bras et ne pas d姿enser leur temps en agitations politiques et 残onomiques, car elles ne peuvent leur apporter que des r市ultats imm仕iats.

 

ヒ l'instar des bigots des diverses religions, ils doivent, au m姿ris des besoins quotidiens, s'残rier avec une foi profonde : ヌ Que notre classe soit crucifi仔, que notre race p屍isse, mais que les principes 師ernels restent immacul市 ! ネ Comme de pieux chr師iens, ils doivent croire en la parole du cur et m姿riser les biens de ce monde pour ne penser qu' gagner le paradis (lisez, au lieu de paradis, la liquidation sociale qui, un beau jour, doit avoir lieu dans un coin du monde ‑ personne ne sachant qui la r斬lisera, ni comme elle se r斬lisera ‑, et la mystification est en tout et pour tout identique).

 

Dans l'attente de la fameuse liquidation sociale, la classe ouvri俊e doit se comporter avec d残ence, comme un troupeau de moutons gras et bien nourris ; elle doit laisser le gouvernement en paix, craindre la police, respecter les lois et servir de chair canon sans se plaindre.

 

Dans la vie pratique de tous les jours, les ouvriers doivent 腎re les serviteurs les plus ob司ssants de l'フat. N斬nmoins, dans leur for int屍ieur, ils doivent protester avec la derni俊e 始ergie contre son existence et lui attester le profond m姿ris qu'ils ressentent pour lui en achetant et en lisant des brochures qui traitent de l'abolition de l'フat. Ils doivent se garder d'opposer l'ordre capitaliste d'autre r市istance que leurs d残lamations sur la soci師 future dans laquelle cet ordre maudit aura cess d'exister.

 

Nul ne contestera que si les ap冲res de l'indiff屍ence politique s'師aient exprim市 de mani俊e aussi claire, la classe ouvri俊e ne les e柎 envoy市 aussit冲 tous les diables. En effet, elle se serait sentie insult仔 par des bourgeois doctrinaires et des aristocrates d残hus, assez sots et ing始us pour lui interdire tout moyen r仔l de lutte, alors qu'elle doit prendre dans l'actuelle soci師 m仁e toutes les armes pour son combat, les conditions fatales de lutte ayant le malheur de ne pas cadrer avec les r迅eries d'id姉logues que nos docteurs en science sociale ont exalt仔s, jusqu'au s史our des b斬titudes, sous le nom de Libert, Autonomie et Anarchie.

 

D'ores et d史, le mouvement de la classe ouvri俊e est si puissant que ces sectaires philanthropes n'ont plus le courage de r姿師er pour la lutte 残onomique les grandes v屍it市 qu'ils ne cessent de proclamer sur le plan politique. Ils sont trop pusillanimes pour les appliquer aux gr竣es, aux coalitions, aux syndicats, aux lois r使lementant le travail des femmes et des enfants ou limitant la journ仔 de travail, etc.

 

Voyons maintenant dans quelle mesure ils peuvent en appeler aux vieilles traditions, l'honneur, la probit et aux principes 師ernels.

 

ヒ une 姿oque o les rapports sociaux n'師aient pas encore assez d思elopp市 pour permettre la classe ouvri俊e de se constituer en parti politique, les premiers socialistes (Fourier, Owen, Saint-Simon, etc.) ont d fatalement se borner, imaginer une soci師 mod粛e de l'avenir, et condamner toutes les tentatives entreprises par les ouvriers en vue am四iorer leur situation actuelle : gr竣es, coalitions, actions politiques [30]. M仁e s'il ne nous est pas permis de renier ces patriarches du socialisme, comme il n'est pas permis aux chimistes de renier leurs p俊es, les alchimistes, nous devons nous garder de retomber dans les erreurs qu'ils ont commises et que nous serions impardonnables de renouveler.

 

Toutefois, tr峻 vite ‑ en 1839 ‑, lorsque la lutte politique et 残onomique de la classe ouvri俊e prit un caract俊e d史 tranch en Angleterre, Bray ‑ l'un des disciples d'Owen et l'un de ceux qui, bien avant Proudhon, avaient d残ouvert le mutualisme ‑ publia un livre : Labour's Wrongs and Labour's Remedy (ヌ Les Maux du travail et les rem重es du travail ネ).

 

Dans l'un des chapitres sur l'inefficacit de tous les rem重es que l'on veut obtenir par la lutte actuelle, il fit une am俊e critique de toutes les agitations 残onomiques aussi bien que politiques de la classe ouvri俊e anglaise. Il condamna l'agitation politique, les gr竣es, la limitation des heures de travail, la r使lementation du travail des femmes et des enfants dans les fabriques, parce que tout cela ‑ ses yeux ‑, au lieu de faire sortir des conditions actuelles de la soci師, nous y entra馬e et en rend les antagonismes encore plus intenses.

 

Et maintenant, venons-en , l'oracle de nos .docteurs en science sociale, Proudhon. Alors que le ma杯re avait le courage de se prononcer avec 始ergie contre tous les mouvements 残onomiques (gr竣es, coalitions, etc.) qui 師aient contraires aux th姉ries r仕emptrices de son mutualisme, il encourageait par ses 残rits et son action personnelle la lutte politique de la classe ouvri俊e [31]. En revanche, ses disciples n'os俊ent pas se prononcer ouvertement contre le mouvement. D峻 1847, lorsque apparut la grande マuvre du ma杯re, Syst塾e des contradictions 残onomiques ou philosophie de la mis俊e, j'ai r伺ut ses sophismes contre le mouvement ouvrier. Toutefois, en 1864, apr峻 la loi Ollivier qui accordait aux ouvriers fran溝is si chichement le droit de coalition, Proudhon revint la charge dans son livre De la capacit politique des classes ouvri俊es, qui fut publi quelques jours apr峻 sa mort.

 

Les attaques du ma杯re plurent tellement la bourgeoisie que le Times, lors de la grande gr竣e des tailleurs de Londres en 1866, fit Proudhon l'honneur de le traduire afin de condamner les gr思istes par les propres paroles de Proudhon. En voici quelques exemples. Les mineurs de Rives-de-Gier s'師ant mis en gr竣e, on fit appel la troupe pour leur faire entendre raison, et Proudhon de s'残rier : ヌ L'autorit qui fit fusiller les mineurs de Rives-de-Gier se trouvait dans une situation malheureuse. Mais elle agit comme le vieux Brutus qui, partag entre ses sentiments de p俊e et son devoir de consul, dut sacrifier ses enfants pour sauver la R姿ublique. Brutus n'h市ita pas et la soci師 n'a pas os le condamner [32]. ネ

 

De m士oire de prol師aire on ne se souvient pas qu'un bourgeois ait h市it sacrifier ses ouvriers pour sauver ses int屍腎s. Quels Brutus que ces bourgeois !

 

ヌ Non, il n'existe pas plus un droit de coalition qu'il n'y a un droit d'exaction, de brigandage, de rapine, un droit d'inceste, d'adult俊e [33]. ネ

 

Mais quels sont les principes 師ernels au nom desquels le ma杯re lance ses abracadabrants anath塾es ?

 

Premier principe 師ernel : ヌ Le taux de salaire d師ermine le prix des marchandises. ネ

 

M仁e ceux qui n'ont aucune notion d'残onomie politique et ne savent pas que le grand 残onomiste bourgeois Ricardo, dans son livre, Principes d'残onomie politique, paru en 1817, a r伺ut une fois pour toutes cette erreur commune, m仁e ceux-l sont au courant du fait que l'industrie anglaise peut donner ses produits un prix plus bas que n'importe quel autre pays, bien que les salaire soient relativement plus 四ev市 en Angleterre que dans aucun autre pays d'Europe.

 

Deuxi塾e principe 師ernel : ヌ La loi qui autorise les coalitions est tout fait ill使ale, anti-残onomique et est en contradiction avec tout ordre et toute soci師. ネ En un mot, ヌ elle s'oppose au droit 残onomique de la libre concurrence ネ.

 

Si le ma杯re avait 師 moins chauvin, il se serait demand comment il se fait qu'il y a quarante ans d史 on ait promulgu en Angleterre une loi sur les fabriques si contraire aux droits 残onomiques de la libre concurrence, et qu' mesure que se d思eloppe l'industrie, et avec elle la libre concurrence, cette loi destructrice de tout ordre et de toute soci師 s'impose tous les フats bourgeois comme une n残essit in四uctable. Il aurait peut-腎re d残ouvert que le Droit (avec un grand D) n'existe que dans les manuels d'残onomie r仕ig市 par ses fr俊es ignorantins de l'残onomie politique, manuels qui contiennent des perles comme celle-ci : ヌ La propri師 est le fruit du travail ネ... des autres, oublient-ils d'ajouter.

 

Troisi塾e principe 師ernel : Sous pr師exte d'四ever la classe ouvri俊e au-dessus de sa pr師endue inf屍iorit sociale, on va diffamer en bloc toute une classe de citoyens : la classe des patrons, des entrepreneurs, des usiniers et des bourgeois. On portera aux nues la d士ocratie des travailleurs manuels et on lui demandera sa m市estime et sa haine pour ces alli市 indignes de la classe moyenne. ヒ la contrainte l使ale, on pr伺屍era la guerre dans le commerce et l'industrie ; la police d'フat, on pr伺屍era l'antagonisme des classes [34].

 

Pour emp芯her la classe ouvri俊e de sortir de la pr師endue humiliation sociale, le ma杯re condamne les coalitions qui constituent la classe ouvri俊e en classe antagoniste face la respectable cat使orie des patrons, des entrepreneurs et des bourgeois qui certes pr伺俊ent, comme Proudhon, la police d'フat l'antagonisme des classes. Pour 思iter tout ennui cette respectable classe, notre bon Proudhon conseille aux ouvriers, en attendant l'av熟ement de la soci師 mutualiste, le r使ime de ヌ la libert ou de la concurrence ネ qui, malgr ヌ ses graves inconv始ients ネ, demeure pourtant e notre unique garantie [35] ネ.

 

Le ma杯re pr芯hait l'indiff屍ence en mati俊e 残onomique pour sauvegarder la libert ou la concurrence bourgeoise, ヌ notre unique garantie ネ ; les disciples pr芯hent l'indiff屍ence en mati俊e politique pour sauvegarder la libert bourgeoise, leur unique garantie. Les premiers chr師iens, qui pr芯haient aussi l'indiff屍ence politique, n'en eurent pas moins besoin du bras puissant de l'empereur pour se transformer de pers残ut市 en pers残uteurs. Quant aux ap冲res modernes de l'indiff屍ence politique, ils ne croient pas que leurs principes 師ernels leur imposent aussi de renoncer aux biens de ce monde et aux privil夙es temporels de la soci師 bourgeoise. Quoi qu'il en soit, il faut bien reconna杯re qu'ils supportent, avec un sto苗isme digne des martyrs chr師iens, que les ouvriers endurent des journ仔s de travail de quatorze seize heures dans les fabriques.


 

 

De l'autorit

 

 

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Ces derniers temps, certains socialistes ont entrepris une v屍itable croisade contre ce qu'ils appellent le principe d'autorit [36]. Il leur suffit de dire que tel ou tel acte est autoritaire pour le condamner. On abuse de ce proc仕 tout fait sommaire au point qu'il est devenu n残essaire de s'en pr姉ccuper. Autorit, dans le sens o l'on emploie ce terme, signifie soumission de la volont d'autrui la n冲re. Mais autorit implique, d'autre part, subordination [37]. Or, comme ces deux termes sonnent mal et que le rapport qu'ils expriment est d市agr斬ble pour celui qui est subordonn l'autre, on s'est demand s'il n'師ait pas possible de s'en passer et ‑ dans le cadre des rapports sociaux actuels ‑ de cr仔r un autre 師at social dans quel l'autorit n'aurait plus d'objet, et dispara杯rait donc.

 

Voyons ce qu'il en est dans la r斬lit. Si nous consid屍ons les conditions 残onomiques ‑ industrielles et agraires ‑ qui forment la base de l'actuelle soci師 bourgeoise, nous trouvons qu'elles tendent substituer l'action combin仔 des individus leur action isol仔. L'industrie moderne a pris la place des petits ateliers de producteurs isol市, et d思eloppe les grandes fabriques et entreprises, dans lesquelles des centaines d'ouvriers surveillent des machines compliqu仔s, mues par la vapeur. Les coches et autres voitures circulant sur les grandes routes ont fait place aux chemins de fer, comme les vaisseaux rames ou voiles ont 師 remplac市 par les navires vapeur. L'agriculture elle-m仁e tombe progressivement sous la domination de la machine et de la vapeur, tandis que lentement, mais inexorablement, les petits paysans c重ent la place aux gros capitalistes qui font cultiver de grandes surfaces par des ouvriers salari市.

 

Partout, l'action combin仔 et l'encha馬ement d'activit市 et de proc仕市 d姿endant les uns des autres se substituent l'action ind姿endante des individus isol市. Mais qui dit action combin仔 dit aussi organisation. Or, est-il possible d'avoir une organisation sans autorit ?

 

Supposons qu'une r思olution sociale ait d師r冢 les capitalistes, dont l'autorit pr市ide aujourd'hui la production et la circulation des richesses. Supposons, pour nous placer enti俊ement au point de vue des anti-autoritaires, que la terre et les instruments de travail soient devenus propri師 collective des travailleurs qui les emploient. L'autorit aura-t-elle disparu, ou bien n'aura-t-elle fait que changer de forme ? C'est ce que nous allons voir.

 

Prenons comme exemple une filature de coton. Pour que le coton se transforme en fil, il doit subir au moins six op屍ations successives et diff屍entes qui, la plupart du temps, s'effectuent dans des locaux diff屍ents. En outre, il faut un ing始ieur pour tenir les machines en marche et les surveiller, des m残aniciens, charg市 des r姿arations courantes, et un grand nombre d'ouvriers pour le transport des produits d'un atelier l'autre, etc. Tous ces travailleurs ‑ hommes, femmes et enfants ‑ sont oblig市 de commencer et de finir leur travail des heures d師ermin仔s par l'autorit de la vapeur qui n'a cure de l'autonomie des individus.

 

Il est donc indispensable, d峻 le principe, que les ouvriers s'entendent sur les heures de travail et, celles-ci 師ant fix仔s, s'y conforment tous sans exception. Ensuite, tout moment et partout, se posent des questions de d師ail sur les proc仕市 de fabrication, la r姿artition du mat屍iel, etc., qu'il faut r市oudre sur l'heure sous peine de voir s'arr腎er aussit冲 toute la production. Qu'elles soient r使l仔s par un d四使u qui est la t腎e de chaque secteur d'activit ou par une d残ision de la majorit, si c'est possible, il n'en demeure pas moins que la volont de chacun devra s'y soumettre. Autrement dit, les questions seront r市olues par voie autoritaire.

 

Le machinisme automatis d'une grande fabrique est beaucoup plus tyrannique que ne l'ont 師 les petits capitalistes qui emploient les ouvriers [38]. Du moins en ce qui concerne les heures de travail, on peut 残rire sur la porte de ces fabriques : Lasciate ogni autonomia, voi ch'entrate ! (ヌ Renoncez toute autonomie, vous qui entrez [39] ! ネ) Si l'homme, avec la science et son g始ie inventif, s'est soumis les forces de la nature, celles-ci se sont veng仔s en le soumettant son tour, lui qui les exploite, un v屍itable despotisme, absolument ind姿endant de tout 師at social. Vouloir abolir l'autorit dans la grande industrie, c'est vouloir supprimer l'industrie elle-m仁e. C'est d師ruire la filature vapeur pour en revenir la quenouille.

 

Prenons un autre exemple, celui du chemin de fer. Ici, la coop屍ation d'un grand nombre d'individus est absolument indispensable, coop屍ation qui doit avoir lieu des heures pr残ises pour qu'il n'y ait pas d'accidents. Ici encore, la premi俊e condition de toute l'entreprise est une volont sup屍ieure qui commande toute question subordonn仔, et cela est vrai dans l'hypoth峻e o elle est repr市ent仔 par un d四使u aussi bien que dans celle o un comit est 四u pour ex残uter les d残isions de la majorit des int屍ess市. En effet, dans un cas comme dans l'autre, on a affaire une autorit bien tranch仔. Bien plus, qu'adviendrait-il du premier train si l'on abolissait l'autorit des employ市 de chemin de fer sur messieurs les voyageurs ?

 

Nulle part la n残essit de l'autorit et d'une autorit absolue n'est plus imp屍ieuse que sur un navire en pleine mer. L, l'heure du p屍il, la vie de tous d姿end de l'ob司ssance instantan仔 et fid粛e de tous la volont d'un seul.

 

ヒ chaque fois que je pr市ente ces arguments aux anti-autoritaires les plus enrag市, ils ne savent faire qu'une seule r姿onse : ヌ Bah ! c'est exact, mais il ne s'agit pas l d'une autorit que nous conf屍ons un d四使u, mais d'une fonction ! ネ Ces messieurs croient avoir chang les choses quand ils en ont chang le nom. C'est se moquer tout simplement du monde.

 

Quoi qu'il en soit, nous avons vu que, d'une part, une certaine autorit (peu importe comment elle est d四使u仔) et, d'autre part, une certaine subordination s'imposent nous, ind姿endamment de toute organisation sociale, de par les conditions mat屍ielles dans lesquelles nous produisons et faisons circuler les produits.

 

Nous avons vu, en outre, que les conditions mat屍ielles de la production et de la circulation s'entrelacent fatalement toujours davantage avec la grande industrie et l'agriculture moderne, de sorte que le champ d'action de cette autorit s'師end chaque jour un peu plus. Il est donc absurde de parler de l'autorit comme d'un principe absolument mauvais, et de l'autonomie comme d'un principe parfaitement bon.

 

L'autorit et l'autonomie sont des notions relatives, et leur importance varie selon les diverses phases de l'思olution sociale.

 

Si les autonomistes se contentaient de dire que l'organisation sociale de l'avenir ne tol屍era l'autorit que dans les limites qui lui sont trac仔s par les conditions m仁es de la production, nous pourrions nous entendre avec eux. Cependant, ils sont aveugles pour tous les faits qui rendent l'autorit n残essaire, et ils partent en guerre contre cette notion.

 

Pourquoi les anti-autoritaires ne se bornent-ils pas crier contre l'autorit politique, l'フat ? Tous les socialistes sont d'accord sur le fait que l'フat politique et, avec lui, l'autorit politique dispara杯ront la suite de la r思olution sociale future, autrement dit que les fonctions publiques perdront leur caract俊e politique et se transformeront en simples administrations veillant aux v屍itables int屍腎s sociaux. Mais les anti-autoritaires demandent que l'フat politique autoritaire soit aboli d'un seul coup, avant m仁e que ne soient supprim仔s les conditions sociales qui l'ont fait na杯re. Ils r残lament que le premier acte de la r思olution sociale soit l'abolition de l'autorit.

 

Ont-ils jamais vu une r思olution, ces messieurs ?

 

Une r思olution est certainement la chose la plus autoritaire qui soit, c'est l'acte par lequel une fraction de la population impose sa volont l'autre au moyen de fusils, de ba賓nnettes et de canons, moyens autoritaires s'il en est ; et le parti victorieux, s'il ne veut pas avoir combattu en vain, doit continuer dominer avec la terreur que ses armes inspirent aux r斬ctionnaires. La Commune de Paris e柎-elle pu se maintenir un seul jour si elle n'avait pas us de l'autorit d'un peuple en armes contre la bourgeoisie ? Ne faut-il pas, au contraire, la critiquer de ce qu'elle ait fait trop peu usage de son autorit ?

 

Donc, de deux choses l'une : ou bien les anti-autoritaires ne savent pas ce qu'ils disent et, dans ce cas, ils ne font que semer la confusion, ou bien ils le savent et, dans ce cas, ils trahissent la cause du prol師ariat. De toute fa腔n, ils servent la r斬ction.


 

 

Le Congr峻 de Sonvilier
et l'Internationale

 

 

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Point n'est besoin d'姿iloguer sur la situation pr市ente de l'Association des travailleurs [40]. D'une part, les grandioses 思始ements de Paris lui ont donn une puissance et une extension qu'elle n'avait jamais eu auparavant ; de l'autre, nous trouvons coalis市 contre elle peu pr峻 tous les gouvernements europ仔ns. Thiers et Gortchakoff, Bismarck et Benst, Victor-Emmanuel et le pape, l'Espagne et la Belgique. Toute la meute est l営h仔 sur l'Internationale. Toutes les puissances du vieux monde, cours martiales et cours d'assises, bourgeois et hobereaux, rivalisent d'ardeur la cur仔 et, sur l'ensemble du continent, on ne trouvera gu俊e de lieu o l'on n'ait pas tout tent pour mettre hors la loi la grande fraternit ouvri俊e, cause de toutes les terreurs.

 

Au moment o les puissances de l'ancienne soci師 provoquent une fatale d市organisation g始屍ale, o l'unit et la coh市ion sont plus n残essaires que jamais, c'est pr残is士ent ce moment que choisit, pour jeter un brandon de discorde sous forme d'une circulaire publique, un petit groupe d'Internationaux, dont le nombre, dans un coin perdu de Suisse, r師r残it de leur propre aveu tous les jours. Ces gens ‑ s'intitulant F仕屍ation du Jura ‑sont pour la plupart ceux-l m仁es qui, sous la conduite de Bakounine, se sont depuis plus de deux ans appliqu市 sans rel営he saper l'unit en Suisse romande et compromettre la coop屍ation au sein de l'Internationale par le moyen d'une intense correspondance priv仔 avec quelques illustres de leurs affid市 dans divers pays. Tant que ces intrigues se limitaient la Suisse, ou se tramaient en silence, nous n'avons pas voulu lui accorder davantage de publicit. Mais cette circulaire nous force parler.

 

Le 12 novembre, lors de son Congr峻 de Sonvilier, la f仕屍ation du Jura, s'appuyant sur le fait que le Conseil g始屍al n'avait pas convoqu cette ann仔 de congr峻, mais seulement une conf屍ence, a d残id d'adresser une circulaire toutes les sections adh屍entes l'Internationale. Imprim仔 grand tirage, elle fut lanc仔 aux quatre coins du monde, afin d'inviter les autres sections r残lamer la convocation imm仕iate d'un congr峻. Pour nous, du moins en Allemagne et en Autriche, les raisons sont 思identes pour lesquelles 1e congr峻 devait 腎re remplac par une conf屍ence. Nous ne pouvions pas nous r志nir en congr峻 sans qu'au retour nos d四使u市 ne fussent imm仕iatement appr刺end市 et mis l'ombre. Les d四使u市 d'Espagne, d'Italie et de France se seraient trouv市 dans le m仁e cas. En revanche, une conf屍ence, dont les d暫ats ne sont pas publics et se limitent des questions administratives, 師ait parfaitement possible, le nom des participants n'師ant pas divulgu. Une telle conf屍ence pr市entait, certes, l'inconv始ient de ne pouvoir ni trancher la question de principe, ni modifier les statuts, ni, plus g始屍alement, d残ider d'actes relatifs la juridiction. Elle devait se borner des d残isions administratives en vue d'un meilleur fonctionnement de l'organisation telle qu'elle avait 師 師ablie par les statuts et les r市olutions des congr峻. Toutefois, la situation exigeait des mesures d'urgence ; il s'agissait de faire face une crise momentan仔, et une conf屍ence y suffisait.

 

Les attaques contre la conf屍ence n'師aient cependant qu'un pr師exte. La circulaire n'en parle d'ailleurs qu'incidemment. Au contraire, elle assure m仁e que le mal est plus profond. Elle affirme que, selon les statuts et les premi俊es r市olutions des congr峻, l'Internationale n'est rien d'autre qu'une ヌ libre f仕屍ation de sections autonomes ネ, dont le but est l'士ancipation des travailleurs par les travailleurs eux-m仁es, ヌ en dehors de toute autorit dirigeante m仁e si elle 士ane du libre consentement de tous ネ. En cons子uence, le Conseil g始屍al ne devrait 腎re qu'un ヌ simple bureau de statistique et de correspondance ネ. Cette base initiale aurait 師 aussit冲 fauss仔, d'abord par le droit accord au Conseil g始屍al de d残ider lui-m仁e de l'admission de nouveaux membres, et plus encore par les r市olutions du Congr峻 de B瑛e, accordant au Conseil g始屍al le droit de suspendre toute section jusqu'au prochain congr峻 et de r使ler provisoirement les diff屍ends jusqu' ce que ce congr峻 se soit prononc. Le Conseil g始屍al se trouverait ainsi investi d'une dangereuse puissance. La libre association de sections autonomes serait transform仔 en une organisation hi屍archique et autoritaire de ヌ sections disciplin仔s ネ, les sections 師ant ヌ plac仔s enti俊ement sous la main du Conseil g始屍al qui peut, son gr, refuser leur admission ou bien suspendre leurs activit市 ネ.

 

Nos lecteurs allemands savent trop bien la valeur d'une organisation capable de se d伺endre pour ne pas trouver tout cela fort surprenant. D'autant que les th姉ries pleinement 姿anouies de Monsieur Bakounine n'ont pas encore p始師r en Allemagne. Une soci師 ouvri俊e qui a inscrit sur ses drapeaux et pris pour devise la lutte pour l'士ancipation de la classe des travailleurs devrait avoir sa t腎e non pas un comit ex残utif, mais un simple bureau de statistique et de correspondance ! En fait, la lutte pour l'士ancipation de la classe ouvri俊e n'est qu'an simple pr師exte pour Bakounine et ses compagnons ; le but v屍itable est tout autre.

 

ヌ La soci師 future ne doit 腎re rien d'autre que l'universalisation de l'organisation que l'Internationale se sera donn仔. Nous devons avoir soin de rapprocher le plus possible cette organisation de notre id斬l... L'Internationale, embryon de la soci師 future de l'humanit, est tenue d'腎re, d峻 maintenant, l'image fid粛e de nos principes de libert et de f仕屍ation, et de rejeter de son sein tout principe tendant l'autorit et la dictature. ネ

 

ヒ nous autres Allemands, on nous reproche notre mysticisme ; mais nous n'atteignons pas, et de loin, celui qu'on vient de voir. L'Internationale, embryon d'une soci師 future, dont seraient exclus les fusillades de Versailles, les cours martiales, les arm仔s permanentes, la censure du courrier, le proc峻 criminel de Brunswick ! Nous d伺endons aujourd'hui notre peau par tous les moyens ; le prol師ariat, lui, devrait s'organiser non pas d'apr峻 les n残essit市 de la lutte qui lui est impos仔 chaque jour, chaque heure, mais d'apr峻 la vague repr市entation que certains esprits chim屍iques se font d'une soci師 de l'avenir ! Voyons donc ce qu'il en serait de notre propre organisation allemande si elle 師ait taill仔 sur ce patron. Loin de combattre les gouvernements et la bourgeoisie, nous sp残ulerions tant et plus afin de savoir si chaque article de nos statuts, chaque r市olution de nos congr峻, est ou non un fid粛e reflet de la soci師 future.

 

Aux lieu et place de notre comit ex残utif, nous aurions un simple bureau de statistique et de correspondance, qui ne saurait comment venir bout des sections autonomes, autonomes au point qu'elles n'auraient jamais reconna杯re l'autorit dirigeante, n仔 de leur propre consentement ! Car elles manqueraient, ce faisant, leur premier devoir : 腎re avant tout un embryon de la soci師 future. Pas question de rassembler des forces, pas question d'action en commun ! Si, dans une section quelconque, la minorit s'adaptait la majorit, elle commettrait l un crime contre les principes de la libert et endosserait un principe conduisant l'autorit et la dictature ! Si Stieber et tous les siens, si tout le Cabinet noir, si l'ensemble des officiers prussiens entraient sur ordre dans l'organisation social-d士ocrate afin de la ruiner, le comit ‑ ou mieux le bureau de statistique et de correspondance ‑ ne devrait surtout pas d伺endre son existence, car ce serait instituer un type d'organisation hi屍archique et autoritaire ! Et surtout pas de sections disciplin仔s ! Surtout pas de discipline de parti, pas de concentration des forces sur un objectif, surtout pas d'armes de combat ! Qu'en serait-il autrement de l'embryon de soci師 future ? Bref, o en arriverions-nous avec cette organisation nouvelle ? ヒ l'organisation l営he et soumise des premiers chr師iens, celle des esclaves qui acceptaient et remerciaient pour chaque coup de pied re講, et n'obtinrent la victoire de leur religion qu'apr峻 trois si縦les de bassesses ‑ une m師hode r思olutionnaire qu'en v屍it le prol師ariat n'imitera pas ! Les premiers chr師iens tiraient de leur repr市entation du ciel le mod粛e de leur organisation ; nous devrions l'instar prendre pour mod粛e le ciel social de l'avenir dont Monsieur Bakounine nous propose l'image ; au lieu de combattre, prier et esp屍er. Et les gens qui nous pr芯hent ces folies se donnent pour les seuls r思olutionnaires v屍itables.

 

Pour en revenir maintenant l'Internationale, il n'y a rien qui presse. Le Conseil g始屍al a le devoir d'ex残uter les r市olutions du Congr峻 de B瑛e jusqu' ce qu'un nouveau congr峻 en adopte d'autres ; ce devoir, il l'accomplira ! Le Conseil g始屍al n'a pas craint d'expulser les Tolain et les Durand, il saura faire en sorte que tout acc峻 l'Internationale demeure interdit aux Stieber et consorts, m仁e si Monsieur Bakounine devait trouver cette mesure dictatoriale.

 

Mais comment en est-on venu prendre ces f営heuses r市olutions de B瑛e ? Tr峻 simplement. Elles furent propos仔s par les d四使u市 belges et n'eurent pas d'avocat plus chaleureux que Bakounine et ses amis, et notamment Schwitzguebel et Guillaume ‑ les signataires de la pr市ente circulaire. Les choses 師aient alors diff屍entes, certes. Ces messieurs esp屍aient alors obtenir la majorit et voir passer entre leurs mains le Conseil g始屍al ! D峻 lors, ils ont tout fait pour renforcer ses pouvoirs. Et pr市ent ? Eh bien, tout est chang, et voil que les raisins sont amers. Le Conseil g始屍al doit 腎re r仕uit aux dimensions d'un simple bureau de statistique et de correspondance, afin de ne pas avoir blesser la pudeur de la soci師 future de Bakounine !

 

Ces gens, qui sont des sectaires professionnels, ne forment, avec leur doctrine de christianisme primitif et mystique, qu'une minorit insignifiante dans l'Internationale. Ils ont le front de reprocher aux membres du Conseil g始屍al de vouloir ヌ faire pr仕ominer dans l'Internationale leur programme particulier, leur doctrine personnelle ; ils tiennent leurs id仔s particuli俊es pour la th姉rie officielle qui, seule, a droit de cit dans l'Internationale ネ. C'est tout de m仁e un peu fort ! Quiconque a eu l'occasion de suivre l'histoire interne de l'Internationale sait que ces m仁es gens se sont, depuis pr峻 de trois ans, essentiellement pr姉ccup市 de faire reconna杯re leur doctrine sectaire comme le programme de l'Association ; comme ils n'y sont pas arriv市, ils se sont efforc市 de faire passer subrepticement les phrases bakouninistes pour le programme de l'Internationale. Le Conseil g始屍al s'est content de protester contre ses efforts de substitution, mais il n'a pas contest jusqu' pr市ent leurs auteurs le droit d'appartenir l'Internationale, non plus celui de diffuser loisir, telles quelles, leurs calembredaines sectaires. Nous attendons de savoir comment le Conseil g始屍al prendra cette nouvelle circulaire.

 

Ces gens se sont prouv brillamment eux-m仁es ce qu'ils 師aient capables de faire avec leur nouvelle organisation. Partout o l'Internationale n'a pas rencontr la r市istance violente des gouvernements r斬ctionnaires, elle a, depuis la Commune de Paris, progress pas de g斬nt. Dans le Jura suisse o ces messieurs ont toutes facilit市 pour agir depuis un an et demi, que voyons-nous ? Leurs propres rapports au Congr峻 de Sonvilier vont nous l'apprendre : ヌ Ces 思始ements terribles, qui nous ont en partie d士oralis市, devaient exercer en partie 使alement une influence bienfaisante sur nos sections [...] ; puis il y a le d暫ut du gigantesque combat que le prol師ariat doit livrer la bourgeoisie et, en cons子uence, le moment de la r伺lexion [...] ; les uns s'en vont et dissimulent leur l営het, les autres n'en adh俊ent que plus fermement aux principes r始ovateurs de l'Internationale. Tel est le fait dominant dans l'histoire actuelle de l'Internationale en g始屍al, et de notre f仕屍ation en particulier. ネ (La R思olution sociale de Gen竣e, 23 novembre.)

 

Voil bien une nouvelle version de ce qui s'est pass dans l'ensemble de l'Internationale ! En r斬lit, cela ne concerne que la f仕屍ation du Jura. ツoutons un peu ces messieurs. La section de Moutiers a le moins souffert, mais n'en a pas pour autant r斬lis quelque chose

 

ヌ Bien qu'aucune action nouvelle n'ait 師 fond仔, nous dit-on, il faut esp屍er cependant ネ, etc. ; et pourtant cette section 師ait ヌ tout particuli俊ement favoris仔 par l'excellent esprit de la population ネ. La section de Grange est r仕uite un petit noyau d'ouvriers ! Deux sections de Brienne n'ont jamais r姿ondu aux lettres du comit ; tout aussi peu les sections de Neuch液el et l'une des sections de Locle. La troisi塾e section de Brienne est ヌ momentan士ent morte ネ... bien que ヌ tout espoir de voir revivre l'Internationale Brienne ne soit pas perdu ネ. La section de Saint-Blaise est morte, et celle du Val de Raz a disparu, nul ne sait trop comment. La section centrale de Locle, qui s'est d市agr使仔 au cours de longues luttes fratricides, a cependant 師 remise sur pied non sans mal, dans le but d残lar de participer aux 四ections du congr峻 ; celle de La Chaux-de-Fonds est dans une situation critique. La section des horlogers de Courtelary est en train de se transformer en coop屍ative apr峻 avoir adopt les statuts de la coop屍ative suisse des horlogers, c'est--dire le statut d'une soci師 non affili仔 l'Internationale. La section centrale du m仁e district a suspendu ses activit市, parce que ses membres de Saint-Imier et de Sonvilier s'師aient constitu市 en sections distinctes (ce qui n'a nullement emp芯h cette section centrale de se faire repr市enter au congr峻 par deux d四使u市 aux c冲市 de ceux de Saint-Imier et de Sonvilier). La section de Cort暫ert, apr峻 une brillante existence, a d se dissoudre la suite des intrigues de la bourgeoisie locale. Il en est de m仁e Corg士ont. ヒ Gen竣e enfin, il ne subsiste plus qu'une section.

 

Voil l'マuvre des repr市entants de la libre f仕屍ation des sections autonomes, avec un bureau de statistique et de correspondance leur t腎e ! Voil ce qu'en un an et demi ils ont fait d'une f仕屍ation ni 師endue ni nombreuse certes, mais encore florissante. Et cela dans un pays o ils ont toute libert d'action, alors que, partout ailleurs, l'Internationale faisait des progr峻 de g斬nt. Au moment m仁e o ils nous pr市entent le lamentable tableau de leur 残hec et o ils lancent ce cri d'angoisse provoqu par leur situation d市esp屍仔 et ruineuse, ils se pr市entent devant nous avec la pr師ention d'arracher l'Internationale la voie qu'elle a suivie jusqu'ici et qui l'a fait devenir ce qu'elle est, pour l'engager dans la voie qui a fait d使ringoler la f仕屍ation du Jura de son 師at de relative prosp屍it sa dissolution compl春e.

 

 

R市olutions du Conseil g始屍al
sur la scission dans la f仕屍ation
des フats-Unis adopt仔s
les 5 et 12 mars 1872

 

1. Les deux conseils f仕屍aux

 

Article 1. ‑ Consid屍ant

 

 

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Que les conseils centraux ne sont instaur市 que dans le but d'assurer dans tous les pays la puissance de l'union et de la combinaison au mouvement ouvrier (art. 7 des statuts) ;

 

Qu'en cons子uence l'existence de deux conseils centraux rivaux pour une m仁e f仕屍ation est une infraction caract屍is仔 des statuts g始屍aux [41], le Conseil g始屍al invite les deux conseils f仕屍aux provisoires de New York s'unir de nouveau et agir comme un seul et m仁e conseil f仕屍al provisoire jusqu' la r志nion d'un congr峻 g始屍al.

 

Art. 2. ‑ Consid屍ant que l'efficacit du conseil f仕屍al provisoire serait grandement diminu仔 s'il contenait trop de membres qui viennent peine d'adh屍er l'Association internationale des travailleurs,

 

le Conseil g始屍al recommande que les sections nouvellement cr試es et num屍iquement faibles se combinent entre elles afin de nommer quelques d四使u市 communs, peu nombreux.

 

 

II. Congr峻 g始屍al de la f仕屍ation des フats-Unis

 

Article 1. ‑ Le Conseil g始屍al recommande la convocation pour le 1er 。 juillet 1872 d'un congr峻 g始屍al des d四使u市 de sections et des soci師市 affili仔s des フats-Unis.

 

Art. 2. ‑ Il appartiendra ce congr峻 de nommer un conseil f仕屍al pour les フats-Unis. Il peut, s'il le juge opportun, charger le conseil f仕屍al ainsi nomm de s'adjoindre un nombre limit de membres.

 

Art. 3. ‑ Ce congr峻 a seul pouvoir de d師erminer les statuts et r夙lements locaux pour l'organisation de l'Association internationale des travailleurs, mais ceux-ci ne doivent rien contenir qui soit contraire aux statuts et r夙lements de l'Association (cf. r夙lement administratif V, 1).

 

III. Sections

 

Article 1. ‑ Consid屍ant

 

Que la section no 12 de New York a non seulement pris une r市olution formelle par laquelle ヌ chaque section poss重e un droit ind姿endant ネ d'interpr師er son gr ヌ les r市olutions des divers congr峻 ainsi que les statuts et r夙lements ネ, mais a encore agi en conformit totale avec ce principe qui, s'il 師ait adopt par tous, ne laisserait plus subsister de l'Internationale que le nom ;

 

Que cette m仁e section n'a cess de faire de l'Internationale des travailleurs son instrument pour r斬liser ses propres fins, qui ou bien sont 師rang俊es aux buts et devoirs de l'Association internationale des travailleurs, ou bien lui sont oppos仔s,

 

pour ces raisons :

 

le Conseil g始屍al consid俊e qu'il est de son devoir d'appliquer la r市olution administrative VI du Congr峻 de B瑛e, et de suspendre la section no 12 jusqu' la r志nion du prochain congr峻 g始屍al de l'A. I. T. qui se tiendra en septembre 1872.

 

Art. 2. ‑ Consid屍ant

 

Que l'Association internationale des travailleurs, d'apr峻 ses statuts, se compose exclusivement de ヌ soci師市 ouvri俊es ネ (cf. art. 1, 7 et 11 des statuts) ;

 

Qu'en cons子uence de l'article 9 des statuts, selon lequel ヌ quiconque adopte et d伺end les principes de l'Association internationale des travailleurs peut en 腎re re講 membre ネ, s'il est possible des adh屍ents actifs de l'Internationale qui ne sont pas des travailleurs d'en 腎re membres titre individuel ou titre de sections ouvri俊es, il n'en r市ulte en aucun cas qu'il soit l使itime de fonder des sections qui soient compos仔s exclusivement ou principalement de membres n'appartenant pas la classe ouvri俊e ;

 

Que cette m仁e raison a emp芯h il y a quelques mois de reconna杯re une section slave compos仔 exclusivement d'師udiants [42] ;

 

Qu'en accord avec les statuts V, 1, les statuts et les r夙lements doivent 腎re adapt市 ヌ aux circonstances locales de chaque pays ネ ;

 

Que les conditions sociales des フats-Unis, si elles sont en de nombreux points extr仁ement favorables au mouvement ouvrier, facilitent particuli俊ement l'intrusion dans l'Internationale de pseudo-r伺ormateurs, de charlatans bourgeois et de trafiquants politiques,

 

pour ces raisons :

 

le Conseil g始屍al recommande qu' l'avenir on n'admette pas de nouvelles sections qui ne regroupent au moins pour les deux tiers des travailleurs salari市.

 

Art. 3. ‑ Le Conseil g始屍al attire l'attention de la f仕屍ation am屍icaine sur la r市olution II, 3 de la Conf屍ence de Londres ayant trait aux ヌ sections sectaires ネ ou ヌ corps s姿aratistes ネ, qui pr師endent ヌ accomplir des missions et t営hes particuli俊es ネ, distinctes de celles du but commun de l'Association, qui est de ヌ lib屍er le travailleur de l'assujettissement 残onomique des d師enteurs des moyens du travail ネ, assujettissement ヌ qui est la cause premi俊e de la servitude sous toutes ses formes la mis俊e sociale, l'avilissement intellectuel et la d姿endance politique ネ (cf. le pr斬mbule des statuts).

 

 

Rapport fait au Congr峻 de La Haye
au nom du Conseil g始屍al sur l'Alliance
de la d士ocratie socialiste

 

 

 

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L'Alliance de la d士ocratie socialiste fut fond仔 par M. Bakounine vers la fin de l'ann仔 1868. C'師ait une soci師 internationale pr師endant fonctionner, en m仁e temps, en dehors et en dedans de l'Association internationale des travailleurs [43]. Se composant de membres de cette derni俊e qui r残lamaient le droit de participer toutes les r志nions internationales, elle voulait cependant se r市erver d'avoir ses groupes locaux, ses f仕屍ations nationales, ses congr峻 particuliers c冲 de ceux de l'Internationale. En d'autres termes, l'Alliance pr師endait d峻 le d暫ut former une sorte d'aristocratie au sein de notre association, un corps d'四ite avec un programme elle et avec ses privil夙es particuliers.

 

Notre circulaire sur Les Pr師endues scissions dans l'Internationale (pages 7 9, pi縦es justificatives n。 1) reproduit la correspondance qui eut lieu ce moment entre le comit central de l'Alliance et notre Conseil g始屍al. Celui-ci refusa d'admettre l'Alliance tant qu'elle conserverait son caract俊e international distinct ; il ne promit de l'admettre qu' la condition qu'elle dissoudrait son organisation internationale particuli俊e, que ses sections se convertiraient en simples sections de notre association, et que le Conseil serait inform du lieu et des effectifs num屍iques de chaque section nouvelle.

 

Voici ce que r姿ondit, ces demandes, le 22 juin 1869, le comit central de l'Alliance qui, cette occasion, changeait de nom et prit celui de section de l'Alliance de la d士ocratie socialiste de Gen竣e :

 

ヌ Conform士ent ce qui a 師 convenu entre votre Conseil et le comit central de l'Alliance de la d士ocratie socialiste, nous avons soumis aux diff屍ents groupes de l'Alliance la question de sa dissolution comme organisation distincte de celle de l'Association internationale des travailleurs... Nous avons le plaisir de vous annoncer que la grande majorit des groupes a partag l'avis du comit central tendant prononcer la dissolution de l'Alliance internationale de la d士ocratie socialiste. Aujourd'hui, cette dissolution est prononc仔. En notifiant cette d残ision aux diff屍ents groupes de l'Alliance, nous les avons invit市 se constituer, notre exemple, en sections de l'A.I.T., et se faire reconna杯re comme telles par vous ou par le conseil f仕屍al de cette association dans leurs pays respectifs. Comme confirmation de la lettre que vous avez adress仔 l'ex-comit de l'Alliance, nous venons aujourd'hui, en vous soumettant les statuts de notre section, vous prier de la reconna杯re officiellement comme branche de l'Association internationale des travailleurs. ネ (Sign : le secr師aire provisoire C. Perron ; pi縦es justificatives no 2.)

 

L'exemplaire des statuts de l'Alliance se trouve aux pi縦es justificatives no 3.

 

La section de Gen竣e resta la seule qui demandait son affiliation. On n'entendit plus parler des autres pr師endues sections de l'Alliance. Cependant, en d姿it des intrigues continuelles des alliancistes tendant imposer leur programme sp残ial toute l'Internationale, et s'assurer la direction de notre association, on devait croire qu'elle avait tenu sa parole, et qu'elle s'師ait dissoute. Mais, au mois de mai dernier, le Conseil g始屍al re講t des indications assez pr残ises, dont il dut conclure que l'Alliance ne s'師ait jamais dissoute ; qu'en d姿it de la parole solennellement donn仔 elle avait exist et existait toujours sous forme de soci師 secr春e, et qu'elle usait de cette organisation clandestine pour poursuivre toujours son but original de domination. C'est surtout en Espagne que son existence devint de plus en plus manifeste, par suite des divisions au sein m仁e de l'Alliance, dont nous tracerons plus loin l'historique.

 

Il suffit ici de dire que d'abord une circulaire des membres de l'ancien conseil f仕屍al de ce pays, membres en m仁e temps du comit central de l'Alliance en Espagne (voir le n。 61, p. 3, col. 2 de l'ノancipation ; pi縦es justificatives n。 4), en d思oila l'existence [44]. Cette circulaire est dat仔 du 2 juin 1872, et annonce toutes les sections de l'Alliance en Espagne que les signataires venaient de se dissoudre comme section de l'Alliance et invit俊ent les autres suivre leur exemple. Elle fut publi仔 dans l'ノancipation (n。 59, pi縦e justificative n。 5).

 

Cette publication for溝 le journal de l'Alliance, la Federacion de Barcelone (n。 155, 4 ao柎 1872), publier lui-m仁e les statuts de l'Alliance (pi縦es justificatives n。 6).

 

En comparant les statuts de la soci師 secr春e avec les statuts soumis par l'Alliance de Gen竣e au Conseil g始屍al, nous trouvons d'abord que le programme en t腎e de la premi俊e est identique celui en t腎e de l'autre. Il n'y a que de l使ers changements de r仕action, de sorte que le programme particulier de Bakounine appara杯 clairement dans les statuts secrets.

 

En voici le tableau exact :

 

L'article 1 de Gen竣e est litt屍alement identique l'article 5 secret. L'article 2 de Gen竣e est g始屍alement identique l'article 1 secret. L'article 3 de Gen竣e est litt屍alement identique l'article 2 secret. Les articles 4 et 5 de Gen竣e sont g始屍alement identiques l'article 3 secret.

L'article 6 de Gen竣e est g始屍alement identique l'article 4 secret.

 

Les statuts secrets eux-m仁es sont bas市 sur ceux de Gen竣e. Ainsi l'article 4 secret correspond litt屍alement l'article 3 de Gen竣e ; les articles 8 et 9 de Gen竣e se trouvent, en bref, dans l'article 10 secret, comme les articles 15-20 de Gen竣e dans l'article 3 secret.

 

L'article 7 de Gen竣e, contrairement la pratique actuelle des alliancistes, pr芯he ヌ la forte organisation ネ de l'Internationale, et oblige tous les membres de l'Alliance ヌ soutenir... les r市olutions des congr峻 et le pouvoir du Conseil g始屍al ネ. Cet article ne se trouve pas dans les statuts secrets, mais la preuve qu'il y a figur, au commencement, c'est qu'il se retrouve presque litt屍alement dans l'article 15 du r夙lement de la section madril熟e qui combine diverses professions (pi縦es justificatives n。 7).

 

Il est donc manifeste que nous avons affaire non deux soci師市 diff屍entes, mais une seule et m仁e soci師. Alors que le comit central de Gen竣e donna au Conseil g始屍al l'assurance que l'Alliance 師ait dissoute ; et que, sur la foi de cette d残laration, il fut re講 comme section de l'Internationale, les meneurs de ce comit central, Monsieur Bakounine leur t腎e, renforc俊ent l'organisation de cette Alliance en la transformant en soci師 secr春e, et en lui conservant le caract俊e international qu'on avait promis d'abandonner. La bonne foi du Conseil g始屍al et de toute l'Internationale, laquelle la correspondance avait 師 soumise, fut indignement tromp仔. Apr峻 avoir d暫ut par un mensonge pareil, ces hommes n'avaient plus de raison de se g刃er dans leurs machinations pour se soumettre l'Internationale ou, en cas d'残hec, pour la d市organiser.

 

Voici maintenant les articles principaux des statuts secrets :

 

1. L'Alliance de la d士ocratie socialiste se composera de membres de l'Association internationale des travailleurs, et aura pour but la propagande et le d思eloppement des principes de son programme, et l'師ude de tous les moyens propres avancer l'士ancipation directe et imm仕iate de la classe ouvri俊e.

 

2. Pour obtenir les meilleurs r市ultats possibles et pour ne pas compromettre la marche de l'organisation sociale, l'Alliance sera 士inemment secr春e.

 

4. Personne ne pourra 腎re admis comme membre sans avoir auparavant accept compl春ement et sinc俊ement les principes du programme, etc.

 

5. L'Alliance influera tant qu'elle pourra au sein de la f仕屍ation ouvri俊e locale, de sorte qu'elle ne prenne pas une marche r斬ctionnaire ou antir思olutionnaire.

 

6. La majorit des associ市 pourra exclure de l'Alliance chacun de ses membres sans indication de cause.

 

L'Alliance est donc une soci師 secr春e, form仔 au sein m仁e de l'Internationale avec un programme sp残ial qui n'est pas du tout celui de l'Internationale, et ayant pour but la propagande de ce programme qu'elle consid俊e comme seul r思olutionnaire. Elle impose ses membres le devoir d'agir au sein de leur f仕屍ation locale internationale de mani俊e que cette derni俊e ne prenne pas une marche r斬ctionnaire ou antir思olutionnaire, c'est--dire qu'elle ne s'四oigne aucunement du programme de l'Alliance. En d'autres termes, l'Alliance a pour but d'imposer, au moyen de son organisation secr春e, son programme sectaire toute l'Internationale. Le moyen le plus efficace d'y arriver, c'est de s'emparer des conseils locaux et f仕屍aux et du Conseil g始屍al, en y faisant 四ire, usant de la puissance donn仔 par l'organisation clandestine, des membres de l'Alliance. C'est pr残is士ent ce qu'a fait l'Alliance l o elle a cru avoir des chances de succ峻 : nous verrons cela plus tard.

 

Il est clair que personne ne saurait en vouloir aux alliancistes de faire de la propagande pour leur programme. L'Internationale se compose de socialistes des nuances les plus vari仔s, et son programme est assez ample pour les comprendre toutes. La secte bakouniniste y a 師 re講e aux m仁es conditions que les autres. Ce qu'on lui reproche, c'est pr残is士ent d'avoir viol ces conditions.

 

Quant au caract俊e secret de l'Alliance, c'est d史 autre chose. L'Internationale ne peut ignorer que les soci師市 secr春es sont en beaucoup de pays, en Pologne, en France, en Irlande, un moyen l使itime de d伺ense contre le terrorisme gouvernemental. Mais elle a d残lar, la Conf屍ence de Londres, qu'elle veut rester compl春ement 師rang俊e ces soci師市, et que, par cons子uent, elle ne les reconna杯ra pas comme sections. Et, ce qui est le point capital, nous nous trouvons ici en face d'une soci師 cr試e pour combattre non les gouvernements, mais l'Internationale elle-m仁e.

 

L'organisation d'une pareille soci師 est une violation flagrante non seulement de l'engagement contract envers l'Internationale, mais aussi de la lettre et de l'esprit de nos statuts et r夙lements g始屍aux. Nos statuts ne connaissent qu'une seule esp縦e de membres de l'Internationale avec droits et devoirs 使aux ; l'Alliance les divise en deux castes, initi市 et profanes, aristocrates et pl暫司ens, ces derniers 師ant destin市 腎re men市 par les premiers, au moyen d'une organisation dont ils ignorent jusqu' l'existence.

 

L'Internationale demande ses adh屍ents de reconna杯re pour base de leur conduite la v屍it, la justice et la morale ; l'Alliance impose ses adeptes comme premier devoir le mensonge, la dissimulation et l'imposture, en leur prescrivant de tromper les Internationaux profanes sur l'existence de l'organisation clandestine, sur les motifs et sur le but m仁e de leurs paroles et de leurs actions. Les fondateurs de l'Alliance savaient parfaitement que la grande masse des Internationaux profanes ne se soumettrait jamais sciemment une organisation comme la leur, sit冲 qu'ils en auraient connu l'existence. C'est pourquoi ils la firent ヌ 士inemment secr春e ネ. Car il faut bien observer que le caract俊e secret de cette Alliance n'a pas pour objet de tromper la vigilance des gouvernements, car autrement on n'aurait pas d暫ut par sa constitution comme soci師 publique ; ce caract俊e secret 師ait uniquement destin tromper l'Internationale profane, comme le prouve la manマuvre indigne dont l'Alliance a fait usage vis--vis du Conseil g始屍al. Il s'agit donc d'une v屍itable conspiration contre l'Internationale.

 

Pour la premi俊e fois dans l'histoire des luttes de la classe ouvri俊e, nous rencontrons une conspiration secr春e ourdie au sein m仁e de cette classe et destin仔 miner non pas le r使ime exploiteur existant, mais l'Association m仁e qui le combat le plus 始ergiquement.

 

Du reste, il serait ridicule de pr師endre qu'une soci師 se soit faite secr春e pour se sauvegarder contre les poursuites des gouvernements actuels, 師ant donn que cette soci師 pr芯he partout la doctrine d思irilisante de l'abstention absolue en mati俊e politique, et d残lare dans son programme (art. 3, pr斬mbule aux statuts secrets) qu'elle ヌ repousse toute action r思olutionnaire qui n'aurait pas pour objet imm仕iat et direct le triomphe de la cause des ouvriers contre le capital ネ.

 

Consid屍ons maintenant quelle a 師 l'action de cette soci師 secr春e dans l'Internationale.

 

La r姿onse cette question se trouve d史, en partie, dans la circulaire priv仔 du Conseil g始屍al sur Les Pr師endues Scissions. Mais comme le Conseil g始屍al ne connaissait pas encore ce moment-l l'師endue de l'organisation secr春e, et comme, depuis, il s'est pass bien des faits importants, cette r姿onse ne pouvait 腎re que fort incompl春e.

 

Constatons d'abord qu'il y a eu deux phases bien distinctes dans l'action de l'Alliance. Dans la premi俊e, elle croyait pouvoir s'emparer du Conseil g始屍al et, ce faisant, de la direction supr仁e de notre association. C'師ait alors qu'elle demanda ses adh屍ents de soutenir la ヌ forte organisation ネ de l'Internationale et ヌ le pouvoir du Conseil g始屍al d'abord, aussi bien que celui du conseil f仕屍al et du comit central ネ. C'est dans ces conditions que les alliancistes ont demand au Congr峻 de B瑛e tous ces pouvoirs 師endus pour le Conseil g始屍al, pouvoirs qu'ils ont plus tard repouss市 avec tant d'horreur parce que autoritaires.

 

Le Congr峻 de B瑛e r仕uisit n斬nt les esp屍ances de l'Alliance, du moins pour quelque temps, en la laissant des intrigues locales. Elle se tint assez tranquille jusqu' ce que la Conf屍ence de Londres r師abl杯, par ses r市olutions sur la politique de la classe ouvri俊e et sur les sections sectaires, le programme original de l'Internationale vis--vis du programme de l'Alliance, et m杯 fin ce quiproquo international. Depuis, elle ourdit des men仔s dont il est question clans Les Pr師endues Scissions.

 

Dans le Jura, en Italie et en Espagne, elle ne cessa de substituer son programme sp残ial celui de l'Internationale. La f仕屍ation jurassienne, qui constitue le centre de l'Alliance en Suisse, lan溝 sa circulaire de Sonvilier contre le Conseil g始屍al. La forte organisation, le pouvoir du Conseil g始屍al, les r市olutions de B瑛e propos仔s et vot仔s par les signataires de cette m仁e circulaire y furent qualifi市 d'autoritaires, d市ignation suffisante ce qu'il para杯 pour les faire condamner sans autre forme de proc峻 ; on y parla de ヌ la guerre, la guerre ouverte 残lat仔 dans nos rangs ネ, on y demandait pour l'Internationale une organisation adapt仔 non aux besoins de la lutte actuelle, mais on ne sait quel id斬l de la soci師 future, etc. ヒ partir de l, on changea de tactique. La consigne 師ait donn仔. Les r市olutions autoritaires de B瑛e et de la Conf屍ence de Londres ainsi que l'autoritarisme du Conseil g始屍al furent attaqu市 violemment partout o L'Alliance avait des ramifications, en Italie et en Espagne surtout.

 

On ne parlait plus que de l'autonomie des sections, de groupes librement f仕屍市, d'anarchie, etc. Tout cela se comprend facilement. La puissance de la soci師 secr春e au sein de l'Internationale devait naturellement s'accro杯re mesure que l'organisation publique de l'Internationale se rel営hait et s'affaiblissait. Le grand obstacle que l'on rencontra, c'est le Conseil g始屍al, et c'est lui qu'on attaqua en premi俊e ligne. Mais nous verrons tout l'heure qu'on traita de la m仁e mani俊e les conseils f仕屍aux d峻 que l'on crut l'occasion opportune.

 

La circulaire du Jura n'eut aucun effet, except dans les pays o l'Internationale 師ait plus ou moins sous l'influence de l'Alliance, en Italie et en Espagne. Dans ce dernier pays, l'Alliance et l'Internationale avaient 師 fond仔s en m仁e temps, imm仕iatement apr峻 le Congr峻 de B瑛e. Les Internationaux les plus d思ou市 de l'Espagne furent amen市 croire que le programme de l'Alliance 師ait identique celui de l'Internationale, que l'organisation secr春e existait partout, et que c'師ait presque un devoir d'y entrer. Cette illusion fut d師ruite par la Conf屍ence de Londres, o le d四使u espagnol, Anselmo Lorenzo ‑ lui-m仁e membre du comit central de l'Alliance de son pays ‑, put se convaincre du contraire, ainsi que par la circulaire du Jura lui-m仁e, dont les attaques violentes et les calomnies contre cette conf屍ence et contre le Conseil g始屍al avaient 師 imm仕iatement reproduites par tous les organes de l'Alliance.

 

La premi俊e cons子uence de la circulaire jurassienne fut donc en Espagne de cr仔r une scission, au sein m仁e de l'Alliance espagnole, entre ceux qui 師aient avant tout des Internationaux et ceux qui ne voulaient de l'Internationale que pour autant qu'elle 師ait domin仔 par l'Alliance. La lutte, sourde d'abord, 残lata bient冲 dans les r志nions de l'Internationale. Le conseil f仕屍al, 四u par la Conf屍ence de Valence (septembre 1871), ayant prouv par ses actes qu'il pr伺屍ait l'Internationale l'Alliance, la majorit de ses membres furent expuls市 de la f仕屍ation locale de Madrid, domin仔 par l'Alliance. Ils furent r刺abilit市 par le Congr峻 de Saragosse, et deux de ses membres les plus actifs ‑ Mora et Lorenzo ‑ furent r試lus au nouveau conseil f仕屍al, bien que tous les membres de l'ancien conseil aient d'avance d残lar ne pas vouloir les accepter.

 

Le Congr峻 de Saragosse fit craindre aux meneurs de l'Alliance que l'Espagne ne s'残happe de leurs mains. Elle dirigea donc imm仕iatement contre le pouvoir du conseil f仕屍al espagnol les m仁es attaques que la circulaire du Jura avait dirig仔s contre les attributions pr師endument autoritaires du Conseil g始屍al. En Espagne, une organisation parfaitement d士ocratique et en m仁e temps tr峻 compl春e avait 師 四abor仔 par le Congr峻 de Barcelone et par la Conf屍ence de Valence. Elle avait eu, gr営e aussi l'activit du conseil f仕屍al 四u Valence (activit reconnue par un vote expr峻 du congr峻), les r市ultats brillants dont il a 師 question dans le rapport g始屍al.

 

ヒ Saragosse, Morago, l'盈e de l'Alliance en Espagne, d残lara que les attributions du conseil f仕屍al dans cette organisation 師ant autoritaires, il fallait les restreindre, lui 冲er le droit d'admettre ou de refuser de nouvelles sections, le droit de constater si leurs statuts sont conformes ceux de la f仕屍ation, le r仕uire enfin au r冤e d'un simple bureau de correspondance et de statistique. En rejetant les propositions de Morago, le congr峻 r市olut de maintenir l'organisation autoritaire existante. (Cf. Estracto de las actas del segundo congresso obrero, p. 109 et 110 ; pi縦es justificatives n。 8. Sur ce point, le t士oignage du citoyen Lafargue, d四使u au Congr峻 de Saragosse, sera important.)

 

Pour 残arter le nouveau conseil f仕屍al des dissensions surgies Madrid, le congr峻 le transf屍a Valence. Mais la cause de ces dissensions ‑ l'antagonisme qui commen溝it se d思elopper entre l'Alliance et l'Internationale ‑ n'avait pas un caract俊e local. Le congr峻, ignorant jusqu' l'existence de l'Alliance, avait compos le nouveau conseil exclusivement de membres de cette soci師. Deux d'entre eux ‑ Mora et Lorenzo ‑ en 師aient devenus les antagonistes, et Mora n'avait pas accept son 四ection. La circulaire du Conseil g始屍al sur Les Pr師endues Scissions, r姿onse celle du Jura, mit en demeure tous les Internationaux de se d残larer ou pour l'Internationale, ou pour l'Alliance. La pol士ique s'envenima de plus en plus entre La Emancipacion, d'une part, et La Federacion de Barcelone et la Razon de S思ille, journaux alliancistes, de l'autre. Enfin, le 2 juin, les membres de l'ancien conseil f仕屍al, r仕acteurs de La Emancipacion et membres du comit central espagnol de l'Alliance, r市olurent d'adresser toutes les sections espagnoles de l'Alliance la circulaire o ils d残lar俊ent se dissoudre comme section de la soci師 secr春e, et invit俊ent les autres sections suivre leur exemple. La vengeance ne se fit pas attendre. Ils furent imm仕iatement, et en violation flagrante des r夙lements en vigueur, expuls市 de nouveau de la f仕屍ation locale de Madrid. Ils se constitu俊ent alors en nouvelle f仕屍ation de Madrid, et demand俊ent que le conseil f仕屍al la reconnaisse.

 

Mais, en attendant, l'四士ent allianciste du conseil, renforc par des cooptations de nouveaux membres, 師ait parvenu le dominer compl春ement, de sorte que Lorenzo s'en retira. La demande de la nouvelle f仕屍ation de Madrid eut pour r姿onse un refus net de la part du conseil f仕屍al qui, alors, s'occupait d史 d'assurer l'四ection de candidats alliancistes au Congr峻 de La Haye. ヒ cet effet, il adressa aux f仕屍ations locales une circulaire priv仔 en date du 7 juillet, dans laquelle, apr峻 avoir r姿師 les calomnies de La Federacion contre le Conseil g始屍al, il proposa aux f仕屍ations d'envoyer au congr峻 une d四使ation commune toute l'Espagne, 四ue la majorit de la totalit des voix, dont le scrutin serait fait par le conseil lui-m仁e (pi縦es justificatives n。 9). Pour tous ceux qui connaissent l'organisation secr春e au sein de l'Internationale espagnole, il est 思ident que c'師ait faire 四ire des hommes de l'Alliance pour les envoyer au congr峻 avec l'argent des Internationaux. D峻 que le Conseil g始屍al, auquel cette circulaire n'avait pas 師 envoy仔, eut connaissance de ces faits [45], il adressa au conseil f仕屍al espagnol, le 24 juillet, la lettre jointe aux pi縦es justificatives [46] (n。 10). Le conseil f仕屍al r姿ondit le 1er ao柎 qu'il lui fallait du temps [47] pour traduire notre lettre 残rite en fran溝is, et le 3 ao柎 il 残rivit au Conseil g始屍al la r姿onse 思asive publi仔 dans La Federacion (pi縦e justificative n。 11). Dans cette r姿onse, il prit le parti de l'Alliance. Le Conseil g始屍al, apr峻 avoir re講 la lettre du 1er ao柎, avait d史 fait publier cette correspondance dans La Emancipacion.

 

Ajoutons que, d峻 que l'organisation secr春e avait 師 r思四仔, on pr師endit que l'Alliance avait d史 師 dissoute au Congr峻 de Saragosse. Le comit central, cependant, n'en fut pas pr思enu [48] (pi縦es justificatives n。 4).

 

La nouvelle f仕屍ation de Madrid nie le fait qu'elle conna杯 sans doute. Du reste, il est ridicule de pr師endre que la branche espagnole d'une soci師 internationale, comme l'Alliance, puisse se dissoudre sans consulter les autres branches nationales.

 

Imm仕iatement apr峻, l'Alliance tenta son coup d'フat. Voyant qu'au Congr峻 de La Haye il lui serait impossible de s'assurer, en renouvelant les manマuvres de B瑛e et de La Chaux-de-Fonds, une majorit factice, elle profita de la conf屍ence tenue Rimini par la soi-disant f仕屍ation italienne pour faire acte de scission ouverte. Les d四使u市 ci-r志nis le r市olurent l'unanimit (voir pi縦es justificatives n。 12). Voil donc le congr峻 de l'Alliance oppos celui de l'Internationale. Cependant, on s'aper講t bient冲 que ce projet ne promettait pas de succ峻. On le retira, et on r市olut d'aller La Haye. Or, voil que ces m仁es sections italiennes, sections dont une seule sur vingt et une appartient notre association, apr峻 avoir r姿udi le Congr峻 de La Haye, ont le front d'envoyer La Haye leurs d四使u市 [49] !

 

Consid屍ant

 

1. Que l'Alliance fond仔 et dirig仔 par M. Bakounine (et qui a pour organe principal le comit central de la f仕屍ation jurassienne) est une soci師 hostile l'Internationale, parce qu'elle s'efforce ou de dominer l'Internationale, ou de la d市organiser ;

 

2. Que, par cons子uent, l'Internationale et l'Alliance sont incompatibles,

 

le Congr峻 d残r春e :

 

1. M. Bakounine et tous les membres actuels de l'Alliance de la d士ocratie socialiste sont exclus de l'Association internationale des travailleurs. Ils ne pourront y rentrer qu'apr峻 avoir publiquement r姿udi toute communaut avec cette soci師 secr春e ;

 

2. La f仕屍ation jurassienne, comme telle, est exclue de l'Internationale.

 

 

Congr峻 de l'A. I. T. tenu La Haye
(2 au 7-9-1872)

 

 

Discussions pr姿aratoires propos du congr峻
et des pleins pouvoirs du Conseil g始屍al

 

 

Retour la table des mati俊es

 

Le citoyen Marx dit alors qu'il ne fait pas de doute que la question d'organisation serait le principal sujet soumettre aux d暫ats du congr峻. Les luttes qui avaient eu lieu ont suffisamment mis cela en 思idence [50]. Dans la discussion de celle-ci, il serait bon de diviser le sujet en sections concernant ou bien le Conseil g始屍al, ou bien les conseils f仕屍aux. La proposition de Bakounine transformerait purement et simplement le Conseil g始屍al en un bureau de statistique. Or, pour cela, il n'est pas n残essaire d'avoir un Conseil g始屍al. Les journaux pourraient donner toutes les informations qu'ils sont susceptibles de rassembler, et il faut rappeler que l'on n'avait pas encore collect de statistiques, bien que le Conseil g始屍al ait attir r使uli俊ement l'attention des diverses sections sur la n残essit d'entreprendre des mesures cet effet.

 

La proposition du conseil f仕屍al belge est logique : il faut supprimer le Conseil g始屍al, d峻 lors qu'on lui a d史 enlev toute utilit. On a affirm que les conseils f仕屍aux pouvaient accomplir toutes les t営hes indispensables et qu'ils avaient 師 et seraient 師ablis dans tous les pays, afin de prendre en main toute l'administration. En Espagne, La Emancipacion disait dans sa critique de ce projet que cela signifierait la mort de l'Association : s'ils 師aient cons子uents, il faudrait supprimer les conseils f仕屍aux eux-m仁es. Malgr cela, il ne s'opposerait pas la proposition, comme autre solution ou exp屍ience [51]. Quoi qu'il en soit, il est assur que cela ne ferait que d士ontrer l'absolue n残essit du r師ablissement du Conseil g始屍al dans ses fonctions. Si la politique du renforcement des pouvoirs du Conseil g始屍al devait 腎re rejet仔, il serait dispos s'incliner, mais il n'accepterait en aucun cas la proposition de Bakounine, savoir maintenir le Conseil g始屍al tout en le r仕uisant n斬nt.

 

V屍ifications des mandats de d四使u市

 

Marx r姿ond que cela ne regarde personne de savoir qui les sections choisissent [comme d四使u au Congr峻] [52]. D'ailleurs, il est tout l'honneur de Barry de ne pas 腎re un des pr師endus chefs des travailleurs anglais, car tous sont plus ou moins vendus la bourgeoisie et au gouvernement. On a attaqu Barry uniquement parce qu'il ne voulait pas se faire l'instrument de Hales.

 

ヒ propos des soci師市 pers残ut仔s
par les gouvernements

 

Marx fait valoir que si l'Alliance a 師 admise, c'est parce qu'on ignorait au d暫ut son caract俊e secret [53]. L'on savait, 思idemment, qu'elle s'師ait reconstitu仔, mais en face de la d残laration officielle de dissolution du 6 ao柎 1871, la conf屍ence ne pouvait qu'adopter la r市olution quel l'on sait. Lui-m仁e ne s'oppose pas aux soci師市 secr春es en tant que telles, car il a appartenu des soci師市 de ce genre, mais il en a aux soci師市 secr春es qui sont hostiles et nuisibles l'A.I.T. Le conseil f仕屍al romand protesta vivement contre l'admission de la section en question, et c'est la raison pour laquelle le Conseil g始屍al la rejeta, conform士ent aux statuts. ヒ Bruxelles, la situation 師ait diff屍ente : la section fran溝ise avait 残rit au Conseil g始屍al que des membres du conseil f仕屍al belge lui avaient fait savoir que son admission la f仕屍ation belge l'exposerait la police belge. Le Conseil g始屍al n'avait donc pu faire autrement que de reconna杯re et d'admettre s姿ar士ent la section fran溝ise de Bruxelles, et il a fallu agir de la m仁e fa腔n pour la deuxi塾e section fran溝ise qui s'y est form仔.

 

 

Discussion sur la section double
des フats-Unis

 

Marx d残lare que la section 2 n'a pas d'existence aux yeux du congr峻, puisque, en sa qualit de section ind姿endante, elle n'est pas entr仔 en contact avec le Conseil g始屍al [54].

 

Sorge d残lare qu'il n'aurait pos la question de confiance soulev仔 par Dereure que pour la section 2, car on montrera alors les immenses torts que ces 四士ents causent la classe ouvri俊e et au mouvement des travailleurs en Am屍ique.

 

Frankel est tout fait oppos l'admission de la section 2 et rappelle les pr残仕ents de la Commune, o des sections particuli俊es ont aussi men une campagne contre le Conseil f仕屍al par des affiches et divers autres moyens. Il est favorable la centralisation, contre la pr師endue autonomie et l'anarchie. On ne peut plus tol屍er la r暫ellion contre toutes les r市olutions ; la discipline doit 腎re maintenue.

 

Marx fait savoir que West (le d四使u mandat par la section 2) d市ire voir renvoyer au lendemain la question concernant la section 2, et que le comit accepte cette proposition. Il rappelle l'affaire de l'Alliance et d残lare qu'il avait propos l'exclusion de l'Alliance et non pas des d四使u市 espagnols.

 

Marx propose, au nom du comit de v屍ification des pouvoirs, l'annulation du mandat de W. West, parce que, d'une part, il est membre d'une section suspendue, que, d'autre part, il a 師 membre du Congr峻 de Philadelphie, et que, enfin, il est membre du conseil de Prince Street. Le mandat de W. West est sign par Victoria Woodhull qui, depuis des ann仔s, intrigue pour la pr市idence (elle est pr市idente des spirites, pr芯he l'amour libre, a une activit bancaire, etc.). La section 2, cr試e par V. Woodhull, 師ait form仔, au d暫ut, presque exclusivement de bourgeois, menait surtout des campagnes pour le suffrage f士inin et publia le fameux appel aux citoyens am屍icains de langue anglaise, dans lequel elle accusait l'A.I.T. de nombreux crimes, et qui provoqua la formation de nombreuses sections dans le pays. Il y 師ait question entre autres, de libert individuelle, de libert sociale (amour libre), de r夙les d'habillement, de suffrage f士inin, de langue universelle et de bien d'autres choses. Le 28 octobre, ils ont d残lar que l'士ancipation de la classe ouvri俊e par elle-m仁e signifiait que l'士ancipation de la classe ouvri俊e ne peut s'accomplir contre la volont des travailleurs. Ils estiment que la question du suffrage f士inin doit avoir priorit sur la question du travail, et ne veulent pas reconna杯re l'A.I.T. son caract俊e d'organisation ouvri俊e.

 

La section 1 protesta contre cette mani俊e d'agir de la section 2, et exigea qu'au moins les deux tiers des membres des sections fussent des travailleurs salari市, car, aux フats-Unis, tout mouvement ouvrier est exploit et perverti par la bourgeoisie [55]. La section 2 protesta contre l'exigence des deux tiers de travailleurs salari市 en demandant d仕aigneusement si c'師ait un crime de n'腎re pas un esclave salari, mais un homme libre. Les deux parties en appel俊ent la d残ision du Conseil g始屍al. Les 5 et 12 mars, le Conseil fit conna杯re sa d残ision de suspendre la section 2. C'est pourquoi le mandat de West ne peut pas 腎re reconnu. Quoiqu'elle ait fait appel au Conseil g始屍al, la section 2 et ses adh屍ents refus俊ent la d残ision. West 師ait aussi membre du Congr峻 de Philadelphie et du conseil de Prince Street, qui refus俊ent de reconna杯re le Conseil g始屍al et rest俊ent en contact avec la f仕屍ation jurassienne qui, en croire les journaux, leur conseillait de ne pas payer leur cotisation pour mettre le Conseil g始屍al sec.

 

Sorge r姿ond West qu'il a la t営he facile, et raconte ensuite comment la section 2 a 師 admise la suite de fausses indications (West avait notamment d残lar que la section 2 se composait surtout de travailleurs salari市, comme lui-m仁e). Il ajoute que, d'autre part, on connaissait suffisamment les exigences des ennemis de la section 2, que le Conseil g始屍al avait simplement recommand et non d残r師 la r使ie des deux tiers, que Mme Woodhull poursuit des int屍腎s personnels dans l'Association, ce que West lui-m仁e lui avait dit. Personne n'a jamais mis en question leur droit d'avoir toutes sortes d'opinions sur des questions telles que, par exemple, le f士inisme, la religion, ou n'importe quoi, mais seulement le droit de les faire endosser l'Association internationale des travailleurs.

 

La section 2 et ses membres ont impudemment expos toutes leurs dissensions devant le grand public ; ils n'ont pas pay leur cotisation pour cette ann仔, ils ont 師 heureux de recevoir la communication de la f仕屍ation jurassienne et du conseil f仕屍aliste universel de Londres. Ils se sont livr市 des intrigues et des manマuvres d四oyales, et ont r残lam au Conseil g始屍al la direction supr仁e de l'A.I.T. en Am屍ique, et ont encore le front d'interpr師er comme leur 師ant favorables les d残isions contraires du Conseil g始屍al.

 

 

Interventions sur les pouvoirs du Conseil g始屍al

 

 

Sauva dit que Sorge a soutenu faussement que les Fran溝is aux フats-Unis veulent un accroissement des pouvoirs du Conseil g始屍al, alors qu'ils sont favorables au maintien du Conseil [56]. Son mandat veut que le Conseil g始屍al n'ait le droit de suspendre des sections ou des f仕屍ations que dans les cas d師ermin市 par le congr峻, l'exclusion de tout autre.

 

Marx d残lare : ヌ Nous ne demandons pas ces pouvoirs pour nous, mais pour le nouveau Conseil g始屍al ; nous pr伺屍ons abolir le Conseil g始屍al plut冲 que de le voir r仕uit au r冤e de bo杯e lettres, comme le d市ire Brism仔. Dans ce cas, la direction de l'Association tomberait entre les mains des journalistes, c'est--dire de gens qui ne sont pas des ouvriers. Je m'師onne que la f仕屍ation jurassienne, ces amateurs d'abstractions, ait pu appuyer la section 2 qui voulait faire de l'Association un instrument pour soutenir une politique de bourgeois. Il est incroyable que la mention de sections polici俊es fasse sourire : on devrait savoir que de telles sections ont 師 cr試es en France, en Autriche et dans d'autres pays [57]. C'est l'Autriche qui a amen le Conseil g始屍al ne pas reconna杯re toute section qui n'aurait pas 師 fond仔 par des d四使u市 du Conseil g始屍al ou par des organisations locales. V市inier et ses camarades, r残emment expuls市 du groupe des r伺ugi市 fran溝is, sont 思idemment partisans de la f仕屍ation jurassienne. Le conseil f仕屍al belge a 師 accus devant le Conseil g始屍al tout aussi vivement que n'importe quel autre de despotisme et d'abus divers, et cela par des ouvriers belges ; il y a des lettres ce propos. Des gaillards tels que V市inier, Landeck et consorts peuvent, par exemple, former tout d'abord un conseil f仕屍al, et ensuite une f仕屍ation ; des agents de Bismarck peuvent en faire autant. C'est pourquoi le Conseil g始屍al doit avoir le droit de dissoudre ou de suspendre un conseil f仕屍al ou une f仕屍ation [58].

 

ヌ Vient ensuite l'appel aux sections, qui peut souvent constituer le bon moyen de d残ider, par la voix populaire, si un conseil f仕屍al exprime encore la volont du peuple. En Autriche, des braillards, des ultra-radicaux et des provocateurs form俊ent des sections destin仔s compromettre l'A.I.T. En France, le chef de la police forma une section. Pourtant, l'Association se porte mieux l o elle est interdite, car les pers残utions ont toujours cet effet-l.

 

ヌ Le Conseil g始屍al pourrait certes suspendre toute une f仕屍ation, en suspendant ses sections l'une apr峻 l'autre. Mais en cas de suspension d'une f仕屍ation ou d'un conseil f仕屍al, le Conseil g始屍al s'expose imm仕iatement une motion de censure ou un bl盈e, de sorte qu'il n'exercera son droit de suspension qu'en cas de n残essit absolue. M仁e si nous reconnaissons et accordons au Conseil g始屍al les droits d'un roi n夙re ou du tsar de Russie, sa puissance devient nulle d峻 qu'il cesse de repr市enter la majorit de l'A.I.T. Le Conseil g始屍al n'a ni arm仔 ni budget, il ne dispose que d'une autorit morale, et il sera toujours impuissant s'il ne s'appuie pas sur l'adh市ion de toute l'Association. ネ

 

Intervention de F. Engels sur le transfert
du si夙e du Conseil g始屍al New York

 

 

Engels, Marx et d'autres membres du Conseil g始屍al sortant proposent que le si夙e du Conseil soit transf屍 New York pour l'ann仔 1872-1873 [59], et qu'il soit form par les membres du conseil f仕屍al am屍icain, dont les noms suivent : Kavanagh, Saint-Clair, Cetti, Levi粛e, Bolte et Carl, qui auront le droit d'四ever le nombre des membres du Conseil jusqu' quinze.

 

Engels prend la parole pour d伺endre la motion demandant le transfert du Conseil g始屍al New York. Le Conseil a toujours eu son si夙e Londres, parce que c'師ait le seul endroit o il pouvait vraiment 腎re international et o les papiers et documents se trouvaient en parfaite s残urit. Leur s残urit sera au moins aussi grande New York qu' Londres ; en aucun autre lieu d'Europe ils n'auront une telle s残urit, pas m仁e Gen竣e ou Bruxelles, comme certains 思始ements l'ont prouv. ヒ Londres, les querelles de clans ont atteint une telle acuit que le si夙e devra 腎re transf屍 ailleurs.

 

En outre, les accusations et les attaques contre le Conseil g始屍al sont devenues si violentes et si continuelles que la plupart des membres actuels en sont fatigu市 et sont d残id市 ne plus si使er au Conseil. C'est, par exemple, certain dans le cas de Karl Marx et dans son propre cas. Du reste, l'ancien Conseil g始屍al n'師ait pas toujours unanime, tous ses membres peuvent en t士oigner. Depuis huit ans, le Conseil g始屍al si夙e au m仁e endroit, il serait bon de le transf屍er ailleurs pour rem仕ier une certaine ankylose. Pour des raisons analogues, Marx avait demand en 1870 d史 le transfert du Conseil g始屍al Bruxelles, mais toutes les f仕屍ations s'師aient prononc仔s pour le maintien du Conseil Londres.

 

O faut-il transf屍er le Conseil g始屍al ? ヒ Bruxelles ? Les Belges eux-m仁es affirment que c'est impossible, car il n'y aurait pas de s残urit pour eux. ヒ Gen竣e ? Les Genevois s'y opposent 始ergiquement, en partie pour les m仁es raisons que les Bruxellois, et ils rappellent l'affaire de la saisie des documents d'Outine.

 

Il ne reste que New York. L-bas, les papiers seront en s柮et, et il y aura une organisation puissante et fid粛e. Le parti y est plus v屍itablement international que partout ailleurs. Que l'on regarde, par exemple, le conseil f仕屍al de New York, compos d'Irlandais, de Fran溝is, d'Allemands, d'Italiens, de Su仕ois, et qui comptera bient冲 aussi des Am屍icains de naissance. L'objection selon laquelle New York est trop 四oign仔 est sans valeur, car ce sera un avantage certain pour les f仕屍ations europ仔nnes qui se d伺endent jalousement contre toute ing屍ence du Conseil g始屍al dans les affaires int屍ieures ; la distance rendra ces ing屍ences plus difficiles et l'on 思itera que des f仕屍ations particuli俊es acqui俊ent une trop grande influence au sein du Conseil g始屍al. Le Conseil g始屍al a d'ailleurs le droit, peut-腎re m仁e le devoir, de d四使uer des pouvoirs en Europe, pour des affaires et des r使ions d師ermin仔s, ce qu'il a toujours fait jusqu' pr市ent [60].

 

 

Discussion sur l'Alliance

 

 

Splingard demande des d師ails et d市ire savoir comment Marx s'est procur les documents, car cela n'a pu se faire par des moyens honn腎es. Engels avait apport des preuves, mais Marx s'est content de formuler des assertions [61]. Si Bakounine a failli sa promesse de traduire l'マuvre de Marx, c'est parce qu'on lui a conseill d'agir ainsi. L'Alliance existait Gen竣e et en Espagne avant l'A.I.T. : ヌ ヒ Gen竣e, vous l'avez reconnue. Prouvez donc qu'elle existe encore, non par des statuts, des lettres ou d'autres choses semblables, mais par des proc峻-verbaux et des comptes rendus de s斬nces. ネ

 

Marx (grossi俊ement interrompu par Splingard) d残lare que Splingard s'est comport en avocat, mais non en juge. Il affirme faussement, ou plut冲 de fa腔n incorrecte, que Marx n'a pas pr市ent de preuves, tout en sachant tr峻 bien qu'il avait remis presque toutes ses preuves Engels. Le conseil f仕屍al espagnol a 使alement fourni des preuves. Lui, Marx, en a apport d'autres de Russie, mais il ne peut 思idemment pas r思四er le nom de l'exp仕iteur. D'ailleurs, les autres membres de la commission lui ont donn leur parole d'honneur de ne rien divulguer sur ces d四ib屍ations. Lui a son opinion sur la question. Splingard peut bien en avoir une autre. Les documents n'ont pas 師 obtenus par des moyens malhonn腎es, ils ont 師 envoy市 spontan士ent...

 

Le congr峻 passe ensuite au vote par appel nominal sur les propositions de la commission d'enqu腎e. L'expulsion de Michel Bakounine est d残id仔 par 29 voix contre 7 et avec 8 abstentions. Par 25 voix contre 16 et avec 10 abstentions, le congr峻 d残ide d'expulser James Guillaume de l'A.I.T. Par 16 voix contre 10 abstentions, le congr峻 refuse l'expulsion d'Adhemar Schwitzguebel [62].

 

ヒ la demande d'Engels, le congr峻 d残ide, une grande, majorit, de renvoyer le vote sur le troisi塾e point des propositions de la commission, concernant les autres expulsions (Malon, Bousquet et Louis Marchand pour manマuvres visant la d市organisation de l'A.I.T.), mais d'adopter les autres propositions de la commission : entre autres, le quatri塾e point (que les citoyens Morago, Farga Pellicer, Marselau, Joukovsky et Alerini n'appartiennent plus l'Alliance, le congr峻 師ant donc pri de retirer les accusations pesant sur eux)...

 

ヒ la demande du pr市ident, le congr峻 d残ide de charger le nouveau Conseil g始屍al de terminer tous les travaux inachev市. Le pr市ident affirme avoir perdu la voix (il parle d'une voix rauque), mais non sa confiance en la cause : ヌ J'ai perdu ma voix, mais non pas ma foi ネ, et minuit et demie, il d残lare clos le Veヌ Congr峻 g始屍al de l'Association internationale des travailleurs en s'残riant : ヌ Vive le travail ! ネ

 

 

Pleins pouvoirs du Conseil g始屍al de New York
pour Karl Marx
 [63]

 

Karl Marx, habitant le n。 1, Maitland Park Road, N. W., Londres, Angleterre, re腔it pouvoir par la pr市ente, et est charg de rassembler tout bien quel qu'il soit de l'ancien Conseil g始屍al de l'A. I. T., et de le tenir la disposition du Conseil g始屍al.

 

Tous les anciens membres et employ市 de l'ancien Conseil g始屍al de l'A. I. T. de Londres ou d'ailleurs sont pri市 et charg市 de respecter cette demande et de remettre audit Karl Marx tous les livres, papiers, etc., bref tout ce qui a appartenu et appartient l'ancien Conseil g始屍al de Londres.

 

New York, 30-12-1872

 

Par ordre et au nom du Conseil g始屍al

Le secr師aire g始屍al :

F. A. SORGE

 

 

Mandat du Conseil g始屍al de New York
pour Friedrich Engels

 

Conseil g始屍al de l'Association internationale des travailleurs

 

Mandat

 

Friedrich Engels, habitant 122, Regent's Park Road, Londres, est nomm provisoirement repr市entant du Conseil g始屍al de l'A. I. T. pour l'Italie. Il a le pouvoir et est charg d'agir au nom du Conseil g始屍al et conform士ent aux instructions qu'il recevra de temps autre.

 

New York, 5-1-1873

 

Par ordre et au nom du Conseil g始屍al

 

 

Instructions pour le repr市entant du Conseil g始屍al
pour l'Italie, Friedrich Engels, Londres

 

 

1. Le repr市entant du Conseil g始屍al pour l'Italie aide de toutes ses forces l'organisation de l'Internationale dans ce pays conform士ent aux statuts g始屍aux et r夙lements administratifs et aux instructions du Conseil g始屍al ;

 

2. Il veille au maintien du caract俊e ouvrier du mouvement en Italie ;

 

3. Dans les cas d'urgence, il d残ide provisoirement dans les questions litigieuses sur le plan de l'organisation et de l'administration de notre association en Italie sous r市erve d'un appel au Conseil g始屍al, auquel il doit imm仕iatement faire son compte rendu ;

 

4. De m仁e, il peut suspendre un membre ou une quelconque organisation en Italie jusqu' l'arriv仔 de la d残ision du Conseil g始屍al qu'il informe aussit冲 des mesures prises en y ajoutant les pi縦es justificatives. Cependant, il ne saurait suspendre un pl始ipotentiaire directement nomm par le Conseil g始屍al, sans avoir demand et re講 au pr斬lable des instructions sp残iales ce sujet de la part du Conseil g始屍al ;

 

5. II a le droit de donner des mandats provisoires court terme des personnes en Italie, dont les pouvoirs ne peuvent jamais exc仕er ceux des pl始ipotentiaires nomm市 directement par le Conseil g始屍al, et il va de soi que tous les mandats et pouvoirs doivent 腎re soumis pour ratification d伺initive au Conseil g始屍al, celui-ci pouvant tout moment les annuler ou les r思oquer ;

 

6. Il veille l'encaissement r使ulier des cotisations et leur transfert au Conseil g始屍al ;

 

7. Il tient au courant le Conseil g始屍al en l'informant r使uli俊ement des faits, et lui envoie un rapport d師aill tous les mois.

 

New York, le 5-1-1873

 

Sur ordre et au nom du Conseil g始屍al

 

 

Derni俊e p屍iode
de la Ire Internationale

 

 

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Ceux qui ont fait s残ession de l'Internationale en Angleterre ‑ Mottershead, Roach, Alonzo, Jung, Eccarius et Cie ‑ viennent de renouveler avec leur soi-disant congr峻 de la f仕屍ation anglaise la farce du conseil f仕屍al universel de Londres (de l'姿oque de Pyat qui voulait cr仔r coups de trompette une contre-Internationale) [64]. Ces messieurs ne repr市entaient qu'eux-m仁es. Deux d'entre eux, Jung et Paepe, avaient d史 師 r思oqu市 par leurs sections de Middlesbrough et Nottingham, et ne repr市entaient donc plus qui que ce soit. Le total des simulacres de sections des quatre coins du pays que ces gens ont pu mettre debout ne compte certainement pas cinquante unit市. Sans la petite note qu'Eccarius a, comme valet aux gages du Times, faufil仔 en contrebande dans ce journal, le congr峻 serait compl春ement pass inaper講 ; il pourra cependant 腎re exploit par les autres s残essionnistes du continent.

 

Le discours de Jung au congr峻 d姿asse tout en sottise et en infamie. C'est un tissu de vieux ragots fait de mensonges, de d伺ormations et d'absurdit市. Ce vaniteux semble souffrir d'un ramollissement du cerveau.

 

Mais il ne saurait en 腎re autrement, et il faut s'y faire : le mouvement met les individus hors de service, et d峻 qu'ils sentent qu'ils sont en dehors, ils tombent dans les bassesses en cherchant se persuader que c'est la faute de Pierre ou de Paul s'ils sont devenus des gredins [65].

 

ヒ mon avis, le Conseil g始屍al de New York a commis une grande erreur en suspendant la f仕屍ation du Jura [66]. Ces gens se sont d史 RETIRゴ de l'Internationale, lorsqu'ils ont d残lar qu'ils consid屍aient son congr峻 et ses statuts comme inexistants, lorsqu'ils ont form un centre de conjuration pour cr仔r une contre-Internationale. ヒ la suite de leur congr峻 de Saint-Imier, n'y a-t-il pas eu de semblables congr峻 Cordoue, Bruxelles, Londres, et finalement les alliancistes d'Italie ne vont-ils pas aussi tenir le leur ?

 

Tout individu et tout groupe a le droit de quitter l'Internationale, et d峻 que cela se produit, le Conseil g始屍al n'a simplement qu' constater officiellement ce retrait, et non pas suspendre. La suspension n'est pr思ue que dans la mesure o les groupes (sections ou f仕屍ations) contestent les pouvoirs du Conseil g始屍al, voire violent tel ou tel point des statuts ou article des r夙lements. En revanche, il n'y a aucun article dans les statuts qui pr思oie le cas des groupes qui remettent en question l'ensemble de l'organisation, et ce pour la simple raison qu'il s'entend de soi, d'apr峻 les statuts, que de tels groupes cessent d'appartenir l'Internationale.

 

Cela n'est en aucune fa腔n une question de forme.

 

Les s残essionnistes ont pris leurs divers congr峻 la r市olution de convoquer un congr峻 s残essionniste g始屍al pour constituer leur nouvelle organisation ind姿endante de l'Internationale. Ce congr峻 aurait lieu au printemps ou en 師 [67].

 

Cependant, ces messieurs veulent se garder une porte ouverte en cas d'残hec de leur congr峻. C'est ce qui ressort d'une circulaire fleuve des alliancistes espagnols. Si leur congr峻 se r思粛e un four, ils se r市ervent d'aller notre prochain congr峻 de Gen竣e, intention que l'allianciste italien Gambuzzi a d史 師 assez na蒜 de me communiquer lors de son passage Londres.

 

Si donc le Conseil g始屍al de New York ne modifie pas sa fa腔n de proc仕er, quel sera le r市ultat ?

 

Apr峻 le Jura, il suspendra les f仕屍ations s残essionnistes d'Espagne, d'Italie, de Belgique et d'Angleterre. R市ultat : toute la racaille resurgira Gen竣e et y paralysera tout travail s屍ieux, comme elle l'a d史 fait La Haye, et compromettra de nouveau le congr峻 g始屍al au profit de la bourgeoisie.

 

Le grand r市ultat du Congr峻 de La Haye a 師 de pousser les 四士ents corrompus s'exclure eux-m仁es, c'est--dire se retirer. Le proc仕 du Conseil g始屍al menace d'annuler ce r市ultat.

 

En opposition ouverte l'Internationale, ces gens ne nuisent pas : ils sont m仁e utiles [68]. Cependant, comme 四士ents hostiles dans son sein, ils ruinent le mouvement dans tous les pays o ils ont pris pied.

 

Vous pouvez peine vous imaginer New York la besogne que ces gens et leurs 士issaires nous font en Europe.

 

Pour fortifier l'Internationale dans les pays o le gros de la lutte est men, il faut avant tout une action 始ergique du Conseil g始屍al.

 

ヒ pr市ent que l'erreur est faite pour le Jura, le mieux serait peut-腎re pour le moment d'ignorer compl春ement les autres (sauf si nos propres f仕屍ations demandaient, par exemple, le contraire) et d'attendre le congr峻 g始屍al des s残essionnistes pour d残larer que tous ceux qui y ont particip ont quitt l'Internationale, s'en sont exclus eux-m仁es et doivent dor始avant 腎re consid屍市 comme des associations qui lui sont 師rang俊es, voire hostiles [69]. Tr峻 na夫ement, Eccarius a demand au congr峻 borgne de Londres qu'il faudrait faire de la politique avec les bourgeois. Son 盈e a depuis longtemps soif de se vendre.

 

 

Le dernier congr峻 de l'A. I. T.

 

 

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Le fiasco du Congr峻 de Gen竣e 師ait in思itable. Du moment o l'on a su ici qu'aucun d四使u ne viendrait d'Am屍ique, l'affaire 師ait mal partie [70]. On avait essay de vous pr市enter en Europe comme de simples figurants. Si nous y 師ions all市, et pas vous, cela aurait pass pour la confirmation de la rumeur soigneusement r姿andue par nos adversaires. En outre, cela passait aussi pour la confirmation que votre f仕屍ation d'Am屍ique n'existait que sur le papier.

 

Par ailleurs, la f仕屍ation anglaise n'a pas r志ssi rassembler l'argent pour un seul d四使u. Les Portugais, les Espagnols et les Italiens annon溝ient que, dans les circonstances donn仔s, ils ne pouvaient pas envoyer directement de d四使u市. Les nouvelles d'Allemagne, d'Autriche et de Hongrie 師aient tout aussi mauvaises. Une participation fran溝ise 師ait exclue.

 

Dans ces conditions, il 師ait certain que le congr峻 serait compos en majeure partie de Suisses, voire de Genevois. De Gen竣e m仁e, nous n'avions pas de nouvelles, le vieux Becker gardant un silence obstin, et Monsieur Perret ayant 残rit une ou deux fois, pour nous d屍outer.

 

Enfin, au tout dernier moment, le comit romand de Gen竣e au conseil f仕屍al d'Angleterre nous envoie une lettre dans laquelle les Genevois se refusent d'abord accepter eux-m仁es les mandats anglais, et y expriment des vell司t市 de r残onciliation. Ils y joignent un manifeste (sign Perret, Duval, etc.) directement dirig contre le Congr峻 de La Haye et l'ancien Conseil g始屍al de Londres. Les gaillards y vont plus loin maints 使ards que les Jurassiens, r残lamant, par exemple, l'exclusion des ヌ intellectuels ネ (Le plus beau de l'affaire, c'est que ce factum est r仕ig par le mis屍able aventurier militaire Cluseret, qui Gen竣e se pr師end le fondateur de l'Internationale en Am屍ique. Ce monsieur voulait le Conseil g始屍al pour exercer partir de lui une dictature secr春e.)

 

La lettre avec son annexe arriva temps pour d師ourner Serraillier d'aller Gen竣e et ‑ comme l'a d'ailleurs fait la f仕屍ation d'Angleterre ‑ protester contre la fa腔n d'agir des Suisses, en leur disant d'avance que l'on traiterait leur congr峻 comme une simple affaire locale, genevoise. C'est une excellente chose que personne ne soit all l-bas, qui, par sa pr市ence, e柎 pu faire douter de la nature de ce congr峻.

 

Malgr cela, les Genevois n'ont pas r志ssi s'emparer du Conseil g始屍al, mais ‑ comme tu le sais sans doute d史 ‑ ils ont remis en question tout le travail fait depuis le premier Congr峻 de Gen竣e, et m仁e fait beaucoup de choses contraires aux d残isions d史 prises.

 

フant donn les conditions actuelles de l'Europe, il est absolument utile, mon avis, de faire passer l'arri俊e-plan pour le moment l'organisation formelle de l'Internationale, en ayant soin seulement, si c'est possible, de ne pas l営her le point central de New York, afin d'emp芯her que des imb残iles comme Perret ou des aventuriers comme Cluseret ne s'emparent de la direction et compromettent la cause.

 

Les 思始ements de l'in思itable involution et 思olution des choses pourvoiront d'eux-m仁es une r市urrection de l'Internationale sous une forme plus parfaite.

 

En attendant, il suffit de ne pas laisser glisser enti俊ement de nos mains la liaison avec les meilleurs 四士ents dans les divers pays, et pour le reste se soucier comme d'une guigne des d残isions locales de Gen竣e, bref les ignorer purement et simplement. La seule bonne r市olution qui y ait 師 prise, c'est celle de remettre le congr峻 deux ans, car elle facilite cette fa腔n d'agir. C'est, en outre, barrer d'un trait de plume les calculs des gouvernements continentaux, car ceux-ci ne pourront pas utiliser le spectre de l'Internationale dans leur imminente croisade r斬ctionnaire. Il est pr伺屍able, en effet, que les bourgeois tiennent partout ce spectre pour heureusement enterr.

 

ヒ New York, les emmerdeurs et les mouches du coche du Conseil g始屍al ont eu la majorit, si bien que Sorge a d士issionn et s'est retir [71]. Maintenant, nous ne sommes plus responsables pour quoi que ce soit dans le bazar. Quelle chance que nous poss仕ions les protocoles !

 

Quant la grande politique, nous pouvons maintenant la laisser heureusement elle-m仁e ; et il sera toujours temps d'en rire quand nous nous rencontrerons.


 

 

 

Le parti de classe. Tome III. Questions dユorganisation

 

Chapitre 2

 

Fusion du parti social-d士ocrate
allemand

 

 

L'action internationale des classes ouvri俊es ne d姿end en aucune fa腔n de l'existence (formelle) de l'Association internationale des travailleurs.

 

Celle-ci n'a 師 qu'une premi俊e tentative pour doter cette action d'un organe central. Cette tentative, par l'impulsion qu'elle a donn仔, a eu des effets durables, mais elle ne pouvait se poursuivre longtemps dans sa premi俊e forme historique apr峻 la chute de la Commune de Paris.

 

MARX, La Critique du programme de Gotha du parti ouvrier allemand, 1875

 

 

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ヒ la conf屍ence des d四使u市 de l'Internationale Londres, l'Allemagne n'師ait repr市ent仔 par aucun d四使u, par aucun rapport d'activit, par aucune cotisation depuis septembre 1869 [72]. Il est impossible que se poursuive l'avenir le rapport purement platonique du parti ouvrier allemand avec l'Internationale, rapport o l'une des parties attend uniquement des prestations de l'autre, sans jamais apporter de contre-prestation. C'est proprement compromettre la classe ouvri俊e allemande.

 

Je mets donc en demeure la section berlinoise d'entrer en relation 姿istolaire directe avec moi, et je continuerai faire la m仁e chose avec toutes les autres sections aussi longtemps que la direction du parti ouvrier social-d士ocrate continuera ne rien faire pour l'organisation de l'Internationale en Allemagne. Les lois peuvent emp芯her l'organisation normale du parti ouvrier social-d士ocrate, mais elles ne peuvent emp芯her son organisation existante de faire pratiquement la m仁e chose que ce qui se produit dans tous les autres pays : inscrire des membres titre individuel, payer ses cotisations, envoyer des comptes rendus d'activit, etc.

 

En tant que membre de la commission de contr冤e du parti ouvrier social-d士ocrate, il vous sera sans doute possible d'agir en ce sens.

 

Avant de r姿ondre aux nombreuses demandes de ta lettre, il faut d'abord que je sache exactement ce que signifie  [73] : ヌ Le Volksstaat ne peut pour le moment se laisser entra馬er dans une pol士ique internationale. ネ Si le Volksstaat d残lare qu'il est neutre dans la guerre des Internationalistes contre les s残essionnistes, s'il refuse d'expliquer clairement aux ouvriers le sens de ces luttes, si en un mot la r暫ellion lassall仔nne s'ach竣e par une poign仔 de main par-del l'Internationale, l'Internationale 師ant sacrifi仔 Hasselmann, notre position vis--vis du Volksstaat s'en trouvera modifi仔 de fond en comble. Je vous prie de nous dire imm仕iatement quelle est la situation en toute franchise...

 

Ensuite, je ne saurais te dissimuler que le traitement que nous fait subir le ヌ parti ネ ne nous encourage pas du tout vous confier plus de mat屍iel. De La Guerre des paysans (que vous avez r試dit仔), vous ne m'avez pas m仁e envoy un seul exemplaire : j'ai 師 oblig de m'en acheter un moi-m仁e. Vous ne demandez m仁e pas mon avis pour publier l'article sur la question du logement. Lorsque j'ai demand que l'on nous envoie des exemplaires gratuits du Manifeste pour nous et l'Association des ouvriers, en reconnaissance du fait que nous en avons pay de notre poche trois 仕itions successives, on nous a envoy cent exemplaires accompagn市 de la facture. J'ai 残rit Hepner ce sujet, en exigeant que ces proc仕市 grossiers cessent une fois pour toutes.


 

Unification du parti social-d士ocrate
allemand

 

 

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Je r姿onds d'abord votre lettre parce que celle de Liebknecht se trouve encore chez Marx, qui ne peut la retrouver pour le moment [74].

 

Ce qui nous a fait craindre qu' l'occasion de votre emprisonnement les dirigeants ‑ par malheur enti俊ement lassall仔ns ‑ du parti n'en profitent pour transformer le Volksstaat en un ヌ honn腎e ネ Neuer Sozial-demokrat. Or, ce n'est pas Hepner qui nous le fait craindre, mais bien plut冲 la lettre du comit directeur sign仔 par Yorck. Celui-ci a manifest clairement son intention, et comme le comit se targue de nommer et de d士ettre les r仕acteurs, le danger 師ait certainement assez important. L'expulsion imminente de Hepner ne pouvait que faciliter encore cette op屍ation. Dans ces conditions, il nous fallait absolument savoir o nous en 師ions, d'o cette correspondance [75].

 

Vous ne devez pas oublier que Hepner et, un degr beaucoup moindre, Seiffert, Blos, etc., n'ont pas du tout la m仁e position face Yorck que vous et Liebknecht, les fondateurs du parti, sans parler du fait que si vous ignorez purement et simplement leurs appr刺ensions, vous ne faites que leur rendre les choses plus difficiles. La direction du parti a de toute fa腔n un certain droit formel de contr冤e sur l'organe du parti. Or, l'exercice de ce droit d姿end toujours de vous, mais l'on a tent indubitablement cette fois-ci de l'orienter dans un sens nuisible au parti. Il nous est donc apparu qu'il 師ait de notre devoir de faire tout notre possible afin de contrecarrer cette 思olution.

 

Hepner peut avoir fait, dans les d師ails, quelques fautes tactiques dont la plupart apr峻 r残eption de la lettre du comit, mais en substance nous devons r市olument lui donner raison. Je ne peux pas davantage lui reprocher des faiblesses, car si le comit lui fait clairement entendre qu'il doit quitter la r仕action et ajoute, en outre, qu'il devra travailler sous les ordres de Blos, je ne vois pas quelle r市istance il puisse encore opposer. Il ne peut pas se barricader dans la r仕action pour tenir t腎e au comit. Apr峻 une lettre aussi cat使orique des autorit市 qui sont au-dessus de lui, je trouve m仁e que sont excusables les remarques de Hepner dans le Volksstaat, remarques que vous m'avez cit仔s et qui m'avaient fait, d史 avant cela, une impression d市agr斬ble [76].

 

De toute fa腔n, il est certain que, depuis l'arrestation de Hepner et son 四oignement de Leipzig, le Volksstaat est devenu bien plus mauvais : le comit, au lieu de se quereller avec Hepner, aurait mieux fait de lui apporter tout le soutien possible.

 

Le comit est all jusqu' demander que le Volksstaat soit r仕ig autrement, que les articles les plus th姉riques (scientifiques) soient 残art市 afin d'腎re remplac市 par des 仕itoriaux la Neuer Sozial-demokrat : il envisagea un 思entuel recours des mesures directes de contrainte. Je ne connais absolument pas Blos, mais si le comit l'a nomm ce moment-l, on peut bien supposer qu'il a choisi un homme cher son cマur.

 

Maintenant, en ce qui concerne la position du parti face au lassall斬nisme, vous pouvez certainement juger mieux que nous de la tactique suivre, notamment dans les cas d'esp縦e. Mais il faut tout de m仁e tenir compte d'une chose qui m屍ite r伺lexion. Lorsque l'on se trouve comme vous d'une certaine mani俊e en posture de concurrent face l'Association g始屍ale des ouvriers allemands, on est facilement tent de prendre trop d'使ards vis--vis du concurrent, et l'on s'habitue en toutes choses penser d'abord lui. En fait, l'Association g始屍ale des ouvriers allemands aussi bien que le Parti ouvrier social-d士ocrate, et m仁e tous deux pris ensemble, ne forment encore qu'une infime minorit de la classe ouvri俊e allemande. Or, d'apr峻 notre conception, confirm仔 par une longue pratique, la juste tactique dans la propagande n'est pas d'arracher ou de d師ourner 壕 et l l'adversaire quelques individus, voire quelques-uns des membres de l'organisation adverse, mais d'agir sur la grande masse de ceux qui n'ont pas encore pris parti. Une seule force nouvelle que l'on tire soi de son 師at brut vaut dix fois plus que dix transfuges lassall仔ns qui apportent toujours avec eux le germe de leur fausse orientation dans le parti.

 

Et encore, si l'on pensait attirer soi les masses sans que viennent aussi les chefs locaux, le mal ne serait pas si grave ! Mais il faut toujours reprendre son compte toute la masse de ces dirigeants qui sont li市 par toutes leurs d残larations et manifestations officielles du pass, sinon m仁e par leurs conceptions actuelles, et qui doivent prouver avant tout qu'ils n'ont pas abjur leurs principes, mais qu'au contraire le Parti ouvrier social-d士ocrate pr芯he le v屍itable lassall斬nisme.

 

Tel a 師 le malheur Eisenach. Peut-腎re n'師ait-ce pas 思iter alors, mais il est incontestable que ces 四士ents ont nui au parti : je ne sais pas si nous ne serions pas au moins aussi forts si ces 四士ents n'avaient pas adh屍 notre organisation ! Mais, en tout cas, je tiendrais pour un malheur que ces 四士ents trouvent un renfort.

 

Il ne faut pas se laisser induire en erreur par les appels l'ヌ unit ネ. Ceux qui ont le plus ce mot la bouche sont justement ceux qui fomentent le plus de dissensions, comme le d士ontre le fait qu'actuellement ce sont les Jurassiens bakouninistes de Suisse, fauteurs de toutes les scissions, qui crient le plus fort pour avoir l'unit.

 

Ces fanatiques de l'unit sont ou bien des petites t腎es qui veulent que l'on m四ange tout en une sauce ind師ermin仔 dans laquelle on retrouve les divergences sous forme d'antagonismes encore plus aigus d峻 lors que l'on cesse de la remuer, du simple fait qu'on les trouve ensemble dans une seule marmite (en Allemagne, vous en avez un bel exemple chez les gens qui pr芯hent la fraternisation entre ouvriers et petits-bourgeois), ou bien des gens qui n'ont aucune conscience politique claire (par exemple M殄lberger), ou bien des 四士ents qui veulent sciemment brouiller et fausser les positions. C'est pourquoi ce sont les plus grands sectaires, les plus grands chamailleurs et filous, qui crient le plus fort l'unit dans certaines situations. Tout au long de notre vie, c'est toujours avec ceux qui criaient le plus l'unit que nous avons eu les plus grands ennuis et re講 les plus mauvais coups.

 

Toute direction d'un parti veut, bien s柮, avoir des r市ultats, et c'est normal. Mais il y a des circonstances o il faut avoir le courage de sacrifier le succ峻 momentan des choses plus importantes. Cela est surtout vrai pour un parti comme le n冲re, dont le triomphe final doit 腎re complet et qui, depuis que nous vivons, et sous nos yeux encore, se d思eloppe si colossalement que l'on n'a pas besoin, tout prix, et toujours, de succ峻 momentan市. Prenez, par exemple, l'Internationale : apr峻 la Commune, elle connut un immense succ峻. Les bourgeois, comme frapp市 par la foudre, la croyaient toute-puissante. La grande masse de ses membres crut que cela durerait toujours. Nous savions fort bien que la bulle devait crever. Toute la racaille s'accrochait nous. Les sectaires qui s'y trouvaient s'姿anouirent, abus俊ent de l'Internationale dans l'espoir qu'on leur passerait les pires b腎ises et bassesses. Mais nous ne l'avons pas support. Sachant fort bien que la bulle cr竣erait tout de m仁e, il ne s'agissait pas pour nous de diff屍er la catastrophe, mais de nous pr姉ccuper de ce que l'Internationale demeure pure et attach仔 ses principes sans les falsifier, et ce jusqu' son terme.

 

La bulle creva au Congr峻 de La Haye, et vous savez que la majorit des membres du congr峻 rentra chez elle, en pleurnichant de d残eption. Et, pourtant, presque tous ceux qui 師aient si d詩us, parce qu'ils croyaient trouver dans l'Internationale l'id斬l de la fraternit universelle et de la r残onciliation, n'avaient-ils pas connu chez eux des chamailleries bien pires que celles qui 残lat俊ent La Haye ! Les sectaires brouillons se mirent alors pr芯her la r残onciliation et nous d始igr俊ent en nous pr市entant comme des intraitables et des dictateurs. Or, si nous nous 師ions pr市ent市 La Haye en conciliateurs, et si nous avions 師ouff les vell司t市 de scission, quel en e柎 師 le r市ultat ? Les sectaires ‑ notamment les bakouninistes ‑ auraient dispos d'un an de plus pour commettre, au nom de l'Internationale, des b腎ises et des infamies plus grandes encore ; les ouvriers des pays les plus avanc市 se seraient 残art市 avec d使o柎. La bulle n'残lata pas, elle se d使onfla doucement sous l'effet de quelques coups d'aiguilles, et au congr峻 suivant la crise se serait tout de m仁e produite au niveau des scandales mettant en cause les individus, puisqu'on avait d史 quitt le terrain des principes La Haye. D峻 lors, l'Internationale 師ait d史 morte, et l'aurait 師, m仁e si nous avions tent de faire l'union de tous. Au lieu de cela, dans l'honneur, nous nous sommes d暫arrass市 des 四士ents pourris. Les membres de la Commune pr市ents la derni俊e r志nion d残isive ont dit qu'aucune r志nion de la Commune ne leur avait laiss un sentiment aussi terrible que cette s斬nce du tribunal jugeant les tra杯res l'使ard du prol師ariat europ仔n. Nous avons permis pendant dix mois qu'ils rassemblent toutes leurs forces pour mentir, calomnier et intriguer ‑ et o sont-ils ? Eux, les pr師endus repr市entants de la grande majorit de l'Internationale, d残larent eux-m仁es pr市ent qu'ils n'osent plus venir au prochain congr峻. Pour ce qui est des d師ails, ci-joint un article destin au Volksstaat [77]. Si nous avions le refaire, nous agirions en gros de la m仁e fa腔n, 師ant entendu que l'on commet toujours des erreurs tactiques.

 

En tout cas, je crois que les 四士ents sains parmi les lassall仔ns viendront d'eux-m仁es vous au fur et mesure, et qu'il ne serait donc pas clairvoyant de cueillir les fruits avant qu'ils soient m柮s, comme le voudraient les partisans de l'unit.

 

Au reste, le vieil Hegel a d史 dit : un parti 姿rouve qu'il vaincra en ce qu'il se divise et supporte une scission. Le mouvement du prol師ariat passe n残essairement par divers stades de d思eloppement. ヒ chaque stade, une partie des gens reste accroch仔, ne r志ssissant pas passer le cap. Ne serait-ce que pour cette raison, on voit que la pr師endue solidarit du prol師ariat se r斬lise en pratique par les groupements les plus divers de parti qui se combattent mort, comme les sectes chr師iennes dans l'Empire romain, et ce en subissant toutes les pires pers残utions...

 

De m仁e, nous ne devons pas oublier que si, par exemple, le Neuer Sozial-demokrat a plus d'abonn市 que le Volksstaat, toute secte est forc士ent fanatique et obtient, en raison m仁e de ce fanatisme, des r市ultats momentan市 bien plus consid屍ables, surtout dans des r使ions o le mouvement ne fait que commencer (par exemple, l'Association g始屍ale des ouvriers allemands au Schleswig-Holstein). Ces r市ultats d姿assent ceux du parti qui, sans particularit市 sectaires, repr市ente simplement le mouvement r仔l. En revanche, le fanatisme ne dure gu俊e.

 

Je dois finir, car il est l'heure de la poste. En h液e simplement ceci : Marx ne peut attaquer Lassalle [78] tant que la traduction fran溝ise du Capital n'est pas achev仔 (vers fin juillet), encore aura-t-il besoin de repos, car il s'est beaucoup surmen.

 

Tr峻 bien que vous ayez sto敏uement tenu le coup en prison et 師udi. Nous nous r史ouissons tous de vous voir ici l'ann仔 prochaine.

 

Salutations cordiales Liebknecht.

 

Sinc俊ement, votre F. ENGELS

 

 

Vous nous demandez notre avis sur toute cette histoire de fusion [79]. Il en a 師, h四as, pour nous exactement comme pour vous : ni Liebknecht ni qui que ce soit d'autre ne nous en avait souffl le moindre mot, et nous aussi nous ne savons que ce qui se trouve dans les journaux. Or, jusqu' la semaine derni俊e ‑ lorsque fut publi le projet de programme ‑, il ne s'y trouvait rien [80]. En tout cas, ce projet ne nous a pas peu 師onn.

 

Notre parti avait si souvent tendu la main aux lassall仔ns pour une r残onciliation, ou du moins leur avait offert la conclusion d'un cartel, il s'師ait heurt si souvent un refus d仕aigneux des Hasenclever, Hasselmann et T嗟cke, que n'importe quel enfant e柎 d tirer la conclusion suivante : si ces messieurs font eux-m仁es le pas aujourd'hui et nous offrent la r残onciliation, c'est qu'ils doivent 腎re dans une sale passe. Or, 師ant donn le genre notoirement connu de ces gens, il est de notre devoir d'exploiter cette circonstance afin que ce ne soit pas aux d姿ens de notre parti qu'ils se tirent de cette mauvaise passe et renforcent de nouveau leur situation dans l'opinion des masses ouvri俊es. Il fallait les accueillir tout fait fra把hement, leur t士oigner la plus grande m伺iance et faire d姿endre la fusion de leur plus ou moins grande disposition abandonner leurs positions de secte et leurs id仔s sur l'aide de l'フat et accepter, pour l'essentiel, le programme d'Eisenach [81] de 1869 ou en adopter une 仕ition am四ior仔 eu 使ard la situation actuelle.

 

Notre parti n'a absolument rien apprendre des lassall仔ns au point de vue th姉rique, autrement dit pour ce qui est d残isif dans le programme, mais il n'en est pas du tout ainsi pour les lassall仔ns. La premi俊e condition de l'unification est qu'ils cessent d'腎re des sectaires, des lassall仔ns, et qu'ils abandonnent donc la panac仔 de l'aide de l'フat, ou du moins n'y voient plus qu'une mesure transitoire et secondaire, c冲 de nombreuses autres mesures possibles. Le projet de programme d士ontre que les n冲res dominent de tr峻 haut les dirigeants lassall仔ns dans le domaine th姉rique, mais qu'ils sont loin d'腎re aussi malins qu'eux sur le plan politique. Ceux qui sont honn腎es se sont une fois de plus fait cruellement duper par les ヌ malhonn腎es [82] ネ.

 

On commence par accepter la phrase ronflante, mais historiquement fausse, selon laquelle : face la classe ouvri俊e, toutes les autres classes forment une seule masse r斬ctionnaire. Cette phrase n'est vraie que dans quelques cas exceptionnels : dans une r思olution du prol師ariat, la Commune, par exemple, ou dans un pays o non seulement la bourgeoisie a imprim son image l'フat et la soci師, mais encore o, apr峻 elle, la petite bourgeoisie d士ocratique a parachev elle aussi sa transformation jusque dans ses derni俊es cons子uences [83].

 

Si, en Allemagne, par exemple, la petite bourgeoisie d士ocratique faisait partie de cette masse r斬ctionnaire, comment le Parti ouvrier social-d士ocrate e柎-il pu, des ann仔s durant, marcher la main dans la main avec le Parti populaire [84] ? Comment se fait-il que le Volksstaat puise presque toute sa rubrique politique dans l'organe de la petite bourgeoisie d士ocratique, La Gazette de Francfort ? Et comment se fait-il que pas moins de sept revendications de ce m仁e programme correspondent presque mot pour mot au programme du Parti populaire et de la d士ocratie petite-bourgeoise ? J'entends les sept revendications politiques des articles 1 5 et de 1 et 2 [85], dont il n'en est pas une qui ne soit d士ocrate bourgeoise.

 

Deuxi塾ement, le principe de l'internationalisme du mouvement ouvrier est pratiquement repouss dans son entier pour le pr市ent, et ce par des gens qui, cinq ans durant et dans les conditions les plus difficiles, ont proclam ce principe de la mani俊e la plus glorieuse. La position des ouvriers allemands la t腎e du mouvement europ仔n se fonde essentiellement sur leur attitude authentiquement internationaliste au cours de la guerre. Nul autre prol師ariat ne se serait aussi bien comport. Or, aujourd'hui que partout l'師ranger les ouvriers revendiquent ce principe avec la m仁e 始ergie que celle qu'emploient les divers gouvernements pour r姿rimer toute tentative de l'organiser, c'est ce moment qu'ils devraient le renier en Allemagne ! Que reste-t-il dans tout ce projet de l'internationalisme du mouvement ouvrier ? Pas m仁e une p瑛e perspective de coop屍ation future des ouvriers d'Europe en vue de leur lib屍ation ; tout au plus une future ヌ fraterni­sation internationale des peuples ネ : les ヌ フats-Unis d'Europe ネ des bourgeois de la Ligue de la paix.

 

Naturellement, il n'師ait pas indispensable de parler de l'Internationale proprement dite. Mais tout le moins ne devait-on pas aller en de壕 du programme de 1869, et fallait-il dire : bien que le parti ouvrier allemand soit contraint pour l'heure d'agir dans les limites des fronti俊es que lui trace l'フat ‑ il n'a pas le droit de parler au nom du prol師ariat europ仔n et encore moins d'avancer des th峻es fausses ‑, il est conscient des liens solidaires qui l'unissent aux ouvriers de tous les pays et sera toujours pr腎 remplir, comme par le pass, les devoirs que lui impose cette solidarit. M仁e si l'on ne se proclame ni ne se consid俊e express士ent comme faisant partie de l'Internationale, ces devoirs subsistent : par exemple, apporter sa contribution lors des gr竣es, emp芯her le recrutement d'ouvriers destin市 prendre la place de leurs fr俊es en gr竣e, veiller ce que les organes du parti tiennent les ouvriers allemands au courant du mouvement l'師ranger, faire de l'agitation contre la menace ou le d残ha馬ement effectif de guerres ourdies par les cabinets, et se comporter comme on l'a fait de mani俊e exemplaire en 1870 et 1871, etc.

 

Troisi塾ement, les n冲res se sont laiss octroyer la ヌ loi d'airain ネ de Lassalle qui se fonde sur une conception 残onomique parfaitement d姿ass仔, savoir que l'ouvrier moyen ne touche que le minimum de salaire pour son travail, et ce parce que, d'apr峻 la th姉rie de la population de Malthus, les ouvriers sont toujours en surnombre (c'師ait effectivement le raisonnement de Lassalle). Or, dans Le Capital, Marx a amplement d士ontr que les lois qui commandent les salaires sont tr峻 complexes et que, selon les circonstances, c'est tant冲 tel facteur et tant冲 tel autre qui pr仕omine ; bref, que cette loi n'est pas d'airain, mais est au contraire fort 四astique, et qu'il est impossible par cons子uent de r使ler l'affaire en quelques mots, comme Lassalle se le figurait. Dans son chapitre sur l'accumulation du capital [86], Marx a r伺ut dans le d師ail le fondement malthusien de la loi que Lassalle a copi仔 de Malthus et de Ricardo (en falsifiant ce dernier), et qu'il expose, par exemple, dans son Arbeiterlesebuch, page 5, o il se r伺俊e lui-m仁e un autre de ses ouvrages [87].

 

Quatri塾ement, le programme pr市ente, sous sa forme la plus crue, une seule revendication sociale, emprunt仔 de Buchez par Lassalle : l'aide de l'フat. Et ce apr峻 que Bracke en a prouv toute l'inanit [88] et que presque tous les orateurs de notre parti ont 師 oblig市 de prendre position contre elle dans leur lutte contre les lassall仔ns ! Notre parti ne pouvait s'infliger lui-m仁e d'humiliation plus profonde. L'internationalisme d使rad au niveau de celui d'un Armand Goegg, et le socialisme celui d'un bourgeois r姿ublicain Buchez qui opposait cette revendication aux socialistes pour les confondre !

 

Dans le meilleur des cas, l'ヌ aide de l'フat ネ, au sens de Lassalle, n'師ait qu'une mesure parmi de nombreuses autres pour atteindre le but d伺ini ici par la formule d四av仔 que voici : ヌ pour pr姿arer la voie la solution de la question sociale ネ, comme s'il y avait pour nous, sur le plan th姉rique, une question sociale qui n'ait pas 師 r市olue !

 

En cons子uence, si l'on dit : le parti ouvrier allemand tend l'abolition du salariat et, par l, des diff屍ences de classe, en organisant la production coop屍ative l'残helle nationale dans l'industrie et l'agriculture, et il appuie toute mesure qui puisse contribuer atteindre ce but ‑ aucun lassall仔n n'aurait y redire quelque chose.

 

Cinqui塾ement, il n'est question nulle part de l'organisation de la classe ouvri俊e en tant que classe par le moyen des syndicats professionnels. Or, c'est l un point tout fait essentiel, puisqu'il s'agit au fond d'une organisation du prol師ariat en classe au moyen de laquelle il m熟e sa lutte quotidienne contre le capital et fait son apprentissage pour la lutte supr仁e, d'une organisation qui, de nos jours, m仁e en plein d伺erlement de la r斬ction (comme c'est aujourd'hui le cas Paris apr峻 la Commune), ne peut plus 腎re d師ruite. フant donn l'importance prise par cette organisation en Allemagne aussi, nous estimons qu'il est absolument indispensable de lui consacrer une place dans le programme et, si possible, de lui donner son rang dans l'organisation du parti.

 

Voil tout ce que les n冲res ont conc仕 aux lassall仔ns pour leur 腎re agr斬bles. Et ceux-ci, qu'ont-ils donn en 残hange ? L'inscription dans le programme d'une masse confuse de revendications purement d士ocratiques, dont certaines sont uniquement dict仔s par la mode, comme la l使islation directe qui existe en Suisse et y fait plus de mal que de bien, si tant est qu'elle y fasse quelque chose : administration par le peuple, cela aurait quelque sens. De m仁e, il manque la condition premi俊e de toute libert, savoir que, vis--vis de chaque citoyen, tout fonctionnaire soit responsable de tous ses actes devant les tribunaux ordinaires et selon la loi commune. Je ne veux pas perdre un mot sur des revendications telles que libert de la science, libert de conscience, qui figurent dans tout programme bourgeois lib屍al et ont quelque chose de choquant chez nous.

 

Le libre フat populaire est mu en フat libre. Du point de vue grammatical, un フat libre est celui qui est libre vis--vis de ses citoyens, soit un フat gouvern despotiquement. Il conviendrait de laisser tomber tout ce bavardage sur l'フat, surtout depuis la Commune qui n'師ait d史 plus un フat au sens propre du terme [89]. Les anarchistes nous ont suffisamment jet la t腎e l'フat populaire, bien que d史 l'ouvrage de Marx contre Proudhon [90], puis le Manifeste communiste aient exprim sans ambages que l'フat se d伺era au fur et mesure de l'av熟ement de l'ordre socialiste pour dispara杯re enfin. Comme l'フat n'est en fin de compte qu'une institution provisoire, dont on se sert dans la lutte, dans la r思olution, pour r姿rimer par la force ses adversaires, il est absurde de parler d'un libre フat populaire : tant que le prol師ariat utilise encore l'フat, il ne le fait pas dans l'int屍腎 de la libert, mais de la coercition de ses ennemis, et d峻 qu'il pourra 腎re question de libert, l'フat, comme tel, aura cess d'exister. Nous proposerions, en cons子uence, de remplacer partout le mot ヌ フat ネ par Gemeinwesen, un bon vieux mot allemand, que le mot fran溝is ヌ commune ネ traduit merveille.

 

ヌ ネimination de toute in使alit sociale et politique ネ est une formule douteuse pour ヌ abolition de toutes les diff屍ences de classe ネ. D'un pays l'autre, d'une province l'autre, voire d'une localit l'autre, il y aura toujours une certaine in使alit dans les conditions d'existence : on pourra certes les r仕uire un minimum, mais non les faire dispara杯re compl春ement. Les habitants des Alpes auront toujours d'autres conditions de vie que les gens des plaines. Se repr市enter la soci師 socialiste comme le r夙ne de l'使alit est une conception unilat屍ale de Fran溝is, conception s'appuyant sur la vieille devise Libert, トalit, Fraternit, et se justifiant, en ses temps et lieu, comme phase de d思eloppement ; mais, de nos jours, elle devrait 腎re d姿ass仔 comme toutes les visions unilat屍ales des vieilles 残oles socialistes, car elle ne cr仔 plus que confusion dans les esprits et doit donc 腎re remplac仔 par des formules plus pr残ises et mieux adapt仔s aux choses.

 

Je m'arr腎e, bien que pour ainsi dire chaque mot soit critiquer dans ce programme sans s竣e ni vigueur. C'est si vrai qu'au cas o il serait accept, Marx et moi nous ne pourrions jamais reconna杯re comme n冲re ce nouveau parti, s'il s'屍ige sur une telle base ; nous serions oblig市 de r伺l残hir tr峻 s屍ieusement l'attitude que nous prendrions ‑ publiquement aussi ‑ vis--vis de lui. Songez qu' l'師ranger on nous tient pour responsables de chaque d残laration et action du Parti ouvrier social-d士ocrate allemand. Bakounine, par exemple, nous a rendus responsables dans son フat et Anarchie de chaque parole inconsid屍仔 que Liebknecht a pu dire et 残rire depuis la cr斬tion du Demokratisches Wochenblatt. On s'imagine que nous tirons les ficelles de toute l'affaire partir de Londres, alors que vous savez aussi bien que moi que nous ne sommes pratiquement jamais intervenus dans les affaires int屍ieures du parti, et lorsque nous l'avons fait, ce n'師ait jamais que pour 思iter que l'on fasse des b思ues, toujours d'ordre th姉rique, ou pour qu'on les redresse si possible. Vous vous apercevrez vous-m仁es que ce programme marque un tournant, qui pourrait fort bien nous obliger r残user toute responsabilit vis--vis du parti qui l'a fait sien.

 

En g始屍al, le programme officiel d'un parti importe moins que sa pratique. Cependant, un nouveau programme est toujours comme un drapeau que l'on affiche en public, et d'apr峻 lequel on juge ce parti. Il ne devrait donc en aucun cas 腎re en retrait par rapport au pr残仕ent, celui d'Eisenach en l'occurrence. Et puis il faut r伺l残hir aussi l'impression que ce programme fera sur les ouvriers des autres pays, et ce qu'ils penseront en voyant tout le prol師ariat socialiste d'Allemagne ployer ainsi les genoux devant le lassall斬nisme.

 

Avec cela, je suis persuad qu'une fusion sur cette base ne tiendrait pas un an. Peut-on concevoir que les hommes les plus conscients de notre parti se pr腎ent la com仕ie qui consiste r残iter des litanies de Lassalle sur la loi d'airain du salaire et l'aide de l'フat ? Vous, par exemple, je voudrais vous y voir. Et si vous le faisiez tous, votre auditoire vous sifflerait. Or, je suis s柮 que les lassall仔ns tiennent autant ces partie-l du programme que le juif Shylock sa livre de chair. Il se produira une scission, mais nous aurons de nouveau ヌ lav de leurs fautes ネ les Hasselmann, Hasenclever, T嗟cke et consorts ; nous sortirons de la scission plus faibles et les lassall仔ns plus forts. En outre, notre parti aura perdu sa virginit politique, et ne pourra plus s'opposer franchement aux phrases de Lassalle, puisque nous les aurons inscrites pendant un certain temps sur notre propre 師endard. Enfin, si les lassall仔ns reprennent alors de nouveau leur affirmation selon laquelle ils repr市entent seuls le parti ouvrier et que les n冲res sont des bourgeois, le programme sera l pour le d士ontrer : toutes les mesures socialistes y sont les leurs, et tout ce que notre parti y a ajout, ce sont des revendications de la d士ocratie petite-bourgeoise que ce m仁e programme qualifie par ailleurs de fraction de la ヌ masse r斬ctionnaire ネ !

 

J'ai tard vous faire parvenir cette lettre, puisque vous ne deviez 腎re lib屍 que le 1er avril [91], en l'honneur de l'anniversaire de Bismarck, et que je ne voulais pas l'exposer au risque de la voir saisir lorsque l'on aurait essay de vous la faire parvenir en fraude. Or, voici justement que je re腔is une lettre de Bracke [92] qui, lui aussi, a les plus vives inqui師udes propos de ce programme et nous demande ce que nous en pensons. Je lui envoie donc cette lettre afin qu'il en prenne connaissance et vous la transmette ensuite, afin que je n'aie pas 残rire deux fois toutes ces salades. En outre, j'ai mis les choses au clair dans une lettre destin仔 Ramm [93]. Je n'ai 残rit que bri竣ement Liebknecht [94]. Je ne peux lui pardonner de ne pas nous avoir 残rit un seul mot de toute cette affaire jusqu' ce qu'il ait 師 pratiquement trop tard (alors que Ramm et d'autres croyaient qu'il nous avait scrupuleusement tenus au courant). C'est d'ailleurs ainsi qu'il agit depuis toujours, d'o la masse de correspondance d市agr斬ble que Marx et moi nous avons eue avec lui. Cependant, cela passe les bornes cette fois, et nous sommes fermement d残id市 ne plus marcher.

 

T営hez de prendre vos dispositions afin de venir ici cet 師. Vous logerez naturellement chez moi, et si le temps le permet, nous pourrons aller nous baigner quelques jours la mer : cela vous fera le plus grand bien apr峻 votre long s史our en prison.

 

 

Ayez la bont, apr峻 les avoir lues, de porter la connaissance de Geib, Auer, Bebel et Liebknecht les gloses marginales au programme de fusion ci-jointes [95]. Nota bene : le manuscrit doit revenir entre vos mains, afin qu'il reste ma disposition si n残essaire [96]. Je suis surcharg de travail et oblig de d姿asser largement ce que m'autorise le m仕ecin. Aussi n'ai-je 姿rouv aucun ヌ plaisir ネ 残rire ce long papier. Il le fallait cependant, afin que les positions que je pourrais 腎re amen prendre par la suite ne soient pas mal interpr師仔s par les amis du parti auxquels cette communication est destin仔.

 

Apr峻 le congr峻 de fusion, nous publierons, Engels et moi, une br竣e d残laration dans laquelle nous dirons que nous n'avons absolument rien de commun avec ce programme de principes et que nous gardons nos distances vis--vis de lui.

 

C'est d'autant plus indispensable que l'on entretient l'師ranger l'id仔 soigneusement exploit仔 par les ennemis du parti, bien qu'elle soit parfaitement erron仔, qu' partir de Londres nous dirigeons en secret le mouvement du parti dit d'Eisenach. Ainsi, dans un ouvrage russe tout r残emment paru, Bakounine, par exemple, m'attribue la responsabilit non seulement de tous les programmes, etc., de ce parti, mais encore de chaque fait et geste de Liebknecht depuis sa collaboration avec le Parti populaire.

 

ヒ part cela, il est de mon devoir de ne pas reconna杯re ‑ f柎-ce par un silence diplomatique ‑ un programme qui, j'en suis convaincu, est absolument condamnable et d士oralisateur pour le parti.

 

Tout pas en avant du mouvement r仔l vaut plus qu'une douzaine ‑de programmes. Si l'on ne pouvait pas, cause des circonstances pr市entes, aller plus loin que le programme d'Eisenach, il fallait se contenter tout simplement de conclure un accord pour l'action contre l'ennemi commun [97]. Mais si l'on 四abore un programme de principes (qu'il vaut mieux remettre un moment o une longue activit commune en aura pr姿ar le terrain), c'est pour poser des jalons qui signalent, aux yeux du monde entier, quel niveau en est le mouvement du parti.

 

Les chefs des lassall仔ns sont venus nous sous la pression des 思始ements. Si d'embl仔 on leur avait fait savoir qu'on n'accepterait aucun marchandage sur les principes, ils eussent d se contenter d'un programme d'action ou d'un plan d'organisation en vue d'actions communes. Au lieu de cela, on leur permet d'arriver arm市 de mandats dont on reconna杯 soi-m仁e la force obligatoire et l'on se livre ainsi la merci de gens qui, eux, ont besoin de nous. Pour couronner le tout, ils tiennent un nouveau congr峻 avant le congr峻 de compromis, alors que notre propre parti tient le sien post festum. Il est 思ident que l'on cherche ainsi escamoter toute critique et emp芯her ceux de notre parti de se poser des questions. On sait que le seul fait de l'unit satisfait les ouvriers, mais l'on se trompe si l'on pense que ce succ峻 du moment n'est pas trop ch俊ement pay.

 

Au surplus, ce programme ne vaut rien, m仁e abstraction faite de la canonisation des articles de foi lassall仔ns.

 

 

Nous sommes tout fait du m仁e avis que vous : dans sa h液e obtenir tout prix l'unit, il a fourvoy toute l'entreprise [98]. On peut tenir quelque chose pour indispensable, mais il ne faut pas pour autant le dire ou le montrer l'autre partenaire, car une faute sert ensuite justifier une autre. Apr峻 avoir mis en マuvre le congr峻 de fusion sur une base erron仔 et avoir proclam qu'il ne devait 残houer aucun prix, on 師ait oblig chaque fois de l営her du lest sur tous les points essentiels. Vous avez tout fait raison : cette fusion porte en elle le germe de la scission, et si elle se produit, je souhaite qu'elle 四oigne de nous uniquement les fanatiques incorrigibles, mais non la masse de ceux qui sont par ailleurs capables et susceptibles de se redresser bonne 残ole. Cela d姿endra du moment et des conditions o cela se produira.

 

Dans sa r仕action d伺initive, le programme se divise en trois parties :

 

1. Des phrases et des slogans lassall仔ns qu'il ne fallait accepter sous aucune condition. Lorsque deux fractions fusionnent, on reprend dans le programme les points sur lesquels on est d'accord, et non les points en litige. En acceptant cependant de le faire, les n冲res sont pass市 sous les fourches caudines ;

 

2. Une s屍ie de revendications propres la d士ocratie vulgaire, r仕ig仔s dans le style et l'esprit du Parti populaire ;

 

3. Un certain nombre de phrases pr師endues communistes, emprunt仔s la plupart au Manifeste, mais r試crites de sorte que, examin仔s de pr峻, on s'aper腔it qu'elles contiennent toutes sans exception des 穎eries horrifiantes. Si l'on n'y comprend rien, il ne faut pas y toucher, moins qu'on le recopie litt屍alement d'apr峻 ceux qui s'y connaissent.

 

Par chance, le programme a eu un sort meilleur qu'il ne le m屍itait. Ouvriers, bourgeois et petits-bourgeois croient y lire ce qui devrait effectivement y figurer, mais n'y figure pas, et il n'est venu l'esprit de personne dans les divers camps d'examiner au grand jour le v屍itable contenu de ces phrases merveilleuses. C'est ce qui a permis que nous fassions le silence sur ce programme [99]. Au surplus, on ne peut traduire ces phrases dans une autre langue sans que l'on soit oblig ou bien d'en faire quelque chose qui devienne franchement idiot, ou bien de leur substituer un sens communiste ; or, amis comme ennemis adoptent le second proc仕, et c'est ce que j'ai d faire moi-m仁e pour une traduction destin仔 nos amis espagnols.

 

Nous n'avons pas lieu de nous r史ouir de l'activit qu'a d姿loy仔 jusqu'ici le comit directeur. Ce fut d'abord les mesures contre vos 残rits et ceux de B. Becker [100] : si elles ont 残hou, ce n'est certes pas cause du comit. Ensuite, Sonnemann ‑ que Marx a rencontr lors de son passage Londres ‑ a racont qu'il avait propos Vahlteich un poste de correspondant la Frankfurter Zeitung, mais que le comit avait interdit Vahlteich d'accepter cette offre ! C'est plus que de la censure, et je ne comprends pas pourquoi Vahlteich s'est soumis une telle interdiction. En plus, c'est tout fait maladroit. Vous vous pr姉ccupez de ce qu'au contraire la Frankfurter soit fournie enti俊ement par les n冲res en Allemagne. Enfin, il me semble que les membres lassall仔ns n'ont pas agi avec bonne foi lors de la cr斬tion de l'imprimerie coop屍ative de Leipzig [101]. Apr峻 que les n冲res eurent, en toute confiance, reconnu le comit directeur comme comit de contr冤e de l'imprimerie de Leipzig, il a fallu contraindre les lassall仔ns cette acceptation Berlin. Cependant, je ne suis pas encore au courant des d師ails.

 

En attendant, c'est une bonne chose que ce comit ne d姿loie gu俊e d'activit et se contente, comme dit C. Hirsch qui 師ait ici il y a quelques jours, de v使師er en tant que bureau de correspondance et d'information. Toute intervention active de sa part pr残ipiterait la crise, et on semble s'en rendre compte.

 

Et de quelle faiblesse avez-vous fait montre en acceptant que trois lassall仔ns si夙ent au comit directeur, avec deux des n冲res seulement [102] ! En fin de compte, il semble cependant que l'on s'en soit tout de m仁e tir, m仁e si c'est avec un bel マil au beurre noir. Esp屍ons qu'on en restera l et que notre propagande agira aupr峻 des lassall仔ns dans l'intervalle. Si l'on tient jusqu'aux prochaines 四ections, cela pourra aller. Mais ensuite les policiers et juges Stieber et Tessendorf entreront en sc熟e [103], et c'est alors que l'on s'apercevra de ce que les lassall仔ns Hasselmann et Hasenclever nous auront apport...

 

Ecrivez-nous l'occasion. W. Liebknecht et A. Bebel sont trop engag市 dans cette affaire pour nous dire cr枸ent la v屍it, et aujourd'hui moins que jamais les affaires int屍ieures du parti parviennent au grand jour.


 

 

 

Le parti de classe. Tome III. Questions dユorganisation

 

Chapitre 3

 

Lutte de Marx-Engels pour le parti
social-d士ocrate interdit

 

 

 

Mais la pr師ention de d姿ouiller le parti de son caract俊e r思olutionnaire, qui d残oule des conditions historiques, devient proprement ridicule, lorsqu'on commence par le mettre hors le droit commun, c'est--dire hors la loi, pour lui demander ensuite de reconna杯re le terrain l使al que l'on a pr残is士ent supprim son encontre.

 

ENGELS, pr伺ace de 1885 Karl Marx devant les jur市 de Cologne

 

 

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Les choses vont de plus en plus mal avec l'organe du parti allemand, r伺ugi Zurich [104]. La commission zurichoise de r仕action, qui est charg仔 de surveiller et de contr冤er le journal sous la responsabilit de la centrale des camarades de Leipzig, est compos仔 de H喞hberg, Schramm et Bernstein. Or, voil que Schramm, H喞hberg et Bernstein viennent de confectionner un article intitul ヌ R師rospective du mouvement socialiste en Allemagne ネ pour les Annales de sciences politiques et sociales 仕it仔s Zurich par H喞hberg, article dans lequel ils se pr市entent tous trois comme des bourgeois tout fait ordinaires, voire de paisibles philanthropes. Ils accusent le parti d'腎re trop exclusivement un ヌ parti ouvrier ネ, d'avoir provoqu la haine de la bourgeoisie, et ils revendiquent la direction du mouvement pour des bourgeois ヌ cultiv市 ネ de leur acabit.

 

Par bonheur, H喞hberg a fait une soudaine apparition chez moi avant-hier, et j'ai pu lui dire alors ses quatre v屍it市. Le pauvre gar腔n est au fond un bon bougre. mais terriblement na蒜 : il tomba des nues lorsque je lui expliquai que l'id仔 ne nous effleurait m仁e pas de laisser tomber le drapeau prol師arien que nous tenons bien haut depuis pr峻 de quarante ans, et de nous joindre au chマur petit-bourgeois de l'仕ulcorante vague de fraternisation g始屍ale que nous combattons 使alement depuis pr峻 de quarante ans. Bref, pr市ent, je sais enfin o il en est avec nous et pourquoi nous ne pouvons marcher avec lui et ses semblables, quoique disent et fassent les camarades de Leipzig [105].

 

Nous adresserons aussi Bebel une d残laration cat使orique de notre position eu 使ard ces alli市 du parti allemand, et nous verrons alors ce qu'ils feront. Si l'organe du parti accepte cet article bourgeois, nous nous d残larerons publiquement contre. Cependant, ils ne laisseront probablement pas aller les choses jusque-l.

 

 

Lettre Bebel,
Liebknecht, Bracke

 

 

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Cher Bebel,

 

La r姿onse votre lettre du 20 ao柎 a quelque peu tra馬 en longueur, en raison aussi bien de l'absence prolong仔 de Marx que ‑de divers incidents, d'abord l'arriv仔 des Annales de Richter, ensuite la venue de Hirsch lui-m仁e [106].

 

Je suis oblig d'admettre que Liebknecht ne vous a pas montr la derni俊e lettre que je lui avais adress仔, bien que je le lui aie demand express士ent, car sinon vous n'eussiez sans doute pas avanc les arguments m仁es que Liebknecht avait fait valoir et auxquels j'ai d史 r姿ondu dans ladite lettre.

 

Passons maintenant aux divers points sur lesquels il importe de revenir ici [107].

 

1. Les n使ociations avec C. Hirsch

 

 

Liebknecht demande Hirsch s'il veut prendre la responsabilit de la r仕action de l'organe du parti qui doit 腎re cr試 de nouveau Zurich. Hirsch d市ire des pr残isions sur la mise en place de ce journal : de quels fonds disposera-t-il, et de qui proviendront-ils ? La premi俊e question l'int屍esse afin de savoir si le journal ne s'師eindra pas d史 au bout de quelques mois, la seconde pour conna杯re celui qui d師ient les cordons de la bourse, autrement dit celui qui tient entre ses mains l'ultime autorit sur la vie du journal [108]. La r姿onse du 27 juillet de Liebknecht Hirsch (ヌ Tout est en ordre, tu apprendras la suite Zurich ネ) ne parvient pas au destinataire. Mais de Zurich arrive une lettre de Bernstein Hirsch, en date du 24 juillet, dans laquelle Bernstein l'informe que ヌ l'on nous a charg市 de la mise en place et du contr冤e ネ (du journal). Un entretien aurait eu lieu ヌ entre Viereck et nous ネ, au cours duquel on se serait aper講 ヌ que votre position serait difficile en raison des divergences que vous avez eues avec plusieurs camarades du fait que vous appartenez au journal Laterne ; cependant, je ne tiens pas ces r師icences pour bien importantes ネ. Pas un mot sur ce quia caus cela.

 

Par retour de courrier, Hirsch demande, le 26, quelle est la situation mat屍ielle du journal. Quels camarades se sont port市 garants pour couvrir un 思entuel d伺icit ? Jusqu' quel montant et pour combien de temps ? Il n'est pas du tout question, ce niveau, de la question du traitement que touchera le r仕acteur, Hirsch cherche simplement savoir si ヌ les moyens sont assur市 pour tenir le journal un an au moins ネ.

 

Bernstein r姿ond le 31 juillet : un 思entuel d伺icit serait couvert par les contributions volontaires, dont certaines (!) sont d史 souscrites. ヒ propos des remarques de Hirsch sur l'orientation qu'il pensait donner au journal, il fait remarquer, entre autres bl盈es et directives (cf. ci-dessus) : ヌ La commission de surveillance doit s'y tenir d'autant plus qu'elle est elle-m仁e sous contr冤e, c'est--dire est responsable. Vous devez donc vous entendre sur ces points avec la commission de surveillance. ネ On souhaite une r姿onse imm仕iate, par t四使raphe si possible.

 

Mais, au lieu d'une r姿onse ses demandes justifi仔s, Hirsch re腔it la nouvelle qu'il doit r仕iger sous la surveillance d'une commission si使eant Zurich, commission dont les conceptions divergent substantiellement des siennes et dont les noms des membres ne lui sont m仁e pas cit市 !

 

Hirsch, indign juste titre par ces proc仕市, pr伺俊e s'entendre avec les camarades de Leipzig. Vous devez conna杯re sa lettre du 2 ao柎 Liebknecht, 師ant donn que Hirsch y demandait express士ent qu'on vous informe ‑ vous et Viereck ‑ de son contenu. Hirsch est m仁e dispos se soumettre une commission de surveillance Zurich, condition que celle-ci fasse par 残rit ses remarques la r仕action et qu'il puisse faire appel de la d残ision la commission de contr冤e de Leipzig.

 

Dans l'intervalle, Liebknecht 残rit Hirsch le 28 juillet : ヌ L'entreprise a naturellement un fondement, 師ant donn que tout le parti (H喞hberg inclusivement) la soutient. Mais ne te soucie pas des d師ails. ネ

 

M仁e la lettre suivante de Liebknecht ne contient aucune mention sur le soutien ; en revanche, elle assure que la commission de Zurich ne serait pas une commission de r仕action, mais ne se pr姉ccuperait que d'administration et de finances. Le 14 ao柎 encore, Liebknecht m'残rit la m仁e chose et me demande de persuader Hirsch d'accepter. Vous-m仁es, vous 腎es encore si peu au courant des aspects r仔ls de la question le 20 ao柎 que vous m'残rivez : ヌ Il (H喞hberg) n'a pas plus de voix dans la r仕action du journal que n'importe quel autre camarade connu.

 

Enfin Hirsch re腔it une lettre de Viereck, en date du 11 ao柎, dans laquelle il reconna杯 que ヌ les trois camarades, domicili市 Zurich et formant la commission de r仕action, ont commenc mettre en place le journal et s'appr腎ent 四ire un r仕acteur qui doit 腎re confirm dans sa fonction par les trois camarades de Leipzig [...]. Pour autant qu'il me souvienne, il 師ait 使alement dit dans les r市olutions port仔s votre connaissance que le comit de fondation (zurichois) devrait assumer aussi bien des responsabilit市 politiques que financi俊es vis--vis du parti [...]. De tout cela, il me semble que l'on puisse conclure que [...] sans la collaboration des trois camarades domicili市 Zurich et charg市 par le parti de cette fondation, on ne pouvait concevoir la formation de la r仕action.

 

Hirsch tenait enfin l quelque chose de pr残is, m仁e si ce n'師ait que sur la position du r仕acteur vis--vis des Zurichois. Ils forment une commission de r仕action, et ont aussi la responsabilit politique ; sans leur collaboration, on ne peut former de r仕action. Bref, on indique Hirsch qu'il doit s'entendre avec les trois camarades de Zurich, dont on ne lui fournit toujours pas les noms.

 

Mais, pour que la confusion soit totale, Liebknecht apporte une nouvelle au bas de la lettre de Viereck : ヌ P. Singer de Berlin vient de passer ici et rapporte : la commission de surveillance de Zurich n'est pas, comme le pense Viereck, une commission de r仕action, mais essentiellement une commission d'administration qui est responsable vis--vis du parti, en l'occurrence nous, pour ce qui est des finances du journal. Naturellement, les membres ont aussi le droit et le devoir de discuter avec toi des probl塾es de r仕action (un droit et un devoir qu'a tout membre du parti, soit dit en passant) ; ils ne peuvent pas te mettre sous tutelle. ネ

 

Les trois Zurichois et un membre du comit de Leipzig ‑ le seul qui ait 師 pr市ent lors des n使ociations ‑soutiennent que Hirsch doit 腎re plac sous la direction administrative des Zurichois, tandis qu'un second camarade de Leipzig le nie tout uniment. Et, dans ces conditions, il faut que Hirsch se d残ide, avant que ces messieurs ne se soient mis d'accord entre eux. Que Hirsch soit justifi conna杯re les d残isions prises au sujet des conditions auxquelles on estime devoir le soumettre, c'est quoi on n'a m仁e pas pens, et ce d'autant plus qu'il ne semble m仁e pas qu'il soit venu l'esprit des camarades de Leipzig qu'ils doivent eux-m仁es prendre r仔llement connaissance de ces d残isions ! Car, sinon, comment les contradictions mentionn仔s ci-dessus eussent-elles 師 possibles ?

 

Si les camarades de Leipzig ne peuvent se mettre d'accord sur les comp師ences attribuer aux Zurichois, comment ces derniers peuvent-ils y voir clair !

 

Schramm Hirsch, le 14 ao柎 : ヌ Si vous n'aviez pas 残rit ce moment-l, vous vous seriez trouv dans le m仁e cas que Kayser [109], et vous eussiez proc仕 de m仁e, vous mettant dans la situation d'残rire de la m仁e fa腔n, sans que nous y ayons consacr un seul mot. Mais, de la sorte, nous devons, face cette d残laration, d姿oser un vote d残isif pour les articles accepter dans le nouveau journal.

 

La lettre Bernstein, dans laquelle Hirsch aurait dit cela, est du 26 juillet, bien apr峻 la conf屍ence Zurich au cours de laquelle on avait fix les pouvoirs des trois Zurichois. Mais on se gonfle d史 tellement Zurich dans le sentiment de la pl始itude de son pouvoir bureaucratique que l'on revendique d史, dans la lettre ult屍ieure Hirsch, de nouvelles pr屍ogatives, savoir d残ider des articles accepter dans le journal. D史 le comit de r仕action devient une commission de censure.

 

C'est seulement l'arriv仔 de H喞hberg Paris que Hirsch apprit de lui le nom des membres des deux commissions.

 

En cons子uence, si les tractations avec Hirsch ont 残hou, quoi cela tient-il ?

 

1. Au refus opini液re des camarades de Leipzig aussi bien que des Zurichois de lui faire part de quoi que ce soit de tangible sur les bases financi俊es, donc sur les possibilit市, du maintien en vie du journal, ne serait-ce que pour un an. La somme souscrite, il ne l'a apprise qu'ici par moi (apr峻 que vous me l'aviez communiqu仔). Il n'師ait donc pratiquement pas possible, partir des informations donn仔s pr残仕emment (le parti + H喞hberg), de tirer une autre conclusion que celle selon laquelle le journal reposerait essentiellement sur H喞hberg, ou d姿endrait tout de m仁e bient冲 de ses contributions. Or, cette derni俊e 思entualit n'est pas encore, et de loin, 残art仔 aujourd'hui. La somme de ‑ si je lis bien ‑800 marks est exactement la m仁e (40 」) que celle que l'association de Londres a d mettre en rallonge pour La Libert au cours de la premi俊e moiti de l'ann仔 [110].

 

2. L'assurance renouvel仔, qui depuis s'est r思四仔 tout fait inexacte, de Liebknecht, selon laquelle les Zurichois ne devaient absolument pas contr冤er la r仕action, ainsi que la com仕ie et les m姿rises qui en sont r市ult仔s.

 

3. La certitude, enfin acquise, que les Zurichois ne devaient pas seulement contr冤er la r仕action, mais encore exercer une censure sur elle, et que Hirsch ne tenait dans tout cela que le r冤e d'homme de paille.

 

Nous ne pouvons que lui donner raison si, apr峻 cela, il a d残lin l'offre. Comme nous l'avons appris par H喞hberg, la commission de Leipzig a encore 師 renforc仔 par deux membres non domicili市 dans cette ville. Elle ne peut intervenir rapidement que si les trois camarades de Leipzig sont d'accord. De ce fait, le centre de gravit se trouve totalement d姿lac Zurich, et Hirsch, pas plus que n'importe quel autre r仕acteur v屍itablement r思olutionnaire et d'esprit prol師arien, ne pourrait la longue travailler avec ceux de cette localit. Davantage ce sujet plus tard.


 

 

II. L'orientation pr思ue du journal

 

 

D峻 le 24 juillet, Bernstein informe Hirsch que les divergences qu'il avait eues avec certains camarades en tant que journaliste de la Laterne rendraient sa position plus difficile.

 

Hirsch r姿ond que l'orientation du journal devrait 腎re, selon lui, la m仁e en gros que celle de la Laterne, soit une politique qui 思ite les proc峻 en Suisse et n'effraie pas inutilement en Allemagne. Il demande qui sont ces camarades, et poursuit : ヌ Je n'en connais qu'un seul, et je vous promets que je recommencerai le critiquer de la m仁e fa腔n s'il commet le m仁e genre d'infraction la discipline. ネ

 

Gonfl du sentiment de sa nouvelle dignit officielle de censeur, Bernstein lui r姿ond aussit冲 : ヌ En ce qui concerne maintenant l'orientation du journal, le comit de surveillance est cependant d'avis que la Laterne ne saurait servir de mod粛e au journal ; nos yeux, le journal ne doit pas tant se lancer dans une politique radicale, il doit s'en tenir un socialisme de principe. Dans tous les cas, il faut 思iter des incidents comme la pol士ique contre Kayser qui a 師 d市approuv仔 par tous les camarades sans exception (!) ネ

 

Et ainsi de suite, et ainsi de suite. Liebknecht appelle la pol士ique contre Kayser une ヌ gaffe ネ, et Schramm la tient pour si dangereuse qu'il a aussit冲 師abli la censure l'encontre de Hirsch.

 

Hirsch 残rit une nouvelle fois H喞hberg, en lui expliquant qu'un incident comme celui qui est advenu Kayser ヌ ne peut se produire lorsqu'il existe un organe officiel du parti, dont les claires explications ainsi que les discr春es et bienveillantes indications ne peuvent atteindre aussi durement un parlementaire ネ.

 

Viereck 残rit lui aussi qu'il fallait prescrire au journal ヌ une attitude sans passion et une opportune ignorance de toutes les divergences pouvant surgir ネ ; il ne devrait pas 腎re une ヌ Laterne plus grande ネ, et Bernstein d'ajouter : ヌ On peut tout au plus lui reprocher d'腎re une tendance trop mod屍仔, si cela est un reproche en des temps o l'on ne peut pas naviguer toutes voiles dehors. ネ

 

En quoi consiste donc l'affaire Kayser, ce crime impardonnable que Hirsch aurait commis ? Kayser est le seul parlementaire social-d士ocrate qui ait parl et vot au Reichstag sur les droits douaniers. Hirsch l'accuse d'avoir viol la discipline du parti [111] du fait qu'il ait : 1. vot pour des imp冲s indirects, dont le programme du parti avait express士ent exig la suppression ; 2. accord des moyens financiers Bismarck, violant ainsi la premi俊e r夙le de base de toute notre tactique de parti : ヌ Pas un sou ce gouvernement ! ネ

 

Sur ces deux points, Hirsch avait indubitablement raison. Et apr峻 que Kayser eut foul aux pieds, d'une part, le programme du parti sur lequel les parlementaires avaient 師 asserment市 pour ainsi dire par d残ision du congr峻 et, d'autre part, la toute premi俊e et ind残linable r夙le de la tactique du parti, en accordant par son vote de l'argent Bismark comme pour le remercier de la loi antisocialiste, Hirsch avait parfaitement le droit, notre avis, de frapper aussi fort.

 

Nous n'avons jamais pu comprendre pour quelles raisons on a pu se mettre tant en col俊e en Allemagne sur cette attaque contre Kayser. Or, voici que H喞hberg me raconte que la ヌ fraction parlementaire ネ a autoris Kayser intervenir de la sorte, et l'on tient Kayser pour couvert par cette autorisation.

 

Si les choses se pr市entent de la sorte, c'est tout de m仁e un peu fort. D'abord, Hirsch, pas plus que le reste du monde, ne pouvait conna杯re cette d残ision secr春e [112]. Dans ces conditions, la honte, qui auparavant ne pouvait atteindre que le seul Kayser, n'en deviendrait encore que plus grande alors pour le parti, tandis que ce serait toujours le m屍ite de Hirsch d'avoir d思oil aux yeux du monde entier les discours ineptes et le vote encore plus inepte de Kayser, et d'avoir sauv du m仁e coup l'honneur du parti. Ou bien la social-d士ocratie allemande est-elle v屍itablement infect仔 de la maladie parlementaire, et croit-elle qu'avec les voix populaires aux 四ections le Saint-Esprit se soit d思ers sur ses 四us, transformant les s斬nces de la fraction en conciles infaillibles, et les r市olutions de la fraction en dogmes inviolables ?

 

Une gaffe a certainement 師 faite ; cependant, elle n'a pas 師 faite par Hirsch, mais par les d姿ut市 qui ont couvert Kayser avec leur r市olution. Or, si ceux-l m仁es qui sont appel市 veiller en premier au respect de la discipline de parti se mettent violer de mani俊e si 残latante cette m仁e discipline en prenant une telle d残ision, la chose n'en est que plus grave. Mais l o cela atteint son comble, c'est lorsqu'on se r伺ugie dans la croyance, sans vouloir en d士ordre, que ce n'est pas Kayser avec son discours et son vote, ainsi que les autres d姿ut市 avec leur d残ision de le couvrir, qui auraient viol la discipline de parti, mais Hirsch en attaquant Kayser bien que la d残ision lui rest液 cach仔.

 

Au demeurant, il est certain que, dans cette question de protection douani俊e, le parti a pris la m仁e attitude obscure et ind残ise que dans presque toutes les autres questions 残onomiques se posant dans la pratique, par exemple celle des chemins de fer nationaux. Cela provient de ce que l'organe du parti, notamment le Vorw較ts, au lieu de discuter fond de ces probl塾es, s'師end avec complaisance sur la construction de l'ordre de la soci師 future. Lorsque, apr峻 la loi antisocialiste, la protection douani俊e est subitement devenue un probl塾e pratique, les opinions diverg俊ent suivant les orientations et tendances les plus diverses, et il n'e柎 pas 師 possible d'en trouver un seul dans le tas qui d師ienne ne serait-ce que la condition pr斬lable la formation d'un jugement clair et juste sur la question : la connaissance des rapports de l'industrie et de la position de celle-ci sur le march mondial. Chez les 四ecteurs, il ne pouvait pas ne pas se manifester 壕 et l des tendances protectionnistes, mais fallait-il en tenir compte ? Le seul moyen pour trouver une issue ce d市ordre, savoir concevoir le probl塾e de mani俊e purement politique (comme on le fit dans la Laterne), ne fut pas adopt avec clart et d残ision. Il ne pouvait donc pas manquer d'advenir ce qui advint : dans ce d暫at, le parti intervint pour la premi俊e fois d'une mani俊e h市itante, incertaine et confuse, et finit par se ridiculiser s屍ieusement avec Kayser.

 

Cependant, l'attaque contre Kayser devient maintenant l'occasion de pr芯her sur tous les tons l'intention de Hirsch que le nouveau journal ne doit aucun prix imiter les exc峻 de la Laterne, qu'il doit le moins possible suivre une politique radicale, mais s'en tenir sans passion des principes socialistes. On l'entendit tout autant de la bouche de Viereck que de celle de Bernstein qui, pr残is士ent parce qu'il voulait mod屍er Hirsch, apparaissait comme l'homme de la situation o l'on ヌ ne peut cingler toutes voiles dehors ネ

 

Or, pour quelles raisons s'expatrie-t-on, si ce n'est pr残is士ent pour cingler toutes voiles dehors ? ヒ l'師ranger, rien ne s'y oppose. On ne trouve pas en Suisse les lois allemandes sur les d四its de presse, d'association, etc. On y a donc non seulement la possibilit mais encore le devoir de dire ce que l'on ne pouvait pas dire en Allemagne, m仁e avant la loi antisocialiste, du fait du r使ime courant des lois. En outre, on ne s'y trouve pas seulement devant l'Allemagne, mais encore face l'Europe enti俊e, et on a le devoir, pour autant que les lois suisses le permettent, de proclamer ouvertement les voies et les buts du parti allemand. Quiconque voudrait se laisser lier les mains en Suisse par des lois allemandes d士ontrerait pr残is士ent qu'il est digne des lois allemandes, et qu'il n'a, en fait, rien d'autre dire que ce que l'on 師ait autoris dire en Allemagne avant les lois d'exception. Il ne faut pas davantage se laisser arr腎er par l'思entualit selon laquelle les r仕acteurs se verraient temporairement interdire tout retour en Allemagne. Quiconque n'est pas pr腎 prendre un tel risque n'est pas fait pour un poste d'honneur aussi expos.

 

Mais il y a plus. Les lois d'exception ont mis le parti allemand au ban, pr残is士ent parce qu'il 師ait le seul parti d'opposition s屍ieux en Allemagne. Si, dans un organe publi l'師ranger, il exprime Bismarck sa reconnaissance d'avoir perdu ce poste de seul parti d'opposition s屍ieux en se montrant bien docile, s'il encaisse ainsi le coup sans manifester la moindre r斬ction, il ne fait que prouver qu'il m屍itait ce coup de pied. De toutes les feuilles allemandes publi仔s en 士igration depuis 1830, la Laterne est sans doute l'une des plus mod屍仔s. Mais si la Laterne 師ait d史 trop frondeuse, le nouvel organe ne pourra que compromettre le parti devant nos camarades des pays non allemands.

 

 

III. Le manifeste des trois Zurichois

 

 

Dans l'intervalle, nous avons re講 les Annales de H喞hberg qui contiennent l'article intitul ヌ R師rospective du mouvement socialiste en Allemagne ネ et r仕ig pr残is士ent par les trois membres de la commission zurichoise, comme H喞hberg lui-m仁e me l'a dit. Il s'agit d'une critique pure et simple du mouvement tel qu'il a exist jusqu'ici et, en cons子uence aussi, du programme pratique d'orientation du nouvel organe, dans la mesure o il d姿end d'eux.

 

On a d'embl仔 la d残laration suivante :

 

ヌ Le mouvement que Lassalle consid屍ait comme 士inemment politique, auquel il appelait se rallier non seulement les ouvriers mais encore tous les d士ocrates honn腎es, la t腎e duquel devaient marcher les repr市entants ind姿endants de la science et tous les hommes 姿ris d'un authentique amour de l'humanit, ce mouvement s'abaissa, sous la pr市idence de J. B. von Schweitzer, n'腎re plus que l'ar熟e de lutte pour les int屍腎s unilat屍aux des ouvriers de l'industrie. ネ

 

Laissons de c冲 la question de savoir si cela correspond ou non la r斬lit historique. Le reproche bien pr残is que l'on fait ici Schweitzer, c'est qu'il ait r仕uit le lassall斬nisme, con講 ici comme un mouvement d士ocratique et philanthrope bourgeois, n'腎re plus qu'une organisation au service de la lutte et des int屍腎s unilat屍aux des ouvriers de l'industrie : il l'aurait rabaiss en approfondissant le caract俊e de classe de la lutte des ouvriers de l'industrie contre la bourgeoisie. En outre, il lui est reproch d'avoir ヌ rejet la d士ocratie bourgeoise ネ. Or, qu'est-ce que la d士ocratie bourgeoise peut bien chercher dans le parti social-d士ocrate ? Si cette d士ocratie bourgeoise est constitu仔 d' ヌ hommes honn腎es ネ, elle ne tiendra m仁e pas y entrer ; si elle veut cependant, ce ne sera que pour y semer la pagaille.

 

Le parti lassall仔n ヌ pr伺屍a se comporter de la mani俊e la plus unilat屍ale en parti ouvrier ネ. Les messieurs qui 残rivent cela sont eux-m仁es membres d'un parti qui, de la mani俊e la plus tranch仔, se veut un parti ouvrier, ils y ont m仁e une charge et une dignit. Il y a donc ici une incompatibilit absolue. S'ils croient ce qu'ils 残rivent, ils doivent quitter ce parti, ou pour le moins se d士ettre de leur charge et dignit. S'ils ne le font pas, ils reconnaissent qu'ils veulent exploiter leur fonction pour combattre le caract俊e prol師arien du parti. En cons子uence, le parti se trahit lui-m仁e s'il les maintient dans leur charge et dignit.

 

ヒ en croire ces messieurs, le parti social-d士ocrate ne doit pas 腎re un parti exclusivement ouvrier, mais un parti universel, celui ヌ de tous les hommes 姿ris d'un authentique amour de l'humanit ネ, ce que l'on d士ontre le mieux en abandonnant les vulgaires passions prol師ariennes et en se pla溝nt sous la direction de bourgeois instruits et philanthropes ヌ afin de se former le bon go柎 ネ et ヌ se mettre dans le bon ton ネ (p. 85). D峻 lors, l'ヌ allure d姿enaill仔 ネ de certains dirigeants s'effacera derri俊e l'ヌ allure bourgeoise ネ et respectable. (Comme si l'apparence ext屍ieure tristement d姿enaill仔 師ait le moindre reproche que l'on puisse adresser ces gens !) Alors viendront s'y joindre de ヌ nombreux partisans appartenant aux sph俊es des classes instruites et poss仕antes. Mais ceux-ci ne doivent 腎re gagn市 notre cause que lorsque [...] l'agitation pourra donner des r市ultats tangibles. ネ

 

Le socialisme allemand se serait ヌ trop pr姉ccup de conqu屍ir les masses, n使ligeant par l d'effectuer une propagande 始ergique (!) dans ce que l'on appelle les couches sup屍ieures de la soci師 ネ. En effet, le parti ヌ manque toujours encore d'hommes capables de le repr市enter au Parlement ネ. Il est pourtant ヌ d市irable et n残essaire de confier les mandats des hommes qui disposent de suffisamment de temps pour se familiariser fond avec les principaux dossiers des affaires. Le simple ouvrier et le petit artisan [...] n'en ont que tr峻 rarement le temps n残essaire ネ. Autrement dit, votez pour les bourgeois !

 

En somme, la classe ouvri俊e est incapable de s'士anciper par ses propres moyens : elle doit passer sous la direction de bourgeois ヌ instruits et poss仕ants ネ qui, seuls, ヌ disposent de suffisamment de temps ネ pour se familiariser avec ce qui est bon aux ouvriers. Enfin, il ne faut aucun prix s'attaquer directement la bourgeoisie, mais au contraire il faut la conqu屍ir par une propagande 始ergique.

 

Or, si l'on veut gagner les couches sup屍ieures de la soci師 ou simplement les 四士ents de bonne volont qui s'y trouvent, il ne faut surtout pas les effrayer. Et les trois Zurichois croient avoir fait une d残ouverte apaisante ce propos :

 

ヌ Le parti montre pr残is士ent maintenant, sous la pression de la loi antisocialiste, qu'il n'a pas la volont de suivre la voie d'une r思olution violente, sanglante, mais est d残id [...] s'engager dans la voie de la l使alit, c'est--dire de la r伺orme. ネ En cons子uence, si les 5 600 000 四ecteurs social-d士ocrates, soit les 1/10e 1/8 e de tout le corps 四ectoral, qui se r姿artissent sur tout le pays, montrent qu'ils ヌ sont assez raisonnables pour ne pas aller se casser la t腎e contre le mur, en tentant d'effectuer une r思olution sanglante tant qu'ils ne sont qu'un contre dix ネ, cela d士ontre qu'ils sユinterdisent tout jamais dans l'avenir d'utiliser leur profit un 思始ement ext屍ieur violent, un sursaut r思olutionnaire qui s'ensuivrait subitement, mieux une victoire du peuple arrach仔 d'une collision ayant eu lieu dans ces conditions ! Le jour o Berlin sera de nouveau assez inculte pour se lancer dans un nouveau 18 mars 1848, les social-d士ocrates, au lieu de participer la lutte des ヌ canailles qui ont soif de se battre sur les barricades ネ (p. 88), devront bien plut冲 ヌ suivre la voie de la l使alit ネ, jouer les mod屍ateurs, d士onter les barricades et, si n残essaire, marcher avec les nobles seigneurs de la guerre contre les masses si unilat屍ales, vulgaires et incultes. En somme, si ces messieurs affirment que ce n'est pas l ce qu'ils pensent, mais alors que pensent-ils [113] ?

 

Mais il y a encore pire.

 

ヌ En cons子uence, plus il (le parti) saura demeurer calme, objectif et r伺l残hi dans sa critique des conditions existantes et dans ses projets de changement de celles-ci, moins il sera possible maintenant (alors que la loi anti-socialiste est en vigueur) de renouveler le coup qui vient de r志ssir et avec lequel la r斬ction consciente a intimid la bourgeoisie en agitant le spectre de la terreur rouge. ネ (P. 88.)

 

Afin d'enlever la bourgeoisie la derni俊e trace de peur, il faut lui d士ontrer clairement et simplement que le spectre rouge n'est vraiment qu'un spectre, qu'il n'existe pas. Or, qu'est-ce que le secret du spectre rouge, si ce n'est la peur de la bourgeoisie de l'in思itable lutte mort qu'elle aura mener avec le prol師ariat ? La peur de l'issue fatale de la lutte de classe moderne ? Que l'on abolisse la lutte de classe, et la bourgeoisie ainsi que ヌ tous les hommes ind姿endants ネ ne craindront plus ヌ de marcher avec les prol師aires, la main dans la main ネ ! Mais ceux qui seraient alors dup市, ce seraient les prol師aires.

 

Que le parti d士ontre, par une attitude plaintive et humble, qu'il a rejet une fois pour toutes les ヌ incorrections et les exc峻 ネ qui ont donn pr師exte la loi antisocialiste. S'il promet de son plein gr qu'il n'思oluera que dans les limites des lois en vigueur sous le r使ime d'exception contre les socialistes, Bismarck et les bourgeois auront certainement la bont d'abolir cette loi devenue superflue.

 

ヌ Que l'on nous comprenne bien ネ, nous ne voulons pas ヌ abandonner notre parti ni notre programme ; nous pensons cependant que, pour de longues ann仔s encore, nous avons suffisamment faire, si nous concentrons toute notre force, toute notre 始ergie, en vue de la conqu腎e de buts imm仕iats que nous devons arracher co柎e que co柎e, avant que nous puissions penser r斬liser nos fins plus lointaines ネ. D峻 lors, c'est en masse que viendront nous rejoindre aussi bien bourgeois, petits-bourgeois qu'ouvriers ヌ qui, l'heure actuelle, sont effray市 par nos revendications profondes ネ.

 

Le programme ne doit pas 腎re abandonn, mais simplement ajourn ‑ pour un temps ind師ermin. On l'adopte, mais proprement parler non pas pour soi et pour le pr市ent, mais titre posthume, comme h屍itage pour ses enfants et petits-enfants. En attendant, on emploie ヌ toute sa force et toute son 始ergie ネ toutes sortes de reprises et de rafistolages de la soci師 capitaliste, pour faire croire qu'il se passe tout de m仁e quelque chose, et en m仁e temps pour que la bourgeoisie ne prenne pas peur. Dans ces conditions, gloire au ヌ communiste ネ Miquel qui a d士ontr qu'il 師ait in暫ranlablement convaincu de l'effondrement in思itable de la soci師 capitaliste d'ici quelques si縦les, en sp残ulant tant qu'il a pu, apportant ainsi sa contribution mat屍ielle la crise de 1873, autrement dit qui a effectivement fait quelque chose pour ruiner l'ordre existant.

 

Un autre attentat contre le bon ton, ce sont aussi les ヌ attaques exag屍仔s contre les fondateurs ネ de l'industrie, qui 師aient tout simplement ヌ enfants de leur 姿oque ネ ; ヌ on ferait mieux de s'abstenir de vitup屍er contre Strousberg et consorts ネ. H四as, tout le monde est ヌ enfant de son 姿oque ネ, et si cela est un excuse suffisante, nous ne devons plus attaquer qui que ce soit, nous devons cesser toute pol士ique et tout combat ; nous recevons tranquillement tous les coups de pied que nous donnent nos adversaires, parce que nous, les sages, nous savons qu'ils ne sont que ヌ des enfants de leur 姿oque ネ et qu'ils ne peuvent agir autrement qu'ils ne le font. Au lieu de leur rendre les coups avec int屍腎, nous devons bien plut冲 plaindre ces malheureux !

 

De m仁e, notre prise de position en faveur de la Commune a eu, pour le moins, l'inconv始ient ヌ de rejeter de notre parti des gens qui autrement inclinaient vers nous et d'avoir accru en g始屍al la haine de la bourgeoisie notre 使ard ネ. En outre, le parti ヌ n'est pas sans porter une certaine responsabilit la promulgation de la loi d'octobre, car il a augment inutilement la haine de la bourgeoisie ネ.

 

Tel est le programme des trois censeurs de Zurich. Il est on ne peut plus clair, surtout pour nous qui connaissons fort bien tous ces pr芯hi-pr芯ha depuis 1848. Ce sont les repr市entants de la petite bourgeoisie qui manifestent leur peur que le prol師ariat, entra馬 par la situation r思olutionnaire, ヌ n'aille trop loin ネ. Au lieu de la franche opposition politique, ils recherchent le compromis g始屍al ; au lieu de lutter contre le gouvernement et la bourgeoisie, ils cherchent les gagner a leur cause par persuasion ; au lieu de r市ister avec un esprit de fronde toutes les violences exerc仔s d'en haut, ils se soumettent avec humilit et avouent qu'ils m屍itent d'腎re ch液i市. Tous les conflits historiquement n残essaires leur apparaissent comme des malentendus, et toute discussion s'ach竣e par l'assurance que tout le monde est d'accord au fond. On joue aujourd'hui au social-d士ocrate comme on jouait au d士ocrate bourgeois en 1848. Comme ces derniers consid屍aient la r姿ublique d士ocratique comme quelque chose de tr峻 lointain, nos social-d士ocrates d'aujourd'hui consid俊ent le renversement de l'ordre capitaliste comme un objectif lointain et, par cons子uent, comme quelque chose qui n'a absolument aucune incidence sur la pratique politique du pr市ent. On peut donc cマur joie faire le philanthrope, l'interm仕iaire, et couper la poire en deux. Et c'est ce que l'on fait aussi dans la lutte de classe entre prol師ariat et bourgeoisie. On la reconna杯 sur le papier ‑ de toute fa腔n, il ne suffit pas de la nier pour qu'elle cesse d'exister ‑, mais dans la pratique on la camoufle, on la dilue et on l'仕ulcore. Le parti social-d士ocrate ne doit pas 腎re un parti ouvrier ; il ne doit pas s'attirer la haine de la bourgeoisie ou de quiconque ; c'est avant tout dans la bourgeoisie qu'il faut faire une propagande 始ergique. Au lieu de s'appesantir sur des objectifs lointains qui, m仁e s'ils ne peuvent 腎re atteints par notre g始屍ation, effraient les bourgeois, le parti ferait mieux de s'employer de toutes ses forces et de toute son 始ergie aux r伺ormes petites-bourgeoises de rafistolage qui repr市entent autant de soutiens nouveaux du vieil ordre social et peuvent 思entuellement transformer la catastrophe finale en un processus de dissolution lent, fragmentaire et si possible pacifique.

 

Ce sont exactement ces gens-l qui, sous l'apparence d'une activit f暫rile, non seulement ne font eux-m仁es jamais rien, mais encore cherchent emp芯her les autres de faire quelque chose ‑ sinon de bavarder. Ce sont exactement ces m仁es gens-l dont la crainte de toute action a frein le mouvement chaque pas en 1848 et 1849, et l'a enfin fait tomber. Ils ne voient jamais la r斬ction l'マuvre, sont tout 師onn市 cependant lorsqu'ils se trouvent finalement dans une impasse, o toute r市istance et toute fuite sont impossibles. Ces gens veulent enfermer l'histoire dans leur 師roit et mesquin horizon petit-bourgeois, tandis qu'elle leur passe chaque fois par-dessus la t腎e.

 

En ce qui concerne le contenu socialiste de leur 残rit, il est d史 suffisamment critiqu dans le Manifeste au chapitre ヌ Le socialisme allemand ou vrai ネ. Quand on 残arte la lutte de classe comme un ph始om熟e p始ible et ヌ vulgaire ネ, il ne reste plus qu' fonder le socialisme sur un ヌ v屍itable amour de l'humanit ネ et les phrases creuses sur la ヌ justice ネ.

 

C'est un ph始om熟e in思itable et inh屍ent au cours du d思eloppement que des individus appartenant jusque-la la classe dominante viennent se joindre au prol師ariat en lutte et lui apportent des 四士ents de formation th姉rique. C'est ce que nous avons expliqu d史 dans le Manifeste communiste. Cependant, il convient de faire deux observations ce sujet :

 

Premi俊ement : ces individus, pour 腎re utiles au mouvement prol師arien, doivent vraiment lui apporter des 四士ents de formation d'une valeur r仔lle. Or, ce n'est pas du tout le cas de la grande majorit des convertis bourgeois allemands. Ni la Zukunft ni la Neue Gesellschaft [114] n'ont apport quoi que ce soit qui e柎 fait avancer d'un pas notre mouvement : les 四士ents de formation r仔ls d'une authentique valeur th姉rique ou pratique y font totalement d伺aut. Au contraire, elles cherchent mettre en harmonie les id仔s socialistes, superficiellement assimil仔s, avec les opinions th姉riques les plus diverses que ces messieurs ont ramen仔s de l'universit ou d'ailleurs, et dont l'une est plus confuse que l'autre, gr営e au processus de d残omposition que traversent actuellement les vestiges de la philosophie allemande. Au lieu de commencer par 師udier s屍ieusement la nouvelle science, chacun pr伺俊e la retoucher pour la faire concorder avec les id仔s qu'il a re講es, se fabriquant en un tour de main sa petite science priv仔 lui, avec la pr師ention affich仔 de l'enseigner aux autres. C'est ce qui explique qu'on trouve parmi ces messieurs presque autant de points de vue qu'il y a de t腎es. Au lieu d'apporter de la clart sur tel ou tel point, ils ne font qu'introduire la pire des confusions ‑ par bonheur, presque uniquement chez eux-m仁es. Le parti peut parfaitement se passer de tels 四士ents de formation th姉rique, dont le premier principe est l'enseignement de ce qui n'a m仁e pas 師 appris.

 

Deuxi塾ement : lorsque ces individus venant d'autres classes se rallient au mouvement prol師arien, la premi俊e chose exiger d'eux, c'est qu'ils n'apportent pas avec eux des r市idus de leurs pr史ug市 bourgeois, petits-bourgeois, etc., mais qu'ils fassent leurs, sans r市erve, les conceptions prol師ariennes. Or, ces messieurs ont d士ontr qu'ils sont enfonc市 jusqu'au cou dans les id仔s bourgeoises et petites-bourgeoises. Dans un pays aussi petit-bourgeois que l'Allemagne, ces conceptions ont certainement leurs raisons d'腎re, mais uniquement hors du parti ouvrier social-d士ocrate. Que ces messieurs se rassemblent en un parti social-d士ocrate petit-bourgeois, c'est leur droit le plus parfait. On pourrait alors traiter avec eux, et selon le cas mettre sur pied un cartel avec eux, etc. S'il existe des raisons pour que nous les tol屍ions pour l'instant, il y a l'obligation aussi de les tol屍er seulement, de ne leur confier aucune charge d'influence dans la direction du parti, tout en restant parfaitement conscient que la rupture avec eux ne peut 腎re qu'une question de temps. Au demeurant, il semble bien que ce moment soit venu. Nous ne pouvons vraiment pas comprendre que le parti puisse tol屍er plus longtemps dans son sein les auteurs de cet article. Mais si la direction du parti tombe peu ou prou entre les mains de cette sorte de gens, le parti se d思irilisera, tout simplement, et sans tranchant prol師arien, il n'existe plus.

 

Quant nous, tout notre pass fait qu'une seule voie nous reste ouverte. Voil pr峻 de quarante ans que nous pr冢ons la lutte de classe comme le moteur le plus d残isif de l'histoire, et plus particuli俊ement la lutte sociale entre bourgeoisie et prol師ariat comme le grand levier de la r思olution sociale moderne. Nous ne pouvons donc en aucune mani俊e nous associer des gens qui voudraient rayer du mouvement cette lutte de classe.

 

Lors de la fondation de l'Internationale, nous avons express士ent proclam que la devise de notre combat 師ait : l'士ancipation de la classe ouvri俊e sera l'マuvre de la classe ouvri俊e elle-m仁e.

 

Nous ne pouvons donc marcher avec des gens qui expriment ouvertement que les ouvriers sont trop incultes pour se lib屍er eux-m仁es et qu'ils doivent donc 腎re lib屍市 d'abord par en haut, autrement dit par des grands et petits bourgeois philanthropes.

 

Si le nouvel organe du parti adoptait une orientation correspondant aux convictions politiques de ces messieurs, convictions bourgeoises et non prol師ariennes, notre grand regret, il ne nous resterait plus qu' d残larer publiquement notre opposition son 使ard et rompre la solidarit que nous avons toujours maintenue jusqu'ici vis--vis du parti allemand en face de l'師ranger. Cependant, nous esp屍ons que les choses n'iront pas jusque-l.

 

Cette lettre est destin仔 腎re communiqu仔 tous les cinq membres de la commission en Allemagne [115], ainsi qu' Bracke. Rien ne s'oppose, du moins de notre part, ce qu'elle soit 使alement communiqu仔 aux Zurichois.


 

 

Lettres divers dirigeants
de 1879 1881

 

 

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Le parti a besoin avant tout d'un organe politique [116]. Et H喞hberg est en fin de compte, dans le meilleur des cas, un personnage tout fait non politique, m仁e pas social-d士ocrate, mais social-philanthrope. M仁e d'apr峻 la lettre de Bernstein, le journal ne serait pas du tout politique, mais simplement de principes socialistes, autrement dit, dans de telles mains, il serait n残essairement une r迅erie du socialisme, une continuation de la Zukunft. Un tel journal ne repr市ente qu'un parti qui se r仕uirait n'腎re plus que la queue de H喞hberg et de ses amis, les socialistes de la chaire. Si les dirigeants du parti entendent placer ainsi le prol師ariat sous la houlette de H喞hberg et de ses amis vaseux, on peut concevoir que les ouvriers ne se laisseront pas faire. La d市organisation et les scissions seraient in思itables, et ce seraient Most et les braillards d'ici qui vivraient leur plus grand triomphe.

 

Dans ces circonstances (que j'ignorais totalement lorsque j'ai 残rit ma derni俊e lettre), nous pensons que Hirsch a tout fait raison lorsqu'il ne veut pas tremper dans tout cela. La m仁e chose vaut pour Marx et moi. Notre accord de collaboration se rapportait un v屍itable organe de parti, et ne pouvait donc s'appliquer qu' lui, non un organe priv de Monsieur H喞hberg, m仁e s'il est maquill en organe de parti. Nous n'y collaborerons aucune condition [117]. Marx et moi, nous vous prions donc express士ent de bien vouloir veiller scrupuleusement ce que nous ne soyons nomm市 nulle part comme 師ant des collaborateurs de ce journal.

 

 

Meilleurs remerciements pour vos nouvelles ainsi que celles de Fritzsche et de Liebknecht, qui nous permettent enfin d'avoir une claire vision d'ensemble de toute l'affaire [118].

 

Que d'embl仔 l'affaire n'ait nullement 師 aussi simple, c'est ce que d士ontrent les errements et les confusions propos de Hirsch. Ils eussent 師 exclus si les camarades de Leipzig avaient d'embl仔 mis bon ordre la pr師ention des Zurichois d'師ablir une censure [119]. Si cela avait 師 fait et si l'on en avait inform Hirsch, tout e柎 師 r使l. Mais comme on ne l'a pas fait,. en comparant une nouvelle fois ce qui a 師 fait et ce qui a 師 omis, ce qui a 師 残rit maintenant et ce qui a 師 残rit auparavant, je ne peux qu'arriver la conclusion que H喞hberg n'avait pas tellement tort lorsqu'il affirmait que les Zurichois ne pensaient la censure que pour Hirsch, celle-ci 師ant superflue pour Vollmar.

 

En ce qui concerne les assises financi俊es du nouvel organe de presse, je ne m'師onne pas que vous preniez les choses autant la l使俊e : vous en 腎es votre premi俊e exp屍ience en la mati俊e. Mais Hirsch avait pr残is士ent une telle exp屍ience pratique avec la Laterne, et nous qui avons d史 vu plusieurs fois ces transferts et m仁e les avons faits nous-m仁es, nous ne pouvons que lui donner raison, s'il tient ce que ce point soit s屍ieusement jaug. La Freiheit, malgr toutes les contributions, termine son troisi塾e trimestre avec un d伺icit de 100 livres sterling, soit 2 000 marks. Je n'ai pas connu un seul journal allemand l'師ranger qui ait pu tenir sans d'importants subsides. Ne vous laissez pas 暫louir par les premiers succ峻. Les v屍itables difficult市 du passage la presse par contrebande ne se manifestent qu'au bout d'un certain temps, et ne font que cro杯re avec le temps qui passe.

 

Ce que vous dites de l'attitude des d姿ut市 et des chefs du parti en g始屍al propos de la question des taxes douani俊es ne fait que confirmer chaque mot de notre lettre. Il 師ait d史 assez grave que le parti, qui se vanta tant d'腎re sup屍ieur aux bourgeois dans le domaine 残onomique, se divise ce point d峻 la premi俊e 姿reuve 残onomique. Il n'en sait pas plus long sur ce sujet que les nationaux-lib屍aux qui, eux, pour leur lamentable effondrement, avaient du moins l'excuse qu'il s'agissait ici de v屍itables int屍腎s bourgeois. Mais c'est encore plus grave d'avoir laiss appara杯re cette scission que d'腎re intervenu avec h市itation. S'il n'師ait pas possible de faire l'unanimit, il ne restait plus qu'une issue d残larer que cette affaire 師ait purement bourgeoise ‑ ce qu'elle est au reste ‑ et refuser de voter [120]. Ce que l'on fait de pire, c'est de permettre Kayser de tenir son lamentable discours et de voter pour le projet de loi en premi俊e lecture. C'est apr峻 ce vote seulement que Hirsch attaqua Kayser, et lorsque Kayser vota ensuite contre cette m仁e loi en troisi塾e lecture, cela n'arrangea pas les affaires pour lui, au contraire.

 

La r市olution du congr峻 n'est pas une excuse [121]. Si le parti entend se laisser lier encore par toutes les r市olutions de congr峻 prises dans le bon vieux temps o r使nait la paix, il ne fait que se charger lui-m仁e de cha馬es. Le terrain juridique sur lequel un parti vivant 思olue ne doit pas seulement 腎re cr試 par le parti lui-m仁e, il doit encore pouvoir 腎re modifi de temps autre. En rendant impossibles tous les congr峻, donc la modification de toutes les vieilles r市olutions de congr峻, la loi antisocialiste d師ruit 使alement toute force contraignante de ces r市olutions. Un parti auquel on enl竣e la possibilit de prendre des r市olutions ayant force d'obligation dans ses congr峻 n'a plus d'autre ressource que de chercher ses lois dans ses besoins vivants, toujours changeants. Mais s'il veut subordonner ces besoins aux r市olutions ant屍ieures, il creusera sa propre tombe.

 

Tel est l'aspect formel. Or, le contenu de cette r市olution la rend plus caduque encore. Il est en contradiction, premi俊ement, avec le programme, puisqu'il permet d'accorder au gouvernement des imp冲s indirects, et deuxi塾ement, avec la tactique irr伺ragable du parti, puisqu'il permet d'accorder des rentr仔s fiscales l'actuel gouvernement. Qui plus est, troisi塾ement, il signifie en clair : le congr峻 avoue qu'il n'est pas suffisamment 残lair sur la question du protectionnisme pour pouvoir prendre une r市olution pour ou contre. Il se d残lare donc incomp師ent et se borne, pour l'amour du cher public, formuler des lieux communs qui ou bien ne veulent rien dire, ou bien se contredisent entre eux, ou enfin s'opposent au programme du parti ‑ et avec cela il est tout heureux de s'腎re d暫arrass de l'affaire.

 

Et voil que cette d残laration d'incomp師ence, avec laquelle, au temps de la paix sociale, on renvoyait plus tard le r夙lement d'une question alors purement acad士ique, devrait ‑ aujourd'hui o nous sommes en guerre ouverte, o la question est devenue br柩ante ‑ avoir encore force contraignante pour tout le parti, jusqu' ce qu'elle ait 師 abolie juridiquement par une r市olution nouvelle, rendue aujourd'hui impossible ?

 

En tout cas, ce qui est s柮, c'est : quelle que soit l'impression que l'attaque de Hirsch contre Kayser ait pu produire sur les d姿ut市, ces attaques refl春ent l'impression que l'intervention irresponsable de Kayser a faite sur les social-d士ocrates d'Allemagne aussi bien que de l'師ranger. Et il faudrait tout de m仁e se rendre compte enfin que l'on n'a pas seulement d伺endre la r姿utation du parti l'int屍ieur de ses quatre poteaux fronti俊es, mais encore devant l'Europe et l'Am屍ique.

 

Cela m'am熟e au compte rendu d'activit. Le d暫ut en est bon, la suite habile ‑ si l'on veut ‑ en ce qui concerne le rapport sur les d暫ats relatifs au protectionnisme, la derni俊e partie renferme de tr峻 d市agr斬bles concessions aux philistins allemands. Pourquoi toute cette partie ‑ tout fait inutile ‑ sur la ヌ guerre civile ネ, pourquoi cette r思屍ence devant l'ヌ opinion publique ネ qui, en Allemagne, est toujours celle du buveur de bi俊e petit-bourgeois ? Pourquoi effacer ici enti俊ement le caract俊e de classe du mouvement ? Pourquoi faire cette joie aux anarchistes ? Et, par-dessus le march, toutes ces concessions sont parfaitement inutiles. Le philistin allemand est l'incarnation m仁e de la l営het, il ne respecte que ce qui lui inspire frayeur [122]. Or, il tient pour son semblable celui qui veut se faire passer aupr峻 de lui pour un agneau, et ne le respecte pas plus qu'il ne respecte ses semblables, autrement dit pas du tout. Or donc, maintenant que la temp腎e d'indignation des buveurs de bi俊e philistins ‑ autrement dit de l'opinion publique ‑ s'est calm仔 comme chacun s'accorde le reconna杯re, et que la pression fiscale rend ces gens moroses, quoi bon toute cette campagne la guimauve ? Dommage que vous ne vous rendiez pas compte de son effet l'師ranger ! C'est une excellente chose que l'organe du parti soit r仕ig par des camarades qui sont au milieu de l'action du parti. Cependant, s'ils vivaient seulement six mois l'師ranger, ils verraient d'un tout autre マil toute cette inutile humiliation de soi-m仁e des d姿ut市 du parti devant le philistin. La temp腎e qui submergea les socialistes fran溝is apr峻 la Commune 師ait tout de m仁e autrement grave que les clameurs qui se sont 四ev仔s autour de l'affaire Nobiling [123] en Allemagne. Et avec quelle fiert et quelle assurance les ouvriers fran溝is ont-ils r斬gi ! Vous n'y trouverez pas de telles faiblesses et de telles complaisances avec l'adversaire. Lorsqu'ils ne pouvaient pas s'exprimer librement, ils se taisaient, laissant les philistins hurler tout leur so柩. Ne savaient-ils pas que leur temps reviendrait bient冲 ‑ et aujourd'hui il est l.

 

Ce que vous dites propos de H喞hberg [124], je veux bien le croire. Je n'ai absolument rien contre sa personne et sa vie priv仔. Je crois aussi que c'est seulement la suite de la chasse contre les socialistes qu'il s'est rendu compte de ce qu'il ressentait au fond du cマur. Que cela soit bourgeois, et non prol師arien, c'est ce que j'ai ‑ sans doute vainement ‑ essay de vous d士ontrer. Mais pr市ent qu'il s'est donn un programme, il faudrait vraiment admettre qu'il a la faiblesse d'un philistin allemand pour croire qu'il ne cherchera pas le faire reconna杯re aussi.. H喞hberg avant et H喞hberg apr峻 son article, ce sont deux hommes diff屍ents, du moins pour le parti.

 

Or voil que je trouve dans le n。 5 du Sozial-demokrat une correspondance en provenance ヌ de la Basse-Elbe ネ, dans laquelle Auer prend ma lettre comme pr師exte pour m'accuser ‑ sans toutefois me nommer ‑ de ヌ semer la m伺iance contre les camarades les plus 姿rouv市 ネ, autrement dit de les calomnier (car s'il ne s'agissait pas de calomnies, ce que je dis serait justifi). Non content de cela, il avance des mensonges aussi niais que sots sur des choses qui ne se trouvaient m仁e pas dans ma lettre. ヒ ce qu'il semble, Auer se figure que je veux quelque chose du parti. Or, vous savez bien que ce n'est pas moi, mais au contraire le parti qui r残lame quelque chose de moi. Vous et Liebknecht, vous le savez : tout ce que j'ai demand au parti, c'est de me laisser tranquille, afin que je puisse mener terme mes travaux th姉riques. Vous savez que, depuis les ann仔s 1860, on n'a cess de me solliciter n斬nmoins d'残rire pour les organes du parti, et c'est aussi ce que j'ai fait, en 残rivant toute une s屍ie d'articles et des brochures enti俊es la demande expresse de Liebknecht ‑ par exemple, La Question du logement et l'Anti-D殄riug. Je ne veux pas entrer dans les d師ails de toutes les amabilit市 que j'ai re講es, en 残hange, du parti ‑ par exemple, les agr斬bles d暫ats du congr峻 cause de D殄ring [125]. Vous savez 使alement que, Marx et moi, nous avons de notre propre chef pris en charge la d伺ense du parti contre les adversaires de l'ext屍ieur depuis que le parti existe, et tout ce que nous avons demand en 残hange, c'est que le parti ne devienne pas infid粛e lui-m仁e.

 

Or, lorsque le parti me demande de collaborer son nouvel organe ‑ le Sozial-demokrat ‑, il va de soi qu'il a pour le moins faire en sorte qu'au cours des tractations je ne sois pas diffam comme calomniateur dans ce m仁e organe, et ce par l'un des copropri師aires de ce journal par-dessus le march. Je ne connais pas de code de l'honneur litt屍aire ou d'autre chose avec lequel cela serait compatible ; je crois que m仁e un reptile [126] ne le souffrirait pas. Je me vois donc oblig de vous demander :

 

1. Quelle satisfaction pouvez-vous me donner pour cette basse insulte que je n'ai en rien provoqu仔 ?

 

2. Quelle garantie pouvez-vous m'offrir pour que cela ne se r姿春e pas ?

 

Au reste, je veux simplement faire remarquer encore propos des insinuations d'Auer que nous ne sous-estimons ici ni les difficult市 avec lesquelles le parti doit lutter en Allemagne, ni l'importance des succ峻 remport市 malgr cela, ni l'attitude parfaitement exemplaire jusqu'ici de la masse du parti. Il va de soi que toute victoire remport仔 en Allemagne nous r史ouit autant qu'une victoire remport仔 dans un autre pays, voire davantage, car le parti allemand ne s'est-il pas d思elopp d峻 le d暫ut en s'appuyant sur nos conceptions th姉riques ? Mais c'est pour cela aussi qu'il nous importe tant que l'attitude pratique du parti allemand, et notamment les manifestations publiques de la direction du parti, demeure en harmonie avec la th姉rie g始屍ale.

 

Certes, notre critique n'est pas agr斬ble pour certains ; mais elle est pr伺屍able tous les compliments faits sans aucun esprit critique ; en effet, le parti ne trouve-t-il pas un avantage ce qu'il y ait l'師ranger quelques hommes qui, en dehors de l'influence des conditions locales et des d師ails embrouill市, puissent confronter de temps autre ce qui se passe et se dit avec les principes th姉riques valables pour tout le mouvement prol師arien moderne, afin de lui retransmettre l'impression que son action suscite l'師ranger ?

 

En ce qui concerne la question du protectionnisme douanier, votre lettre confirme exactement ce que j'avais dit [127]. Si les opinions 師aient partag仔s, comme c'師ait le cas, il fallait pr残is士ent s'abstenir si l'on voulait tenir compte du fait que cette opinion 師ait divis仔. Sinon, on ne tenait compte que de l'opinion d'une fraction. Je ne vois pas pour quelles raisons vous avez pr伺屍 la fraction protectionniste la fraction libre-残hangiste. Vous dites qu'au Parlement on ne peut se cantonner dans une position purement n使ative. Or, en votant tous finalement contre la loi, vous aviez pourtant bien une attitude purement n使ative. Tout ce que je dis, c'est que l'on aurait d savoir l'avance ce qu'il fallait faire. On aurait d agir en accord avec le vote final.

 

Les questions dans lesquelles les d姿ut市 social-d士ocrates peuvent sortir d'une position purement n使ative sont extr仁ement limit仔s. Ce ne sont que des questions dans lesquelles le rapport entre ouvriers et capitalistes est directement en jeu : l使islation de fabrique, journ仔 de travail normale, responsabilit l使ale, paiement des salaires en marchandises, etc. Puis, en tout cas aussi, des am四iorations en sens bourgeois qui repr市entent un progr峻 positif : unit de monnaie et de poids, syst塾e lib屍al, extension des libert市 personnelles, etc. Mais on ne vous ennuiera certainement pas avec cela pour l'instant. Dans toutes les autres questions 残onomiques, telles que protectionnisme, 師atisation des chemins de fer, des assurances, etc., les d姿ut市 social-d士ocrates devront toujours mettre en relief le point de vue d残isif : ne rien voter qui puisse renforcer la puissance du gouvernement vis--vis du peuple. Or, cela sera d'autant plus facile r斬liser que les avis seront r使uli俊ement partag市 dans le parti, de sorte que l'abstention s'impose d'elle-m仁e.

 

Ce que vous me dites de Kayser rend cette affaire encore plus grave. S'il se d残lare en g始屍al pour le protectionnisme, alors pourquoi donc vote-t-il contre ? Mais s'il a 師udi avec grand z粛e ce sujet, comment peut-il voter en faveur de droits douaniers sur le fer ? Si ces 師udes valent deux sous, elles auraient d lui apprendre qu'il y a deux firmes sid屍urgiques en Allemagne, la Dortmunder Union et la K嗜igs- und Laurah殳te, dont chacune est en mesure de couvrir tous les besoins int屍ieurs ; c冲 d'eux, il existe encore de nombreuses petites firmes. Il est donc clair que le protectionnisme est pure absurdit dans ces conditions. La seule issue, c'est la conqu腎e du march ext屍ieur, autrement dit : libert absolue du commerce ou banqueroute. Les ma杯res de forge ne peuvent souhaiter le protectionnisme que dans la mesure o, group市 en union, en conjuration, ils imposent des prix de monopole au march int屍ieur, afin de jeter sur le march ext屍ieur le reste de leur production des prix de dumping, comme ils le font au reste d史 d l'heure actuelle. C'est dans l'int屍腎 de ce cartel, de cette conjuration de monopolistes, que Kayser a parl, et lorsqu'il a vot pour des droits douaniers sur le fer, il a vot aussi pour Hansemann de la Dortmunder Union et Bleichr單er de la K嗜igs- und Laurah殳te, et ceux-ci rient sous cape en pensant ce stupide social-d士ocrate, qui pr師end en plus avoir 師udi la question avec grand z粛e.

 

Vous devez absolument vous procurer le livre de Rudolph Meyer, Politische Gr殤der in Deutschland. Vous ne pouvez vous faire un jugement sur les actuelles conditions de l'Allemagne si vous ne connaissez pas la documentation qui s'y trouve sur les escroqueries, le krach et la corruption politique de ces derni俊es ann仔s. Comment se fait-il que vous n'ayez pas exploit cette v屍itable mine pour notre presse l'姿oque ? Cet ouvrage est naturellement interdit.

 

Voici les passages du compte rendu d'activit auxquels je pense surtout : 1. Celui o vous attribuez tant d'importance la conqu腎e de l'opinion publique ‑ quiconque aurait ce facteur contre lui serait paralys, ce serait une question vitale que de transformer cette haine en SYMPATHIE. Comme s'il y avait un int屍腎 quelconque avoir la sympathie de gens qui viennent de se conduire en l営hes au moment de la ヌ terreur [128] ネ. On n'a vraiment pas besoin d'aller si loin, surtout lorsque la terreur est pass仔 depuis longtemps. 2. Celui o le parti, condamnant la guerre sous toutes ses formes (par cons子uent aussi celle qu'il doit mener lui-m仁e, et qu'il m熟e qu'il le veuille ou non), pr師end avoir pour objectif la fraternit universelle des hommes (ce qu'affirment en paroles tous les partis, mais ne pratiquent jamais dans la r斬lit imm仕iate, puisque nous-m仁es nous ne voulons pas de fraternisation avec les bourgeois tant qu'ils veulent rester des bourgeois), et ne veut pas la guerre civile (donc pas m仁e le cas o la guerre civile est le seul moyen d'atteindre cet objectif !).

 

Cette phrase peut 使alement 腎re interpr師仔 comme si le parti condamnait toute effusion de sang quelle qu'elle soit, de sorte qu'il rejette toute prise de sang, toute amputation d'un membre gangreneux ou toute vivisection scientifique. Mais qu'est-ce donc que de pareils discours ! Je ne demande pas que vous parliez ヌ scientifiquement ネ, je ne reproche pas non plus votre compte rendu d'腎re trop peu parlant ‑ au contraire : il dit trop de choses qu'il e柎 mieux valu laisser de c冲. La partie qui suit est bien meilleure...

 

La venue des petits-bourgeois et des paysans est certes le signe d'un progr峻 gigantesque du mouvement, mais aussi un danger pour lui, d峻 lors que l'on oublie que ces gens sont oblig市 de venir, et ne viennent que parce qu'ils sont oblig市. Leur venue est la preuve que le prol師ariat est en r斬lit devenu la classe dirigeante. Mais comme ils viennent avec des conceptions et des revendications petites-bourgeoises et paysannes, il ne faut pas oublier que le prol師ariat galvauderait son r冤e historique dirigeant s'il faisait des concessions ces id仔s et ces revendications.

 

 

Dans le n。 10 du Sozial-demokrat se trouve une ヌ R師rospective historique de la presse ネ, dont l'auteur est indubitablement l'une de nos trois 師oiles [129]. On y lit : ce ne peut 腎re qu'un honneur pour les social-d士ocrates d'腎re compar市 de fins litt屍ateurs tels que Gutzkow et Laube, c'est--dire des gens qui, bien avant 1848, ont enterr le dernier reste de leur caract俊e politique, s'ils n'en ont jamais eu un. En outre : ヌ Les 思始ements de 1848 devaient arriver ou bien avec toutes les b始仕ictions de la paix, si les gouvernements avaient tenu compte des revendications formul仔s par la g始屍ation d'alors, ou bien ‑ 師ant donn qu'ils ne le firent pas ‑ il ne restait, HキAS, aucune autre issue que la r思olution violente. ネ

 

Il n'y a pas de place pour nous dans un journal o il est possible de regretter litt屍alement la r思olution de 1848, qui en fait ouvrit la voie la social-d士ocratie. Il ressort clairement de cet article et de la lettre de H喞hberg que la triade 四竣e la pr師ention de mettre leurs conceptions socialistes petites-bourgeoises, clairement formul仔s pour la premi俊e fois dans les Annales, sur un pied d'使alit avec la th姉rie prol師arienne dans le Sozial-demokrat qu'ils dirigent. Et je ne vois pas comment, vous autres de Leipzig, vous pouvez l'emp芯her sans une rupture formelle, maintenant que les choses sont ce point engag仔s sur cette pente. Vous reconnaissez, avant comme apr峻, ces gens comme vos camarades de parti. Nous ne le pouvons pas. L'article des Annales nous s姿are de mani俊e tranch仔 et absolue de ces gens-l. Nous ne pouvons m仁e pas n使ocier avec eux, tant qu'ils pr師endent appartenir au m仁e parti que nous. Les points dont il s'agit ici sont des points sur lesquels il n'y a plus discuter dans un parti prol師arien. Les mettre en discussion au sein du parti signifie remettre en question tout le socialisme prol師arien.

 

En fait, il vaut mieux aussi que nous ne collaborions pas dans ces circonstances. Nous ne cesserions d'四ever des protestations et serions oblig市, d'ici quelques semaines, de d残larer publiquement notre d姿art.

 

Cela nous fait beaucoup de peine que nous ne puissions 腎re vos c冲市 de mani俊e inconditionnelle l'heure de la r姿ression. Aussi longtemps que le parti est rest fid粛e son caract俊e prol師arien, nous avons laiss de c冲 toutes les autres consid屍ations. Mais il n'en est plus de m仁e pr市ent que les 四士ents petits-bourgeois que l'on a accueillis affirment clairement leurs positions [130]. D峻 lors qu'on leur permet d'introduire en contrebande dans l'organe du parti allemand leurs id仔s petites-bourgeoises, on nous barre tout simplement l'acc峻 cet organe [131].


 

 

Formation du parti
de type moderne

 

 

Retour la table des mati俊es

 

Je te renvoie ci-inclus la lettre de H喞hberg. Il n'y a rien tirer de cet homme. ヒ l'en croire, c'est par vanit que nous n'avons pas voulu travailler en compagnie des gens de la Zukunft dont le tiers nous 師ait totalement inconnu et un autre bon tiers 師ait de fieff市 socialistes petits-bourgeois. Et il appelait cela une revue ヌ scientifique ネ ! Et, par-dessus le march, H喞hberg s'imagine qu'elle a fait ヌ マuvre de clarification ネ. En t士oigne son propre esprit si remarquablement clair qu'aujourd'hui encore ‑ en d姿it de tous mes efforts ‑ il n'est pas parvenu saisir la diff屍ence entre socialisme prol師arien et petit-bourgeois. Toutes les divergences sont des ヌ malentendus ネ ses yeux, comme ce fut le cas pour les larmoyants d士ocrates en 1848, moins qu'il s'agisse de conclusions ヌ trop h液ives ネ. Bien s柮, toute conclusion est trop h液ive lorsqu'elle tire un sens d師ermin du bavardage de ces messieurs. Ne disent-ils pas seulement telle chose, mais encore si possible le contraire 使alement ?

 

Au reste, l'histoire poursuit son chemin, sans se pr姉ccuper de ces philistins de la sagesse et de la mod屍ation. En Russie, les choses doivent maintenant 残later d'ici quelques mois. Ou bien c'est l'effondrement de l'absolutisme, et alors c'est un tout autre vent qui soufflera sur l'Europe apr峻 la ruine de la grande r市erve de la r斬ction. Ou bien, au contraire, il y aura une guerre europ仔nne qui enterrera aussi l'actuel parti allemand dans l'in思itable lutte pour l'existence nationale de chaque peuple. Une telle guerre serait le plus grand malheur pour nous, et elle pourrait nous rejeter vingt ans en arri俊e. Mais le nouveau parti qui en surgirait finalement tout de m仁e dans tous les pays europ仔ns serait d暫arrass de toutes les r師icences et mesquineries qui, actuellement, entravent partout le mouvement.

 

Je crains que nos amis en Allemagne ne se trompent sur le mode d'organisation qu'il faut maintenir en place dans les circonstances actuelles [132]. Je n'ai rien redire ce que les membres 四us du Parlement se mettent la t腎e s'il n'y a pas d'autre direction. Mais on ne peut exiger et encore moins r斬liser la stricte discipline que l'ancienne direction 四ue du parti exigeait pour les besoins d師ermin市. C'est d'autant moins possible que, dans les circonstances actuelles, il n'y a plus de presse et de rassemblements de masse. Plus l'organisation sera l営he en apparence, plus elle sera ferme en r斬lit.

 

Mais, au lieu de cela, on veut maintenir le vieux syst塾e : la direction du parti d残ide de mani俊e d伺initive (bien qu'il n'y ait pas de congr峻 pour la corriger ou, si n残essaire, pour la d士ettre), et quiconque attaque quelqu'un de la direction devient un h屍師ique. Dans tout cela, les meilleurs 四士ents savent fort bien qu'il y a en son sein pas mal d'incapables et m仁e des gens douteux. En outre, ils doivent 腎re tout fait born市 pour ne pas s'apercevoir que, dans leur organe, ce ne sont pas eux qui exercent le commandement, mais ‑ gr営e sa bourse ‑ H喞hberg, ainsi que ses comp俊es, les philistins Schramm et Bernstein.

 

ヒ mon avis, le vieux parti avec toute son organisation pr残仕ente est au bout du rouleau.

 

Si le mouvement europ仔n, comme on peut s'y attendre, reprenait bient冲 sa marche, alors la grande masse du prol師ariat allemand y entrera ; ce seront alors les 500 000 hommes de l'an 1878 [133] qui formeront la masse du noyau form et conscient ; mais alors l'ヌ organisation ferme et rigoureuse ネ deviendra une entrave, qui certes pourrait arr腎er une voiture, mais est impuissante contre une avalanche.

 

Et, avec cela, les gens font toutes sortes de choses qui sont tout fait propres faire 残later le parti. Premi俊ement, le parti doit continuer d'entretenir tous les vieux agitateurs et journalistes en leur mettant sur le dos une grande quantit de journaux dans lesquels il n'y a rien d'残rit, sinon ce que l'on peut lire dans n'importe quelle feuille de chou bourgeoise. Et l'on voudrait que les ouvriers tol俊ent cela la longue ! Deuxi塾ement, ils interviennent au Reichstag et la Di春e de Saxe avec tant de mollesse qu'ils font honte eux-m仁es et au parti dans le monde entier, en faisant des propositions ヌ positives ネ aux gouvernements qui savent mieux qu'eux comment il faut r使ler les questions de d師ail, etc. Et c'est ce que les ouvriers, qui ont 師 d残lar市 hors la loi et sont livr市 pieds et poings li市 l'arbitraire de la police, devraient consid屍er comme leur repr市entation v屍itable ! Troisi塾ement, il y a le philistinisme petit-bourgeois du Sozial-demokrat qu'ils approuvent. Dans chacune de leurs lettres, ils nous d残larent que nous ne devons pas croire tous ces rapports qui parlent de scissions ou de divergences 残latant au sein du parti, alors que tous ceux qui arrivent d'Allemagne nous assurent que les camarades ont 師 jet市 dans la plus grande confusion par ce comportement des chefs et ne sont pas du tout d'accord avec eux. C'est tout fait dans la nature de nos ouvriers qui nous donnent une magnifique preuve de leur valeur, car rien ne serait possible autrement. Le mouvement allemand a cette particularit que toutes les erreurs de la direction sont sans cesse corrig仔s par les masses, et cette fois-ci ce sera encore la m仁e chose [134].

 

En Allemagne, apr峻 trois ann仔s de pers残utions inou鋲s, d'une pression continuelle, d'impossibilit absolue de s'organiser publiquement et m仁e tout simplement de s'entendre, nos hommes non seulement sont l avec la m仁e force qu'auparavant, mais sont encore plus forts [135]. Et ils se renforcent pr残is士ent sur un fait essentiel : le centre du mouvement est transf屍 des districts semi-ruraux de Saxe vers les grandes villes industrielles.

 

La masse de nos partisans en Saxe se compose d'artisans tisseurs qui sont vou市 au d残lin par le m師ier vapeur et ne continuent de v使師er qu'en adjoignant leur salaire de famine des occupations domestiques (jardinage, ciselage de jouets, etc.). Ce ne sont donc pas des repr市entants n市 du socialisme r思olutionnaire au m仁e degr que les ouvriers de la grande industrie. Ils n'en sont pas pour autant par nature r斬ctionnaires (comme, par exemple, les derniers tisserands main le sont finalement devenus ici, en constituant le noyau des Ouvriers conservateurs), mais la longue ils sont incertains, et ce en raison de leur atroce situation de mis俊e, qui les rend moins capables de r市ister que les citadins, et de leur dispersion qui permet plus ais士ent de les faire passer sous le joug politique que les habitants des grandes villes. Apr峻 avoir lu les faits rapport市 dans le Sozial-demokrat [136], on peut effectivement 腎re 師onn de l'h屍o不me avec lequel ces pauvres diables ont pu r市ister encore en si grand nombre.

 

Cependant, ils ne forment pas le v屍itable noyau d'un grand mouvement ouvrier l'残helle nationale. Leur mis俊e les rend dans certaines circonstances ‑ comme de 1865 1870 ‑ plus rapidement r残eptifs aux id仔s socialistes que les gens des grandes villes. Quiconque est en train de se noyer s'accroche n'importe quel f師u de paille et ne peut attendre jusqu' ce que le navire quitte la rive pour apporter du secours. Or le navire, c'est la r思olution socialiste, et le f師u de paille, le protectionnisme et le socialisme d'フat. Il est caract屍istique que, dans ces r使ions, il n'y a pratiquement que des conservateurs qui aient une chance de nous battre. Et si, l'姿oque, Kayser a pu faire une telle idiotie lors du d暫at sur le protectionnisme, cela provenait des 四ecteurs, notamment ceux de Kayser, comme Bebel lui-m仁e me l'a 残rit.

 

Maintenant, tout est diff屍ent. Berlin, Hambourg, Breslau, Leipzig, Dresde, Mayence, Offenbach, Barmen, Elberfeld, Solingen, Nuremberg, Francfort-sur-le-Main, Hanau, outre Chemnitz et les districts des Monts des g斬nts, tout cela donne une tout autre base. La classe r思olutionnaire, de par sa situation 残onomique, est devenue le noyau du mouvement. En outre, le mouvement s'師end uniform士ent toute la partie industrielle de l'Allemagne, alors qu'il se limitait auparavant quelques centres strictement localis市 : il s'師end pr市ent seulement l'残helle nationale, et c'est ce qui effraie le plus les bourgeois.

 

 

Les nouvelles sur les incidents propos des ヌ chefs ネ en Allemagne nous ont vivement int屍ess仔s [137]. Je n'ai jamais cach qu' mon avis les masses 師aient bien meilleures en Allemagne que messieurs les chefs, surtout depuis que, gr営e la presse et l'agitation, le parti est devenu une vache lait qui les approvisionne en bon beurre, et m仁e depuis que Bismarck et la bourgeoisie ont subitement tu cette vache. Les mille existences qui ont 師 ruin仔s subitement de ce fait ont le malheur personnel de n'腎re pas lanc仔s dans une situation directement r思olutionnaire, mais d'腎re frapp仔s d'interdit et mises au ban. Autrement, nombre de ceux qui crient mis俊e seraient d史 pass市 dans le camp de Most ou trouveraient que le Sozial-demokrat n'est pas assez violent. La plus grande partie d'entre eux sont rest市 en Allemagne et se sont fix市 dans des localit市 passablement r斬ctionnaires o ils sont mis au ban du point de vue social, mais d姿endent des philistins pour leur subsistance et sont en grande partie gangren市 par le philistinisme lui-m仁e. Il n'est pas 師onnant que, sous la pression du philistinisme, il leur vint l'id仔 folle ‑ en r斬lit tout fait absurde ‑qu'ils pourraient y changer quelque chose en 師ant dociles. Or, l'Allemagne est un pays absolument inf盈e pour ceux qui n'ont pas une grande force de caract俊e [138]. L'師roitesse et la mesquinerie des conditions civiles aussi bien que politiques, l'ambiance des petites villes, et m仁e des grandes, les petites chicanes qui se renouvellent sans cesse dans la lutte avec la police et la bureaucratie, tout cela use et lasse au lieu d'inciter la fronde ‑ et c'est ainsi que, dans la ヌ grande chambre d'enfants [139] ネ, nombreux sont ceux qui deviennent eux aussi pu屍ils. De petites conditions produisent de mesquines conceptions, et il faut d史 beaucoup d'intelligence et d'始ergie celui qui vit en Allemagne pour 腎re capable de voir au-del du cercle tout fait imm仕iat et garder en vue l'encha馬ement g始屍al des 思始ements historiques, sans tomber dans l' ヌ objectivit ネ satisfaite qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez et ne repr市ente que le subjectivisme le plus born qui soit, m仁e si des milliers de tels sujets le partagent.

 

Tout naturel que f柎 donc le surgissement de cette orientation qui cache son manque de compr刺ension et de volont de r市istance par une ヌ objectivit superintelligente ネ, il faut la combattre avec 始ergie. Et c'est l o la masse des ouvriers offre le meilleur point d'appui. En effet, les ouvriers sont peu pr峻 les seuls vivre dans des conditions modernes en Allemagne, toutes leurs petites et grandes mis俊es trouvent leur centre dans la pression du capital. Tandis que tous les autres combats, tant politiques que sociaux, sont mesquins et mis屍ables, et ne tournent qu'autour de fripouilleries, leur combat eux est le seul qui soit de grande envergure, le seul qui soit la hauteur de notre 姿oque, le seul qui ne d士oralise pas les combattants, mais leur injecte sans cesse une 始ergie nouvelle. Plus vous chercherez donc vos correspondants parmi les ouvriers authentiques et non encore devenus des ヌ chefs ネ, plus vous aurez de chance d'opposer un contrepoids l'hypocrisie dominante.

 

Je viens d'残rire Liebknecht cause de ses discours la Di春e [140] ; en r姿onse, il m'a 残rit qu'il s'agissait de ヌ tactique ネ (or, cette tactique, je l'avais pr残is士ent d伺inie comme constituant un obstacle notre collaboration ouverte) et que d市ormais on parlerait autrement au Reichstag. Pour ta part certes tu l'as fait, mais que faut-il penser de cette fa腔n de parler de Liebknecht sur l'ヌ honn腎et du chancelier imp屍ial ネ ! Il peut l'avoir pens ironiquement, mais cela ne se voit pas dans le compte rendu, et comment la presse bourgeoise a exploit cela ! Je n'ai pas r姿ondu sa derni俊e lettre, cela ne servirait rien. Mais Kautsky lui-m仁e nous dit que Liebknecht 残rit partout, par exemple en Autriche, que Marx et moi nous sommes enti俊ement d'accord avec lui et souscrivons sa ヌ tactique ネ, et on le croit. Cela ne peut pas durer 師ernellement comme cela...

 

Je comprends tr峻 bien que les doigts vous d士angent, puisque tout se d思eloppe si avantageusement pour nous en Allemagne et que vous ne pouvez pas y contribuer, ayant les mains li仔s. Mais cela n'est pas nuisible. En Allemagne, on a attribu une importance trop grande la propagande ouverte (Viereck en est un exemple frappant : il 師ait tout fait abattu parce qu'il n'師ait plus possible de faire publiquement de la propagande), mais on s'est trop peu pr姉ccup de la force motrice v屍itable des 思始ements historiques. Ce ne peut 腎re qu'un avantage que nous trouvions une correction dans l'exp屍ience pratique. Les succ峻 que nous n'engrangeons pas maintenant ne sont pas perdus pour autant. Seuls les 思始ements peuvent secouer et r思eiller les masses populaires indiff屍entes et passives, et m仁e s'il est vrai que la conscience de ces masses secou仔s reste encore terriblement confuse dans les circonstances actuelles, le mot r仕empteur n'en 残latera que plus violemment, et l'effet sur l'フat et la bourgeoisie n'en sera que plus drastique lorsque les 600 000 voix tripleront subitement, lorsque, en plus de la Saxe, toutes les grandes villes et les districts industriels nous reviendront, et que les ouvriers agricoles aussi seront plac市 dans une situation o ils commenceront nous comprendre.

 

Il vaut beaucoup mieux que nous arrachions la conqu腎e des masses d'un seul coup plut冲 que progressivement, par la propagande publique qui, dans les circonstances actuelles, se calmerait bient冲 de nouveau.

 

Dans les circonstances pr市entes, les hobereaux, les cur市 et les bourgeois ne peuvent pas nous permettre de leur saper les fondations sous les pieds, et c'est aussi bien qu'ils le fassent eux-m仁es. Le temps reviendra bient冲 o un autre vent soufflera. En attendant, vous avez subir ces 姿reuves dans votre propre chair et subir les infamies du gouvernement et des bourgeois, et ce n'est pas dr冤e. Seulement n'oubliez pas une seule des salet市 que l'on aura faites vous et aux v冲res, le temps de la vengeance viendra et elle devra 腎re consciencieusement ex残ut仔.

 

 

C'est une falsification purement int屍ess仔 des bourgeois de l'残ole de Manchester que de qualifier toute immixtion de l'フat dans la libre concurrence de ヌ socialisme ネ : protection douani俊e, organisation d'associations, monopole du tabac, nationalisation de branches d'industrie, commerce maritime, manufacture royale de porcelaine [141]. C'est ce que nous devons critiquer, mais non croire. Si nous y croyons et fondons l-dessus nos analyses th姉riques, nous partons des m仁es pr士isses que ces bourgeois, savoir la simple affirmation que ce pr師endu socialisme n'est rien d'autre que, d'une part, une r斬ction f姉dale et, d'autre part, un pr師exte pour extorquer de l'argent, en ayant, en outre, l'intention de transformer des prol師aires aussi nombreux que possible en stipendi市 et fonctionnaires d姿endants de l'フat ; autrement dit, d'organiser 使alement une arm仔 de travailleurs aux c冲市 de l'arm仔 disciplin仔 de soldats et de fonctionnaires [142]. Remplacer les inspecteurs de fabrique par des fonctionnaires hi屍archis市 de l'フat et appeler cela socialisme, c'est vraiment tr峻 beau ! Mais c'est quoi on en arrive si l'on croit ce que disent les bourgeois ‑ qui au reste n'y croient pas eux-m仁es, mais ne font que semblant ‑, savoir que フat = socialisme.

 

Par ailleurs, je trouve que la ligne g始屍ale que vous comptez donner votre journal correspond en gros ce que nous pensons ; je me r史ouis aussi de ce que, ces derniers temps, vous ne faites plus un tel abus du mot r思olution. Cela allait tr峻 bien au d暫ut, apr峻 les terribles compromissions de 1880 ; mais il vaut mieux ‑ m仁e vis--vis de Most ‑ se garder d'employer les grandes phrases. On peut exprimer des id仔s r思olutionnaires sans lancer constamment la face du lecteur le mot de ヌ r思olution ネ. Ce pauvre Most est, de toute fa腔n, compl春ement fou, il ne sait plus quoi se rattacher, et voici que le succ峻 remport par Fritzsche et Viereck en Am屍ique lui enl竣e le dernier souffle de vent dans les voiles [143].

 

 

Avant-hier, Singer est venu me rendre visite, et j'ai appris de lui que la bo杯e aux lettres 師ait toujours bonne [144]. Je n'en 師ais pas s柮, 師ant donn que je ne l'ai pas utilis仔 depuis quelque temps. Il avait des h市itations sur un autre point. Il fait partie de ceux qui voient dans l'師atisation une mesure en quelque sorte moiti socialiste ou du moins pr姿arant le socialisme, et qui ont donc un engouement secret pour la protection douani俊e, le monopole du tabac, la nationalisation des chemins de fer, etc. Ce sont l des foutaises qui ont 師 h屍it仔s de l'adversaire par certains des n冲res qui n'ont su mener la lutte contre des th姉ries du libre-残hange des Manchest屍iens que sous un seul angle. Ces foutaises trouvent, en outre, un grand 残ho chez les 四士ents studieux, venus de la bourgeoisie, parce qu'elles leur permettent dans les discussions de r姿ondre plus facilement leurs interlocuteurs bourgeois et ヌ cultiv市 ネ.

 

Vous avez discut r残emment de ce point Berlin, et comme il me l'a dit, son point de vue ne l'a pas emport, heureusement. Nous ne devons pas nous couvrir de honte du point de vue politique et 残onomique, en prenant de tels 使ards. Je me suis efforc de lui faire comprendre : 1. qu' notre avis la protection douani俊e est une mesure tout fait erron仔 pour l'Allemagne (pas pour l'Am屍ique, en revanche) parce que notre industrie s'est d思elopp仔 sous le r使ime du libre-残hange, devenant ainsi capable d'exporter ; or, pour maintenir cette capacit d'exportation il lui faut absolument la concurrence des produits semi-fabriqu市 師rangers sur le march int屍ieur ; son industrie sid屍urgique produit deux fois plus que les besoins int屍ieurs et n'utilise donc la protection douani俊e que contre le march int屍ieur, comme le prouve par ailleurs le fait qu'elle vend vil prix l'ext屍ieur ; 2. que le monopole du tabac est une 師atisation si minime qu'il ne peut m仁e pas nous servir d'illustration dans un d暫at, et qu'en outre je peux m'en ficher compl春ement que Bismarck le r斬lise ou non, 師ant donn que cela ne peut que tourner finalement notre avantage ; 3. que la nationalisation des chemins de fer ne sert que les actionnaires qui vendent leurs actions au-dessus de leur valeur, mais absolument pas nous, parce que nous viendrons rapidement bout des quelques grandes compagnies ferroviaires, d峻 que nous aurons l'フat en main ; que les soci師市 par actions nous ont d史 d士ontr jusqu' quel point les bourgeois en tant que tels sont superflus, puisque toute la gestion est assur仔 par des employ市 salari市, et que les nationalisations n'apportent aucune preuve nouvelle ce sujet [145]. Singer s'est cependant trop fait cette id仔, et n'a 師 d'accord que pour reconna杯re que, du point de vue politique, la seule position correcte 師ait d'avoir une attitude de rejet.

 

 

Les cinq num屍os du Sozial-demokrat parus depuis le d暫ut de l'ann仔 t士oignent d'un important progr峻 [146]. C'en est fini du ton de d市espoir de l' ヌ homme battu ネ et du philistinisme grandiloquent qui le compl春e, de la docilit petite-bourgeoise alternant avec de grandes phrases r思olutionnaires la Most, enfin de l'師ernelle pr姉ccupation du socialisme petit-bourgeois et anarchisant. Le ton est devenu alerte et conscient ; le journal ne cherche plus arrondir les angles, et s'il reste comme il est, il servira tenir le moral de nos gens en Allemagne.

 

フant donn que vous avez La Nouvelle Gazette rh始ane, vous feriez bien de la lire de temps autre. C'est pr残is士ent le d仕ain et les sarcasmes avec lesquels nous traitions nos adversaires qui, dans les six mois pr残仕ant la proclamation de l'師at de si夙e, nous rapport俊ent dans les six mille abonn市, et bien que nous ayons d recommencer en novembre partir de z屍o, nous avions atteint de nouveau ce chiffre et m仁e plus en mai 1849. La Gazette de Cologne vient d'avouer qu'elle-m仁e n'en avait que neuf mille l'姿oque.

 

Comme vous semblez manquer de feuilletons, vous pourriez reproduire, par exemple, le po塾e ヌ Ce matin j'ai fait le voyage pour D殱seldorf ネ du n。 44, ou bien : ヌ Un bouffeur de socialiste de 1848 ネ, de La Nouvelle Gazette rh始ane du 14 juillet 1848, dont l'auteur est Georg Weerth (mort La Havane en 1856). En avant donc !

 

Nous avons 師 tr峻 ennuy市 d'apprendre que vous avez manifest le d市ir de quitter le journal [147]. Nous ne voyons absolument pas de raison pour que vous quittiez ce poste, et nous serions tr峻 heureux si vous reveniez sur votre d残ision. Vous avez r仕ig le journal avec talent d峻 le d暫ut et vous lui avez donn le ton qu'il fallait, tout en d思eloppant l'esprit d'ironie n残essaire. Dans la direction d'un journal, ce qui importe ce n'est pas tant l'屍udition que la rapidit avec laquelle on saisit sur-le-champ la question par le bout qu'il faut, et c'est ce que vous avez presque toujours fait avec bonheur. Cela, Kautsky, par exemple, ne saurait pas le faire, lui qui a toujours des points secondaires consid屍er, ce qui peut 腎re une fort bonne chose pour d'assez longs articles de revue, mais non pour un journal o il faut se d残ider tr峻 vite. Il ne faut pas que, dans un journal de parti, on ne voie plus la for腎 force de regarder les arbres. Certes, c冲 de vous, Kautsky serait tr峻 bien, mais tout seul je crains que ses scrupules de conscience th姉riques ne l'emp芯hent trop souvent d'avancer le point d'attaque d残isif aussi directement qu'il le faut dans le Sozial-demokrat. Je ne vois donc pas qui pourrait vous remplacer en ce moment et tant que Liebknecht sera en prison [148]. De toute fa腔n, il serait absurde qu'il aille Zurich si ce n'est pas absolument n残essaire, car sa pr市ence est plus utile au Reichstag. Vous voyez bien que vous devez rester, que vous le vouliez ou non.

 

Si nous ne sommes pas encore entr市 en sc熟e directement, notamment dans le Sozial-demokrat, ce n'est pas, soyez-en s柮, cause de la mani俊e dont vous en avez dirig jusqu'ici la r仕action. Au contraire. Cela tient pr残is士ent aux faits qui se sont produits au commencement (aussit冲 apr峻 la promulgation de la loi antisocialiste [149] et aux manifestations qui ont eu lieu en Allemagne. Certes, on nous a promis que cela ne se reproduirait plus, que l'on exprimerait sans ambages le caract俊e r思olutionnaire du parti et qu'on saurait le lui conserver. Mais nous voulions le voir. Nous avons si peu la certitude (bien au contraire) de l'esprit r思olutionnaire de plusieurs de ces messieurs que nous serions tr峻 d市ireux que l'on nous communique les comptes rendus st始ographiques de tous les discours tenus par nos d姿ut市. Apr峻 que vous les aurez utilis市, vous pourriez nous les envoyer pour quelques jours, et je me porte garant de ce qu'on vous les renverra rapidement. Cela contribuera d暫layer les derniers obstacles qui subsistent encore entre nous et le parti en Allemagne ‑ non pas de notre faute. Cela entre nous.

 

 

Parti et r思olution violente

 

 

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L'ensemble des philistins lib屍aux a eu un tel respect de nous ( la suite de l'attitude exemplaire des social-d士ocrates durant la p屍iode au cours de laquelle leurs activit市 socialistes 師aient interdites, donc ill使ales et clandestines, en raison de la loi antisocialiste) qu'ils se mettent crier d'une seule voix, : oui, si les social-d士ocrates veulent se placer sur le terrain l使al et abjurer la r思olution, alors nous serons pour l'abolition imm仕iate de la loi antisocialiste [150]. Il ne fait donc aucun doute que l'on vous fera cette proposition au Reichstag. La r姿onse que vous ferez est tr峻 importante ‑ non pas tant pour l'Allemagne, o nos braves camarades l'ont d史 donn仔 au cours des 四ections, que pour l'師ranger. Une r姿onse docile an斬ntirait aussit冲 l'effet 始orme produit par les 四ections.

 

La question se pose en ces termes, mon avis :

 

Tout l'師at politique en vigueur actuellement en Europe est le fruit de r思olutions. Partout, le terrain constitutionnel, le droit historique et la l使itimit ont 師 mille fois viol市, voire totalement boulevers市. Toutefois, il est dans la nature de tous les partis, c'est--dire des classes, parvenus au pouvoir d'exiger que l'on reconnaisse d市ormais le droit nouveau, cr試 par la r思olution, voire qu'on le tienne pour sacr. Le droit la r思olution a exist ‑ sinon ceux qui r夙nent actuellement n'auraient plus aucune justification l使ale ‑, mais il ne devrait plus exister dor始avant, les en croire.

 

En Allemagne, l'ordre en vigueur repose sur la r思olution qui a commenc en 1848 et s'acheva en 1866. L'ann仔 1866 connut une r思olution totale. Comme la Prusse n'est devenue une puissance que par les trahisons et guerres contre l'Empire allemand, en s'alliant avec l'師ranger (1740, 1756, 1795), l'Empire prusso-allemand n'a pu s'instaurer que par le renversement violent de la Ligue allemande et la guerre civile. Il ne sert de rien, en l'occurrence, d'affirmer que les autres se seraient rendus coupables de violation des trait市 d'alliance : les autres affirment le contraire. Jamais encore une r思olution n'a manqu du pr師exte de l使alit : cf. la France de 1830, o le roi Charles X aussi bien que la bourgeoisie affirmaient, chacun de leur c冲, avoir la l使alit de son c冲e. Mais suffit, la Prusse provoqua la guerre civile, et donc la r思olution. Apr峻 la victoire, elle renversa trois tr冢es ヌ de droit divin ネ et annexa des territoires, parmi lesquels celui de l'ex-ville libre de Francfort. Si cela n'est pas r思olutionnaire, je me demande ce que ce mot signifie. Non contente de cela, elle confisqua la propri師 priv仔 des princes qu'elle venait ainsi de chasser. Elle reconnut elle-m仁e que cela n'師ait pas l使al, mais bien r思olutionnaire, en faisant approuver cet acte apr峻 coup par une assembl仔 ‑ le Reichstag ‑ qui n'avait pas plus le droit de disposer de ce fonds que le gouvernement.

 

L'Empire prusso-allemand, en tant qu'ach竣ement de la Ligue de l'Allemagne du Nord cr試e par la force en 1866, est un produit parfaitement r思olutionnaire. Je ne m'en plains pas. Ce que je reproche ceux qui l'ont fait, c'est de n'avoir 師 que de pi春res r思olutionnaires, de ne pas avoir 師 encore plus loin, en annexant directement l'Allemagne enti俊e la Prusse. Or, quiconque op俊e avec le fer et le sang, renverse des tr冢es, avale des フats entiers et confisque des biens priv市, ne doit pas condamner d'autres hommes parce que r思olutionnaires. Si le parti a le simple droit d'腎re ni plus ni moins r思olutionnaire que le gouvernement de l'Empire, il dispose de tout ce dont il a besoin.

 

R残emment, on affirmait officieusement : la constitution de l'Empire n'est pas une convention entre les princes et le peuple. Ce n'師ait qu'un accord entre les princes et les villes libres qui pouvait tout instant 腎re r思oqu et remplac par un autre. Les organes gouvernementaux qui enseignaient cette th姉rie demandaient en cons子uence le droit, pour les gouvernements, de renverser la constitution imp屍iale. On n'a fait aucune loi d'exception, ni entrepris aucune poursuite contre eux. Bien, nous ne r残lamons pas plus pour nous dans le cas extr仁e que ce que l'on demande ici pour les gouvernements.

 

Le duc de Cumberland est l'h屍itier l使itime incontest du tr冢e de Brunswick. Le roi de Prusse n'a pas d'autre droit de si使er Berlin que le droit que Cumberland revendique au Brunswick. Pour ce qui est du reste, Cumberland ne peut le revendiquer qu'apr峻 qu'il a pris possession de sa couronne juridiquement l使itime. Mais le gouvernement r思olutionnaire de l'Empire allemand l'emp芯he d'en prendre possession par la violence. Nouvel acte r思olutionnaire.

 

Comment cela se passe-t-il pour les partis ?

 

En novembre 1848, le parti conservateur a viol, sans h市itation aucune, la l使islation peine cr試e en mars. De toute fa腔n, il ne reconnut l'ordre constitutionnel que comme 師ant tout fait provisoire, et se f柎 ralli avec enthousiasme tout coup d'フat de la part des forces absolutistes et f姉dales.

 

Le parti lib屍al de toutes nuances a particip la r思olution de 1848 1866, et m仁e aujourd'hui n'admettrait pas qu'on lui d始i液 le droit de s'opposer par la force un renversement violent de la constitution [151].

 

Le centre reconna杯 l'トlise comme puissance supr仁e, au-dessus de l'フat, celle-ci pourrait donc lui faire un devoir d'effectuer une r思olution.

 

Et ce sont l les partis qui nous demandent, nous seuls de tous les partis, que nous proclamions vouloir renoncer dans tous les cas l'emploi de la violence et de nous soumettre n'importe quelle pression et violence, non seulement lorsqu'elle est l使ale dans la forme ‑ l使ale au jugement de nos adversaires ‑, mais m仁e lorsqu'elle est directement ill使ale ?

 

Nul parti n'a jamais reni le droit une r市istance arm仔 dans certaines circonstances, moins de mentir. Nul n'a jamais renonc ce droit extr仁e.

 

Mais s'il s'agit de discuter des circonstances dans lesquelles un parti se r市erve ce droit, alors la partie est gagn仔. On passe alors de cent mille circonstances. Notamment celui d'un parti que l'on proclame priv de droits, et qui par d残ision d'en haut est directement pouss la r思olution. Une telle d残laration de mise hors la loi peut 腎re renouvel仔 d'un jour l'autre, et nous venons tout juste d'en subir une. Il est proprement absurde de demander un tel parti une d残laration aussi inconditionnelle.

 

Pour le reste, ces messieurs peuvent 腎re tranquilles. Dans les conditions militaires actuelles, nous ne d残lencherons pas l'action les premiers, tant qu'il y a encore une puissance militaire contre nous : nous pouvons attendre jusqu' ce que la puissance militaire cesse d'腎re une puissance contre nous. Toute r思olution qui a lieu avant, m仁e si elle triomphait, ne nous hisserait pas au pouvoir, mais les bourgeois, les radicaux, c'est--dire les petits-bourgeois.

 

Au reste, les 四ections ont montr que nous n'avons rien attendre de la conciliation, c'est--dire de concessions faites notre adversaire. Ce n'est qu'en opposant une fi俊e r市istance que nous avons inspir le respect et sommes devenus une puissance. On respecte uniquement la puissance, et tant que nous en serons une, le philistin nous respectera. Quiconque lui fait des concessions se fait m姿riser par lui, et n'est d史 plus une puissance. On peut faire sentir une main de fer dans un gant de velours, mais il faut la faire sentir. Le prol師ariat allemand est devenu un puissant parti, que ses repr市entants s'en montrent dignes !

 

 

Parti de masse

 

 

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Pour la premi俊e fois dans l'histoire, un parti ouvrier, solidement soud, appara杯 (en Allemagne) comme une v屍itable puissance politique [152]. Il est n et a grandi sous les pers残utions les plus dures, a conquis de haute lutte une position apr峻 l'autre, s'est lib屍 de tout philistinisme dans le pays le plus philistin d'Europe, comme il s'y est lib屍 de tout chauvinisme dans le pays le plus assoiff de victoires. C'est une puissance dont l'existence et le gonflement sont aussi incompr刺ensibles et myst屍ieux aux gouvernements et aux vieilles classes dominantes que la mont仔 du flot chr師ien l'師ait aux puissances de la Rome d残adente. Il grandit et d思eloppe ses forces aussi s柮ement et irr市istiblement que jadis le christianisme, si bien que l'子uation de son taux de croissance ‑ donc le moment de sa victoire finale ‑ peut d'ores et d史 腎re calcul仔 math士atiquement. Au lieu de l'師ouffer, la loi antisocialiste l'a pouss en avant ; il n'a daign r姿ondre que d'un revers de main la r伺orme sociale de Bismarck [153], et le dernier moyen gr営e auquel on cherche l'師ouffer momentan士ent ‑ l'inciter un putsch pr士atur ‑ ne ferait que susciter un 残lat de rire inextinguible.

 

Curieusement ce qui nous fait progresser le plus, ce sont pr残is士ent les conditions industriellement arri屍仔s de l'Allemagne [154]. En Angleterre et en France, le passage la grande industrie est en gros achev. Les conditions dans lesquelles se trouve le prol師ariat se sont de nouveau stabilis仔s : les r使ions agricoles sont bien distinctes des r使ions industrielles, l'industrie est s姿ar仔 de l'artisanat domestique, et cette coupure s'est d史 consolid仔 pour autant que l'industrie le permette en g始屍al. M仁e les fluctuations que provoque le cycle d残ennal des crises sont devenues des conditions habituelles de l'existence. Les mouvements politiques ou directement socialistes surgis au cours de la p屍iode de r思olutionnement de l'industrie ‑ manquant de maturit ‑ ont 残hou et ont laiss derri俊e eux le d残ouragement plut冲 que l'exaltation : le d思eloppement capitaliste bourgeois s'est r思四 plus puissant que la contre-pression r思olutionnaire ; pour un nouveau soul竣ement contre la production capitaliste, il faut une nouvelle impulsion plus puissante encore, par exemple que l'Angleterre soit d残hue de la domination qu'elle exer溝it jusqu'ici sur le march mondial, ou qu'une occasion r思olutionnaire particuli俊ement favorable se manifeste en France.

 

En Allemagne, par contre, la grande industrie ne date que de 1848 et c'est le legs le plus important de cette ann仔-l. La r思olution industrielle se poursuit toujours, et dans les conditions les plus d伺avorables. Le petit artisanat domestique appuy sur la petite propri師 fonci俊e, libre ou afferm仔, continue de lutter sans cesse contre les machines et la vapeur ; le petit paysan ruin se lance dans l'artisanat domestique et s'y accroche comme une bou仔 de sauvetage ; ce pays peine industrialis est de nouveau opprim par la vapeur et la machine. Le m師ier rural d'appoint, la pomme de terre cultiv仔 par l'ouvrier deviennent le moyen le plus puissant pour d姿rimer les salaires au profit du capitaliste, qui est en mesure actuellement de faire cadeau de toute la plus-value normale au client 師ranger, afin de demeurer concurrentiel sur le march mondial, bref tire tout son profit des d仕uctions sur le salaire normal [155]. En outre, la r思olution directe de toutes les conditions de vie dans les centres industriels se produit, du fait de la grande industrie en essor puissant. Ainsi, toute l'Allemagne ‑ l'exception peut-腎re du Nord-Est aux mains des hobereaux ‑ est entra馬仔 dans la r思olution sociale. Le petit paysan est attir dans l'industrie, les r使ions patriarcales sont projet仔s dans le mouvement : la r思olution se fait donc de mani俊e plus radicale qu'en Angleterre et en France. Cette r思olution sociale qui se ram熟e en fin de compte l'expropriation des petits paysans et artisans se r斬lise cependant au moment pr残is o il 師ait donn un Allemand ‑ Marx ‑ de th姉riser les r市ultats de l'histoire du d思eloppement 残onomique et politique de l'Angleterre et de la France, et d'四ucider toute la nature ‑ donc aussi le destin historique final ‑ de la production capitaliste. Gr営e cela, il put donner au prol師ariat allemand un programme tel que les prol師aires anglais et fran溝is, leurs pr仕残esseurs, n'en poss仕俊ent jamais. R思olutionnement plus radical, d'une part, plus grande clart dans les esprits, d'autre part ‑ tel est le secret du progr峻 ininterrompu du mouvement ouvrier allemand.

 

Nous sommes maintenant un ヌ grand parti ネ, mais cela s'est r斬lis la suite de durs efforts et de grands sacrifices [156]. Noblesse oblige [157]. Nous ne pouvons cependant attirer nous la masse de la nation, sans que ces masses leur tour se d思eloppent. Francfort, Munich et Koenigsberg ne peuvent pas 腎re subitement aussi nettement prol師ariennes que la Saxe, Berlin et les districts industriels du Berg. Les 四士ents petits-bourgeois parmi les chefs trouveront momentan士ent, 壕 et l, parmi les masses, une base d'appui qui leur faisait d伺aut jusqu'ici. Ce qui a 師 jusqu'ici une tendance r斬ctionnaire chez quelques-uns peut se reproduire maintenant comme un moment n残essaire de d思eloppement ‑ localement ‑ chez les masses. Cela rendrait n残essaire une autre tactique, en vue de mener les masses en avant sans pour autant laisser les chefs prendre le dessus. Il s'agit de voir l aussi ce qu'il convient de faire le moment donn...

 

Quel que soit le sort prochain de la loi antisocialiste, le journal et l'imprimerie doivent demeurer Zurich, mon avis. On ne nous rendra plus la libert d'expression, m仁e telle qu'elle existait avant 1878 [158]. En revanche, on donnera toute libert de s'exprimer aux Geiser et Viereck [159] qui auront alors toujours l'excuse d'aller aussi loin qu'il leur est possible. Cependant, pour nous, il n'y aura l'indispensable libert de presse qu' l'師ranger.

 

En outre, il est possible aussi que nous assistions des tentatives de limiter le suffrage universel. Or, la l営het rend b腎e, et le philistin est capable de tout. On commencera par nous faire des compliments droite et gauche, et ils ne tomberont pas toujours sur un terrain empierr. Notamment, l'ami Singer pourrait avoir envie de prouver tout le monde que, malgr ‑ ou en raison de ‑ son gros ventre, il n'est pas cannibale.

 

 

Fin du texte

 



[1]    Manifeste du parti communiste, chap. ヌ Bourgeois et prol師aires ネ.

[2]    Il est possible, par exemple, d'adopter la r夙le recommand仔 par le Conseil g始屍al pour la composition des sections am屍icaines en 1872, savoir qu'elles comprennent deux tiers d'ouvriers salari市.

[3]    Engels Lafargue, 19 janvier 1872.

[4]    La gauche communiste italienne a pos le probl塾e des fractions exactement en ces termes dans la IIIe Internationale elle-m仁e. Cf. Fil du temps, no 8, octobre 1971, ヌ Sur le parti communiste. Th峻es, discours et r市olutions de la gauche communiste d'Italie. 1re partie (1917-1925) ネ, par exemple dans l'article sur ヌ Le P屍il opportuniste de l'Internationale ネ de 1927, pp. 170-181.

[5]    R市olution pr市ent仔 par Marx-Engels et adopt仔 par le Congr峻 de l'A. 1. T. de La Haye, par 29 voix contre 5 et 8 abstentions.

            Cet article 7 a repr市ente la synth峻e de l'exp屍ience pratique de la Ire Internationale apr峻 la Commune de Paris et c'est autour de cette question que tournera toute la lutte du Conseil g始屍al de Marx-Engels au sein de l'Internationale jusqu' la scission de La Haye et au triomphe de la doctrine marxiste dans la classe ouvri俊e, triomphe confirm par les Internationales successives.

[6]    Ce projet de r市olutions a 師 pr姿ar par Marx et adopt par le Conseil g始屍al dans sa s斬nce du sous-comit du 9 septembre 1871. Il s'agit en fait du sch士a des th塾es soumettre la discussion de la Conf屍ence de Londres de l'A. I. T.

            On peut se rendre compte de la contribution de Marx-Engels cette conf屍ence d残isive pour le sort de l'Internationale en comparant ce projet de Marx avec les r市olutions finalement adopt仔s par la conf屍ence. Afin, de compl師er ce tableau, nous avons ajoute en note de chaque r市olution adopt仔 les interventions correspondantes de Marx la conf屍ence, en nous basant sur le compte rendu de s斬nce publi dans La Ire Internationale, recueil de documents, t. II, pp. 149-239.

            Nous avons adopt la m仁e m師hode, partir des m仁es documents, pour le Congr峻 de La Haye.

            Des additions furent faites ult屍ieurement ce projet de r市olutions, notamment en ce qui concerne la cr斬tion de sections f士inines et la statistique g始屍ale de la classe ouvri俊e. Apr峻 le compte rendu d'Engels, il fut approuv par le Conseil g始屍al, le 12 septembre.

            La Conf屍ence de Londres marque une 師ape importante dans la lutte de Marx-Engels pour un parti prol師arien, dont elle d伺init les t営hes dユorganisation.

            Conform士ent aux d残isions du Congr峻 de B瑛e, le congr峻 de 1870 aurait d avoir lieu Paris. En raison des pers残utions polici俊es, il fut d残id de le transf屍er Mayence, mais la guerre emp芯ha de r斬liser ce projet. Il fut encore impossible de tenir un congr峻 l'ann仔 suivante, notamment en raison de la chasse aux Communards et aux Internationalistes apr峻 la d伺aite de la Commune. C'est pourquoi la plupart des f仕屍ations se prononc俊ent pour un nouveau report et charg俊ent le Conseil g始屍al de faire au mieux. Mais la lutte contre le bakouninisme et les sectaires qui commen溝ient s'agiter, ainsi que d'autres t営hes pressantes exig俊ent la tenue rapide d'une conf屍ence, d'autant plus n残essaire qu'il fallait prendre des d残isions collectives pour resserrer les liens id姉logiques et organisationnels de l'Internationale. D峻 le 2 ao柎 1870, l'initiative de Marx-Engels, le Conseil g始屍al s'師ait pr姉ccup de la tenue d'une conf屍ence. En fait, elle ne pouvait r仔llement avoir lieu qu' partir de l'師 1871. Le Conseil g始屍al consacra de nombreuses s斬nces la pr姿aration de cette conf屍ence.

            Les questions d'organisation et de centralisation 師aient au cマur des d暫ats. En raison de la situation politique, le nombre de d四使u市 la conf屍ence fut relativement restreint : 22 d四使u市 avec voix d四ib屍ative, et 10 avec voix consultative. Les pays qui ne purent envoyer de d四使u furent repr市ent市 par leurs secr師aires : Marx pour l'Allemagne, Engels pour l'Italie. Il y eut en tout neuf s斬nces. Les comptes rendus ne purent 腎re rendus publics.

[7]    Cette phrase, ainsi que la pr残仕ente, a 師 ajout仔 de la main de Marx. Elle se traduira par l'article 16 des r市olutions de la Conf屍ence de Londres pris l'encontre de l'Alliance jurassienne.

[8]    Le paragraphe suivant a 師 ray dans le texte : ヌ Les conseils f仕屍aux des pays o l'Association est normalement organis仔 doivent envoyer r使uli俊ement des rapports sur les cotisations qu'ils touchent dans les diverses localit市 ou r使ions. ネ Il semble que Marx ait jug qu'il se heurterait trop de difficult市 sur ce point tout fait pratique.

[9]    Extrait du protocole de la s斬nce du 17 septembre 1871, op. cit., p. 152.

[10]   Marx fait allusion l'affaire Netcha鋲v, dont le proc峻 s'ouvrit Saint-P師ersbourg, le 1er juillet 1870.

[11]   Au cours de la conf屍ence, Engels remplit les fonctions de r仕acteur et de traducteur. Le Conseil g始屍al fut charg de la r仕action finale des r市olutions, et en confia le soin Marx-Engels.

            Une premi俊e r市olution sur ce point avait 師 pr市ent仔 par De Paepe et Verrycken. Ceux-ci voulaient que chaque nationalit ait un nombre fixe de d四使u市 ‑ trois ‑ repr市ent市 au Conseil g始屍al. Marx lui r姿ondit qu'il est impossible de trouver trois membres de chaque pays dans la pratique. Engels fit remarquer que le Conseil n'est pas seulement administratif, mais politique et socialiste, qu'il faut un public assez large pour discuter des questions et permettre d'agir sur l'四士ent anglais, et que les vrais r思olutionnaires anglais doivent pouvoir y entrer. (La IIIe Internationale fixera le nombre des d四使u市 en fonction de l'importance ou du poids des pays respectifs.)

            Outine avait, en outre, propos que l'on 師ende le terme de probation d'un candidat au Conseil g始屍al trois semaines pour avoir le temps d'effectuer une enqu腎e son sujet, que le Conseil conserve un droit d'expulsion son 使ard. Une autre proposition recommandait au Conseil d'inviter les sections des diff屍ents pays proposer des candidats pour les fonctions de correspondants ou de secr師aires, peu avant le moment des 四ections au Conseil g始屍al. Une derni俊e r市olution approuvait le Conseil qui s'師ait adjoint des membres de la Commune, en hommage celle-ci et comme r姿onse aux pers残utions. Toutes ces propositions furent approuv仔s ensuite au Conseil g始屍al, dans sa s斬nce du 16 octobre 1871.

[12]   Ces paragraphes ont pour but : d'abord, 思iter que les conseils centraux de tous les pays puissent 腎re confondus avec le Conseil g始屍al ; ensuite, les remettre leur place dans la structure centralis仔 de l'Internationale ; enfin, exclure les sectes ou soci師市 s姿aratistes qui utilisent l'Internationale pour leurs buts particuliers. Dans la discussion (s斬nce du 18 septembre), Marx rappela enfin : ヌ Dans les statuts originaux, qu'on ne peut plus changer, il y avait le nom local ou national : on ne d師ruira pas les nationalit市 en 四iminant ces mots, mais il faudra pour cela un grand mouvement historique. ネ (Op. cit., p. 162.)

[13]   Ce paragraphe a fait l'objet des discussions de la s斬nce du 19 septembre de la conf屍ence. Il d士ontre la tr峻 nette 思olution de l'Internationale vers la forme parti, avec les cartes et cotisations individuelles, avec la centralisation correspondante, la lutte contre l'affiliation de soci師市 particularistes, les adh屍ents faisant face la direction et au programme unitaires.

            Marx avait propos ce paragraphe au nom du Conseil g始屍al, et Engels face aux objections de la pratique, a finalement modifi le projet initial dans le sens ci-dessus. Marx lui-m仁e avait admis qu'ヌ il serait peut-腎re difficile d'obtenir une cotisation l'avance ネ.

[14]   Apr峻 avoir pr市ent cette r市olution de la part du Conseil g始屍al, Marx la justifie en ces termes : ヌ Le citoyen Marx ajoute qu'il fait remarquer que la proposition porte ヤsans exclusion des sections mixtesユ ; il croit n残essaire la fondation de sections purement f士inines dans les pays o l'industrie emploie des femmes en grand nombre. Les femmes jouent un tr峻 grand r冤e dans la vie ; elles travaillent dans les usines, elles prennent part aux gr竣es, la Commune, etc. Elles ont plus d'ardeur que les hommes. ネ (Op. cit., pp. 167-168.)

[15]   Lors des d暫ats de la s斬nce du 19 septembre, Marx pr残ise ce propos : ヌ L'article 5 des statuts prescrit une pareille mesure de statistique g始屍ale, mais elle n'a jamais trouv d'application, malgr les efforts et les sollicitations du Conseil g始屍al aupr峻 des conseils f仕屍aux et sections diverses. Le Conseil g始屍al a envoy partout des questionnaires parfaitement combin市 et qui demandaient peu d'embarras pour y r姿ondre, mais ce sont seulement quelques petites soci師市 isol仔s qui en ont tenu compte. La grande majorit a 師 muette. Ces renseignements sont pourtant d'une tr峻 grande importance et de la plus absolue n残essit pour le d思eloppement de l'Association.

            ヌ Il n'a pas 師 仕ict, comme vous l'avez vu, une sanction d師ermin仔 contre ceux qui refuseront la communication de renseignements statistiques, parce que cette r市olution vise surtout les syndicats dont une partie seulement est affili仔 l'Association, mais sur lesquels l'Association a une grande influence et qui ne manquent pas de s'adresser au Conseil g始屍al chaque fois que leurs int屍腎s sont en p屍il.

            ヌ Il cite l'exemple de la gr竣e des Lyonnais : lorsque ces derniers ont sollicit l'appui des syndicats, avant que ceux-ci n'envoient aucun fonds pour les aider dans leur gr竣e, les bureaux des syndicats ont fait demander au Conseil g始屍al des renseignements statistiques sur les salaires, les heures de travail, etc., des Lyonnais. C'est, du reste, une chose de solidarit qu'il faut conna杯re absolument. ネ (Op. cit., p. 169.)

[16]   La discussion relative aux syndicats est reproduite dans MARX-ENGELS, Le Syndicalisme, vol. I, pp. 193 et 195.

[17]   Dans le d暫at, Marx pr残isa qu'il fallait ヌ d'abord discuter sur les moyens de faire fusionner les travailleurs des villes avec ceux des campagnes, et ensuite discuter de la propagande imm仕iate et du moyen de fonder des sections agricoles ネ.

[18]   Nous reproduisons ci-apr峻 les interventions de Marx-Engels ce sujet, lors des s斬nces du 26 et 21 septembre 1871. Extrait de Werke, 17, pp. 421-422.

[19]   Lors de la s斬nce du 22 septembre, Marx fait la distinction essentielle qui suit, apr峻 avoir lu le texte de cette proposition : ヌ Par organisation secr春e, il ne faut pas entendre des soci師市 secr春es au v屍itable sens du terme, celles-ci devant au contraire 腎re combattues. En France et en Italie o existe une situation politique qui fait que le droit d'association est passible de punition, on a une forte tendance se laisser s仕uire par les soci師市 secr春es dont le r市ultat est toujours n使atif. En effet, ce type d'organisation est en contradiction avec le niveau atteint par le mouvement prol師arien, parce que ces soci師市, au lieu de former les ouvriers, les soumettent des lois mystiques et despotiques qui leur interdisent toute ind姿endance et orientent leur conscience dans une fausse direction. ネ (Cf. Werke, 17, pp. 654-655.)

            Les r市olutions IX et X formeront la base des principes de la lutte contre l'anarchisme dans l'Internationale, qui trouve son d始ouement au congr峻 suivant de La Haye.

[20]   Deux autres r市olutions avaient 師 adopt仔s lors des d暫ats sur la situation de l'Internationale en France, le 22 septembre :

      1. Le comit f仕屍al belge, le comit f仕屍al romand, le comit f仕屍al espagnol sont autoris市 servir d'interm仕iaires aux sections fran溝ises vis--vis du Conseil g始屍al et recevoir leurs adh市ions.

      2. Le Conseil g始屍al est invit publier une adresse appelant les travailleurs fran溝is lutter ouvertement contre le gouvernement au nom du d思eloppement de notre マuvre 士ancipatrice et s'organiser d'apr峻 nos statuts, malgr toutes les pers残utions et les lois prohibitives. (Soulign par nous. Outine, de la section russe, eut une part pr姿ond屍ante dans cette discussion.)

            Marx soutint fond que la meilleure r姿onse aux pers残utions et la r姿ression 師ait une attitude de combat. Voici son commentaire aux propositions ci-dessus : ヌ Marx demande si le moment n'est pas encore venu de d残larer la guerre ouverte au gouvernement et de braver la loi Dufaure et les pers残utions. Sous Bonaparte, jamais l'Internationale n'a exist ouvertement en France. On a donn mandat aux blanquistes qui 師aient dans nos principes d'organiser des sections, alors que Tolain n'y 師ait plus. Ils continueront dans cette voie. Nous avons re講 du Havre et d'autres lieux des demandes de formation de sections. Comme nous ne connaissons pas ces hommes, nous avons agi avec prudence. Il est difficile la police de s思ir contre les sections locales. ネ

            Marx observe enfin que Serraillier a dit que les propositions 師aient faites en son nom ; en fait, c'est au nom du Conseil g始屍al. Mais il parle en son nom, car il n'est pas bon de conseiller aux ouvriers de s'organiser ouvertement, ou bien d'attendre. Vaillant estime que le moment est opportun.

            Dans sa s斬nce du 16 octobre, le Conseil g始屍al estimait, la demande de Marx et de Frankel, qu'il fallait imprimer l'appel aux ouvriers de France, leur demandant de r市ister aux despotiques empi春ements de leurs droits d'association et d'expression, et les informer comment ils devaient proc仕er pour s'organiser.

            Cependant, le 24 octobre, ヌ le citoyen Serraillier d残lara qu'il 師ait du m仁e avis que Vaillant, savoir qu 'il vaudrait mieux retarder la proclamation aux ouvriers de France, 師ant donn qu'elle pourrait 腎re utilis仔 contre les prisonniers communards ネ (op. cit., p. 220).

[21]   Dans les premi俊es ann仔s de l'Internationale, Marx avait d伺endu au contraire l'id仔 de r志nir en un seul organisme le Conseil central de l'Internationale et le conseil f仕屍al anglais, afin d'impr使ner les dirigeants anglais de l'esprit et des m師hodes d'action r思olutionnaires. Cette t営he 師ant pr市ent r斬lis仔, Marx explique comme suit sa proposition : ヌ Le travail du Conseil est devenu immense. Il est oblig de faire face aux questions g始屍ales et aux questions nationales. Il s'師ait oppos jusqu'ici cette formation, parce qu'il fallait obliger les Anglais venir s'inspirer de l'esprit socialiste international. Au Conseil g始屍al, actuellement, leur 仕ucation est faite. ネ Au reste, Marx estime que ヌ le Conseil aura toujours le pouvoir de dominer la situation ネ.

            ヌ D'apr峻 les statuts, c'est le droit des ,Anglais que de cr仔r une f仕屍ation, mais les principaux repr市entants anglais sont dans le Conseil. Elle ne se fera pas, si nous ne voulons pas. Cependant, ils en sentent le besoin, et depuis la Commune, beaucoup de sections ont 師 constitu仔s, qui d市irent un lien entre elles. Il ne craint pas qu'elles tombent dans les mains des agitateurs qui attaquent lユInternationale.

            ヌ Beaucoup de membres anglais du Conseil g始屍al ont peu d'utilit pratique. Ils seront plus utiles en agissant dans les quartiers respectifs. Le Congr峻 pourrait toujours arr腎er leurs d暫ordements. Les ouvriers ont confiance dans le comit central Ils se sont adress市 lui pour les 四ections. Cette proposition est adopt仔 lユunanimit. ネ (Op. cit., pp. 217-218.)

[22]   Nous reproduisons cet article ci-apr峻.

[23]   Cf. supra, p. 45. [Dans cette 仕ition num屍ique des Classiques des sciences sociales, voir 、 1.3. De lユindiff屍ence en mati俊e politique.]

[24]   Cf. L'トalit, 21 octobre 1871, in Werke, 17, pp. 427-430.

[25]   Marx lui-m仁e fera remarquer que c'est l'insistance de Bakounine et des Jurassiens eux-m仁es que les points 6 et 7 des r市olutions du Congr峻 de B瑛e ont 師 adopt市. ヒ la Conf屍ence de Londres, s斬nce du 21 septembre, il disait lui-m仁e ce propos : ヌ On a fait appel aux sections pour trancher cette question, et demand au Conseil g始屍al de prendre ( propos de la f仕屍ation jurassienne) une sanction fond仔 sur son droit de suspendre ‑ par les statuts. Le Conseil 思ite toujours toute mesure autoritaire quand elle peut 腎re 思it仔, et il r市olut afin d'思iter tout conflit, que la f仕屍ation garderait son titre, et que l'on invite l'Alliance prendre un titre local, ce qu'elle n'a pas fait. ネ

[26]   Cf. Engels, compte rendu, r仕ig par l'auteur lui-m仁e, de son intervention la s斬nce du 21 septembre 1871 la Conf屍ence de Londres de l'A. I. T. Extrait de Werke, 17, pp. 416-417.

[27]   Cf. Marx, notes pour l'intervention la s斬nce du 20 septembre 1871 de la Conf屍ence de Londres de l'A. I. T. Voir Werke, 17, pp. 650-651.

[28]   Cf. Marx, compte rendu de l'intervention la s斬nce du 21 septembre 1871 de la Conf屍ence de Londres de 1'A.I. T. Voir Werke, 17, p. 652.

[29]   Cf. Marx, Almanacco republicano per l'anno 1874. Traduit de l'italien. Ce texte, ainsi que le suivant, est extrait de MARX-ENGELS, Scritti italiani, Edizioni Avanti, 1955, p. 98-104, p. 93-97. Toute une s屍ie d'articles de Marx-Engels furent publi市 par le groupe de socialistes r志nis autour de La Plebe pour contrecarrer l'influence des anarchistes et pour affirmer les positions marxistes sur l'activit politique et lユautorit dans la r思olution et le parti politique.

            Le texte d'Engels plus g始屍al est compl師 par celui de Marx sur l'autorit. Tous deux parlent pour ainsi dire au bon sens, en puisant des exemples dans la vie quotidienne. La d士onstration n'en demeure pas moins, dans les deux cas, historique, utilisant la dialectique pour montrer l'思olution des notions justifi仔s tel moment, d姿ass仔s ensuite, et carr士ent r斬ctionnaires enfin.

[30]   Marx aborde maintenant le probl塾e sous l'angle de son 思olution historique, en comparant les diverses questions non seulement dans leur ordre chronologique successif, mais encore logique, avec la position des classes opprim仔s dans une forme sociale ant屍ieure. En utilisant cette m師hode, il r姿ond d'avance nos syndicalistes r思olutionnaires modernes qui rejettent l'action politique proprement dite, et n'admettent que l'action 残onomique ヌ r思olutionnaire ネ, c'est--dire l'action politique subversive dans la sph俊e 残onomique.

[31]   En renversant la position, c'est--dire en rejetant la politique dans son domaine sp残ifique, pour n'admettre qu'une action 残onomique ヌ r思olution­naire ネ, les modernes syndicalistes r思olutionnaires ou partisans d'une pure action de conseils ouvriers sont tout aussi 四oign市 de la position marxiste que Proudhon qui rejetait les gr竣es et syndicats, mais pr冢ait l'action politique.

[32]   Cf. P.-J. Proudhon, De la capacit politique des classes ouvri俊es, Paris, 1868, p 327. (Note de Marx.)

[33]   Op. cit., p. 333. (Note de Marx.)

[34]   Op. cit., p. 337-338. (Note de Marx.)

[35]   Op. cit., p. 334.

[36]   Cf. Engels, in Almanacco republicano, d残embre 1873. Engels avait envoy cet article Bignami d峻 novembre 1872, mais celui-ci ayant 師 arr腎, l'article fut sans doute confisqu, et Engels dut r試crire son article.

[37]   En distinguant entre l'autorit d'une volont qui impose une d残ision une autre, ce qui est in思itable d峻 lors que l'on vit en soci師 et que l'on collabore une m仁e マuvre, et l'autorit qui entra馬e subordination et assujettissement, c'est--dire structure sociale (politique) de contrainte, Engels distingue entre les soci師市 de l'exploitation de l'homme par l'homme et celles o cette exploitation a cess.

[38]   Dans les Fondements de la critique de l'残onomie politique, t. I, pp. 93-102, Marx d士ontre que l'individu perd de plus en plus son autonomie et son ind姿endance, tandis que les liens sociaux et l'organisation 残onomique et sociale s'imbriquent et s'int夙rent mesure que les forces productives et l'humanit s'accroissent et se multiplient. Il explique, en outre, que les rapports sociaux 師ant ali始市 et ext屍ieurs l'homme, c'est--dire r司fi市, face la masse humaine vid仔 de ses r斬lisations dans la soci師 capitaliste, il peut sembler que les individus forment une entit part : ヌ La d姿endance mutuelle et universelle des individus, alors qu 'ils restent indiff屍ents les uns aux autres ‑ telles est actuellement la caract屍istique de leurs liens sociaux. Ces liens sociaux s'expriment dans la valeur d'残hangeノ ネ (pp. 93-94.)

[39]   Paraphrase de l'inscription appos仔 la porte de l'Enfer de Dante (cf. La Divine Com仕ie : ヌ L'Enfer ネ, chant III, vers 9) : Lasciate ogni speranza, voi ch'entrate !

[40]   Cf. Engels, Der Volksstaat, 10 janvier 1872, Cet article dユEngels r姿ond la Circulaire de toutes les f仕屍ations de l'Association internationale des travailleurs adopt仔 par le Congr峻 de Sonvilier (novembre 1871) de la f仕屍ation jurassienne et dirig仔 contre les r市olutions de la Conf屍ence de Londres (septembre 1871).

[41]   Cf. Marx, Der Volksstaat, 8 mai 1872.

            Le 27 septembre 1871, la section no 12 am屍icaine, sans en informer le conseil central de New York, s'adressa au Conseil g始屍al, afin de lui demander d'腎re reconnue comme la section dirigeante des フats-Unis. En m仁e temps, elle comme 溝 mener une campagne de presse contre les sections de l'Association qui avaient un caract俊e prol師arien.

            Dans sa r市olution du 5 novembre 1871, le Conseil g始屍al confirma les pouvoirs du comit central new-yorkais.

            ヒ la Conf屍ence de Londres de septembre 1871, les d暫ats avaient d史 port sur une menace de scission au sein des sections am屍icaines, et Marx l'expliquait par une opposition existant au sein m仁e de la classe ouvri俊e des フats-Unis, la classe ouvri俊e de vieille souche 師ant privil使i仔 par rapport aux ouvriers nouvellement immigr市

            ヌ Marx prend la parole sur l'Am屍ique et fait l'historique de l'Association en Am屍ique. Il mentionne une adresse envoy仔 par le secr師aire du comit central de New York. Le Conseil g始屍al a une grande influence en Am屍ique. Il y a deux correspondants. On leur a donn des mandats. Il y a dissension entre le comit central et les groupes. Le Conseil a cherch amener une conciliation, sans vouloir rompre avec nos mandataires. Ils ont de l'influence. ヒ La Nouvelle-Orl斬ns, une nouvelle section a reconnu le comit de New-York. San Francisco demande n'腎re en relation directe qu'avec le Conseil g始屍al...

            ヌ Eccarius seconde Marx : en Am屍ique l'四士ent 師ranger est forc de travailler meilleur march que l'四士ent de souche. Les deux sections am屍icaines qui se sont r志nies (no 9 et 12) n'ont pas d'influence sur les travailleurs. Il est impossible de leur donner la direction centrale de l'Am屍ique. ネ (S斬nce du 22-9-1871.)

            Les sections 9 et 12 qui avaient fusionn en juillet 1871 師aient dirig仔s par Victoria Woodhull et Tennessee Claflin qui d伺endaient surtout les droits des femmes et ne recherchaient que des r伺ormes bourgeoises. Le Conseil g始屍al soutint, en revanche, le comit f仕屍al provisoire de New York qui, sous la direction de Sorge, Bolte, etc., s'師ait constitu face au second comit dirig par la section no 2 en d残embre 1871. Il exclut ce dernier en mars 1872, jusqu' d残ision d伺initive du Congr峻. Seul 師ait donc reconnu le comit f仕屍al provisoire de New York qui fut 四u, en gros, par le congr峻 de juillet 1872 de la f仕屍ation nord-am屍icaine.

[42]   Allusion un groupe d'師udiants serbes et bulgares de Zurich, influenc市 par l'anarchisme (cf. s斬nce du Conseil g始屍al, 17-10-1871). Ce groupe s'affilia en juin-juillet 1872 la f仕屍ation jurassienne. Il se d市agr使ea un an plus tard.

[43]   Engels a r仕ig ce rapport fin ao柎 l'instigation du Conseil g始屍al. Apr峻 qu'il eut 師 approuv par le Conseil g始屍al, il fut soumis le 5 septembre la commission sp残iale du Congr峻 de La Haye qui eut examiner l'activit de lユAlliance.

            Engels avait joint ce rapport tous les documents mentionn市 par lui.

[44]   Marx et Engels avaient contribu d始oncer les activit市 des alliancistes, tant au Conseil g始屍al qu'en Espagne m仁e. Engels, en tant que secr師aire correspondant pour l'Espagne, d始on溝 ces agissements dans une circulaire : ヌ ヒ toutes les sections espagnoles de l'Association internationale des travailleurs ネ, publi仔 dans La Emancipacion, n。 62, du 7 ao柎 1872. Dans le num屍o suivant de ce journal, il reconnut, au nom du Conseil g始屍al, la nouvelle f仕屍ation de Madrid, en la f四icitant de ce que ヌ ses fondateurs 師aient ceux-l m仁es qui, les premiers en Espagne, ont eu le courage de se s姿arer de cette soci師 secr春e appel仔 Alliance de la d士ocratie socialiste, de d始oncer ses intrigues et d'y faire obstacle ネ.

[45]   Dans le texte manuscrit, le passage suivant est barr : ヌ Ce qui 師ait au temps o il acquit les premi俊es preuves irr残usables de l'existence de l'organisation secr春e. ネ

[46]   Engels fait allusion aux lettres du Conseil g始屍al de Londres : ヌ ヒ toutes les sections espagnoles de l'Association internationale des travailleurs ネ, publi仔 le 17-8-1872 dans La Emancipacion, et ヌ ヒ la nouvelle f仕屍ation de Madrid ネ, ibid., 24-8-1872.

[47]   Dans le texte manuscrit, le passage suivant est barr : ヌ [...] chercha gagner du temps d abord, pr師endant [ノ] ネ.

[48]   Dans le texte manuscrit, le passage suivant est barr : ヌ Et quelle confiance peut-on accorder une telle affirmation, apr峻 l'exp屍ience faite en 1869 ? Elle ne serait confirm仔 par aucune preuve. Au contraire, les faits montrent plut冲 que l'organisation subsiste toujours. ネ

[49]   Dans le texte manuscrit, le passage suivant est ajout de la main d'Engels en allemand : ヌ Ensuite la lettre de Bakounine, et les statuts, si n残essaire. ネ

[50]   Cf. le protocole de s斬nce du Conseil g始屍al du 11-6-1872, Werke, 18, pp. 684-685.

            Dans la s斬nce du 28 ao柎 1872 du sous-comit du Conseil g始屍al, on rel竣e : ヌ Marx [pour assurer l'unit du Conseil g始屍al] fait la proposition qu'aucun membre du Conseil g始屍al n'ait le droit d'accuser un autre au Congr峻 international des travailleurs, jusqu' la discussion sur l'四ection des membres du [nouveau] Conseil g始屍al. Accept l'unanimit. ネ (Cf. Documents of the First International, V, p. 319.)

            L'acte le plus important du Congr峻 de La Haye fut la ratification de lユarticle 7 a 四abor par Marx-Engels et adopt par la conf屍ence de septembre 1871 tenue Londres. La modification ou plut冲 la pr残ision apport仔 par cet article aux statuts primitifs porte sur la n残essit du parti politique de classe, ainsi que sur la conqu腎e du pouvoir politique.

            Cette question fait la liaison entre la Conf屍ence de Londres et le Congr峻 de La Haye, dont elle domina tous les d暫ats, comme en t士oigne le compte rendu des s斬nces (6 septembre) o s'opposent alliancistes et ヌ marxistes ネ . Ainsi, au nom des premiers, Guillaume y affirmait que les manifestes du Conseil g始屍al ne repr市entaient que ヌ les points de vue particuliers du parti social-d士ocrate allemand, mais non pas ceux d'autres pays ネ, et que ceux qui veulent la conqu腎e du pouvoir politique de l'フat veulent ヌ devenir des bourgeois leur tour ネ ヌ Nous refusons la prise du pouvoir politique de l'フat, nous exigeons, au contraire, la destruction totale de l'フat en tant qu'expression du pouvoir politique. ネ ヒ quoi Longuet, d伺endant le point de vue du Conseil g始屍al, r姿ondit : ヌ La Commune est tomb仔, faute d'organisation, d'organisation politique. Que deviendrait le collectivisme de Guillaume sans une certaine organisation des forces ? Pour la lutte 残onomique, les travailleurs doivent s'organiser en un parti politique, sinon il ne restera plus rien de l'Internationale, et Guillaume, dont le ma杯re est Bakounine, ne peut appartenir l'A. I. T. s'il a de telles conceptions. ネ (Ibid., pp. 360-361.)

[51]   ヒ ce propos, Marx 残rivit (en fran溝is) De Paepe le 29 mai 1872 : ヌ J'ai lu le compte rendu sur le congr峻 belge dans L'Internationale. Comment se fait-il que, parmi les d四使u市, les Flamands font d伺aut ? G始屍alement parlant, d'apr峻 les renseignements re講s ici par les Fran溝is de la part de leurs compatriotes, il ne para杯 pas que l'Internationale ait fait beaucoup de chemin en Belgique depuis les 思始ements de la Commune. Pour ma part, je serais pr腎 accepter (avec des modifications de d師ail) le plan de Hins (sur la suppression du Conseil g始屍al), non parce que je le crois bon, mais parce qu'il vaut toujours mieux faire certaines exp屍iences que se bercer d'illusions.

            ヌ C'est tr峻 caract屍istique de la tactique de l'Alliance : en Espagne, o elle est fortement organis仔, quoiqu'elle ait perdu l'appui du conseil f仕屍al espagnol, elle a attaqu au conseil de Barcelone tout 四士ent d'organisation, conseil f仕屍al, etc., aussi bien que Conseil g始屍al. En Belgique, o il faut compter avec les ヤpr史ugesユ, on a propos la suppression du Conseil g始屍al tout en transf屍ant aux conseils f仕屍aux ses attributions (qu'on combattait Barcelone et en les exag屍ant m仁e).

            ヌ J'attends avec impatience le prochain congr峻. Ce sera le terme de mon esclavage. Apr峻 cela, je redeviendrai homme libre ; je n'accepterai plus de fonction administrative, soit pour le Conseil g始屍al, soit pour le conseil f仕屍al anglais. ネ (Cf. L'Actualit de lユhistoire, n。 25 Paris, 1958, p. 13.)

            Dans sa lettre Liebknecht du 27 ao柎 1872, Engels pr残ise les raisons pour lesquelles il estime qu'il a mieux faire que d'腎re la t腎e de l'Internationale, 師ant donn que le travail th姉rique est prioritaire, ce qui n'est pas une attitude de circonstance, mais bien une position fondamentale du marxisme, pour lequel la th姉rie, les principes ont la primaut sur l'organisation et l'action, lorsque le choix se pose en ces termes. Certes, Marx-Engels resteront encore quelque temps la direction de l'International, afin de la pr市erver des mains adverses et dユorganiser le repli pour sauver tout ce qui peut l'腎re pour la prochaine Internationale : ヌ Les Belges ont pr姿ar une r思ision des statuts. Hins a d姿os un projet tendant l'abolition du Conseil g始屍al. En ce qui me concerne, cela m'irait parfaitement. Dans l'師at de choses actuel, Marx et moi nous n'y retournerons certainement pas. C'est peine s'il nous reste maintenant du temps pour travailler, et cela doit cesser. ネ

[52]   Cf. s斬nce du 3 septembre 1872 du Congr峻 de La Haye (cf. La Ire Internationale, recueil de documents, I. U. E. I., t. II, p. 336 ; et Werke, 18, p. 685).

            Marx d伺endit Maltman Barry, membre de la f仕屍ation britannique, dont les d四使u市 r伺ormistes anglais avaient contest la r使ularit du mandat parce que Barry, disaient-ils, n'師ait pas le chef reconnu des ouvriers anglais. Ce diff屍end refl春e lユopposition entre la direction anglaise des syndicats d'aristocrates ouvriers et les repr市entants ouvriers anglais qui tendaient rendre le mouvement ind姿endant des influences bourgeoises.

            Le Congr峻 de La Haye adopta la d残ision suivante propos des syndicats :

            ヌ III. R市olutions relatives aux rapports internationaux des soci師市 de r市istance

            ヌ Le nouveau Conseil g始屍al est charg de la mission sp残iale de constituer les unions internationales de m師iers. Dans ce but, il doit, dans le courant du mois qui suivra ce congr峻, r仕iger une circulaire qu'il fera traduire et imprimer dans toutes les langues, et qu'il enverra toutes les soci師市 ouvri俊es, affili仔s ou non l'Internationale, dont il aura les adresses. Dans cette circulaire, il invitera chaque soci師 ouvri俊e faire l'union internationale de son m師ier respectif.

            ヌ Chaque soci師 ouvri俊e sera invit仔 fixer elle-m仁e ses conditions pour faire partie de l'union internationale de son m師ier.

            ヌ Le Conseil g始屍al est charg de r志nir les conditions fix仔s par les soci師市 qui auraient accept l'id仔 de l'union internationale, et de r仕iger un projet g始屍al qui sera soumis l'acceptation provisoire de toutes les soci師市 qui voudront faire partie des unions internationales de m師iers. Le prochain congr峻 consacrera le pacte d伺initif des unions internationales. ネ (Ibid., p. 375.)

            Dans sa lettre Paul Lafargue du 21 mars 1872, Marx avait not l'importance du Conseil g始屍al dans le mouvement syndical : ヌ Le seul syndicat v屍itablement international en Europe est celui des cigariers. Mais celui-ci reste tout fait ext屍ieur au mouvement prol師arien et fait appel au Conseil g始屍al uniquement pour ses int屍腎s professionnels. ネ

[53]   Cf. s斬nce du 3 septembre 1872, ibid.

            Marx r姿春e une fois de plus qu'il n'est pas oppos par principe aux organisations secr春es. D'ailleurs, il ressort de toute la conception marxiste du parti que le caract俊e public et l使al du mouvement ne constitue pas une r夙le pr史udicielle l'organisation. En l'occurrence, Marx r姿ond au d四使u belge Brism仔 qui s'opposait la formation de branches particuli俊es d'士igr市 fran溝is, notamment Bruxelles, branches ne faisant pas partie de la f仕屍ation locale. ヒ la Conf屍ence de Londres, cette question avait 師 d史 r使l仔 (cf. les r市olutions X et XI relatives la France et aux pays o l'organisation r使uli俊e de l'Internationale est entrav仔 par les gouvernements).

            Du point de vue des principes, rien ne s'oppose ce que de nos jours, les partis prol師ariens se constituent, d'une part, en formation publique, d autre part, en formation paramilitaire secr春e pour d伺endre le prol師ariat contre les agressions l使ales et ill使ales des organisations adverses, et pour se pr姿arer concr春ement la conqu腎e du pouvoir.

[54]   Cf. s斬nce du 4 septembre 1872, ibid., p. 342.

            Le lecteur se reportera utilement au compte rendu (en allemand et en anglais) des d暫ats du Congr峻 de La Haye : The First International, Minutes of the Hague Congress of 1872 with related documents, Edited and translated by Hans Gerth, The University of Wisconsin Press, Madison, 1958.

            Les 仕itions du Progr峻 de Moscou viennent de publier sur le m仁e congr峻 les proc峻-verbaux de Le Moussu suivis de textes en annexe : Le Congr峻 de La Haye de la Ire Internationale, 2-7 septembre 1872, proc峻-verbaux et documents, 1972.

[55]   Sorge, l'ancien membre de la Ligue des communistes et correspondant de Marx-Engels, intervint ensuite pour pr残iser certains points de la position adopter aux フats-Unis 師ant donn la situation sociale de ce pays : ヌ On a besoin des Irlandais en Am屍ique, mais on ne peut pas les gagner avant d'avoir compl春ement rompu avec la section 2 et les free lovers [partisans de l'amour libre].

            En Am屍ique, la classe ouvri俊e se compose d'abord d'Irlandais, puis d'Allemands, ensuite de n夙res, les Am屍icains ne viennent qu'en quatri塾e lieu : jouez franc jeu, laissez-nous le champ libre pour que nous puissions faire quelque chose de bien de l'Internationale en Am屍ique ! (Ibid., p. 344.)

            ヒ propos de F. A. Sorge, cf. Correspondance Engels-Marx et divers, publi仔 par F. A. Sorge, 仕. Costes, et notamment la pr伺ace de Bracke (A. M. Desrousseaux), vol. I, pp. 5-16.

            Sorge, assurant la direction du Conseil g始屍al apr峻 son transfert New York, resta en correspondance 師roite avec Marx-Engels. On peut se reporter la Correspondance mentionn仔 ci-dessus pour toutes les interventions de Marx-Engels aupr峻 du Conseil g始屍al new-yorkais par le truchement de Sorge et Bolte.

[56]   Cf. s斬nce du 6 septembre 1872, ibid., p. 354.

[57]   Avant lユintervention de Marx, Lafargue avait expliqu : ヌ Dans les pays o l'A.I.T. est interdite, les sections sont souvent form仔 d'espions et d'agents au service de la police. ネ

[58]   Dans sa lettre Lafargue du 21 mars 1872, Marx affirmait ヌ Le z粛e br柩ant des agents provocateurs se manifeste dans la cr斬tion de sections, dont le radicalisme est sans pareil. ネ

            Le Conseil g始屍al s'effor溝it de d士asquer les agents et mouchards, et de les d始oncer publiquement, comme en t士oigne la r市olution suivante :

            Attendu que le Conseil g始屍al poss重e la preuve irr伺utable que Gustave Durand de Paris  ‑ ouvrier orf竣re, ex-d四使u des ouvriers orf竣res au comit de la Chambre f仕屍ale des soci師市 ouvri俊es de Paris, ex-chef de bataillon de la Garde nationale, ex-caissier-chef du minist俊e des Finances sous la Commune, actuellement r伺ugi Londres ‑ s'est mis au service de la police fran溝ise pour moucharder le Conseil g始屍al de l'Association internationale des travailleurs, de m仁e qu'il a servi et sert encore d'indicateur de police contre les anciens Communards r伺ugi市 Londres, et quユil a touch la somme de 725 francs pour ses basses besognes ;

            Gustave Durand est stigmatis comme tra杯re et exclu de l'Association internationale des travailleurs.

            Toutes les sections de l'Association internationale des travailleurs doivent 腎re inform仔s de cette d残ision.

            Londres, le 9 octobre 1871.

                       Au nom du Conseil g始屍al :

                       Karl Marx

                       secr師aire pour l'Allemagne

[59]   Le congr峻 prit les r市olutions suivantes en ce qui concerne les pouvoirs du Conseil g始屍al : ネ Les articles 2 et 6 ont 師 remplac市 par les articles suivants :

            ヌ Art. 2. Le Conseil g始屍al est tenu d'ex残uter les r市olutions des congr峻 et de veiller dans chaque pays la stricte observation des principes, des statuts et r夙lements g始屍aux de l'Internationale.

            Art. 6. Le Conseil g始屍al a 使alement le droit de suspendre des branches sections, conseils ou comit市 f仕屍aux et f仕屍ations de l'Internationale, jusqu'au prochain congr峻.

            ヌ Cependant, vis--vis des sections appartenant une f仕屍ation, il n'exercera ce droit qu'apr峻 avoir consult pr斬lablement le conseil f仕屍al respectif.

            ヌ Dans le cas de dissolution d'un conseil f仕屍al, le Conseil g始屍al devra demander en m仁e temps aux sections de la f仕屍ation d'四ire un nouveau conseil f仕屍al dans les trente jours au plus.

            ヌ Dans le cas de suspension de toute une f仕屍ation, le Conseil g始屍al devra imm仕iatement en aviser toutes les f仕屍ations. Si la majorit des f仕屍ations le demande, le Conseil g始屍al devra convoquer une conf屍ence extraordinaire compos仔 d'un d四使u par nationalit, qui se r志nira un mois apr峻, et qui statuera d伺initivement sur le diff屍end. N斬nmoins, il est bien entendu que les pays o l'Internationale est prohib仔 exerceront les m仁es droits que les f仕屍ations r使uli俊es. ネ (Cf. Ire Internationale, recueil de documents, t. II, p 374.) Suivent, article par article, les votes pour, contre, et les abstentions, ainsi que les noms de ceux qui se sont prononc市 chaque fois, ce qui d始ote la division et la fracture du congr峻.

            Dans le passage suivant, extrait de l'article d'Engels intitul ヌ Les Mandats imp屍atifs au Congr峻 de La Haye ネ, La Emancipacion, 13-10-1872, Engels rel竣e une contradiction du m残anisme d士ocratique celui des votes li市 aux mandats imp屍atifs, qui se r姿and la suite de la trahison des 四ecteurs par leurs d四使u市. Ce m残anisme exprime directement la fraction au sein du parti :

            ヌ Des d姿ut市 ont si souvent trahi la confiance de leurs 四ecteurs ces derniers temps au Parlement que les vieux mandats imp屍atifs du Moyen 虍e, abolis par la r思olution de 1789, reviennent la mode. Nous ne voulons pas engager ici une discussion de principe sur ces mandats. Nous nous contenterons purement et simplement de faire remarquer que si tous les organismes 四ectoraux donnaient leurs d四使u市 des mandats imp屍atifs sur tous les points de l'ordre du jour, l'assembl仔 des d四使u市 et leurs d暫ats deviendraient superflus. Il suffirait d'envoyer les mandats un quelconque bureau central qui soumettrait le tout au d残ompte des voix et proclamerait le r市ultat du vote. Cela reviendrait beaucoup moins cher.

            ヌ Ce qui nous semble important, c'est le processus par lequel les mandats imp屍atifs ont jou un r冤e exceptionnel au Congr峻 de La Haye par les entraves qu'ils ont fait subir m仁e leurs d師enteurs... ネ (Cf. s斬nce du 6-9-1872, ibid., pp. 355-356.)

[60]   Les d暫ats et les r市ultats de cette proposition furent les suivants : ヌ Serraillier demande que la motion d'Engels et de Marx soit divis仔 en trois questions : Premi俊ement : le Conseil doit-il 腎re transf屍 ? Deuxi塾ement : o ? Troisi塾ement : 四ection de ses membres.

            ヌ Vilmot d市ire voir la motion divis仔 seulement en deux parties, mais la motion Serraillier est adopt仔.

            ヌ La premi俊e question ‑ le si夙e du Conseil g始屍al doit-il 腎re transf屍 ? ‑ est tranch仔 par lユaffirmative avec 26 voix contre 23. Le vote sur la question de savoir o transf屍er le Conseil donne 31 voix pour New York, 14 pour Londres, 1 pour Barcelone et 11 abstentions...

            ヌ La proposition initiale d'四ire Kavanagh, Saint-Clair, Cetti, Laurrell, Levi粛e, Bertrand, Bolte et Carl au Conseil g始屍al, avec mission de porter le nombre des membres du Conseil quinze est adopt仔 par 19 voix contre 4 et 19 abstentions. La validit de ce vote est violemment contest仔, parce que cette motion n'a pas r志ni la majorit des votants ; des motions de tous ordres sont d姿os仔s (Dupont et Serraillier demandent l'insertion du nom de Pillon) jusqu' ce que Marx sugg俊e une nouvelle d四ib屍ation sur le dernier vote. La proposition est accept仔. Selon une suggestion de Lafargue, le congr峻 d残ide alors d四ire douze membres du nouveau Conseil g始屍al, qui pourront porter leur nombre quinze, et de suspendre la s斬nce pendant quinze minutes pour passer ensuite au vote...

            ヌ Par le vote qui intervient alors sont 四us au Conseil g始屍al pour l'ann仔 1872-1873, avec les pleins pouvoirs pour porter leur nombre quinze : S. Kavanagh, E. P. Saint-Clair, Fornaccieri Laurrell, Levi粛e, David, Dereure, Carl, Bolte, Bertrand, Ward et Speyer. ネ (Ibid., pp. 357, 361-362.)

[61]   Cf. la s斬nce du 7 septembre 1872, ibid., pp. 366-367.

[62]   Plus tard, Marx apportera une pr残ision int屍essante sur ce point. Au Congr峻 de La Haye, il n'a pas demand l'expulsion de Guillaume et Schwitzguebel. C'est la commission d enqu腎e qui l'a demand仔. ヌ Ce que j'ai demand au congr峻, c'est l'exclusion de l'Alliance et la d市ignation d'une commission d'enqu腎e cet effet. ネ (Volksstaat, 26-10-1872.)

[63]   Nous reproduisons ci-dessus les mandats et instructions pour Marx-Engels relatifs aux charges qu'ils eurent remplir apr峻 le transfert du Conseil g始屍al New York. Cf. Werke, 18, pp. 689-691.

[64]   Cf. Marx Friedrich Bolte, 12 f思rier 1873.

            Ce texte montre la d残omposition de l'Internationale qui ne date pas du Congr峻 de La Haye, mais ‑ comme Marx-Engels le r姿師eront plusieurs reprises ‑ de la d伺aite physique de la Commune. L'acte de dissolution de l'Internationale ne sera donc pas une mesure d四ib屍仔. Ce qui importe bien plut冲 que l'analyse de d残isions formelles, c'est la politique choisie par Marx pour organiser la retraite et sauver d'abord les principes et l'honneur de l'Internationale, afin de resurgir avec lユacquis historique lorsque les conditions mat屍ielles redeviendront favorables.

[65]   Ce serait sans doute forcer la pens仔 de Marx que de conclure qu'en dehors du parti tout individu devient impuissant et est condamn faire et dire des b腎ises. Le parti n'est pas une chose en soi, ni une garantie r思olutionnaire absolue. Lユexp屍ience historique a, h四as, trop souvent montr qu'il 師ait capable de d使始屍er lui aussi.

            Le stalinisme a une conception h使四ienne, absolue, avec son monolithisme du parti. Cette id仔 du parti qui a toujours raison lui a permis d'entra馬er avec lui la masse des militants dans tous ses tournants et reniements.

            Il est curieux, au reste, de constater que la conception monolithique du parti permet aujourd'hui aux soi-disant communistes fran溝is d'envisager de partager le pouvoir avec un soi-disant parti ouvrier socialiste, car cela implique qu'il puisse y avoir plusieurs partis de la classe ouvri俊e, ce qui est une absurdit aux yeux du marxisme, puisque le parti constitue le prol師ariat en classe, parti et classe n'師ant pas au pluriel.

[66]   Le Conseil g始屍al de New York avait pris la r市olution, le 5 janvier 1873, de suspendre la f仕屍ation jurassienne jusqu'au prochain congr峻 g始屍al de l'Internationale.

[67]   ヒ l'initiative de la f仕屍ation jurassienne, les anarchistes et r伺ormistes qui avaient rejet les r市olutions de La Haye r志nirent un congr峻 Gen竣e du 1er au 6 septembre 1873. Le Conseil g始屍al de New York lui appliquera lユavance le conseil de Marx, en d残larant dans sa r市olution du 30 mai 1873 qu'ils ヌ se sont plac市 eux-m仁es en dehors de l'Association internationale des travailleurs et ont cess d'en 腎re membres ネ.

[68]   La juste et ferme politique du prol師ariat contribue ainsi clarifier le jeu des forces politiques, non seulement au sein du prol師ariat, mais encore de la soci師 enti俊e. Elle pr姿are ainsi un alignement net et clair des forces sociales pour l'heure d残isive de l'affrontement, seuls les 四士ents mod屍市 et hybrides tirant leur force de la confusion et des manマuvres obscures.

            En 1885 encore, Engels d伺endra cette conception dans sa lutte contre les 四士ents petits-bourgeois qui s'師aient infiltr市 dans le parti social-d士ocrate allemand : ヌ D峻 que nous aurons les coud仔s franches [apr峻 l'abrogation de la loi contre les socialistes], il y aura sans doute la scission, et c'est alors qu'elle sera utile. Dans un pays comme l'Allemagne o la petite bourgeoisie a plus qu'un droit historique de subsister, la cr斬tion d'une fraction socialiste petite-bourgeoise est in思itable. Elle est m仁e utile sit冲 qu'elle s'est constitu仔 ind姿endamment du parti prol師arien. ネ (Engels Sorge, 3 juin 1885.)

[69]   La coupure qui s'est finalement op屍仔 lors de la dissolution de la Ire Internationale se retrouvera lors de la reconstitution de la IIe Internationale, avec les marxistes, d'une part, les anarchistes et les possibilistes, d'autre part. En d伺endant donc une politique de clart et de d四imitation vis--vis des anarchistes et des r伺ormistes d峻 les batailles au sein de la Ire Internationale, Marx-Engels ont tendu un fil par-del la p屍iode contre-r思olutionnaire entre les deux Internationales, en sauvant non seulement le patrimoine th姉rique du socialisme moderne, mais en fournissant un diagnostic rigoureux sur la gangr熟e opportuniste qui ronge le mouvement ouvrier tout autant que la soci師 moderne tout enti俊e. Le diagnostic de la maladie est donn en m仁e temps que ses rem重es, permettant au v屍itable et seul mouvement de classe d'思iter les formes insidieuses qui, leur d暫ut, peuvent para杯re b始ignes.

[70]   Cf. Marx F. A. Sorge, 27 septembre 1873.

            Le VIe Congr峻 de l'Internationale avait 師 fix Gen竣e et se tint du 8 au 13 septembre 1873. Sur 41 d四使u市 39 師aient suisses, r志nis sous la pr市idence de J. P. Becker. On y lut le bref rapport r仕ig pour le Conseil g始屍al par Engels sur la situation de l'Internationale dans les diff屍ents pays : cf. Werke, 18, p : 694-695. Le congr峻 discuta des statuts, confirma les pouvoirs du Conseil g始屍al et les d残isions du Congr峻 de La Haye sur le transfert du Conseil g始屍al New York, ainsi que la n残essit de l'action politique, et prit des mesures compl士entaires pour la formation dユune union internationale des syndicats. Ce fut, pratiquement, le dernier congr峻 de l'A.I.T.

[71]   Cf. Engels Marx, 21 septembre 1874.

            Tous les 思始ements ‑ et m仁e la mort ‑ qui ob司ssent une n残essit de la nature portent en eux leur consolation, si terribles soient-ils, aimait r姿師er Engels. Et il en est 使alement ainsi du parti, lorsqu'il dispara杯 (pour un temps).

[72]   Cf. Marx Gustav Kwasniewski 29 septembre 1871.

            Cet extrait 思oque l'un des innombrables 姿isodes de la lutte de Marx-Engels contre les limitations nationales de la lutte du prol師ariat. La passivit des directions rejoint dans ses effets la politique anti-ouvri俊e des gouvernements qui se manifeste dans les lois interdisant l'activit normale du prol師ariat.

[73]   Cf. Engels Wilhelm Liebknecht, 12 f思rier 1873.

            La nouvelle p屍iode historique, malgr une apparente rupture et un recul manifeste du mouvement ouvrier, n'en poursuit pas moins, partir des conditions politiques donn仔s, son cours, irr思ersible long terme. La maturation s'op屍era partir des 思始ements qui ont clos toute la p屍iode historique pr残仕ente, avec la formation des nouveaux フats et nations capitalistes en Europe centrale et m屍idionale, la phase de syst士atisation nationale des フats modernes 師ant enfin achev仔 en Europe occidentale. C'est partir de cette base nouvelle, plus vaste que la pr残仕ente, que s'effectuera la remont仔 du mouvement ouvrier international.

            La lettre Liebknecht se situe dans la perspective de la fusion entre eisenach仔ns et lassall仔ns. Comme on le voit, Marx-Engels 師aient fonci俊ement oppos市 aux lassall仔ns, mais bon nombre de dirigeants eisenach仔ns avaient conclu la paix avec eux.

            Le 8 f思rier 1873, Liebknecht avait 残rit Engels : ヌ Mais le Volksstaat ne peut pour le moment se laisser entra馬er vraiment dans une pol士ique internationale... La r暫ellion lassall仔nne est donc termin仔 : tout est de nouveau rentr dans l'ordre. ネ

            De 1872 1873, la question de savoir quelle position adopter vis--vis des lassall仔ns donna lieu de violentes pol士iques au sein du parti eisenach仔n. Au Congr峻 de Mayence (septembre 1872), Geiser avait attaqu violemment la politique anti-lassall仔nne du Volksstaat et exig la cessation imm仕iate de la pol士ique contre le Neuer Sozial-demokrat. Le congr峻 reconnut que l'organisation lassall仔nne 師ait ヌ la seule alli仔 naturelle du parti socialiste ouvrier, et le congr峻 chargea donc le comit de tenter une nouvelle fois de trouver une voie de collaboration principielle avec l'Association g始屍ale des ouvriers allemands ネ. La r仕action du Volksstaat re講t l'ordre ヌ d'arr腎er imm仕iatement toute pol士ique contre l'A. G. O. A. et ses dirigeants ネ.

            Rien ne pouvait 腎re plus oppos la conception de Marx-Engels sur les rapports avec un soi-disant parti ouvrier. Les plus proches de leurs partisans reprirent donc la lutte aussit冲 apr峻 le congr峻, et ce fut le conflit ouvert entre le comit de contr冤e du parti et la r仕action du Volksstaat. Au printemps, les divergences furent si graves entre Hepner et le comit de contr冤e que Marx-Engels jug俊ent opportun d'intervenir leur tour.

[74]   Cf. Engels Auguste Bebel, 20 juin 1873.

            Cette lettre s'inscrit dans la s屍ie des 思始ements qui conduisirent l'unification proprement dite du parti social-d士ocrate allemand ‑ le plus important et, sans doute, le plus d残isif des partis de la IIe Internationale.

            La fusion entre les eisenach仔ns, proches de Marx-Engels, et les lassall仔ns d師ermina dans une tr峻 forte mesure tout le cours ult屍ieur de la social-d士ocratie allemande et, indirectement, tout le mouvement ouvrier. Ce n'est qu'apr峻 la guerre de 1914-1918 que nous aurons de v屍itables partis communistes.

            La distinction 師ablie par Marx entre parti formel et parti historique (celui-ci 師ant repr市ent par Marx-Engels) subsistera donc encore largement, et les diff屍entes pol士iques entre la direction officielle de la social-d士ocratie allemande et Marx-Engels le d士ontrent.

            Depuis 1871, le comit ex残utif du parti d'Eisenach se trouvait Hambourg. Geib et Yorck y disposaient d'une influence croissante, et Yorck fit de tels compromis avec les lassall仔ns que Hepner s'insurgea. Il 残rivit Engels, le 11 avril 1873 : ヌ Yorck est d'un lassall斬nisme si born qu'il hait tout ce qui ne ressemble pas au Neuer Sozial-demokrat... Liebknecht, par ヌ sa tol屍ance bienveillante ネ ‑, qui le plus souvent n'est pas sa place ‑, n'est pas le moins responsable du fait que Yorck 士erge ce point. Or, lorsque j'en parle Liebknecht, il pr師end que je vois des fant冦es que la chose n'est pas si grave. Mais en r斬lit, c'est comme je le dis. ネ

            La menace lassall仔nne dans le parti devait s'aggraver du fait que les meilleurs 四士ents eisenach仔ns 師aient pourchass市 par la police. En raison de son ヌ activit en faveur de l'Internationale ネ et de sa participation au Congr峻 de La Haye, Hepner fut condamn un mois de prison, pers残ut par la police, et dut s'installer Breslau, l'autre bout de l'Allemagne ; Liebknecht fut emprisonn du 5 juin 1872 au 15 avril 1874, et Bebel du 8 juillet 1872 au 14 mai 1874.

            Bebel s'effor溝 de convaincre Marx-Engels que toute l'affaire avait 師 gonfl仔 par des informations erron仔s, afin de les dis­suader d'intervenir : ヌ Il saute aux yeux que Hepner a fortement noirci le tableau de la situation de nos affaires de parti, et notamment l'influence et les intentions de Yorck. Cela ne m'師onne pas de la part de Hepner, qui est, certes, un camarade parfaitement fid粛e et brave, mais facilement obstin... Il vous est impossible distance de juger vraiment de nos conditions, et Hepner manque tant de sens pratique... L'influence de York est insignifiante, il n'est rien moins que dangereux, de m仁e le lassall斬nisme n'est pas du tout r姿andu dans le parti. S'il faut prendre des 使ards, c'est uniquement cause des nombreux ouvriers honn腎es, mais fourvoy市, qui, si l'on agit avec adresse, seront s柮ement de notre c冲... J'esp俊e qu'apr峻 ces diff屍ends vous n'h市iterez pas poursuivre votre collaboration au Volksstaat. Rien ne serait pire que de vous retirer. ネ

            Cette lettre permet de situer l'action de Marx-Engels face la social-d士ocratie allemande. M仁e leurs partisans les plus fid粛es ‑ Bebel, Liebknecht, etc. ‑, sur lesquels ils devaient agir pour exercer une influence sur le parti, n'avaient pas une conception aussi rigoureuse qu'eux, et c'est le moins qu on puisse dire. De plus, il 師ait difficile de leur donner des le腔ns, 師ant donn le niveau id姉logique g始屍al et leur attitude courageuse face aux tracasseries polici俊es. Notons ce propos que la bourgeoisie allemande, avec ses lois, sa police et Bismarck, sut manマuvrer d'une fa腔n particuli俊ement habile. De tous les textes dont nous disposons, il ressort l'思idence que toute la vie de la social-d士ocratie allemande 師ait agit仔 par la lutte de classes : l'arri俊e-plan, on sent toujours la main de l'adversaire bourgeois.

[75]   ヒ cette occasion, Engels avait 使alement envoy une lettre Liebknecht. Mais celle-ci, comme tant d'autres, a 師 使ar仔.

[76]   Toutes les pol士iques de parti ont, h四as, leurs implications personnelles qui ne font que les compliquer l'infini. Engels, on le voit, ne niait pas simplement l'existence de ces difficult市 suppl士entaires de la vie de parti. Au contraire, il s'effor溝it d'aller jusqu'au fond de toutes les choses ; ce faisant, il ne pouvait pas ne pas heurter, tort ou raison, des susceptibilit市. Le parti doit 腎re le plus antipersonnaliste possible.

[77]   Engels fait allusion l'article ヌ Nouvelles de l'Internationale ネ publi le 2 ao柎 1873 dans le Volksstaat.

            C'est donc Engels lui-m仁e qui, face la d伺aillance de la r仕action du Volksstaat et de la direction du parti eisenach仔n, poursuit la pol士ique en Allemagne contre les 四士ents anarchistes de l'Internationale, puisque, pour plaire aux lassall仔ns, les eisenach仔ns avaient interrompu cette lutte.

[78]   Liebknecht avait 残rit le 16 mai 1873 Marx : ヌ Lassalle t'a pill, mal compris et falsifi ‑ c'est toi de le lui d士ontrer : nul autre ne peut le faire aussi bien que toi, et personne ne saurait en prendre ombrage parmi les 四士ents honn腎es du lassall斬nisme (que nous devons m始ager). C'est pourquoi, je t'en prie, 残ris vite les articles en question pour le Volksstaat, et ne te laisse pas arr腎er par d'autres consid屍ations, par exemple le fait que Yorck en soit le r仕acteur. ネ

            De m仁e, Bebel 残rivit Marx, le 19 mai 1873 : ヌ Je partage enti俊ement le souhait de Liebknecht, savoir que vous soumettiez les 残rits de Lassalle une analyse critique. Celle-ci est absolument n残essaire. ネ Le m仁e jour, Bebel 残rivait Engels : ヌ Le culte de Lassalle recevrait un coup mortel si l'ami Marx r斬lisait le souhait de Liebknecht ‑ que je partage enti俊ement ‑et mettait en 思idence les erreurs et les lacunes des th姉ries de Lassalle dans une s屍ie d'articles pr市ent市 objectivement. ネ

[79]   Cf. Engels August Bebel, 18-28 mars 1875.

            Bebel avait 残rit Engels : ヌ Que pensez-vous ‑ vous et Marx ‑ du probl塾e de la fusion ? Je n'ai pas de jugement complet et valable, car je ne suis absolument pas tenu au courant et je ne sais que ce qu'en disent les journaux. J'attends avec un vif int屍腎 de voir et d'entendre comment les choses se pr市enteront lorsque je serai lib屍 le 1er avril. ネ

            La premi俊e constatation qui s'impose propos de cette fusion, c'est qu'elle a 師 voulue et n使oci仔 par les 四士ents les moins proches de Marx-Engels parmi les eisenach仔ns. La question de savoir quelle fraction a n使oci ne peut 腎re que formelle, mais dans la pratique elle a son poids. En effet, si la volont d'unit est manifeste et publique dans la masse des adh屍ents des deux partis et dans la classe ouvri俊e en g始屍al, la mani俊e de la r斬liser d姿end de toutes sortes d'autres facteurs qu'il s'agit de mettre clairement en 思idence.

            Dans les textes qui suivent, Marx-Engels ram熟ent toute la question celle des principes, en analysant le programme de lユune et de l'autre organisation. C'est dire que le probl塾e 師ait grave.

[80]   Le Volksstaat et le Neuer Sozial-demokrat publi俊ent simultan士ent, le 7 mars 1875, un appel tous les social-d士ocrates d'Allemagne, ainsi qu'un projet de programme et des statuts communs 四abor市 lors d'une pr残onf屍ence tenue les 14 et 15 f思rier 1875, entre eisenach仔ns et lassall仔ns.

[81]   Le congr峻 g始屍al des ouvriers social-d士ocrates allemands adopta son programme Eisenach les 7-9 ao柎 1869, lors de la fondation du Parti ouvrier social-d士ocrate. Bebel avec l'appui de W. Liebknecht, de W. Bracke, d'A. Geib avait 四abor le projet de programme, en se fondant sur le pr斬mbule des statuts de l'A. I. T. 残rit par Marx. Malgr certains vestiges du lassall斬nisme et de la d士ocratie vulgaire, le programme d'Eisenach se rattachait aux principes de la Ire Internationale. Le projet de Bebel fut approuv par le congr峻 quelques modifications mineures pr峻.

[82]   Engels ironise ici sur un mot lanc par des lassall仔ns lors d'une pol士ique surgie la suite d'un manifeste de Liebknecht et Bebel en juin 1869 : ヌ Nous verrons qui vaincra de la corruption ou de l'honn腎et. ネ

[83]   Cette tactique frontale s'oppose celle d'alliance employer dans les pays ou la bourgeoisie est encore progressive, c'est--dire l'Europe occidentale avant l'俊e de la syst士atisation nationale bourgeoise en 1871 ou, plus tard, en Asie et dans les autres pays o la bourgeoisie est install仔 au pouvoir, c'est--dire dans les pays disposant d'une 残onomie et de superstructures politiques et juridiques capitalistes.

            Une cons子uence facile d仕uire de cette distinction, c'est, par exemple, quユen Europe, depuis 1871, le parti ne soutient plus aucune guerre d'フat. En Europe, depuis 1919, le parti n'aurait plus d participer aux 四ections en s'appuyant sur des masses ou partis petits-bourgeois. En revanche, en Asie et dans les autres continents de couleur, aujourd'hui encore le parti appuie, dans la lutte, les mouvements r思olutionnaires d士ocratiques et nationaux, et l'alliance du prol師ariat avec d'autres classes, y compris la bourgeoisie elle-m仁e. La tactique n'est donc nullement dogmatique et rigide, mais se base sur les t営hes accomplir dans les grandes aires historiques et g姉graphiques qui s'師endent sur des moiti市 de continents et des moiti市 de si縦les, sans quユaucune direction de parti n'ait le droit de les proclamer chang仔s d'une ann仔 l'autre, du moins tant qu'elles ne sont pas r斬lis仔s. Cf. Dialogue avec les morts, pp. 114-115.

[84]   Le Parti populaire allemand surgit au cours des ann仔s 1863-1866, en opposition la politique d'h使士onie prussienne et au lib屍alisme bourgeois la prussienne. Il s'implanta notamment en Allemagne du Centre et du Sud-Ouest ; il se proposait un フat de type f仕屍atif et d士ocratique s'師endant toute l'Allemagne. Certains 四士ents 師aient ouverts l'id仔 d'une r思olution populaire pour r斬liser leurs buts. Ces 四士ents fond俊ent le Parti populaire saxon, compos essentiellement de travailleurs : sous 1 influence de Liebknecht et de Bebel, il 思olua vers le socialisme et finit par adh屍er en grande partie, en ao柎 1869, au Parti ouvrier social-d士ocrate d'Eisenach.

            Des liaisons continu俊ent de subsister apr峻 1869 notamment avec le groupe de Leopold Sonnemann, le directeur de la Frankfurter Zeitung.

            Engels explique l'思olution social-d士ocrate du parti par les conditions d'immaturit 残onomique et sociale, notamment en Saxe, dans sa lettre du 30 novembre 1881 Bernstein, o il annonce un type de parti nouveau, li au d思eloppement des conditions 残onomiques et sociales du capitalisme pur, cf. infra. Voir 使alement infra la lettre d'Engels Gerson Trier sur les diff屍ences entre partis des pays capitalistes d思elopp市 et non d思elopp市.

[85]   Engels fait allusion aux points suivants du projet de programme :

            1. Suffrage universel, 使al, direct et secret de tous les hommes de 21 ans pour toutes les 四ections dans lユフat et les communes ;

            2. L使islation directe par le peuple, avec droit de rejet et de proposition des lois ;

            3. Obligation militaire g始屍ale. Milice populaire la place de l'arm仔 permanente. Droit de d残ision par la repr市entation du peuple dans toutes les questions de guerre et de paix ;

            4. Abolition de toutes les lois d'exception, notamment dans le domaine de la presse, de l'association et de la r志nion ;

            5. Juridiction par le peuple. Assistance juridique gratuite.

      Le Parti ouvrier social-d士ocrate r残lame ヌ comme base spirituelle et morale ネ de l'フat :

            1. ヅucation universelle et 使ale par l'フat. Obligation scolaire g始屍ale. Enseignement gratuit.

            2. Libert de conscience et libert de la science.

            Il convient de bien d四imiter, l'instar d'Engels, les revendications prol師ariennes, les seules valables dans les pays de plein capitalisme, des revendications d士ocratiques-bourgeoises.

[86]   Cf. Le Capital, I, ヅ. sociales, t. III, p. 58 et s.

[87]   ヒ la page 5 de son Arbeiterlesebuch, Lassalle cite ヌ la loi d'airain qui, en 残onomie, r使it le salaire ネ, d'apr峻 sa brochure Lettre ouverte au comit central pour la convocation du Congr峻 de Leipzig, 1863.

[88]   Dans son ouvrage Der Lassalle'sche Vorschlag ‑ Ein Wort an den 4. Congres, der social-demokratischen Arbeiterpartei (1873), Wilhelm Bracke avait exig que l'on remplace ce point du programme (aide de lユフat aux coop屍atives de production avec garanties d士ocratiques) par ヌ des points ouvertement socialistes correspondant au mouvement de classe ネ, savoir ヌ la n残essit d'une vaste organisation syndicale ネ l'ヌ 四imination de la propri師 priv仔 de ce que lユon appelle aujourd'hui capital ネ et la ヌ communaut internationale du prol師ariat ネ.

[89]   Pour la raison essentielle que cet フat est capable de d姿屍ir, contrairement tous les フats des classes exploiteuses qu'il faut abattre par la force.

[90]   Allusion la Mis俊e de ta philosophie, publi仔 en 1847 (Paris-Bruxelles).

[91]   En mars 1872, A. Bebel et W. Liebknecht avaient 師 condamn市 deux ans de forteresse au cours du proc峻 de Leipzig de haute trahison pour leur appartenance l'Association internationale des travailleurs et leurs convictions politiques. En avril 1872, au cours d'un nouveau proc峻 pour insulte l'Empereur, Bebel fut condamn neuf mois de prison suppl士entaires et il fut d残hu de son mandat parlementaire. Liebknecht fut donc lib屍 le 15 avril 1874, et Bebel le 1er avril 1875.

[92]   Le 25 mars 1875, Bracke avait 残rit Engels : ヌ Le programme sign par Liebknecht et Geib pour le ヤcongr峻 de fusionユ m'oblige vous 残rire cette lettre. Il m'est impossible d'approuver ce programme, et Bebel est du m仁e avis. ネ Bracke en voulait surtout au passage sur l'introduction de coop屍atives de production gr営e l'aide de l'フat, et de conclure : ヌ Comme Bebel semble d残id livrer bataille, le moins que je me sente oblig de faire, c'est de le soutenir de toutes mes forces. Mais je souhaiterais cependant savoir auparavant ce que vous ‑ vous et Marx ‑ pensez de cette affaire. Votre exp屍ience est bien plus m柮e et votre vision des choses bien meilleure que la mienne. ネ

[93]   Cette lettre a 師, semble-t-il, perdue. Hermann Ramm r姿ondit, le 24 mai 1875 : ヌ Votre lettre, tout comme celle de Marx Bracke, a aussit冲 fait la ronde, et vous verrez en lisant les tractations du congr峻 que, pour notre part, nous avons tent de tenir compte de vos intentions ainsi que de celles de Marx ; il nous est plus facile de le faire au congr峻 ‑ dont Liebknecht 残rit en ce moment que tout se passe remarquablement bien ‑qu'il y a deux mois... Il en va autrement en ce qui concerne notre attitude sur le plan tactique. L, il ne fait absolument aucun doute que si nous n'avions pas fait de concessions d残isives, les gens de Hasselmann eussent 師 dans l'impossibilit de faire accepter l'id仔 de fusion leur soci師 ‑ au reste gr営e la scl屍ose des esprits qui est le fruit d'une demi-douzaine d'ann仔s de propagande de ces gaillards. ネ

[94]   Cette lettre semble avoir 師 perdue. Le 21 avril 1875, Liebknecht r姿ondit Engels : ヌ Les lacunes du programme auxquelles tu fais allusion existent indubitablement, et d'embl仔 nous les connaissions fort bien nous-m仁es. Mais elles 師aient in思itables la conf屍ence, si l'on ne voulait pas que les n使ociations en vue de la fusion fussent rompues. Les lassall仔ns avaient juste auparavant tenu une r志nion de leur comit directeur, et sont arriv市 en 師ant li市 par mandat imp屍atif sur les quelques points les plus critiquables. Nous devions leur c仕er d'autant plus qu'il ne faisait pas le moindre doute pour aucun de nous (et m仁e de chez eux) que la fusion signifierait la mort du lassall斬nisme. ネ (Cet argument ‑ d残isif aux yeux de Liebknecht ‑ est manifestement faux, comme le montre d'ailleurs Engels dans la pr市ente lettre, lorsqu'il dit que la fusion referait une virginit aux dirigeants lassall仔ns compromis.)

[95]   . Cf. Marx W. Bracke.

            Les gloses marginales auxquelles Marx fait allusion forment ce que l'on appelle la critique du programme de Gotha (1875). Nous ne les reproduisons pas ici, mais le lecteur les trouvera dans l'une des 仕itions suivantes : MARX-ENGELS, Programmes socialistes, Critique des projets de Goths et d'Erfurt, Programme du parti ouvrier fran溝is (1880), 仕. Spartacus, pp. 15-39 ; Critique des programmes de Gotha et d'Erfurt, ヅ. sociales, pp 17-39 ; Karl Marx, ホuvres. ツonomie I, La Pl司ade, pp 1413-1434.

[96]   Comme on le sait, les critiques de Marx-Engels furent tenues secr春es par les dirigeants de la social-d士ocratie allemande ‑ m仁e par ceux qui n'師aient pas d'accord avec le projet de fusion de la pr残ommission ‑, et ce non seulement pour ne pas ヌ g刃er l'unification ネ, mais pour des raisons de divergences de vue avec le radicalisme de Marx-Engels.

            Le nota bene de Marx d士ontre combien il se m伺iait de voir ses critiques non seulement pass仔s sous silence, mais encore mat屍iellement d師ruites.

[97]   Ce paragraphe a 師 largement exploit par Bernstein et ses adeptes pour d士ontrer qu'aux yeux de Marx un progr峻 imm仕iat 師ait pr伺屍able un principe, bref qu'il faut sacrifier le socialisme (lointain) une conqu腎e imm仕iate. En fait, c'est abuser des mots du texte.

            Cette affirmation implique dans l'accord contre l'ennemi commun : 1. que le programme et les principes ne soient pas l'objet de l'accord, et ne soient donc pas sacrifi市 cause de lui, autrement dit pas de concession des principes l'alli ; 2 que l'alli lutte vraiment contre l'ennemi commun, et ne soit pas d史 pass dans les rangs de l'ennemi (comme ce fut le cas, par exemple de la social-d士ocratie au cours de la guerre imp屍ialiste en 1914 en Allemagne, et plus encore, si l'on peut dire, apr峻 l'assassinat de Rosa Luxemburg et la r姿ression spartakiste faite sous le r夙ne de cette m仁e social-d士ocratie).

[98]   Cf. Engels Wilhelm Bracke, 11 octobre 1875.

            Engels analyse maintenant les premiers effets de la fusion sur l'opinion en g始屍al et dans le domaine des r斬lisations.

[99]   Un programme dont le sort le plus heureux est de rester ignor justifie le jugement de Marx : ヌ Tout pas en avant du mouvement r仔l vaut mieux qu'une douzaine de programmes. ネ

[100]       Dans sa lettre du 7 juillet 1875, Bracke avait inform Engels que la direction de Hambourg ‑ compos仔 en majorit de lassall仔ns ‑ avait d残id de mettre lユindex de la litt屍ature du parti les ouvrages de critique du lassall斬nisme suivants : W. BRACKE, Der Lassalle'sche Vorschlag, 1873 ; Bernhard BECKER, Geschichte der Arbeiter-Agitation Ferdinand Lassalle, 1874, et Enth殕lungen 歟er den tragischen Tod Ferdinand Lassalles (1868). Cette d残ision fut finalement annul仔 apr峻 une protestation 始ergique.

[101]       L'assembl仔 g始屍ale de la coop屍ative d'imprimerie de Berlin 四ut, le 29 ao柎 1875, les lassall仔ns W. Hasselmann, F. W. Fritzsche et H. Rackow au comit directeur, qui agit en tant que comit de contr冤e.

[102]       Le comit se composait de trois lassall仔ns (Hasenclever, Hasselmann, Derossi) et de deux eisenach仔ns (Geib, Auer).

[103]       ヒ l'avance, Engels indique la social-d士ocratie allemande les grandes lignes du combat qu'elle aura mener (d'abord contre l'ennemi au sein de la classe ouvri俊e et m仁e de l'organisation, contre le lassall斬nisme ; puis contre la r姿ression judiciaire et polici俊e, culminant dans la loi antisocialiste de 1879) avant de pouvoir mener lユassaut r思olutionnaire contre le pouvoir politique de la bourgeoisie.

[104]       Cf. Engels Johann Philipp Becker, 15 septembre 1879.

            Un autre 姿isode lourd de cons子uence pour la social-d士ocratie allemande a 師 la promulgation par le gouvernement de Bismark de la loi antisocialiste en octobre 1878.

            Le parti 師ait confront subitement avec le probl塾e de la violence, et devait changer radicalement ses m師hodes d'organisation et d'action. On peut dire qu'il r斬git tr峻 mal, n'師ant pas adapt l'ill使alit. Les premiers temps, il y eut plus que des flottements ; Marx-Engels sauv俊ent litt屍alement le parti ce moment-l. Celui-ci finit cependant par se reprendre, et comme Marx-Engels l'ont souvent dit, il s'av屍a, une fois de plus, que le parti se porte le mieux quand il est interdit.

            De fait, c'est finalement la menace d'un coup de force du gouvernement allemand contre les social-d士ocrates qui s'av屍a plus tard le moyen le plus efficace pour cantonner le parti allemand dans le strict cadre de la l使alit, d'o il finit par glisser dans le r伺ormisme et le r思isionnisme. On le voit, lユadversaire sait tirer, lui aussi, les le腔ns de la lutte des classes.

            Le mouvement ouvrier se trouve d市ormais confront au probl塾e cardinal de la violence, l使ale ou ill使ale.

[105]       August Bebel, Wilhelm Liebknecht et Louis Viereck 師aient rest市 Leipzig, tandis que Carl Hirsch 師ait Paris, Karl H喞hberg, Eduard Bernstein et Carl Schramm 師ant Zurich pour y organiser la presse l'abri des tracasseries polici俊es.

            La promulgation de la loi antisocialiste eut pour effet d'aggraver la lutte directe entre gouvernement et socialistes, par une lutte des fractions au sein du parti social-d士ocrate. Ce n'est qu'en sauvegardant son organisation et son programme r思olutionnaires, face cette double attaque, que le parti put forger les moyens de surmonter finalement la crise.

[106]       Cf. Marx-Engels A. Bebel, W. Liebknecht, W. Bracke, etc., 17-18 septembre 1879.

            Cette lettre adress仔 la direction du parti ouvrier socialiste d'Allemagne est un document de politique interne de parti. Il s'agit indubitablement de la lettre d残isive pour la cr斬tion de l'organe ill使al du parti, le Sozial-demokrat. Il ne s'agissait pas seulement de r姉rienter le parti vers une politique r思olutionnaire, mais encore de d師erminer le juste programme face la loi antisocialiste.

            Dans sa lettre du 20 ao柎 1879, Engels 残rivait Marx que, lors de la visite de Hirsch, il lui avait dit : ヌ Pr残is士ent maintenant o (gr営e l'interdiction faite par Bismarck au parti de poursuivre des activit市 r思olutionnaires) tous les 四士ents pourris ou vaniteux pouvaient sans contrainte occuper l'avant-sc熟e du parti, il 師ait plus que jamais temps de laisser tomber la politique de conciliation et de manque de nettet, et de ne pas craindre, si n残essaire, les disputes et le scandale. Un parti qui aime mieux se laisser mener par le bout du nez par le premier imb残ile venu (Kayser, par exemple), plut冲 que de le d市avouer publiquement, n'a plus qu' tout remballer. ネ

[107]       Dans la suite de la lettre, Marx-Engels entrent dans les d師ails de faits politiques et m仁e personnels qui peuvent sembler parfois fastidieux. En fait, ils surgissent des difficult市 que rencontre le parti, surtout lorsque le programme, cessant d'腎re clair et coh屍ent, laisse place aux initiatives et interpr師ations les plus diverses de groupes ou de personnes. D峻 lors, il suffit d'un rien, qu'un militant ait aval de travers tel ou tel argument, pour qu'il se trouve dans un camp ou dans un autre. Nous tombons alors au niveau et dans les questions de personnes, o tout devient incertain : bonne foi ou mauvaise foi, d思ouement ou ambition, abn使ation ou vanit ‑ bref, toutes choses fonci俊ement relatives, individuelles, qui pour avoir un sens doivent se rattacher quelque chose d'objectif : dans le parti au programme, et dans l'histoire au devenir r思olutionnaire, ce qui est loin d'腎re simple et facile une volont individuelle.

            Dans leurs critiques ou leurs louanges de tel personnage, Bebel, Liebknecht, Kautsky et Bernstein, par exemple, Marx-Engels ne donnent donc jamais de sanction d伺initive dans le cercle du parti, sanction les marquant d伺initivement : ce proc仕 serait en contradiction flagrante avec les rapports entre camarades o les paroles et la rupture ne sont d伺initives qu'apr峻 la scission.

[108]       Engels parle sans fard de l'importance, in思itable dans cette soci師, de l'argent dans les diverses manifestations du parti. Cependant, il ne faut pas chercher lユexplication finale dans l'argent : c'est lorsque quelque chose ne va pas qu'on peut chercher d'o vient l'argent.

            ヒ ce propos, dans sa lettre du 20 ao柎 1879 Marx, Engels 残rit : ヌ Ci-inclus la lettre de Hirsch que je te retourne, ainsi que celle de Liebknecht auquel je viens de r姿ondre. J'ai attir son attention sur ses contradictions : ヤTu 残ris Hirsch que, derri俊e le Sozial-demokrat, il y aurait le parti + H喞hberg ; cela signifie donc que si H喞hberg est un + d'une fa腔n quelconque, c'est qu'il s'agit de sa bourse, puisque par ailleurs c'est une grandeur n使ative. Tu m'残ris maintenant que ce H喞hberg n'a pas donn un sou. Comprenne qui pourra ; pour ma part, je renonceユ. ネ

            Dans leur lettre du 21 octobre 1879 Engels, Fritzsche et Liebknecht pr残is俊ent : ヌ En fait donc : 1. la commission de r仕action se compose de Bebel, Fritzsche, Liebknecht ; 2. les propri師aires sont : Auer, Bebel, Fritzsche, Grillenberger et Liebknecht ; 3 dans la commission administrative, il y a Bernstein. ネ. (cf. Wilhelm LIEBKNECT, Briefwechsel mit Karl Marx und Friedrich Engels, publi par l'Internationaal Instituut Voor Sociale Geschiedenis, Amsterdam, Mouton & Co, 1963, The Hague, pp. 273-274.)

[109]       Kayser, faute d'une action ou d'un ordre franc et net du parti social-d士ocrate, avait pris l'initiative d'une intervention au Parlement au sujet de lユimportante question des protections douani俊es. Carl Hirsch, dans la Laterne des 25 mai et 8 juin 1879, avait vivement critiqu l'intervention tr峻 imparfaite de Kayser.

            Schramm fait donc remarquer avec pertinence Hirsch que lui-m仁e risquait de tomber dans les m仁es errements que Kayser qu'il avait critiqu, si le parti ne prenait pas clairement ses d残isions et ses responsabilit市, laissant aux individualit市 le soin de sauver la face dans les moments critiques, quitte les d市avouer la moindre faute ou difficult.

[110] Apr峻 la promulgation de la loi antisocialiste, un groupe anarchiste prit la direction de l'Association culturelle des ouvriers communistes de Londres. Appuy sur cette association et ce groupe, Johann Most, ancien social-d士ocrate devenu anarchiste, publia La Libert. Celle-ci s'en prit la tactique utilis仔 par les dirigeants social-d士ocrates face la loi antisocialiste, et notamment la combinaison des moyens de lutte l使aux et ill使aux. Une scission intervint en mars 1880, et les deux fractions, l'une social-d士ocrate, l'autre anarchiste, conserv俊ent le m仁e nom leur organisation.

[111]       Kayser avait, cependant, obtenu l'accord de la fraction social-d士ocrate pour voter en faveur du projet de loi de Bismarck tendant introduire de fortes taxes dユentr仔 sur le fer, le bois, les c屍斬les et le b師ail. C'est donc toute la fraction parlementaire qui a viol la discipline de parti, en couvrant, contresens des principes du parti, l'intervention de Kayser dans l'important d暫at de la protection douani俊e, o la fraction se d屍oba donc doublement.

[112]       Dans le brouillon, Marx-Engels avaient 残rit ici : ヌ Admettons m仁e que deux ou trois d姿ut市 social-d士ocrates (car ils ne pouvaient gu俊e y en avoir plus la s斬nce) se soient laiss市 induire autoriser Kayser raconter ses b腎ises devant le monde entier et voter pour accorder de l'argent Bismarck, ils eussent alors 師 oblig市 de prendre sur eux la responsabilit de leur acte et d'attendre ce que Hirsch en dirait alors. ネ

[113]       Engels suppose d'abord que les trois Zurichois ont pu temp屍er leur position r思olutionnaire en apparence seulement, sur le papier, afin de tromper l'adversaire, de sorte qu'au moment voulu ils surgiraient subitement ヌ tels qu'en eux-m仁es ネ avec toute la flamme et le mordant r思olutionnaires. Mais aussit冲 Engels montre bien qu'il n'y croit pas, et l'exp屍ience historique a prouv que la marge de manマuvre pour tromper l'adversaire est tr峻 mince pour le parti du prol師ariat. En effet, les paroles, les promesses ont, elles aussi, une force objective qui transforme non seulement la conception de ceux qui les entendent, mais encore de ceux qui les disent. En cherchant tromper l'adversaire, en d伺ormant ses positions th姉riques, on s'adresse en outre aux masses peu conscientes ou des couches qui s'int屍essent subitement et prennent position en fonction de lユヌ 四argissement de l'horizon r思olutionnaire ネ, et comme Engels le dit : finalement, on ne sait plus soi-m仁e ce qu'il faut penser de ses propres positions.

[114]       La Neue Gesellschaft, ヌ mensuel pour la science sociale ネ, 仕it par Franz Wiede d'octobre 1877 mars 1880 Zurich, 師ait de tendance nettement r伺ormiste.

            La Zukunft, bimensuel de m仁e tendance, parut d'octobre 1877 novembre 1878 Berlin, publi仔 et financ仔 par le philanthrope petit-bourgeois Karl H喞hberg, qui fut plus tard exclu de la social-d士ocratie.

[115]       August Bebel, Wilhelm Liebknecht, Friedrich Wilhelm Fritzsche, Bruno Geiser et Wilhelm Hasenclever.

[116]       Cf. Engels August Bebel, 4 ao柎 1879.

[117]       Dans le brouillon, Engels avait poursuivi : ヌ Nous restons en correspondance avec C. Hirsch et nous verrons ce que nous ferons dans l'思entualit o la r仕action lui serait confi仔. Dans les circonstances pr市entes, de tous les r仕acteurs possibles, il est le seul en qui nous puissions avoir une confiance suffisante. ネ

[118]       Cf. Engels August Bebel, 14 novembre 1879.

            Les r姿onses de Fritzsche et de Liebknecht permirent d'arr腎er en gros la pol士ique mais elles ne donnaient pas satisfaction Marx-Engels sur les points pr残is.

[119]       La lettre continue comme suit dans le brouillon : ヌ Si les trois Zurichois n'ont jamais eu un droit de censure, pourquoi Leipzig n'a-t-il pas alors repouss aussit冲 la pr師ention qu'ils ont affich仔 de mani俊e si pressante et si bruyante ? Pour inciter Hirsch venir Zurich, il lui fallait deux choses : 1. qu'il soit inform de la situation telle qu'elle se pr市entait v屍itablement ; 2. qu'il soit assur de ce que nous, les camarades de Leipzig, avons 残rit aux Zurichois afin qu'ils ne s'immiscent pas dans les affaires de la r仕action, et s'ils le font n斬nmoins, que tu n'aies pas tユen soucier, car tu n'es responsable que devant nous. ネ

[120]       Dans le manuscrit, Engels avait continu en se r伺屍ant au point du programme qui rejette tous les imp冲s indirects, ainsi qu' la tactique qui interdit d'accorder tout imp冲 ce gouvernement, bref lユabstention de vote 師ait la seule ligne de conduite dans ce cas.

[121]       Dans sa lettre du 23 octobre 1879, Bebel s'師ait r伺屍 la r市olution suivante des Congr峻 de Gotha de 1876 et 1877 : ヌ La question du protectionnisme ou du libre-残hange n'est pas du domaine des principes pour la social-d士ocratie ; le congr峻 laisse donc le soin aux membres du parti de prendre position sur cette question, selon leur conception subjective. ネ Et Bebel d'ajouter que le congr峻 avait pris cette r市olution parce que les d姿ut市 aussi bien que le ヌ parti en g始屍al ネ 師aient divis市 sur le point de savoir si le libre-残hange, ou le protectionnisme, 師ait n残essaire l'industrie dans les conditions donn仔s. Citant la m仁e r市olution, Fritzsche et Liebknecht poursuivaient dans leur lettre Engels : ヌ Chacun peut penser ce qu'il veut de cette r市olution, il n'en reste pas moins qu'elle demeure pour le moment encore en vigueur. Kayser agit conform士ent cette r市olution (sic), et C. Hirsch devait le savoir. ネ

            Le cr師inisme parlementaire se meut 思idemment le mieux l o, en politique, il n'y a pas de r夙le de conduite, l o le parti ne sait pas quoi faire ! L, il agit conform士ent aux ヌ d残isions ネ du congr峻, avec un formalisme et un c屍士onial d'autant plus solennels que vides de tout sens. Il s'姿anouit l o le parti abdique ses fonctions et devoirs.

[122]       Dans le brouillon de la lettre, Engels poursuivait : ヌ Bismarck le traite comme il le m屍ite, savoir coups de pied, et c'est bel et bien la raison pour laquelle il divinise Bismarck. ネ

[123]       Engels fait allusion a l'attentat perp師r par l'anarchiste Nobiling en 1878 contre l'empereur Guillaume, attentat qui servit de pr師exte Bismarck pour promulguer la loi antisocialiste.

[124]       Dans sa lettre du 23 octobre 1879, Bebel 残rit Engels que Karl H喞hberg, ヌ malgr les sacrifices vraiment magnifiques qu'il a apport市 financi俊ement au parti, n'a jamais fait la moindre tentative pour r残lamer une influence correspondante ネ . Et de poursuivre quユ cause de ヌ ce d市int屍essement si extraordinaire ネ, lui, Bebel, lui avait pass mainte faute !

[125]       Au Congr峻 de Gotha, divers d四使u市 tent俊ent, la s斬nce du 29 mai 1877, de faire interdire la poursuite de la publication de l'Anti-D殄ring. Johann Most d姿osa une motion en ce sens, et Bebel ne put que lui opposer une motion de compromis. Liebknecht appuya cette derni俊e motion, en la modifiant dans un sens plus favorable Engels. La seconde et troisi塾e section de l'Anti-D殄ring furent publi仔s dans le suppl士ent scientifique du Vorw較ts.

[126]       Nom donn aux journalistes et la presse qui 師aient la solde de Bismarck. Dans son discours du 30 janvier 1869 au Parlement prussien, Bismark avait trait de ce nom les adversaires du gouvernement. Mais, dans la bouche populaire, ce nom fut retourn aux journalistes et aux feuilles pay市 pour r姿andre la parole de Bismarck gr営e aux fonds accord市 par celui-ci la presse (fonds des reptiles).

[127]       Cf. Engels August Bebel, 24 novembre 1879.

[128]       Le compte rendu de la fraction avait d伺ini lユ姿oque entre la dissolution du Reichstag en mai 1878 et les nouvelles 四ections du 30 juillet 1878 voire la promulgation de la loi antisocialiste, comme une ヌ 姿oque de terreur ネ. cr師inisme parlementaire !

[129]       Cf. Engels August Bebel, 16 d残embre 1879.

            Engels fait allusion Karl H喞hberg, Eduard Bernstein et Carl August Schramm, qui formaient le trio install la t腎e du Sozial-demokrat r伺ugi Zurich.

[130]       Dans le brouillon de sa lettre, Engels poursuivait : ヌ [...] Et pr師endent faire valoir au sein du parti leurs r師icences et mesquineries petites-bourgeoises. Nous n'appartenons pas au m仁e parti qu'eux. Nous ne pouvons m仁e pas n使ocier avec ces gens tant qu'ils ne se sont pas constitu市 en fraction de parti socialiste petit-bourgeois ou en organisation, autrement dit tant qu'ils pr師endent appartenir au m仁e parti. ネ

[131]       Dans le brouillon, Engels poursuivait : ヌ Nous ne pouvons pas tirer la m仁e corde que les socialistes petits-bourgeois. ネ

[132]       Cf. Engels Johann Philipp Becker, 1er avril 1880.

            Apr峻 avoir 師udi le contexte historique dans lequel le parti allemand 思olue, et constat qu'un type nouveau de parti s'impose la classe ouvri俊e europ仔nne, Engels d伺init le type d'organisation que devrait rev腎ir, ses yeux, le parti dans la phase nouvelle.

[133]       Engels fait allusion aux 四ecteurs ayant vot pour les social-d士ocrates lors des 四ections du 30 juillet 1878 avant l'adoption de la loi antisocialiste. Selon son expression, cela permet de compter les forces dont on peut 思entuellement disposer.

[134]       Le prol師ariat allemand a fait preuve de cette capacit tout au long de la crise sociale de 1917 1930 en Allemagne. Rosa Luxemburg s'y 師ait appuy仔 inlassablement dans sa lutte contre les errements opportunistes et r思isionnistes, mais sans doute cette spontan司t, remarquable au reste, des masses prol師ariennes n'師ait-elle pas suffisante.

[135]       Cf. Engels Eduard Bernstein, 30 novembre 1881.

            Ce passage pr残ise le sens que l'on peut donner l'affirmation dユEngels selon lequel : ヌ Aujourd'hui, le prol師ariat allemand nユa pas besoin d'organisation constitu仔, ni publique ni secr春e : la simple association qui va de soi de membres de la m仁e classe professant les m仁es id仔s suffit 暫ranler tout l'Empire allemand, m仁e sans statuts, ni comit市 directeurs, ni r市olutions, ni autres formalit市. ネ (Cf. t. II, p. 42). Le mouvement ouvrier cro杯 irr市istiblement et sans entraves sous l'impulsion du d思eloppement 残onomique, jusqu' ce que se constitue un parti nouveau, selon l'expression d'Engels.

[136]       Cf. l'article du 17 novembre 1881 : ヌ Pourquoi nous sommes battus Glauchau ? ネ, sur la mis俊e et l'oppression atroces des tisserands de la r使ion de Glauchau-Meerane.

[137]       Cf. Engels Eduard Bernstein, 25 janvier 1882.

            Lors des d暫ats au Reichstag sur l'師at de si夙e du 11 d残embre 1881, deux d姿ut市 social-d士ocrates ‑ Wilhelm Blos et Wilhelm Hasenclever ‑ d残lin俊ent toute responsabilit pour l'attitude du Sozial-demokrat. Dans son 仕itorial du 15 d残embre 1881 Bernstein ‑ qui s'師ait ressaisi ‑ 残rivait : ヌ Il faut absolument jouer cartes sur table au Reichstag et prendre parti : il ne peut y avoir de faux-fuyants. ネ

[138]       Engels analyse ici sans m始agement non seulement les conditions sociales allemandes qui forment le terrain dans lequel 思olue n残essairement le parti social-d士ocrate, mais encore la qualit du mat屍iel humain qui compose les organisations ouvri俊es. Le parti, n'師ant pas un deus ex machina, doit 腎re con講 en ces termes r仔ls.

[139]       Cit d'apr峻 le po塾e de Heinrich Heine ヌ Pour l'apaisement ネ contenu dans les Po塾es de notre temps : ヌ Allemagne, la d思ote chambre d'enfants n'est pas une mine romaine d'assassins. ネ

[140]       Cf. Engels August Bebel, 25 ao柎 1881.

            Le 31 mai 1881, Liebknecht avait tenu un discours au Reichstag propos de l'assurance-accident des travailleurs. Il y dit entre autres : ヌ En prenant en main lユassurance contre les accidents dans l'industrie, l'フat se place dans une situation o il doit prendre en charge le contr冤e de l'industrie. C'est absolument n残essaire. Si le comte Bismarck ne d市ire pas ces cons子uences, sa loi n'est qu'une mis屍able farce, pire encore, la plus inf盈e des manマuvres 四ectorales, mais nous ne pouvons tout de m仁e pas l'en croire capable. Qu'il prenne les choses au s屍ieux, c'est ce que sa fonction, son int屍腎 nous garantissent c'est son devoir. ネ Le compte rendu de La Gazette g始屍ale d'Augsburg reproduisit ce passage comme suit le 3 juin 1881 : ヌ La r使lementation compl春e de nos conditions industrielles par l'フat en est la cons子uence n残essaire, et 師ant donn l'honn腎et du Chancelier, sa fonction nous garantit qu'il en tirera cette cons子uence. ネ

            La lettre d'Engels Liebknecht a 師 perdue, ainsi que la r姿onse de ce dernier.

            Dans les papiers d'Engels, on a trouv le compte rendu suivant d'un des discours plus que mou de Liebknecht : ヌ Di春e de Saxe, le 17 f思rier 1880 : LIEBKNECHT : [...] Nous protestons contre l'affirmation que nous soyons un parti subversif [...] . La participation de notre parti aux 四ections est, au contraire, une action qui d士ontre que la social-d士ocratie n'est pas un parti de subversion. ヒ partir du moment o un parti se place sur la base de tout l'ordre l使al ‑ le suffrage universel ‑, participe aux 四ections, et manifeste donc qu'il est dispos collaborer la l使alit et l'administration du bien public, partir de ce moment il a d残lar qu'il n'est pas un parti de subversion [...]. ネ (Cf . MARX-ENGELS, Briefe an A. Bebel, Liebknecht, K. Kautsky und andere, Teil 1, 1870-1880, Moskau-Leningrad, 1933, pp. 521-522.)

[141]       Cf. Engels Eduard Bernstein, 12 mars 1881.

            Engels poursuit ici sa critique des parlementaires social-d士ocrates (cf., par exemple, l'intervention cit仔 dans la note pr残仕ente o Liebknecht demande Bismark d'師atiser toute l'industrie, ce qui en l'occurrence est non seulement une grave faute politique, mais encore une absurdit 残onomique, comme le remarque Engels dans l'Anti-D殄ring : ヌ Ce n'est que dans le cas o les moyens de production et de communication sont r仔llement trop grands pour 腎re dirig市 par les soci師市 par actions, o donc l'師atisation est devenue une n残essit 残onomique, c'est seulement en ce cas qu'elle signifie un progr峻 残onomique, m仁e si c'est l'フat actuel qui l'accomplit ; quユelle signifie qu'on atteint un nouveau stade, pr斬lable la prise de possession de toutes les forces productives par la soci師 elle-m仁e. Mais on a vu r残emment, depuis que Bismarck s'est lanc dans les 師atisations, appara杯re un certain faux socialisme qui m仁e, 壕 et l, a d使始屍 en quelque servilit, et qui proclame socialiste sans autre forme de proc峻 toute 師atisation, m仁e celle de Bismarck... Si Bismarck, sans aucune n残essit 残onomique, a 師atis les principales lignes de chemins de fer en Prusse, simplement pour pouvoir mieux les organiser et les utiliser en temps de guerre, pour faire des employ市 de chemins de fer un b師ail 四ectoral au service du gouvernement et surtout pour se donner une nouvelle source de revenus ind姿endants des d残isions du Parlement ‑ ce n'師aient nullement l des mesures socialistes, directes ou indirectes, conscientes ou inconscientes. ネ (ヅ. sociales, p. 317, note.)

            En faisant une erreur th姉rique ‑ fausse appr残iation d'un pur point d'残onomie politique ‑, le parti peut jeter le prol師ariat dans les bras de la bourgeoisie et du gouvernement, lui faisant oublier ses int屍腎s de classe propre et renfor溝nt l'ennemi abattre : la th姉rie est une arme mat屍ielle.

[142]       Dans La Question militaire prussienne et le parti ouvrier allemand, Engels donne cette br竣e d伺inition du but du ヌ socialisme imp屍ial ネ : ヌ Une partie de la bourgeoisie, comme des ouvriers, est directement achet仔. L'une par les filouteries colossales du cr仕it qui font passer l'argent des petits capitalistes dans la poche des grands ; l'autre par les grands travaux nationaux, concentrent dans les grandes viles, c冲 du prol師ariat normal et ind姿endant, un prol師ariat artificiel et imp屍ial, soumis au gouvernement. ネ (Cf. ツrits militaires, p. 483.)

[143]       Au premier congr峻 ill使al de la social-d士ocratie allemande (du 20 au 23 ao柎 1880 au ch液eau de Wyden en Suisse), il avait 師 d残id d'organiser r使uli俊ement des collectes d'argent pour trouver des fonds pour le parti. Ainsi on envoya, en f思rier-mars 1881, Fritzsche et Viereck aux フats-Unis pour y faire une tourn仔 d'agitation. Celle-ci connut un grand succ峻 et rapporta quelque 13 000 marks au parti allemand. Toutefois, Engels reprocha Fritzsche et Viereck d'avoir ヌ rabaiss le point de vue du parti au niveau de la d士ocratie vulgaire et du philistinisme prudhommesque ネ ce que ne pouvait compenser et r姿arer ヌ aucune somme d'argent am屍icain ネ (Engels Bebel, 1er  janvier 1884).

[144]       Cf. Engels August Bebel, 16 mai 1882.

[145]       Les soci師市 par actions internationales d士ontrent la justesse de la position d'Engels qui ne voit pas dans les nationalisations le dernier mot de la forme d'organisation de la production capitaliste. ヒ propos de la gestion de l'industrie moderne par les salari市, cf. MARX-ENGELS, Le Syndicalisme, t. II, pp. 30-41.

[146]       Cf. Engels Eduard Bernstein, 2 f思rier 1881.

            La pol士ique autour de l'orientaion de l'organe du parti, le Sozial-demokrat, en est maintenant un tournant : les id仔s de Marx-Engels l'ont emport. On a peu d'indications sur la mani俊e dont s'est op屍 cet heureux tournant. En effet, Marx-Engels interviennent essentiellement lorsqu'il s'agit de redresser quelque chose qui ne va pas dans l'activit du parti. Il serait pourtant d'un grand int屍腎 de savoir comment leur intervention a produit son effet. Mais on peut se demander qu'elle fut la cause exacte de la conversion : d思eloppement tumultueux de l'industrie allemande, ob司ssance la ligne g始屍ale qui finit par s'imposer, climat g始屍al poussant gauche, talent d'homme de plume aussi lユaise dans la litt屍ature socialiste que petite-bourgeoise ? Quoi qu'il en soit, l'orientation g始屍ale prise par le parti, sur laquelle Marx-Engels ont indubitablement influ, a jou un rand r冤e. L'organisation du parti est un merveilleux moyen de discipliner et de coordonner les efforts et les id仔s d'un groupe d'hommes, mais cette facult de coh市ion ne saurait 腎re une panac仔. Car si elle peut 思eiller l'illusion d'une grande force et endormir ceux qui ne demandent qu' 腎re rassur市, il faut bien reconna杯re, avec l'exp屍ience historique, que ce crit俊e p峻e peu devant la r斬lit du mouvement qui est infiniment plus complexe, et exige des efforts et un esprit critique de tous les instants.

            Apr峻 avoir attaqu Bernstein avec force, voici qu'Engels va demander avec insistance celui-ci de demeurer son poste. Le paradoxe n'est qu'apparent. Engels n'en voulait pas Bernstein, l'individu n'a gu俊e de poids, comme on le constate ses revirements dans lユorganisation du parti.

[147]       Cf. Engels Eduard Bernstein, 14 avril 1881.

[148]       En novembre 1880, Wilhelm Liebknecht fut emprisonn Leipzig afin de purger une peine de six mois.

[149]       Comme chaque ヌ tournant ネ que doit effectuer le parti sous la pression de l'adversaire, il y eut des h市itations, des divergences et des conflits au sein de la social-d士ocratie allemande au moment o elle tomba sous le coup de la loi antisocialiste. Ce furent les 四士ents qui avaient une vision th姉rique ample et une longue exp屍ience de la lutte ‑ A. Bebel, W. Bracke et Liebknecht, sans parler de Marx et Engels ‑ qui surent le mieux d伺endre la continuit r思olutionnaire du parti. Cependant, la crise fut si grave que le comit directeur du parti se saborda avant m仁e que la loi n'entr液 en application. Cette d残ision fut prise sous la pression des 四士ents qui surestim俊ent le pouvoir de l'フat bureaucratico-militaire et cherch俊ent 思iter un r使ime de terreur en abdiquant purement et simplement les principes r思olutionnaires. L'absence d'une direction claire et ferme au cours des premiers mois de l'application de la loi antisocialiste rendit plus difficile la contre-attaque, sans parler de ce qu'elle favorisa l'entr仔 en sc熟e massive d'四士ents opportunistes, qui 思oluaient surtout dans le groupe parlementaire autour des Wilhelm Blos et Max Kayser.

            Les anarchistes rejoignirent directement ‑ quoiqu'en apparence par une voie oppos仔 ‑ les 四士ents opportunistes de droite du fait que, face l'offensive gouvernementale, ils niaient et combattaient toute forme organis仔 des associations et du parti ouvriers ainsi que de la lutte de classe r思olutionnaire, en ne pr冢ant que l'action individuelle et en se so柩ant de phrases r思olutionnaires. L'ancien social-d士ocrate Johann Most se fit le porte-parole des anarchistes en fondant Londres la Freiheit. Il fut rejoint plus tard par le groupe de Wilhelm Hasselmann, ancien lassall仔n et d姿ut social-d士ocrate au Reichstag.

[150]       Cf. Engels et A. Bebel, 18 novembre 1884.

            Dans les deux textes suivants, Engels tire, d'une part, la conclusion de toute la p屍iode durant laquelle les activit市 r思olutionnaires avaient 師 interdites par la loi au parti social-d士ocrate allemand et, d'autre part, la perspective de d思eloppement de la p屍iode successive.

            Le premier texte donne la m仁e synth峻e de la position th姉rique du parti vis--vis de la violence que la fameuse introduction de 1895 aux Luttes de classes en France (ヅ. sociales, 1948 p. 21-38), consid屍仔 un peu comme le testament politique d'Engels et tronqu仔 par les dirigeants social-d士ocrates de l'姿oque. (Cf., ce propos, la lettre d'Engels Richard Fischer, du 8 mars 1895, in MARX-ENGELS, La Commune de 1871, 10/18, pp. 259-262.)

            On peut se faire une id仔 pr残ise, apr峻 la lettre d'Engels Bebel, de la nouvelle tactique que le gouvernement de Bismarck adoptera vis--vis de la social-d士ocratie allemande, afin de d士obiliser au maximum les masses r思olutionnaires allemandes, de diviser si possible la direction de leurs organisations de classe, bref d'士asculer le mouvement par un habile chantage au recours un coup de force gouvernemental afin de canaliser le prol師ariat dans le cours d士ocratique et pacifique de la l使alit bourgeoise.

[151]       Engels montre ainsi que l'application ‑ ou la d伺ense ‑de la loi est elle-m仁e li仔 lユemploi de la violence, ce qui enl竣e tout argument contre la violence ceux qui sont pour l'ordre, la loi et la constitution 師ablie.

[152]       Cf. Engels Karl Kautsky, 8 novembre 1884.

[153]       Comme les m師hodes autoritaires n'avaient pu briser la social-d士ocratie allemande, Bismarck tenta dユatteindre ce but gr営e la corruption : dans un message du 17 novembre 1881, jetant les bases du r伺ormisme, l'Empereur annon溝 toute une s屍ie de mesures en faveur des ouvriers (lois d'assurance sociale en cas d'accident, de maladie, d'invalidit, de vieillesse, etc.) dans l'espoir de supplanter la social-d士ocratie dans la classe ouvri俊e, voire de provoquer une scission dans le parti.

[154]       Cette constatation vaut donc encore pour l'Allemagne ; elle s'est appliqu仔 使alement la Russie et la Chine, par exemple, comme l'histoire l'a d士ontr : cf. MARX-ENGELS, La Chine, 10/18, 1973, pr伺ace, pp. 7-11.

            Une fois de plus, Engels lie solidement l'essor du parti de classe aux conditions 残onomiques et sociales g始屍ales, liant lユ思olution de l'organisation de classe au milieu historique, le capitalisme lui-m仁e passant par divers stades successifs d'思olution qui ne sont pas sans rugir sur la tactique du prol師ariat et son mode d'association, surtout quantitatif.

[155]       Le proc峻 de l'accumulation capitaliste ou stade de la soumission formelle du travail au capital (cf. Un chapitre in仕it du Capital, 10/18 pp. 191-216) est certes partout le m仁e, comme Marx le d残lare lui-m仁e dans le premier livre du Capital, les lois du capital d使ag仔s de mani俊e classique en Angleterre 師ant valables pour tous les pays. Cependant les conditions pr残apitalistes, le milieu g姉graphique, climatique, bref physique, est tr峻 variable d'un pays l'autre, si bien que les conditions g始屍ales auxquelles le capitalisme s'attaque dans chaque pays l'aube de son d思eloppement sont chaque fois diff屍entes, ce qui donne un caract俊e relativement original l'accumulation dans chaque pays. cf. ce propos ヌ La Succession des formes de production et de soci師 dans la th姉rie marxiste ネ, Fil du temps, 1972 pp. 64-70.

            En Allemagne, par instinct et tradition, les travailleurs cherch俊ent un appui contre le capital dans les structures petites-bourgeoises de production (travail domicile, sur le petit lopin de terre, etc.).

            Dans sa collaboration avec le capital, le r伺ormisme tentera tout naturellement, lui aussi, de s'appuyer sur l'id姉logie et la mentalit petites-bourgeoises qui disposaient d'une si large assise en Allemagne. D'o la lutte acharn仔 de Marx-Engels contre les tendances petites-bourgeoises, v刺icul仔s au sein du parti de classe par les 四士ents venus des classes moyennes ‑ intellectuels, 師udiants, professions lib屍ales, paysans propri師aires ou artisans sur le d残lin ‑ qui cherchaient d思ier la classe ouvri俊e en reliant les id仔s petites-bourgeoises aux r斬lit市 quotidiennes de la vie ouvri俊e, de nature elles aussi petites-bourgeoises.

            フant urbanis, donc fortement concentr, et coup de toute base productive petite-bourgeoise, le prol師ariat parisien, par exemple, 師ait spontan士ent alors le plus r思olutionnaire, tandis que la province fran溝ise ‑ soit le gros de la nation ‑ 師ait fortement la tra馬e. En Allemagne, en revanche, le mouvement 師ait plus homog熟e, donc plus massif, mais le danger du r伺ormisme petit-bourgeois plus grand. Comme Marx-Engels l'ont sans cesse d士ontr dans leurs pol士iques, l'ennemi intime du prol師ariat n'est pas, au niveau de lユorganisation et du programme r思olutionnaire, le grand capital, mais les structures et l'id姉logie petites-bourgeoises.

[156]       Cf. Engels Eduard Bernstein, 11-11-1884.

[157]       En fran溝is dans le texte.

[158]       La bourgeoisie sait fort bien utiliser la l使alit, ne la fabrique-t-elle pas elle-m仁e, la dosant son profit ? ,Apr峻 l'残hec de la r姿ression antisocialiste, le gouvernement de Bismarck comptait ainsi utiliser une demi-l使alit, afin d'師ouffer d'une part les voix r思olutionnaires dans le parti, et d'autre part de donner la parole aux voix mod屍仔s, conciliatrices, notamment dans la fraction parlementaire.

[159]       Il s'agit de d姿ut市 de la droite de la social-d士ocratie. Tous deux furent d士is de toutes leurs fonctions au Congr峻 de Saint-Gallien en 1887.